La déréalisation ou dépersonnalisation, un trouble dissociatif

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Patients Dépression

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Sujet de la discussion



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Bonjour à tous!! Je viens de rentrer dans le groupe. J'étais en train de chercher sur l'internet plus sur mon problème de santé et je suis tombé sur ce groupe. J'ai 30 ans et je souffre de dépression et de déréalisation. J'ai eu un passé compliqué,  avec des problèmes familiaux,  problèmes à l'école, pas de chance avec les personnes que j'ai rencontré dans ma vie. À 18 ans ou même avant j'ai commencé à faire des crises d'angoisse et à avoir des symptômes de dépression. J'ai reçu mon premier traitement que 1 ou 2 ans après le début des symptômes car je n'avais pas de courage de raconter ma souffrance. Pendant 3/4 ans j'ai eu 3 traitements différents. J'allais mieux mais après la fin de mes études je me suis trouvé sans emploi. Là la dépression est revenue mais je n'ai pas eu de traitement. J'ai quitté mon pays pour venir en France, pour trouver un travail dans mon métier. Encore des difficultés que j'ai dû affronter car je ne parlais pas un mot de français.  En plus j'étais obligé à apprendre les mots médicaux que j'avais besoin pour mon métier. Ça fait 7 ans que je suis en france. Pendant ces 7 ans j'ai dû faire énormément d'efforts,  j'ai trop sollicité mon cerveau. J'ai dû supporter les moqueries des gens à cause de mon accent et les difficultés d' articulation. J'ai tellement sollicité mon cerveau et j'ai tellement stressé que maintenant mon cerveau c'est éteint. Je souffre de déréalisation. Je suis suivi par une psychiatre. Je prends un antidépresseur. Je prends presque la dose maximale. Au niveau des symptômes de dépression je vais mieux mais la déréalisation est toujours là. J'ai aussi un manque de sentiments par l'environnement et pour les personnes. Depuis plus de 4 mois que je suis en arrêt de travail. Je ne sais plus quoi faire pour me réveiller de cette irréalité.  Est-ce que vous souffrez de la même chose ?

Début de la discussion - 24/11/2021

La déréalisation ou dépersonnalisation, un trouble dissociatif

• Animatrice de communauté
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Bonjour @MarciaS‍, 

Je vous remercie de l'ouverture de ce sujet. 

J'invite quelques membres à participer : @vivi31‍, @Griffonia‍, @ChoupetteS‍, @Gilles92‍, @gerom45‍, @mamouchette‍, @Nana65‍, @Nanoufeufeu‍, @isoleedumonde‍, @Lulu56‍, @dépressive‍, @Ange99‍, @Mariouma‍, @Syl2086‍, @Lili7789‍.

Connaissez-vous le trouble de la dépersonnalisation / déréalisation ? Etes-vous concerné(s) ? Quels conseils donneriez-vous ? 

Merci de votre contribution et belle journée. 
Claudia de l'équipe Carenity

La déréalisation ou dépersonnalisation, un trouble dissociatif


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Bonjour,

J'ai une vision nette de mes maladies hors moi, elles sont dans mon ombre, elles attendent une brèche pour revenir en moi. Tous les jours je suis vigilante. 

Je mets ça sur le compte de la schizophrénie. Elle est activé malgré le traitement abilifye

Je n'ai jamais été comme les autres, je suppose que j'étais déjà malade enfant.

J'étais dans un monde féerique, je le suis toujours. Je n'avais pas la même perception du monde qui m'entourait. Tout était beau.

Suite à des hospitalisations en HP, ils ont voulu me soigner pour la schizophrénie, quand j'ai réalisé la dure réalité de leur monde, leur société, j'ai tellement été choquée que j'ai refusé le traitement pour retourner dans mon monde des lutins, elfes, fées.

Je crois avoir la capacité de faire reculer les maladies, grâce à ma schizophrénie, elle m'aide à refuser tout ce qui est violence. Je suis zen.

En écrivant tout ça, je me rends compte de mes séquelles, mais je m'en fiche, ça fait presque 9 ans que je vais pas trop mal, c'est pour moi l'essentiel

Si je suis venue à toi pour échanger nos histoires, c'est pour dire que l'on peut s'en sortir

Si j'ai bien compris, ton corps est ton esprit sont dissociés,

tu te regarde, y a t'il deux personnes ou pas ?

Est-ce l'esprit qui regarde l'autre ?

