Et si l’on travaillait l’action plutôt que la pensée?

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Patients Dépression

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Bon conseiller

Ces chercheurs de l'Université d'Exeter démontrent que la thérapie « d'activation comportementale » (Behavioural Activation), une psychothérapie simple à mettre en œuvre et peu coûteuse, pourrait permettre une meilleure gestion de la dépression que la plus classique thérapie cognitivo-comportementale. De quoi s’agit-il ? D’une thérapie tournée vers l'apprentissage du bon comportement et non de la bonne pensée, face à une situation donnée. Des conclusions, présentées dans le Lancet, importantes étant donnée la prévalence élevée de la dépression et l’économie possible, soit 20% des dépenses de santé qui lui sont associées. 

Il s’agit en pratique d’une thérapie par la parole, orientée vers l’action positive. L’activation comportementale consiste à aider les personnes souffrant de dépression à modifier leur comportement en renforçant le lien entre leur comportement et leur humeur. Les thérapeutes aident les patients à se souvenir de situations positives dans leur vie mais également à faire face aux situations difficiles, en les aidant à identifier les meilleurs comportements, les plus constructifs pour faire face à ces situations. Au contraire de la thérapie cognitivo-comportementale orientée vers une meilleure gestion intérieure de la pensée et des croyances, l’activation comportementale est décrite comme une thérapie tournée vers l’extérieur et vers l’action. Cette thérapie d’activation comportementale peut-être délivrée par des personnels non-spécialisés mais ayant suivi une formation adaptée.

Premier avantage, faire face au besoin croissant de soins liés à la dépression : la dépression est un trouble de santé mentale de plus en plus fréquent, on estime à 350 millions, le nombre de personnes dépressives dans le monde. Les chercheurs estiment son coût à 5 milliards sur la seule économie américaine, de 2011 et 2030. L’alternative aux médicaments, la thérapie cognitivo-comportementale, délivrée par des cliniciens et de thérapeutes spécialisés est coûteuse et n’est pas accessible à tous. Au Royaume-Uni ainsi, seul 1 patient atteint de dépression sur 10, y aura accès. De nombreuses personnes atteintes de dépression restent ainsi sans traitement. La thérapie d'activation comportementale apparaît donc comme une nouvelle option, de nature à répondre à ce besoin croissant, d’autant plus facilement qu’elle peut être délivrée par des personnels de santé « juniors » mais formés.

Des preuves de réductions de coût et d’efficacité : l’étude COBRA (pour Cost and Outcome of Behavioural Activation versus Cognitive Behavioural Therapy for Depression) montre, sur un échantillon de 440 adultes souffrant de dépression, répartis au hasard pour recevoir soit 20 séances d'activation comportementale délivrées par de jeunes « recrues » en santé mentale soit 20 séances de thérapie cognitivo-comportementale, montre, à 1 an, la « non-infériorité » de la nouvelle thérapie. Ainsi, les 2 tiers des participants des 2 groupes déclarent :
·  une réduction d’au moins 50% des symptômes dépressifs,
·  des nombres similaires de jours « de déprime » ou de rémission.

Enfin, les coûts d'intervention sont confirmés comme significativement plus faibles pour l'activation comportementale. 

Une remise en question de la thérapie cognitivo-comportementale comme thérapie psychologique de première intention : « L’activation comportementale devrait être le traitement de première intention pour la dépression au Royaume-Uni en raison de son potentiel énorme à ouvrir l’accès à tous les patients à une prise en charge psychologique », écrivent les auteurs. Il reste à lever les obstacles importants à la mise en œuvre de toute nouvelle pratique clinique, commentent les experts. Avec, parmi les obstacles courants, le manque de formation et de soutien pour les personnels, structures et systèmes de santé, le doute ou la faible acceptabilité des patients, la stigmatisation à l'égard du traitement, la culture organisationnelle etc… Ce ne sont que des obstacles surmontables par l’activation comportementale, un traitement prometteur et accessible à tous.

Source : SantéLog.com

Début de la discussion - 28/12/2016

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Bon conseiller

Merci Margarita pour cette information, mais je souhaiterais l'enrichir. En matière de traitement de la dépression, vous avez affaire à un vrai mille-feuilles de pratiques : psychiatrie, école freudienne, analyse, école de Palo Alto, thérapie cognito-comportementale, coaching, pensée positive et développement personnel, EMDR, tapering, sophrologie ou simple psychothérapie de soutien. Ajoutez à cela le statut du praticien avec une formation de 10 ans... à juste 3 mois. Bref, de quoi en perdre son latin.

Pour ma part, je les ai tous fait et plutôt 2 fois qu'une. Je peux donc en parler en connaissance de cause. Il me semble indispensable d'associer un psychiatre disposant de la compétence la plus élevée possible dans l'expertise médicamenteuse, avec un thérapeuthe d'expression. Concernant ce dernier, ne vous attachez pas à une école de pensée en particulier, la personnalité de votre thérapeuthe est bien plus importante. Est-ce quelqu'un de disponible, d'ouvert, de fiable et de positif ? Cela peut vous paraitre secondaire, mais ne l'est pas : est-il souriant, a t'il le sens de l'humour ? C'est le meilleur moyen de relativiser et de rendre les séances supportables.

Comprenez que ces professionnels sont là pour pallier un déficit de structure et de solidarité à l'échelle sociale et familiale. Les études cliniques démontrent en effet, que ceux qui sortent le plus rapidement de la dépression, sont ceux qui sont le mieux entourés affectivement et qui ont su conserver un certain sens de la dérision. Je voudrais également souligner l'intérêt d'une approche moins occidentale : méditation, yoga, bouddhisme, massages thaï, ayurveda, peuvent apaiser là où le reste a échoué. Le corps et l'esprit sont intimement liés, aussi convient-il de chercher ce qui marche pour vous, sans oeillères aucunes.

