Echanges entre personnes bipolaires !

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Patients Trouble bipolaire

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Sujet de la discussion



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Échanger sur des choses de la vie avec des troubles mentaux 

Début de la discussion - 31/08/2021

Echanges entre personnes bipolaires !

• Animatrice de communauté
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Bonjour @YounesBlake‍,

Je vous remercie pour l'ouverture de ce sujet emoticon Timide J'invite ici quelques personnes à y participer :  @CRISkrys1967@cathy091@SCHMEUH@Framboise38@mission@sylefi@bebette@Louloute1982@Lilimatisse@Assata16

Comment se manifeste la maladie dans votre quotidien ?

D'avance merci pour vos retours à @YounesBlake‍ !

Belle journée,

Candice de l'équipe Carenity

Echanges entre personnes bipolaires !


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Bon conseiller

@YounesBlake‍,

Vaste thème que celui d’aborder les choses de la vie à travers le prisme des troubles mentaux et en particulier avec la bipolarité.

Pour ma part, étiqueté avec des troubles de la personnalité, j’ai toujours pensé que mes actions et réactions ont été corrélées par cet état durable et constant au gré des turbulences de mon humeur. 

Au fil du temps, balance entre des « up » et des « down » puis des longues périodes blanches, j’ai acquis une certaine sagesse dans mes choix de vie et mes comportements. 

Avec l’âge, j’ai fait le choix de la lenteur et presque de l’exclusion, c’est-à-dire du retrait social partiel sachant que je m’épuise vite et que je me lasse encore plus vite par manque d’intérêt personnel et d’investissement pérenne. 

Pour être concret par l’exemple, je suis incapable d’avoir une responsabilité dans le milieu associatif. Certains pourront passer par manque de stabilité. Probablement.

Le fait d’être hypersensible quand l’émotion vous envahit au point de fuir, nul ne peut comprendre ce qui se passe à l’intérieur. C’est une expérience unique non programmable. C’est même flippant d’être tributaire à ce point de son émotivité. 

Et pourtant de l’extérieur d’autres pourront évoquer de la froideur et de l’insensibilité. En fait, à l’intérieur c’est tout le contraire. Bas les masques, je n’y arrive pas. Je me suis construit une carapace. Et ma meilleure arme, c’est l’auto-confinement en écartant au maximum les relations sociables. 

Pour résumer, la vie au quotidien est simple mais sans rêves comme réglée au millimètre pour écarter une nouvelle décompensation possiblement dévastatrice. 

 Voilà quelques réflexions et constats de ma part pour alimenter ce thème passionnant : comment vivre au quotidien avec ce que nous sommes ?

Echanges entre personnes bipolaires !


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Bonsoir, 

 Je rejoins mon prédécesseur, il s'agit là d'un vaste thème que de vivre avec la bipolarité. 

Pour ma part c'est usant au quotidien de devoir jongler avec des troubles de l'humeur mais également les symptômes qui y sont liés.

Je suis sortie d'une phase "up" en pleine hospitalisation qui s'est d'ailleurs très mal passée. Je suis maintenant dans une phase "down" ou la fatigue et les douleurs sont quotidiennes mais également le rejet de tout lien social. Il m'est difficile de tenir une discussion simple avec mes ados en fin de journée après le travail car c'est le désintérêt total hélas.

Je travaille donc et durant ces périodes, me lever pour y aller est chaque matin compliqué. Je me referme sur moi-même avec les autres habitants de ma tête.

J'ai énormément de mal à supporter des discussions qui me semblent stériles et surtout les complaintes des autres qui parfois me filent des maux de tête, des douleurs au dos et j'en passe.

C'est dommage qu'il n'y ait pas de groupe de parole physique entre bipolaire afin de nous entraider... Pourquoi pas ?

Parce que lors de mes phases qu'elles soient "up" ou "down" notre entourage ne peut pas comprendre, même s'il y a la meilleure volonté du monde c'est improbable à mon avis.

Comment vivre avec soi-même ? Quelle bonne question. Pour ma part j'ai la possibilité d'écrire beaucoup sur mes pensées, mes comportements vis-à-vis de moi d'abord puis des autres et encore faut-il aller au-delà de soi, de ses troubles pour accepter de connecter ne serait-ce qu'à sa famille... Chose compliquée car à mon sens ce serait ne plus se laisser gouverner par mes états, ce qui est à ce jour impossible me concernant.