Tu dis que ton cerveau est éteint. Mais tu arrives à venir témoigner correctement. Il est au ralenti peut-être.

Nous allons attendre l'opinion des autres membres pour avoir un ensemble

En attendant tu peux me répondre ici ou en MP

Amicalement

Choupette

La déréalisation ou dépersonnalisation, un trouble dissociatif


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Beaucoup de courage à vous!! Les maladies psychiques sont mal comprises par les personnes qu'ont jamais passé par là.  Mais elles sont vraiment un handicap quotidien. Dans mon cas je souffre de dépression et déréalisation . Donc j'ai la sensation de vivre dans un rêve. Pour moi rien est réel. J'ai perdu mes sentiments.  Je suis vide. Je n'arrive plus à aimer les gens ni mon environnement. J'ai tout pour être heureuse mais je ne suis pas. Cette dépression est dû à la souffrance que j'ai vécu dans le passé.  Beaucoup de problèmes familiaux entre autres. J'ai vécu toute ma vie sur stress. À mes 22 ans j'ai changé de vie, de pays. J'ai dû tout réapprendre. J'ai trop exigé de mon cerveau.  Pendant 8 ans je me battais tous les jours face aux difficultés  que je trouvais. Je souffrais tous les jours. Mon cerveau c'est épuisé, un jour il a dit basta. Donc pour me protéger de la souffrance il c'est déconnecté de la réalité.  C'est pour ça que je suis en déréalisation.  Je ne souffre pas de dépersonnalisation. Je me reconnais dans le miroir. Je ne vois pas 2 personnes. Je n'ai pas la sensation de me regarder de l'extérieur.  J'ai juste cette sensation de vivre dans un rêve,  d'être déconnecté de la réalité.  Les années passent et j'ai l'impression que je ne profite pas de ma vie. Je me suis marié et j'ai eu un fils il y a 4 ans mais j'ai rien senti. C'est comme si j'étais là sans être là. Je n'étais pas vraiment consciente de ce qu'il m'arrivais. Meme dans mes vrais rêves j'arrive à sentir plus de choses que dans ma vraie vie. Je prends un antidépresseur. Au niveau dépression je vais un peu mieux. J'arrive déjà à bouger plus. Mais il reste encore cette déréalisation et manque de sentiments à régler. Ma psychiatre est confiante mais moi moins. 

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Bon conseiller

@MarciaS J'ai connu dans le passé un symptôme similaire de dépersonnalisation/déréalisation avec la dépression. La manière dont j'ai solutionné le problème n'est pas conventionnelle, mais fait sens. 

Je suis parti en Thaïlande dans un camp de boxe thaï sur un coup de tête. Si l'idée initiale était de rompre avec le quotidien et m'éloigner de tout, je ne m'attendais pas à retrouver le goût de la vie. Je t'explique pourquoi. Non seulement j'ai pu mettre mon cerveau en repos, car tout y était plus simple, pas de stress comme chez nous - la proximité avec la nature et la culture bouddhiste y est certainement pour beaucoup, mais l'entrainement 2 heures par jour, 6 jours sur 7, oblige à puiser dans son animalité. Je voulais perdre du poids, mais en allant chercher dans mes tripes, je me suis également rapproché de moi-même.

Ce que je veux te dire, c'est que tu t'es imposé beaucoup de contingences  depuis trop longtemps et que pour supporter la chose ton cerveau a décidé de se déconnecter. En devenant observateur de toi-même, tu souffres moins, mais en même temps tu deviens moins vivant. Les traitements chimiques contre les angoisses ou la dépression renforcent ce sentiment en anesthésiant ta conscience. La solution est de te rapprocher de ton énergie vitale et réduire ta médication. 

Si tu te trouves dans un environnement tranquille, naturel, sans stress, tu peux plus facilement réduire ton traitement. Tu réduis considérablement la contrainte qui pèse sur toi, aussi ton cerveau désapprend à se mettre en mode défensif. Avec une activité comme la boxe thaï, les coups que tu donnes ou que tu reçois réveillent ta sensibilité animale, ce sont les tripes qui prennent le relais. Cela se passe ici et maintenant dans le ring. Chaque fois que tu deviens étranger à toi-même, tu es punis par l'adversaire. Il s'agit donc d'une forme de thérapie pratique pour habiter à nouveau ton corps et replacer les yeux en face des trous. Avec les massages thaïlandais profonds pour réparer les bobos, c'est aussi les angoisses qui disparaissent.