Enfin, sachez qu'il existe un autre chemin, dont on parle beaucoup moins et que je m'efforce de faire connaitre sur le forum. Celui de Carl Jung. Pour résumer sa pensée de façon schématique, quand ça va mal, il faut partir. C'est donc une invitation au voyage. Il s'agit moins de fuir que de respirer d'ailleurs, autrement, pour s'enrichir de nouvelles expériences qui permettent de retrouver goût à la vie. En effet, on ne sort pas de l'embarras en creusant toujours le même sillon. Vous vous doutez bien que ce type de discours n'est pas très populaire auprès de nos thérapeuthes, puisqu'il ne permet pas de fidéliser la clientèle ;-)

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Bon conseiller

Bonjour merci @Margarita_k je découvre seulement maintenant votre post que je trouve très bon la thérapie d'activation comportementale me fait penser à ce que j'ai eu lors d'une de mes hospitalisation par une ergothérapeute qui m'a beaucoup aidée. Je recommande le recours à ce professionnel. 

Bonjour @Gilles92 bravo d'avoir trouver le courage de partir pour t'enrichir d'expériences nouvelles, il faut une force de caractère que je n'ai pas eu. Contente qu'elle t'a donné de retrouver gout à la vie.

A vous deux, à toute l'équipe Carenity ainsi qu'à toutes et tous ses membres, belle et bonne ANNEE 2017 avec une amélioration de votre santé, amour, amitié, joie, bonheur

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Bonne année erwannono,

Je ne crois pas avoir fait preuve de courage ou de force de caractère, tant ma capacité de réaction était proche d'une amibe. Les psy et les médocs ne suffisaient pas à retrouver le goût de la vie. Aussi ai-je cherché à m'inspirer de personnages dépressifs, fictifs ou réels, à la télé, au cinéma, dans la littérature. Comment font-ils pour sortir de l'adversité ? 2 exemples m'ont marqué : dans le dernier épisode de la dernière saison, le Dr House taille la route à moto avec son ami Wilson. Dans "de rouille et d'os", Marion Cotillard sort de sa zone de confort grâce à Ali. Visionner en streaming des films comme "Mange, prie, aime" ou "Wild" peut également allumer cette étincelle. Savez-vous que la guerre du Vietnam a fait plus de suicidés que de victimes sur le terrain dans les rangs des GI ? Comment ceux qui ont survécu ont-ils réussi ? Lire les ouvrages de Jack London dans le Grand Nord réveille en vous ce qui est vital. Faire preuve de dérision est aussi essentiel avec un ouvrage comme "Petits suicides entre amis" de Paasilinna. Connaissez-vous Rubin Carter ? Si ce n'est pas le cas, lisez sa biographie "le 16ème round" pour apprendre ce qu'est la force de caractère. Bref, autant de sources d'inspiration pour donner du sens là où il n'y en a plus. N'attendez pas le messie. Ne déléguez pas tout à la science. Ce n'est qu'à mon retour de Thaïlande que j'ai cherché à rationnaliser cette expérience pour en faire profiter mes petits camarades. A ce propos, je repars en Asie dans 3 semaines ;-)

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Bonjour @erwannono, @Gilles92,

Avec un peu de retard, je vous souhaite également une très bonne année 2017 de la part de toute l'équipe !

Margarita

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Merci beaucoup à vous et à toute l'équipe @Margarita_k, à bientôt

Merci aussi à toi @GILLES92, tu dois préparer tes valises, bon séjour renouvelle tes forces et ta joie de vivre. Amitiés 

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Merci erwannono. Merci Margarita.

Si vous êtes sages, peut-être vous enverrais-je quelques bonnes vibrations des tropiques.

Correction : ne soyez pas sages du tout, c'est finalement le fond de mon message, non ?

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@Gilles92 je suis tout à fait d'accord quand tu dis que pour échapper à la dépression il faut changer d'horizon, c  est ce qui me réussit le mieux.

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Bonsoir verveine,

Merci pour ton message. Puis-je te demander de développer ? Il me semble que l'espoir se nourrit d'histoires personnelles. Plus nous seront capables de dire pourquoi ça va mieux et comment nous nous y sommes pris, plus nous ouvrirons le champ du possible à ceux qui pataugent.

J'évite autant que possible les expressions "il faut", "on doit", "y a qu'à", souvent mal vécues par mes petits camarades. Et pour cause, ils ne les ont que trop entendues de la part d'un entourage impuissant, alors que la dépression se caractérise aussi par un déficit de volonté. Si j'utilise ces 2 premières locutions, c'est par défaut, comme pour rédiger une notice Ikéa. Certes, je ne suis pas dans la compassion, mais pas dans la culpabilisation non plus. Toutefois, l'honnêteté me pousse à dire avec le recul, que si j'avais mis 1/100ème de l'énergie déployée à survivre pour organiser mon 1er voyage en Thaïlande, je me serais évité bien des tourments. Il faut dire que ce que j'ai appris, l'a été à partir d'une page vierge. Personne ne m'a guidé.

Parce-qu'un témoignage comme le mien n'existait nulle part sur les forums spécialisés, j'ai voulu offrir à celui qui n'arrive pas à sortir du placard, une inspiration, un guide pratique et une trame de réflexion. Je n'incite personne à faire comme moi, seulement à réfléchir comment adapter mon expérience à votre personnalité. Sachez qu'il n'y a qu'une chose qui m'a fait tenir et me soutient encore : la fierté de vendre ma peau cher. Que cette pensée vous accompagne aussi.

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