Voilà en gros ma vision de la maladie.

À bientôt et  courage à nous 🦄

Assa

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Bon conseiller

@Assata16‍ 

Merci Assa pour votre contribution dans la continuité de la mienne. 
Je constate de nombreux points de convergence entre nous deux sur notre vécu au quotidien même si nos séquences diffèrent naturellement puisque chaque personne vit un parcours qui lui est propre dans son environnement familial et professionnel.
J’ai toujours ressenti un rapport à l’Autre difficile et compliqué y compris dans ma famille en incluant mes enfants et petits-enfants. ( deux mariages suivis de deux divorces avec deux enfants par union).
En clair, les contacts sont réduits à minima et je n’en suis quasiment jamais l’initiateur. 
Quant à la suggestion de mettre en place un groupe de parole physique, je pense qu’avec les nouvelles technologies, c’est possible au sein de notre communauté à l’initiative de Carenity. A suivre …

Il ne faut désespérer de rien et surtout pas de nous-mêmes. Nous sommes ce que nous sommes. Commençons par nous aimer et nous estimer. Prendre soin de soi devrait être un leitmotiv pour nous guider vers un état de mieux-être. 

Bon courage à toutes et tous dans la même galère.

On lâche rien ! 

Sylvain 

Echanges entre personnes bipolaires !


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Bonsoir Sylvain,

Ravie d'échanger sur ce sujet que nous connaissons que trop bien.

Pour ce qui est des rapports familiaux au sens large, c'est moi qui ai dit stop à la méchanceté, au jugement, au dénigrement et surtout d'avoir usé et abusé de ma nature empathique au détriment bien évidemment de ma santé, à certains moments ça me fait un peu mal mais c'était nécessaire. Je ne regrette pas d'avoir moi-même créé ce fossé entre eux et moi.

De toute façon, je ne me suis jamais vraiment senti à ma place parmi eux, car différente probablement mais dans le bon sens du terme.

Quand, je me repli sur moi-même, c'est un état, je préfère. Je me reconnecte autant que possible à mon moi profond.

J'espère pour nous tous, de vivre le mieux possible avec cette pathologie et nos vécus respectifs dans ce yoyo emotionel continuel qu'elle nous fait vivre au quotidien. 

Merci, d'avoir pris le temps de me lire et de me répondre. 

À bientôt j’espère ! 

Assa 🦄

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Bon conseiller

Bonjour Assa,

Pour vous répondre dans la suite de votre dernier post et toujours dans le thème qui nous réunit ici, je n’ai pas eu les mêmes difficultés d’ordre familial tel que vous les présentez dans votre cas.

En fait, c’est la deuxième rupture conjugale (la première étant à mon initiative) qui a été à l’origine de ma dernière décompensation cataclysmique car subie et non maîtrisée par moi. 
C’est ce souvenir extrêmement douloureux qui me conduit à une extrême prudence dans la relation à autrui de peur de me retrouver face à une situation ingérable.

Évidement, avec un recul de plus de vingt ans par rapport à cette période pour laquelle j’ai passé 22 mois d’hospitalisation en HDJ en hôpital psychiatrique, je suis mieux armé pour gérer mes problématiques psychiques en plus de tout le reste car mon corps vieillissant me rappelle régulièrement aux autres pathologies chroniques. 

Ne sous-estimant pas mes fragilités et malgré le fait que je ne veux plus prendre de neuroleptique même atypique pour supporter ma vie, je me suis résolu dernièrement à un suivi mensuel en CMP. D’abord avec l’infirmier psychiatrique puis en octobre première consultation avec le psychiatre du secteur auquel je suis rattaché depuis mon changement de domicile. 

Voilà qui va modifier en partie ma vie puisque depuis presque cinq ans, j’ai arrêté mon suivi psychiatrique en ambulatoire ainsi que mon traitement de Xanax à cause de mon déménagement entre la Normandie et la Bretagne. 

Mais la prudence me dicte de reprendre un filet de protection avec un suivi psychologique régulier uniquement mensuel pour le moment. 

Concomitant à cela, je suis rigoureux sur mon mode de vie, à savoir l’activité physique journalière ( 10 km de VTT sur la voie verte) et un repas équilibré le midi dans la brasserie de l’Hyper à côté de mon domicile car je ne cuisine pas. 