Bref, peut-être pourrais-tu t'inspirer de mon témoignage pour réfléchir à une dynamique équivalente. Comment permettre à ton cerveau de ne pas être perpétuellement en mode défensif ? Comment limiter la médication qui t'anesthésie ? Quelle activité physique pour expurger les tensions et te rendre présent ? Il te faut libérer ta tête pour retrouver des sensations puissantes, car vivre en apnée n'est pas une vie.

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Bonsoir Gilles

Merci beaucoup pour ton message. T'a énormément de raison. J'avais déjà pensé faire un sport mais la motivation me manquais. Mais ton témoignage m'a donné beaucoup de force. Je vais fortement penser à ça. Merci beaucoup. Je donnerai de nouvelles. 

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Gilles

Je me fatigue pas de lire ton commentaire, c'est vraiment motivant.  

Tu vais comment maintenant ?

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Bon conseiller

@MarciaS Beaucoup mieux. Je rappelle que lorsque je me suis lancé, j'avais 40 balais et pesais plus de 100 kg, fumais 2 paquets de clopes par jours, étais shooté par les antidépresseurs, un dos cassé, me trainais avec zéro motivation et des pensées suicidaires. Bref, je partais de loin. Quand je suis arrivé, je me suis vraiment demandé ce que je foutais là et j'en ai chié physiquement. Etais-je devenu fou ? Aussi me suis-je dopé avec un "Beast pack" (une formule à base de caféine qu'utilisent les culturistes pour se donner du coeur à l'ouvrage) et des protéines en poudre pour que mes muscles encaissent le choc. Les massages réguliers visaient à réparer mon corps endolori autant que mes émotions refoulées.

De retour à Paris, j'ai importé ce qui me faisait du bien en m'inscrivant dans un club de boxe thaï, je reçois des massages quand mes finances le permettent, suis devenu bouddhiste et n'utilise désormais que les protéines. Mon traitement, je l'ai progressivement diminué pour me tourner vers des plantes ou compléments de substitution. Par précaution, je garde contact avec un psy que je vois 1 x tous les 2 mois et 1 seul comprimé d'Effexor 37, 5/ jour, surtout en raison du confinement. Quand je repars en voyage, je peux m'en passer. Le sentiment de liberté constitue mon meilleur remède. Mes priorités ont aussi changé. Plus question de vivre la vie des autres. Je m'efforce d'adapter l'environnement à moi et plus l'inverse.

Je vais te dire une chose que tu vas comprendre : prends un marteau, tape toi sur le pouce et tu vas très vite t'apercevoir que tu n'as jamais été aussi présent à toi-même. C'est ton corps qui réagit, pas la tête. Il s'agit donc d'expérimenter des choses qui te permettent de lâcher prise. Ce faisant, tu t'ouvres à des sensations que tu croyais perdues. Simplement quand on a été figé un peu trop longtemps, il faut un électro-choc pour réveiller le patient. Pour supporter cela, il faut également un environnement qui te permet de te ressourcer.

Vois ceci comme un parcours initiatique vers toi-même. Quand tu souffres physiquement, tu ne souffres plus dans ta tête. Et puis le corps s'habitue et ce sont alors tes yeux qui s'ouvrent sur le monde. Il faut donc que tu puisses jouir de cette récompense. A effort exceptionnel, récompense exceptionnelle. Pour moi, cela revenait à me baigner dans des eaux cristallines, découvrir la jungle, méditer dans un temple bouddhiste, rouler en scooter parmi les cocotiers, bronzer un peu en perdant mon regard dans un ciel bleu, retrouver une fierté dans la mécanique de mon corps, me taper un bon gueuleton ou une bière avec des combattants venus du monde entier, retrouver une sexualité, etc...

Tu ne peux pas imaginer le bien que ça fait de se retrouver comme un animal parmi les animaux. Tout devient simple et beau. A mon grand étonnement j'ai également découvert beaucoup de voyageurs qui avaient la même motivation que moi. Ce qui est difficile, c'est de casser la glace de tes appréhensions au début et retourner à la civilisation occidentale au retour. Avec les restrictions imposées par la Thaïlande avec le Covid pour les voyageurs étrangers, je ronge un peu mon frein, car j'ai besoin de piqûres de rappel. J'espère pouvoir y retourner en début d'année prochaine. Mon projet est aussi d'y adopter un chien des rues, histoire d'être un peu moins sédentaire quand je retourne à Paris.

