A bout de force : besoin d'échanger

https://www.carenity.com/static/themes-v3/default/images/fr/header/depression.jpg

Patients Dépression

30 réponses

445 lectures

Sujet de la discussion



Posté le

Bonjour,

J'entre malheureusement très (trop) tardivement sur votre forum. Je m'appelle Franck, j'ai 47 ans et suis bipolaire "déclaré" depuis environ 25 ans. J'ai pas de suite bien cerné la maladie et ne prenait pas forcément bien mon traitement mais ma vie se passait relativement bien et j'étais très entouré. Un travail, des amis, des voyages, tout allait bien la confiance en moins. Puis la vie a passé, j'ai fait 6 hospitalisation en psychiatrie et perdu petit à petit amis, envies, projets, goûts espoirs. Soigné très tardivement au theralithe je suis depuis entré en dépression sévère en Mars 2020: je vivais chez mes parents cr endetté par mes addictions, sans projet de rien, sans enfant, sans espoir. Je suis parti en septembre 2020 arpès une enième hospitalisation. Je suis toujours en dépression, suis en arrêt maladie depuis presque 1 an, je me suis mis à boire du matin au soir. J'ai parfois, à de rares moments, l'impression que je peux m'en sortir, monter un dossier bidon de rachat de crédit et puis je ne le fais pas. Par par peur de tricher, parce que je me sens à bout. Pour quoi faire finalement ? En 30 ans ma vie n'a fait que régresser. Je suis seul et tant mieux pour les autres. Le 05 Mars mes prélèvements de crédits vont être rejetés, mes dépenses cartes rejetées, et j'en passe. Ce n'est pas vraiment ça le problème c'est la résultante de la maladie et des addictions que je n'ai pu canaliser. J'ai toujours plus aimé aider qu'être aidé. pareil pour les cadeaux. quel plaisir de voir la joie de l'autre. Les psychiatres ont un tel pouvoir. Un jour j'ai demandé à l'un d'entre eux si un bipolaire pouvait vivre "comme tout le monde/normalement" . Il m'a répondu "oui bien sur" à condition de blablbla . Je pense que c'était une erreur car on s'arrête au oui on écoute pas le reste . On peut vivre normalement ? OUI et NON car il y a beaucoup de conditions à respecter pour avoir cette vie. Un autre m'a dit qu'un bipolaire ne peut construire les fondations de sa vie sur du sable comme les non bipolaires peuvent le faire parfois. Il faut des fondations solides, en béton et monter pierre après pierre. Je n'ai pas honte d'être bipolaire. Je n'ai honte de rien. Je pense avoir passé un cap d'où on ne revient pas. Pas forcément parce que ce n'est pas possible mais parce qu'on n'y croit plus on que l'on a plus envie. Que les peurs, les angoisses du réveil laissent place à la tristesse, à la mélancolie. Je vous prie de m'excuser pour ces mots plutôt moroses. Merci d'avoir lu jusqu'au bout, j'aurais eu l'impression quelques instants d'avoir un lien. Courage à tous les bipolaires.

Début de la discussion - 26/02/2021

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le

Bonjour @robedfl‍ ,

Je vous remercie pour l'ouverture de ce sujet 

J'invite ici quelques membres avec qui vous pourrez échanger : @Redsparrow81‍ @Lulu56‍ @Verochatchat‍ @Gone69002‍ @Gilles92‍ @Anaalex‍ @mag4343‍ @Nellyvictoria‍ @sephirot2010‍ @Robichaud‍ 

Auriez-vous des conseils à donner à Robedfl pour qu'il puisse reprendre goût à la vie ?


D'avance merci pour vos retours et conseils !

Belle journée,

Clémence de l'équipe Carenity  

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le

Bonjour,

Je ne comprends que trop bien ce que tu décris.

Quand on perd le goût de la vie, le plus important c'est de s'accrocher comme un fou à la moindre chose qui nous procure un peu de bonheur.

