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Patients Dépression

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Sujet de la discussion

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Membre Carenity
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Bon conseiller

Bonjour,

Cela fait un moment que je ne me suis pas connectée sur le site, car même le soutien que souhaite apporter la communauté de carenity ne m'aidait plus. Car j'ai coupé tous liens affectifs le jour où j'ai "programmé" ma mort. Le jour où c'était une évidence, le jour où je n'avais plus la force de réfléchir encore à la question de rester ou non. Evidemment je n'en ai parlé à personne. Et puisque j'écris aujourd'hui sur cela ça ne s'est pas fait.

Mais ce n'est pas vraiment de ça dont je souhaite parler. Malgré toutes mes angoisses, en fait il ne restait que ça dans mon esprit (suite à de nombreuses expériences difficiles, ...), malgré cela je survivais tant bien que mal, coincée dans mon lit, en pleurs pour rien, incapable de sortir de mon lit, pendant des mois, ...

Un jour, je ne sais pas vraiment pourquoi, j'ai d'un coup cessé de prendre mes antidépresseurs, mes anxiolytiques, mon régulateur d'humeur (tous étant assez "dosés, forts"). Plus rien du jour au lendemain, je savais que c'était pas la chose à faire, qu'il faut toujours réduire son dosage sous l'avis du psychiatre et doucement. Je ne suis pas en train de conseiller à tout le monde de faire ça, car oui les médicaments peuvent faire du bien, apaiser une crise d'angoisse aiguë, aider à dormir quand on enchaîne insomnie sur insomnie, ... Oui les médicaments peuvent aider, mais parfois ils peuvent nous desservir. Car ils "anesthésient" les symptômes. Or, j'ai compris quelque chose au sortir de ma dépression de deux ans, les symptômes (et la maladie) sont nos alliés! oui oui. Nos alliés. Je sais c'est très difficile à entendre, et je comprendrais qu'on puisse rejeter une telle idée, surtout en ce qui concerne les maladies psychiatriques. Mais c'est le cas, car les symptômes, la maladie, sont les mots du corps pour nous dire qu'il faut changer quelque chose, que ça ne va pas si on continue ainsi. C'est un peu comme les nerfs qui apportent aux cerveaux des indications (chaud, froid, ... ) pour éviter qu'on se blesse, qu'on se brûle, etc. 

Aussi les symptômes, la maladie, ne sont pas à combattre, ce ne sont pas nos ennemis, au contraire! C'est en écoutant ce que notre corps a à nous dire qu'on peut comprendre, prendre le temps de penser à soi, prendre le temps de changer certaines choses, ... Or en étouffant les symptômes (par des médicaments par exemple et dans une certaine mesure, ou par des drogues, de l'alcool, etc) on refuse d'entendre notre corps crier : "stop! ça ne va pas!! il faut faire quelque chose!" et du coup de guérir!! De guérir! la maladie est le moyen pour le corps de guérir! la maladie n'est pas le "mal" en soi, elle n'en est que le symptôme. Il est important de reconsidérer les choses, de s'apporter beaucoup d'amour (à soi-même), de douceur et de calme. Il est important de faire le tri (je sais c'est très très dur) dans sa vie : ce qu'on veut (ce qui nous fait du bien) et ce qu'on ne veut plus! Et surtout de s'écouter (son corps et son esprit), car ils ne nous veulent pas de mal, nous ne sommes pas notre propres ennemis, ils veulent nous aider à transformer quelque chose, à évacuer un "mal".

Et surtout il ne faut pas culpabiliser d'être ainsi! la maladie peut être une véritable chance, un immense cadeau! Je sais, je sais ce n'est pas ce qu'on se dit quand on y est, c'est horrible, horrible, un véritable enfer, pourtant on peut en sortir, et transformer les choses, que notre vie devienne un cadeau!

Courage à tous!! 

Début de la discussion - 24/07/2016

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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Bon conseiller

Merci pour ton beau témoignage @pseudo-masqué je suis heureuse pour toi que tu puisses voir maintenant que la vie est un cadeau. Je te souhaite sincèrement que tu es ce bonheur d'en profiter pour toujours. amicalement

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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Bon conseiller

Merci bcp pr ton post. 

En septembre qd je serai enfin sortie de ces horribles punaises et que j aurai donc un peu de temps pr souffler et penser à autre chose que les urgences à traiter au fur et à mesure, j essayerai mais en continuant le Cymbalta 60 car il ne me cache pas ce que me dit mon corps. 

