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Patients Cancer du sein

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anonymous avatar Membre Carenity • Animatrice de communauté
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Bon conseiller

Les experts français de la maladie se sont réunis à Lille pour en débusquer les mythes et réalités.

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Comme chaque année, le congrès de la Société française de sénologie et pathologie mammaire rassemblait les meilleurs experts français du cancer du sein, avec cette année un fil rouge qui montre le souci de renouer le lien, parfois si distendu, entre experts et grand public: les idées reçues en médecine. 

"Certains aliments réduisent le risque de cancer du sein"

Vous pensiez peut-être pouvoir éviter un cancer du sein en mangeant régulièrement du chou, du curcuma ou des graines de lin. Rien n’est moins sûr. En réalité, la biologie des cellules normales ou devenues cancéreuses (carcinogenèse) est bien trop complexe pour être ainsi réduite à un aliment miracle. « Quand on parle de mode de vie et d’alimentation, on est dans un modèle de carcinogenèse qui est très différent de ce qu’on connaît par exemple dans le cancer bronchique où on a un carcinogène évident qui est le tabac », explique le Pr Laurent Zelek, oncologue médical au CHU Avicenne (Bobigny).

La prolifération d’ouvrages grand public et d’articles à la gloire de tel ou tel produit laisse pourtant croire le contraire. « Il est absolument illusoire d’imaginer qu’on va arriver à redresser des mécanismes aussi complexes sur une maladie aussi hétérogène (de causes multiples, NDLR) avec un aliment miraculeux », prévient l’oncologue. Ce que rappelait déjà l’Institut du cancer (Inca) en juin 2015 dans une brochure intitulée Nutrition et cancers. Alimentation, consommation d’alcool, activité physique et poids (téléchargeable sur le site www.e-cancer.fr): « Il s’agit d’équilibrer globalement ses consommations en privilégiant ce qui protège et en réduisant ce qui peut contribuer à l’apparition d’un cancer. » Ce qui signifie, pour l’Inca, qu’il faut à la fois limiter sa consommation d’alcool, ne pas consommer plus de 500 g de viande rouge par semaine, se méfier du sel des charcuteries, plats tout préparés ou produits d’apéritif, et manger cinq portions de fruits et légumes par jour, privilégier les aliments riches en fibres, tout en consommant 3 portions de produits laitiers.

« On a beaucoup parlé du lait, en disant que c’était très mal, qu’il fallait éviter le lait de vache, rappelle le Pr Zelek. Eh bien, contrairement à ce qu’on avait imaginé, les produits laitiers ont un petit effet protecteur en préménopause» C’est ce qu’a souligné cette année le programme « Continuous Update Project » du Fonds de recherche mondial sur le cancer sur les facteurs de risque de tous les cancers.

"Si le dépistage organisé par mammographie était efficace, on verrait moins de cas de cancers avancés au moment du diagnostic"

« L’objectif du dépistage de tous les cancers, c’est d’abord et avant tout de prévenir les cancers avancés, donc les détecter à un stade curable », rappelle le Dr Philippe Autier, épidémiologiste à l’International Prevention Research Institute (Lyon). « C’est ce qu’on a effectivement observé avec le dépistage du cancer du col utérin et le cancer colorectal… mais on n’a rien vu de tel avec le cancer du sein », affirme-t-il.

Des propos nuancés par le Dr Florence Molinié, responsable du registre des cancers de Loire-Atlantique (CHU de Nantes): « On ne peut pas dire que toutes les données vont dans le même sens. Il y a quand même des études qui montrent une diminution de l’incidence des cancers du sein avancés. »

« Ce que propose le Dr Autier, c’est de revenir à l’autodépistage, ce qui veut dire attendre que les cancers aient suffisamment évolué pour devenir palpables, donc avec moins de chance de guérison et des traitements plus lourds », s’est indigné le Dr Luc Ceugnart, radiologue au Centre Oscar Lambret de Lille. Même recadrage du Dr Bruno Cutili, cancérologue radiothérapeute (Reims) et président de la SFSPM: « Onparle toujours du surdiagnostic avec la mammographie, mais jamais du sous-diagnostic et du sous-traitement. Or, s’il y a 5 à 6 % de formes métastatiques d’emblée au moment du diagnostic, c’est qu’il y a aussi malheureusement des femmes qui ont attendu ou ont négligé leurs symptômes. Ne l’oublions pas! »

"L’environnement (pesticides, radioactivité, travail de nuit…) joue un rôle important dans l’apparition des cancers"

« L’incidence du cancer du sein a presque doublé entre 1980 et 2005, remarque le Dr Karine Hannebicque, gynécologue-obstétricien au Centre Oscar Lambret de Lille, et cette augmentation ne peut pas être expliquée seulement par la généralisation du dépistage, le vieillissement de la population, les facteurs de risque connus du cancer du sein ou par les modifications du mode de vie », explique le Dr Hannebicque. Et de conclure: « L’impact de l’environnement sur la survenue de cancers ne fait plus de doutes. » Toute la question est de savoir dans quelles proportions.

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Limiter la durée de l’hormonothérapie après un cancer du sein ?

Pour certaines femmes, une hormonothérapie par tamoxifène ou par inhibiteur de l’aromatase est parfois prescrite après le traitement initial (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie), pour réduire le risque de récidive du cancer. Ceci pendant cinq années si la femme supporte le traitement.

Mais les pratiques évoluent. « Depuis environ quatre ans, on se pose la question, notamment chez les femmes avec initialement atteinte ganglionnaire (cellules cancéreuses détectées dans les ganglions qui se trouvent sous le bras, NDLR) de prolonger ce traitement après ces cinq années », explique le Dr Séverine Guiu, oncologue à l’Institut du cancer de Montpellier-Val d’Aurelle. Combien de femmes sont potentiellement concernées ? « Sur 50.000 femmes ayant un cancer du sein chaque année, environ 40.000 vont avoir une tumeur hormonosensible, et parmi elles, 20 à 30 % vont avoir une atteinte ganglionnaire. Ce sont ces femmes qui pourraient en bénéficier », explique-t-elle. « Mais le bénéfice est modeste et dans la plupart des études, la prolongation de l’hormonothérapie diminue surtout le risque de cancer dans l’autre sein ». « On évalue au cas par cas », explique le Dr Guiu. D’autant que les traitements hormonaux ne sont pas dénués d’effets secondaires. « Avec le tamoxifène, il y a notamment le risque de développer un cancer de l’endomètre (dans l’utérus, NDLR) et pour les inhibiteurs de l’aromatase, un risque d’ostéoporose et de fractures liées à celle-ci. »

Source : Le Figaro Santé

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