Tout cela pour illustrer que les troubles de la personnalité pour être canalisés nécessitent une vie régulière et cadrée pour écarter au maximum les sorties de route sans garantie absolue car le risque zéro n’existe pas. 

Restons optimistes car nous avons en nous des capacités insoupçonnées qui nous permettent de faire face même au creux de la vague. En tout cas, j’y crois même au pire moment. 

Il suffit de peu de chose quelquefois. Lors de ma première hospitalisation en CHS, c’était un dimanche soir sur RTL avec un petit poste de radio à piles prêté par une amie lorsque j’ai écouté par hasard la 8ème symphonie inachevée de Schubert. Cela a été une résurrection soudaine pour moi malgré les fortes doses de Largactil qui faisaient de moi un zombie.

Et de prendre la décision à ce moment-là de sortir le plus vite possible (à ma demande) de cet enfermement. Cela fut fait en trois jours après l’accord du médecin-chef. Après cela a été une autre histoire de suivi psychiatrique.

Voilà Assa quelques éléments supplémentaires sur le thème de la vie au quotidien. 

Bonne continuation.

Sylvain 

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Bonjour,

Je ne sais pas si ce post est toujours ouvert à la discussion.

Je suis diagnostiquée bipolaire depuis deux mois environ. J ai du mal à gérer ça.

Je me replis de plus en plus sur moi. J essais d’éviter les gens tout simplement parce qu’être entourée me fatigue. Quand je suis dans ma période down je m enferme dans ma chambre et j attend que ça passe.

Je pleure pour rien et ce accompagné d un mal être, un poids sur la poitrine, l envie de m évader loin de tout. J ai envie de fermer les yeux et de les ouvrir longtemps après dans l’espoir que tout aille mieux.

Je me renferme sur moi, même à la maison. Je me sens seule dans ce combat, car je ne comprend pas pourquoi ça m arrive, pourquoi ces variations d’humeur.

La seule personne qui me comprend c est mon psychiatre à qui je peux envoyer des sms quand ça ne vas pas.

Je me sens bien seule, et en même temps non.

Aujourd’hui j ai été faible, je n ai pas eu la force d aller travailler, la honte juste pour éviter mes collègues, mes clients, car faire semblant d aller bien me prend de l énergie. Mon médecin m a arrêté une semaine, mais je culpabilise, je ne me sens pas légitime pour cet arrêt. J ai l impression d être un imposteur.

J ai l’impression de couper tout lien social petit à petit.

bref, je me sens perdue. J ai l impression d être devant un mur sans savoir vers quoi me tourner.

Voila. J ai posté mon ressenti la, malgré le fait d avoir un journal intime. J avais besoin de livrer mes impressions autrement que sur ce foutu journal.

A bientôt peut-être. 

Kalyss

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Bon conseiller

@KaLySs‍ 

Je comprends très bien ce que vous ressentez pour l’avoir vécu. 
Prenez bien soin de vous avec l’aide de votre psychiatre pour votre prise en charge. 
Toute ma solidarité. 
Sylvain 

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@sylefi‍ 

Bonjour,

Merci pour votre message.

A travers cette plateforme, je me reconnais dans certains témoignages.

Je trouve que les personnes qui s’y trouve sont fortes, ce qui est le contraire pour moi je pense.

A ce stade, je me pose la question de savoir si ce ne serait pas mieux de me m être en arrêt de travail dans le but de prendre le temps de m occuper de moi et de laisser s installer une certaine stabilité car je suis en début de traitement et que surtout mes phases de tristesse pour pas dire dépressives, se déclenche au travail surtout le matin puis a des moments de la journée où j’oscille entre la pêche et le vide la lenteur et les envies de pleurer.

Mais je me demande si c est une solution de faire cela, à savoir prendre le temps de me stabiliser avant de continuer ma vie professionnelle.

J ai informé ma supérieur que j étais bipolaire, mais le fait est qu elle ne peut me laisser le temps car travail exigent, avec des chiffres a faire et une certaine cadence à tenir.

Je suis perdue dans tout ça, c est le floue total, ne sachant pas qu elle décision serait bien.

En faites, j en ai marre, j aimerai que tout ça s arrête.

À bientôt 

Kalyss

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