Je suis contente pour toi.  Profite bien. 

Amicalement. 

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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Bon conseiller

Bonjour lauremid,

Je passais par là par hasard.

Ton message a du sens. Il dit quelque chose d'essentiel.

Comme toi je considère que la dépression est un symptôme, non l'origine du problème.

Les médocs et les psy sont utiles, mais peuvent parfois se montrer contre-productifs dans la mesure où ils

nous anesthésient ; nous mettent en position d'assisté ou de dépendance.

Il vient un temps où il faut réduire la dose pour reprendre davantage d'autonomie et se poser les vraies

questions : qu'est ce que je veux ? qu'est ce que je ne veux plus ?

L'accompagnement du forum permet d'échapper à une certaine solitude et de déculpabiliser de sa situation en

communiquant avec des gens qui ont le même problème.

C'est un début, mais pas une fin en soi. Ma proposition est qu'il faut accepter de sortir de sa zone de confort

ou d'inconfort pour se réinventer. Le même environnement, les mêmes soucis, les mêmes pressions, les

mêmes personnes vous ramènent à la case départ.

Il faut oser casser le moule, au moins pour un temps. C'est comme ça que j'ai pris le 1er avion pour la

Thaïlande à destination d'un camp de boxe thaï pendant 2 mois.

Cette décision à l'opposé de tout principe de "gestion de la maladie" m'a fait un bien fou.

L'authenticité des Thaïlandais, le rapprochement avec la nature, puiser physiquement dans des ressources

inconnues, la culture bouddhiste ont nourri mon âme tourmentée et blessée.

J'y ai retrouvé le gout de vivre. Mais de vivre autrement.

Il me semble difficile de faire l'économie d'une aventure personnelle si la dépression vous a envahi depuis trop

longtemps. Il faut aller voir ailleurs, autre chose, pour sortir d'un conditionnement social et d'habitudes qui

ne vous font pas que du bien.

Quand tout est neuf autour de vous, vous pouvez vous permettre d'être un autre et de penser librement.

Notamment sur les question sus-mentionnées. Pas en subissant le même contexte.

Cette thèse que je défends n'est pas populaire. Je ne prétends pas avoir la science infuse.

Seulement donner une clé à ceux qui veulent l'entendre.

Bonne journée

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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Bon conseiller

Un bon psy aide ses patients à diminuer les doses dès qu' il les sent prêts. Ça se fait tout doucement,sans violence,après en avoir beaucoup parlé. Et puis des fois pour le dernier comprimé d antidépresseur dosé à 0.25 ,alors que j'en avalais 5 fois plus ça bloque. Tant pis,on verra plus tard pour l'arrêt j'ai le temps,tout va bien.

Ne jetez pas votre pharmacie sans vous faire aider !

Bonne soirée !

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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Bonsoir, 

Je pense m'être sortie, pour le moment, de ma dépression. Pendant le deuxième semestre 2009 et le premier semestre 2010, j'ai subit "ce qu'on peut appeler du harcèlement moral". J'étais la fille à abattre. Le bouc émissaire. Que je trouve des solutions ou pas, peut importe la manière de faire les dossiers, le résultat : toujours de ma faute. Alors j'ai pris la décision de doubler d'efforts et de justifier mes défaits et gestes, montrer que je savais penser, réfléchir et proposer. Mauvaise décision. 

En effet, les agissement et comportements ont dédoublé. Du matin au soir des pics, des sous entendus des rumeurs et allégations. Les gens riaient après mon passage ou s'arrêtaient de parler dès mon arrivée. 

Le jour où mon fils partait à l'armé je l'ai accompagné à la gare. En attendant l'heure du départ, nous sommes allés boire un chocolat chaud, car c'était l'hiver ?

"Maman j'ai peur". "De quoi as-tu peur" ? "Pour toi maman". "Pourquoi" ? " Parce que au moment où tu avais le plus besoin de moi, je pars". "Et, il y autre chose". "Quoi ?" Voyant que son regard triste je lui ai dit : " tu as peur que je me suicide "? "Oui maman c'est ça". "Ne t'inquiètes pas mon fils. Cette idée ne m'a jamais effleurée l'esprit". "J'aime la vie même si elle ne me sourie pas en ce moment". "Tu peux partir tranquille". 