Il y a des jours plus dur que d'autre mais si tu abandonnes la vie, c'est toi que tu abandonnes.

J'ai le même problème que toi en ce moment et je me raccroche à l'amour que j'ai pour mon fils, au soleil, à ce que je peux, à ce qui me donne une lueur d'espoir.

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le

@robedfl je comprends ta douleur, ce sera dur de construire une vie normale les psychiatres ne savent pas trop ou vas t’amener cette maladie qui est terrible, je connais mon frère étais comme toi c’est compliqué pour les parents ils sont démunis 

courage à toi, suis bien les recommandations,et surtout prends tes médocs cela t’empêchera d’aller plus mal. 

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le
Bon conseiller

@robedfi :

1 - Comprends que ta priorité c'est de monter un dossier de surrendettement. C'est chiant, mais une fois que c'est dans les tuyaux, l'Administration peut mettre jusqu'à 1 an avant de statuer pour effacer ton ardoise. Alors fais-toi aider par ta famille et une assistante sociale pour rassembler les pièces. Cela vaut le coup d'y jeter tes dernières forces et de laisser mijoter.

2 - Six séjours hospitaliers et des années à végéter prouvent que tu n'as pas rencontré un psychiatre assez compétent et qu'il te manque les ressources pour rebondir. Aussi, je suggère de te renseigner pour déterminer quel est le meilleur spécialiste de la bipolarité en France et de te faire hospitaliser dans son service peu importe où il se trouve. Cela t'évitera de t'interroger indéfiniment sur ton traitement.

3 - Tu parles de fondations, mais ce n'est pas en creusant le même sillon qu'on obtient un résultat différent. Utiliser les mêmes outils, voir les mêmes personnes, conserver les mêmes habitudes, rester au même endroit ; tout cela donne un faux sentiment de sécurité. Aussi, je te propose de constituer un projet personnel sur une idée simple. Plus celui-ci parait improbable, plus tu devras faire preuve d'adaptation, ce qui comblera le vide et pourra contrarier les pensées obsédantes d'échec ou de frustration. C'est ainsi qu'on évolue. 

Tu veux un exemple ? Quel est le sport de combat le plus exigeant et dans quel pays est-il né ? Est-ce que tu peux imaginer un pauvre type à peu près dans ta situation, qui passé 40 ans, au comble de la dépression, sortant d'un séjour psychiatrique, gavé de médocs, fumant plus de 2 paquets de clopes par jour, pesant plus de 100 kg, avec un dos en compote, décider sur un coup de tête de prendre le 1er avion pour une île du bout du monde et s'entrainer à la boxe thaï qu'il n'a jamais pratiqué ? Tu trouveras mon témoignage dans mon historique,

J'aurais tout aussi bien pu prendre un baton de pélerin, moi qui déteste marcher, me mettre un sac sur le dos et décider d'adopter le chien le plus triste de la SPA, pour me servir de compagnon pendant que j'aurais arpenté au hasard les routes de France. Mais putain que ça fait du bien de se sentir vivant à nouveau. Plus le mur est haut, plus cela change tes perspectives quand tu l'escalades.

Vois-tu, il y a 2 catégories de gens : ceux qui sont libres et ne savent pas quoi faire de leur temps, rêvant de mener une vie "normale" et ceux qui sont attelés à la charrue (métro, boulot, dodo, bobonne, les gosses, les courses du week-end au supermarché et les traites de la baraque) qui ne rêvent que de faire le mur. La vie est vraiment mal foutue, hein ? 

Pour imager mon propos, je vais te parler de mon oncle. Il disposait d'une situation professionnelle très enviable, une belle épouse, une chouette maison et deux beaux enfants. Mais derrière cette façade, il supportait une pression de dingue, n'avait pas le temps pour ses gosses, trompait sa femme et picolait avec les amis pour arriver à se détendre. En rentrant un soir chez lui, sa moto à été fauchée par une voiture. Il est paraplégique. Il a subi je ne sais plus combien d'interventions chirurgicales. Evidemment, il ne peut plus assumer son job. Et sa femme se tape son meilleur ami. Et bien crois le ou non, il m'a avoué n'avoir jamais été aussi heureux. Du coup, il a décidé de se lancer dans la politique locale.

