Allaitement et cancer du sein

Découvrir que l’on a un cancer du sein alors que l’on est en train d’allaiter signifie, pour de nombreuses femmes, ajouter au stress de la maladie l’angoisse de pouvoir transmettre le cancer à son bébé.
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La plupart des femmes se demandent ainsi s’il est possible qu’elles transmettent « quelque chose de mauvais » à leur bébé via leur lait. Ce sont des doutes légitimes, malheureusement empirés par des informations contrastées et confuses, face à une maladie qui affecte parfois la poitrine des femmes au moment même où celle-ci est appelée à exercer sa fonction biologique principale : la production du lait pour allaiter le bébé.

Cependant, l’éventualité d’un diagnostic du cancer du sein pendant la grossesse ou l’allaitement est assez rare (un cas sur 3000 selon l’American Cancer Society). Mais cette probabilité est destinée à augmenter, premièrement parce qu’aujourd’hui les femmes sont plus attentives aux changements qui s’opèrent dans leur corps et se soumettent donc plus à des examens médicaux, et deuxièmement parce que celles-ci repoussent de plus en plus la maternité au-delà des 30 ans, entrant alors dans une moyenne d’âge statistiquement plus sensible au cancer du sein.

De nombreuses études scientifiques ont cherché à savoir si l’allaitement représentait un risque pour l’enfant, lorsque la mère souffrait d’un cancer du sein. La réponse est non : allaiter son bébé en ayant un cancer du sein ne présente aucun risque pour le nourrisson. Les cellules cancéreuses peuvent être présentes dans le lait mais ne mettent en aucun cas en danger la santé du nouveau-né, et ne l’exposent pas non plus à un risque accru de développer un cancer par la suite. En effet, le cancer ne se transmet pas car ce n’est pas une maladie infectieuse. Le cancer ne présente donc pas les problèmes qui se posent avec le virus du sida par exemple.

Au contraire, les préoccupations vont directement vers la santé de la mère : en effet, l’allaitement stimule profondément les glandes et les tissus mammaires, cellules cancéreuses comprises. Ainsi, le cancer du sein peut alors se développer plus rapidement. C’est pour cette raison qu’il est conseillé, lors du diagnostic du cancer du sein, de suspendre l’allaitement naturel. De plus, une femme qui a déjà eu un cancer du sein doit discuter avec son médecin de l’éventualité d’une nouvelle grossesse et de la possibilité d’allaiter son nouveau-né. Mais en général, si les traitements sont terminés et que la femme est guérie, il n’y a pas de contre-indication à l’allaitement. Il existe cependant un intervalle de précaution de 5 ans, pour les récidives, mais en aucun cas l’allaitement ne provoque le retour du cancer du sein. Cependant, l’allaitement peut, en théorie, réactiver la duplication des cellules cancéreuses déjà présentes dans l’organisme, et ainsi accélérer le processus néoplasique

L’allaitement et les traitements du cancer du sein

Face à un cancer du sein, la priorité est donnée à la santé de la mère. Il est donc souvent nécessaire d’interrompre l’allaitement afin de procéder à un traitement chirurgical et/ou oncologique.

Dans de nombreux cas aujourd’hui, les techniques chirurgicales conservatrices (comme la quadrantectomie, ou le retrait d’une partie seulement du sein touché par le cancer) et la reconstruction mammaire, contribuent à garantir la capacité à pouvoir allaiter de nouveau, à condition que les fonctions de sécrétion de la glande mammaire soient conservées et que l’intervention n’ait pas obstrué les canaux galactophores c’est-à-dire les canaux à travers lesquels passe le lait maternel. Dans certains cas, le médecin peut évaluer la possibilité de continuer l’allaitement du bébé via le sein non touché par le cancer.

La question devient plus complexe lorsqu’il s’agit de chimiothérapie : il existe en effet de grandes différences entre les médicaments antinéoplasiques, et beaucoup d’entre eux (notamment l’Endoxan et le Méthotrexate) sont signalés comme dangereux pour le bébé, toxiques et nuisibles à son système immunitaire, à tel point qu’il faut procéder à la suspension immédiate de l’allaitement. Il faut aussi tenir compte de l’état psycho-physique de la femme, qui doit déjà affronter les traitements sans compter l’allaitement qui soumettrait le métabolisme à une fatigue supplémentaire. Après les traitements, passé un intervalle de précaution conseillé avant une grossesse (les 5 ans déjà mentionnés), il est possible d’allaiter de nouveau sans risque particulier de toxicité résiduelle (même dans ce cas-là, les doutes peuvent facilement être dissipés avec une analyse du lait).

La radiothérapie pose quant à elle quelques problèmes supplémentaires, car le sein irradié à tendance à se gonfler avec plus de difficulté et produit alors moins de lait.

Une tumeur bénigne, même si elle doit être enlevée, permet presque toujours de porter à terme la période d’allaitement et de reporter l’intervention chirurgicale. L’allaitement ne peut en aucun cas transformer une tumeur bénigne en maligne, mais peut cependant en augmenter la taille, en raison de la stimulation à laquelle est exposé le sein.

Pour finir, il est important de rappeler la singularité du rapport entre allaitement et cancer du sein : comme l’ont prouvé de nombreuses études, les femmes qui allaitent durant leur jeunesse, ont moins de chance de développer un cancer du sein. En effet, durant l’allaitement, l’activité hormonale est immobilisée dans une situation d’équilibre bénéfique. Pour tous les 12 mois d’allaitement par nouveau-né, qui peuvent s’additionner en fonction du nombre de grossesses, le risque de cancer du sein diminue de 4%.

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