Mon corps a commencé à ne pas répondre. Des angoisses sont apparues, des maux de ventre et d'estomac se sont rapprochés. Les erreurs minimes sont devenues plus rapprochées. Les oublies plus intenses. Plus envie d'aller travailler. Des pleurs pour partir le matin et je ne pouvaient pas m'empêcher parfois dans la journée. Mes nuits sont devenues courtes. Je pensais, je revoyais les paroles, les gestes les insinuations, les pics, les reproches, là c'est blanc tantôt c'est noir....

Un jour je ne me suis plus levé de mon lit. J'ai appelé une amie qui m'a forcé à aller voir le médecin pour me mettre en maladie. Puis je suis aussi allée voir mon psy. Oui j'étais déjà suivie pour mon évolution personnelle. Je ne faisais que pleurer. Je ne mangeais que les boîtes de conserve, regarder la télé et ne sortais que pour aller voir le psy.

 Petit à petit elle a pris conscience que j'étais arrivée au bout de mes forces et m'a proposé une hospitalisation. Sans savoir les conséquences j'ai dit oui. Tout est allé très vite. J'ai prévenu mon fils par SMS et certains amis de mon entourage. Aussi le secrétaire du syndicat de ma ville.

Je me suis rendu seule à la clinique avec ma valise. J'ignorais au départ combien de temps j'allais y rester. Le médecin en chef m'a posé des questions sur de mes envies. Sans savoir pourquoi j'ai commencé par lui dire que je ne voulais pas grossir, que je voulais rester de pleine conscience pour ne pas être une zombie. Je lui ai dit aussi que j'étais au courent des expériences en ce genre de milieu, des effets indésirables des médicaments car j'avais vu des émissions de santé. Et puis, il vient deux jours après avec certains médicaments pour me parler de leurs molécules. A la fin j'ai opté pour celui que j'estimais être le moins pire.  

Les jours passent, les pleurs et maux d'estomac continuent ainsi que les insomnies. Je n'avais pas non plus faim. J'ai lu qu'il avait des activités de peinture, théâtre, écriture, de la poterie et de la marche. Puis, je me suis inscrite aux rendez-vous chez le psychologue, le groupe de parole, groupe d'activité comportemental, à toutes les autres activités mais attendu 15 jours pour faire de la marche. 

La psychologue m'a fait prendre conscience de ce que c'est un comportement toxique. Alors, je lui ai demandé de m'apprendre comment me protéger et déceler de tels types de comportements et agissements. Je lui ai dit aussi et répété au médecin en chef que je ne sortirais pas de la clinique sans savoir comment me défendre à l'extérieur. Ils m'ont proposé des livres. Je les ai dévorés. 

J'y suis resté 3 mois et demi. En sortant, bien que me sentant plus forte, il m'a fallu du temps pour devenir moi-même. Prendre confiance en moi. Savoir dire NON. J'ai pris en 2011 le travail à temps partiel thérapeutique pendant 9 mois. 

La dose des anxiolytiques est ce jour minime. Il m'arrive de pleurer mais je n'ai point honte. Ce n'est pas parce que je pleure que je suis faible. J'ai une force pour laquelle je rebondi rapidement. 

Depuis l'année dernière j'ai remplacé mon collègue au syndicat et suis aujourd'hui secrétaire de syndicat. Au CHSCT je suis à fond sur les risques psychosociaux. Je défends et m'indigne sur les comportements qui sont néfastes au personnel qui est atteint. Je dis STOP. J'ai une force car le médecin du travail suggère de mettre en place des choses que j'ai déjà proposé. 

Comme ma fonction dans le syndicat pose un soucis pour les chefs de service, j'ai proposé au Maire un projet pour la ville à l'encontre des parents d'adolescents à savoir "Soutenir les parents en difficulté de la Ville XXXXX, dans leur rôle d’éducation ".

Dans ce projet j'y ai mis mon coeur, mes tripes et ma tête. Je sais par des échos que le projet est bien pensé. Maintenant j'attends la réponse. 

J'espère que mon expérience aidera quelqu'un à s'en sortir. Il faut demeurer positif. 