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Merci pour ton témoignage. Tu est très courageux. Heureusement que t'a pu trouve ta source de bien-être.  Dans mon cas j'ai caché mon problème pendant très longtemps. Mes copines, même mon mari ne se rendraient pas compte de ma souffrance. Au travail j'avais toujours le sourire et je faisais tout le temps des blagues. Pour tout le monde j'étais bien mais à l'intérieur j'étais complètement détruite.  Plus j'étais mal, plus je n'avais pas de courage pour demander de l'aide. Je pensais que je pouvais me guérir toute seule avec des vitamines... même si mon métier est dans la santé et si je savais qu'il me fallait de l'aide professionnelle,  j'étais en déni. Jusqu'à que je n'arrivais plus à faire un bon travail. Je n'avais plus de motivation,  je n'avais plus d'énergie, j'avais des pertes de mémoire, je n'arrivais pas à prendre des décisions, je dévalorisais les plaintes des mes patients et je n'avais plus de patience. Tout m'énervait. Je n'avais plus la notion de la réalité.  J'étais déconnecté.  Je n'arrivais pas à suivre une conversation. Finalement j'ai eu le courage d'avouer mon mal-être à mon médecin traitant que m'a demander de voir un psychiatre. J'ai du aussi avouer à mon mari et à mes copines ma énorme souffrance . A été difficile mais à la fin a été  un soulagement de ne plus cacher pour moi. La psychiatre m'a prescrit toute de suite un antidépresseur car j'avais vraiment besoin. Les médicaments sont bien pour te donner un coup de pouce mais après c'est à  nous de trouver des solutions pour s'en sortir.  Malheureusement des psychiatres ne donnent pas beaucoup de conseils pour s'en sortir. Ils pensent que aux médicaments. Petit à petit ma dépression s'est amélioré. J'ai retrouvé un peu de motivation et énergie. J'ai commencé à chercher des solutions et des témoignages de personnes que sont passés par la même situation. Grâce à eux j'ai peux mettre en place certaines choses qu'aident mon quotidien. J'ai commencé par faire un planning de ma journée,  comme ça je me sens moins perdue et mois stressé. J'ai commencé à marcher un peu tout les matins. Ce matin pour la première fois j'ai couru grâce à ton conseils. Comme je n'avais pas l'habitude de faire du sport il faut que je commence tout doucement. Le boxe c'est quelque chose que je voudrais aussi mettre en place pour vider mon intérieur mais pour l'instant je n'ai pas encore rien fait à ce niveau. J'ai également écrit mon histoire de vie grâce à un conseil de quelqu'un. Ça ma fais du bien de extérioriser des choses que je gardais pour moi ou que je parlais très peu. Grâce à ça je me suis rendue compte de certaines choses. J'ai commencé aussi à noter les choses que sont importantes pour moi pour me focaliser qu'à ça.  

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@MarciaS j’étais dans ton cas, j’ai toujours le sourire avec les personnes, même je donnais des conseils mais en moi même,j’étais mal . Je cachais mon mal être, mon corps n’a pas put le supporter,en plus des problèmes familiales sont arrivés au pire moment j’ai attrapée une maladie neurologique, je suis passée par une dépression, de grosses douleurs ,des angoisses ,alors j’ai été suivie  à l’hôpital dans un service anti douleurs pendant un an ,cela m’as bien aidée, et mon médecin s’est bien occupée de moi, bien qu’il ne connaissait la maladie donc je souffrais qui est nouvelle. Ily a fallu que je tombe sur une personne qui a mis un nom sur celle-ci. Cela fait 15 ans que je vis avec je suis toujours sous anti dépresseurs, qu’il m’as conseillé d’arrêter j’ai essayée  mais mes angoisses et douleurs reviennent. Alors je continue, les séances à l’hôpital m’ont bien aidée . J’ai pris goût à la vie,,je suis mieux dans ma peau, et je continue a prendre mes médicaments. Tu as raison de te faire un programme pour la journée c’est ce que je pratique,.apparemment tu n’est pas schizophrène. Mon frère avait cette maladie ,je souhaite que tu ne l’ai pas car c’est terrible. Cela ne guérit pas ,et c’est pour la vie en plus ça fait souffrir les autres membres de la famille, de voir la personne que tu aime d’être une autre personne inconnue,  les vitamines ne guérit pas ne te met pas ça dans la tête 

il est nécessaire de te faire suivre, et prendre ta vie en main, je sais que se n’est pas facile. Mais ça vaut le coup courage à toi 

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