Ce que je veux te dire c'est qu'être dans le cadre ou en dehors ne suffit pas à se dire heureux ou non. Plein de gens dans la quarantaine se réveillent du jour au lendemain en s'apercevant que la vie qu'ils ont mené ne leur ressemble pas. Aussi productive et confortable qu'elle puisse paraitre, ils décident de se réinventer. Je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas en faire autant, car d'ici 1 an ta dette pourrait être effacée, ton traitement te stabiliser et de nouvelles expériences faire évoluer tes aspirations. En rebattant les cartes, tu ouvres un nouveau champ du possible. Il n'y a qu'en te laissant dépérir que tu te condamnes. La vie est une farce, ne la prends pas trop au sérieux.

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le
Bon conseiller

je viens d'apprendre que j'ai une dysmorphie hépatique stéatosique due au médicaments de ma bipolarité , pas mal comme effet secondaire un cancer hépatique

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le
Bon conseiller

Et bien voilà, quand je parle de farce, en voici un bel exemple. Dire que les toubibs ont soigné un truc pour vous en coller un autre. Voilà de quoi vous occuper pour la retraite. GP, en parcourant votre biographie, je vois que vous en avez vu d'autres... ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire la grimace. Vous êtes une leçon de vie pour les bipo qui désespèrent de construire une vie "normale".

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le
Bon conseiller

merci et ce n'est pas rien l'espoir

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le

Je suis "surpris" et "heureux" d'avoir des réponses à mon message. Je vous remercie de vous êtes penché sur mon "cas". Merci Gilles. tes mots font rêver. J'ai pensé à la démarche du surendettement mais je n'ai pas la force de le faire et de toute manière même en stoppant les prélèvements j'ai trop de CB et donc un blocage de compte qui m'attend. Oui j'ai peur. Oui je "rêve" au miracle de dernière minute. J'ai aussi et surtout peur pour mes deux lapins que j'ai adopté. Ca peut paraître con mais ce sont mes amis et ils dépendent de moi. Ils ne peuvent se barrer ailleurs avec leur foin. J'ai peur de ce qu'ils vont devenir. Mais la présidente d'au bonheur des NAC pourra les prendre en charge à mon départ. Les mots que vous avez et les encouragements sont plein de lucidité et sont sans jugement. Le 05 mars se rapproche très vite et de toute manière je ne pourrai rien faire seul. Je lutte déjà pour me lever chaque jour. tout ce que je dis là n'est pas fait pour qu'on me plaigne, ça n'y changera rien. Comment dire: je ne crois pas ou alors j'ai loupé, mais je n'ai vu aucune émission parler sérieusement de la bipolarité. Je crois également que les psychiatre doivent être accompagnés de psychothérapeutes pour nous aider à avancer. Juste au passage, je ne sais pas ce que je dois en penser mais il y a 10 jours j'ai vu mon donneur de médicaments. Il sait ma situation financière. Il n'y ait pour rien certes ca doit être pou cela qu'il m'a réclamé son chèque de 100€ en fin de séance. Mais bon la nature humaine peut être cruelle. Qu'importe. Le 05 approche. Mes seuls contacts sont de façon très éloignés mes parents et mon ex compagne. Je vie dans un meublé. j'ai acheté les cartons pour emballer mes quelques affaires. ce sera moins dur pour ceux qui me découvriront. J'ai programmé l'envoie de mails outlook.  Je n'en veux à personne, à moi peut être d'être si faible et d'abdiquer. J'espère ne pas me tromper mais je crois que les personnes bipolaires supportent parfois de tels souffrances que ça les rend beaucoup plus humains aimants et sans jugement. Je pense que tout le monde devrait faire une courte cure de bipolarité. Il est tellement agréable d'aimer et d'aider son prochain parce qu'on sait ce qu'est la souffrance et le plaisir. Au moment de "bouffer" mes médocs j'aurais certainement bu comme c'est le cas depuis 4 mois. Parlez de la bipolarité. Parlez de notre souffrance et de notre capacité hors du commun à être, donner et savoir faire. Nous ne sommes pas des handicapés mais la souffrance parfois nous emporte