Bien à vous

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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je suis en pleine dépression.Mon traitement n'agit plus et donc je suis tenté de tout arrêter.j'en ai assez de ce traitement que je prend aujourd'hui a contre coeur.Je suis sous anafranil 75 que je prend 3 fois par jour. Je ne sais plus quoi faire. J'ai envie de rien et je suis dans l'incapacité de même sortir de chez moi sans avoir peur de l'extérieur

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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Bon conseiller

Merci beaucoup erwannono ! <3 

Oui je pense qu'il est toujours bon de prendre du temps pour soi, d'oublier le reste, de s'aimer, même dans ce qui semble "mauvais" en nous. S'accepter pleinement car nous sommes précieux et beaux! La maladie n'est pas ce qui nous résume, elle fait partie de nous à moment donné mais ce n'est pas tout ce qu'on est. Merci angelina ! courage! :)

Gilles92  ton message a beaucoup de sens pour moi, la question de la zone de confort me fait beaucoup réfléchir en ce moment. Je pense que les peurs sont belles dans le sens où elles nous permettent de nous dépasser. Je suis à une période où j'ai envie de lâcher prise et aller au-delà de mes peurs, au lieu de les laisser me construire une vie étroite, que je ne veux pas. 

De plus ton expérience en Asie du sud-est me parle beaucoup! Je n'y suis pas encore allée, mais ça m'intéresse beaucoup! Il faut beaucoup de courage pour partir comme tu l'as fait, mais je suis heureuse que tu y aies trouvé quelque chose qui te fasse davantage vibrer! je crois qu'on a beaucoup à apprendre de la spiritualité asiatique! la vision du monde mais aussi, ici, de la maladie sont très intéressantes. J'avais lu un témoignage d'une jeune femme indienne qui au lieu de traiter sa maladie par la médecine occidentale (je ne veux pas diaboliser la médecine occidentale, elle a du bon sur certains points) a suivi les enseignements de l’Ayurvéda. Et au lieu de mettre faire rimer sa maladie avec "peur" elle a commencé à l'aimer, à apprendre d'elle, ...

Pour ma part, j'avais essayé, quand j'étais dans la dépression, de partir, de changer d'environnement, malheureusement cela ne m'a pas aidé. Partout la vie me semblait la même, nulle part je ne pouvais échapper à "elle", et surtout à moi. J'avais tout essayé, les thérapies, la fuite, les distractions, la parole, le silence, ... en vain. Je ne saurai pas vraiment dire pourquoi je vais mieux maintenant, peut-être parce que j'ai surmonté quelques petites peurs (le harcèlement dans le monde professionnel par exemple).

Aujourd'hui j'ai encore à "apprendre", mais j'ai envie, envie d'aller de l'avant. De trouver en moi cette quiétude, cette confiance et la beauté de mon être.

Merci beaucoup pour votre témoignage Gilles92 ! <3 !

joedav , je suis tout-à-fait d'accord, il faut faire attention avec les médicaments, qu'on en prenne ou qu'on décide de les arrêter. Ça peut être très dur et brutal d'arrêter d'un coup, je ne recommande pas ça à tout le monde. La rechute qui peut s'en suivre peut être destructrice. Je ne souhaite pas établir une vérité absolue, mais je pense qu'il est bon, à moment donné, de prendre de la distance (tout en le prenant) avec le traitement et le psychiatre. Ils peuvent aider mais ne sont pas des gourous. Il est important d'apprendre à se faire confiance, ce qui est extrêmement difficile quand on est dépressif!! mais il faut garder à l'esprit qu'on mérite d'être aimé (avant tout par soi-même)!

Marie95 , merci pour ce beau message plein d'espoir! je me reconnais totalement dans votre expérience. Le harcèlement... et la justification de ses actes, de soi... oui ce sont des erreurs, car les autres entrent dans la brèche et peuvent poursuivre leurs abus! savoir dire "NON" et "STOP", comme vous le mentionnez est essentiel! même si ça nous met à la marge, notre bien-être est ce qu'il y a de plus précieux! Franchement merci et bravo d'avoir su transformé votre douloureuse expérience en quelque chose de magnifique! 

Je suis de tout coeur avec vous! vraiment! je sais ce que c'est que d'être traité comme moins que rien, il ne faut pas laisser ces abus continuer! Merci! <3

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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Bon conseiller

Merci bcp LAUREMID.

Après la dépression, ce que j'ai compris...
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Membre Carenity
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Bon conseiller

Bonjour mes ami(e)s, @pseudo-masqué je pense qu'il faudrait que tu revois ton psychiatre rapidement, en lui expliquant que l'anafranyl ne te réussit pas. Ce qui était mon cas. Ne reste pas comme ça. J'espère que tu as quand même le courage de te promener dans la nature, as tu un animal de compagnie ? à bientôt courage, amicales bises