Vivre avec des troubles bipolaires

Dans le cas de la maladie bipolaire, le patient doit devenir son propre baromètre : c’est lui qui petit à petit apprend à sentir s’il est normathymique, ou dans un moment dépressif ou maniaque débutant.
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Les épisodes, s’ils viennent à se répéter, permettent au patient de détecter les signaux annonciateurs de ses rechutes. Il peut alors lui-même attirer l’attention de son médecin et discuter avec lui de la réponse à apporter : repos, arrêt de travail, ajustement du traitement médicamenteux ou hospitalisation. Il prend aussi conscience de l’importance de respecter les conseils d’hygiène de vie : sommeil, rythme, stress, etc.



Souvent le patient préfère être dans une phase légère d’excitation où il sera plus enjoué, même si cet état peut lui être préjudiciable. Au-delà du caractère épuisant pour l’entourage, cette phase comporte aussi des risques de dépenses incontrôlées et il faudra alors veiller à protéger les biens du patient et de son entourage.

Connaitre sa maladie et l'accepter pour vivre avec

Le patient et ses proches peuvent se documenter auprès du psychiatre référent, mais aussi de groupes de patients, groupes de familles et d’ouvrages destinés aux patients.

Pour le patient, vivre avec sa maladie c’est prendre conscience de l’impact parfois sévère de la maladie et de ses conséquences sur l’entourage. Les accès de mélancolie nécessitent de la part de l’entourage une attention toute particulière car l’intensité de la dépression y est telle que le risque de suicide est important. Face au sentiment d'impuissance du malade, le rôle de la famille et des amis est primordial dans le succès ou l'échec de la thérapie. Vivre avec sa maladie c’est enfin savoir solliciter l'aide de son entourage et de son médecin en cas de difficultés ou de suspicion de la moindre rechute.

En outre, certaines mesures peuvent être prises pour mieux composer avec le trouble bipolaire:

• Établir des routines. Un sommeil régulier et à heures fixes, une alimentation saine et des repas pris à des horaires classiques ainsi qu’un rythme de vie équilibré apportent un cadre stable aux malades bipolaires, ce qui leur facilite le contrôle de leurs humeurs.
• Identifier les symptômes avant-coureurs. Même si les signes avant-coureurs d'un épisode maniaco-dépressif varient d’une personne à l’autre, il est possible d’identifier avec le psychiatre quels sont les changements de comportement qui peuvent signaler une période maniaque ou une phase dépressive. Cela peut-être l'insomnie, des dépenses financières soudaines et importantes, ou le repli sur soi.
• Maintenir un rythme de sommeil régulier. Il faut aller au lit et se réveiller autour de la même heure chaque jour. Des troubles du sommeil peuvent provoquer des changements chimiques dans le cerveau, ce qui pourrait déclencher la cyclothymie.
• Ne pas prendre d'alcool ou de drogues. Ces substances peuvent déclencher des sautes d'humeur. Ils peuvent également interférer avec l'efficacité du traitement médicamenteux.

Article rédigé sous la supervision du Dr. Isabelle AMADO, médecin psychiatre, praticien hospitalier Service du Professeur Olié au CH Sainte Anne à Paris, Coordinatrice du Centre d’Evaluation et de Recherche Clinique (CERC) et Responsable du Centre Référent en Remédiation cognitive et Réhabilitation Psychosociale.

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