A bout de force : besoin d'échanger


Posté le

salut robedfl

Bienvenu parmi nous. Je suis désolé que tu ailles aussi mal.
Ton témoignange me touche car je m'y reconnais en partie. J'ai 48 ans, à peu près le même âge que toi donc et comme toi en février-mars 2020 ma vie est partie complètement en vrille. Je me suis retrouvé en tout hospitalisé 3 fois dans l'année, à Paris. Comme toi aussi je suis bipolaire "déclaré" depuis environ 25 ans même si je l'ai toujours été, depuis l'adolescence en fait. J'ai été miné par la dépression sévère, mélancolique, j'ai failli perdre ma famille, j'étais constamment au bord du suicide et j'ai évité de peu les electrochocs à l'hopital. Ma psychiatre m'a dit que j'étais en délire mélancolique. Un autre psychiatre, libéral, a dit à ma femme, sympa, de divorcer et de m'empêcher de voir mes 3 enfants (quel enc... quand même !).

Mais enfin j'ai eu la chance d'être bien soigné, finalement, après moulte traitements foireux ou inefficaces au long des années. La psychiatre de l'hopital où j'ai séjourné, ne m'a pas laissé tomber et elle a essayé plusieurs trucs. Maintenant je suis sous IMAO, un anti dépresseur un peu spécial, et sous Lamictal, plus Tercian et Temesta. Et je revis, je me retrouve enfin un peu même si c'est pas rose tous les jours. Je n'ai pas perdu ma famille même si je ne vis plus avec eux. Je l'ai échappé belle.

Pendant toutes ces aventures je suis un peu retourné chez mes parents mais ça n'allait pas, surtout qu'ils sont loin. J'ai écarté tous mes amis au fil des ans par mon cynisme et mon humeur toxique et invivable. Mais maintenant j'essaie de renouer un minimum de contact avec eux via Facebook.

Si je comprends bien, tu es au fond du trou. Mais il faut te dire qu'on peut toujours remonter. Effectivement, la vie d'un bipolaire n'est pas la même que celle d'un type normal. C'est seulement à la TV qu'on voit des bipolaires souriants et conquérants. Dans la réalité, on est vachement handicapé par rapport aux autres. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas vivre une vie qui vale le coup. A 47 ans, on peut encore connaître l'amour, le confort affectif et sortir enfin de la solitude qui fait si mal. On peut aussi travailler sur ses passions, on en a tous, et les vivre le plus possible. Et les dépendances, ça se travaille. Moi j'en ai et avec le temps j'apprends de mieux en mieux à les contrôler, suffisamment en tout cas pour qu'elles ne prennent plus toute la place.

Avoir honte d'être bipolaire, quelle idée ! :) Comment un malade frappé par une saloperie de pathologie qu'il n'a pas choisi pourrait avoir honte ? Honte de quoi ? Plutôt fier d'être toujours là après tant de souffrances.

Par contre, il faut que sois bien suivi, surtout avec les bons médocs. C'est le plus dur, trouver le bon traitement et le bon psychiatre. Moi maintenant je ne fais plus confiance qu'aux praticiens hospitaliers, je suis tombé sur trop de psychiatres ou psychologues libéraux débiles. Mais chacun son expérience. Sans traitement qui tienne la route, un bipolaire ne peut rien faire, faut pas rêver. Mais avec un bon traitement, énormément de choses redeviennent possibles.

Bon courage, on peut toujours réussir à améliorer son cas et retrouver un minimum la joie de vivre.

Discussions les plus commentées