Cancer du sein : tout savoir

Le cancer du sein, tumeur maligne de la glande mammaire, est le premier cancer féminin.

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Cancer du sein : Définition, symptômes, traitements

Qu’est-ce que le cancer du sein ? 

Définition

Le sein (aussi appelé glande mammaire) est constitué de différents compartiments, composés :

  • de lobules, où s’effectue la synthèse du lait ;
  • et de canaux galactophores, qui collectent le lait et le conduisent vers le mamelon.

Ces compartiments sont entourés d’un tissu de soutien, composé de graisse, de fibres et de vaisseaux sanguins et lymphatiques.

Source : Anatomie et drainage lymphatique de la glande mammaire, Dr Karazaitri

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes en France. Il résulte d’un dérèglement des cellules qui se multiplient et forment généralement une masse appelée tumeur.

On observe différents stades d’évolution de la maladie :

  • parmi les tumeurs bénignes (appelées adénofibromes), on trouve :
    • l’adénofibrome ou fibroadénome : il s’agit d’une tumeur composée de tissus fibreux et glandulaires, bien observée à la mammographie et à l’échographie. Elle n’est jamais à l’origine d’adénopathie axillaire et nécessite une surveillance ou une chirurgie si la masse est supérieure à 30 mm.
    • la maladie fibrokystique : elle correspond à un ou plusieurs kystes calcifiés, et nécessite une chirurgie.
  • parmi les cancers localisés (au niveau des canaux et des lobules, sans atteinte ganglionnaire), correspondant aux stades 0 à II, on distingue :
    • le carcinome in situ : canalaire ou lobulaire  (respectivement 4% et 2,5% des cancers du sein), sans franchissement de la membrane basale. Détecté à la mammographie et confirmé par biopsie, il  y a un risque de 33% de développer un carcinome infiltrant dans les 10 prochaines années.
    • le carcinome infiltrant : canalaire ou lobulaire (respectivement 75% et 13% des cancers du sein), avec atteinte invasive des tissus avoisinants. 2/3 des cancers sont détectés à ce stade à la mammographie. 
  • Le cancer est localement avancé (stade III) lorsque des cellules cancéreuses ont atteint en premier lieu soit les ganglions axillaires, soit les ganglions mammaires internes situés dans la paroi thoracique.
  • Le cancer est métastatique (stade IV) lorsque les cellules cancéreuses ont envahi le sein et ont pénétré les vaisseaux lymphatiques ou vasculaires de voisinage. Les principales localisations métastatiques sont : osseuses (50%), loco-régionales (40%), hépatiques (30%), pulmonaires ou pleurales (20%) et cérébrales (10%).

Les cancers du sein sont pour la plupart hormono-dépendants, sous la dépendance des œstrogènes (ER+). Certains sont sous la dépendance de la sur-expression de HER2 (Human Epidermal growth factor Receptor 2), qui est un récepteur transmembranaire impliqué dans la régulation de la prolifération cellulaire. Les autres sont dits triple négatifs car ER-, HER2- et n’ont pas de marqueur de surface caractéristiques.

Le cancer du sein est-il fréquent ?

Il s’agit du cancer le plus fréquent chez la femme avec 50 000 nouveaux cas par an. Il touche 1 femme sur 10 et a un sexe ratio femmes/hommes égal à 99 (le cancer du sein existe chez l’homme). C’est un cancer rare avant 30 ans, avec un pic de développement du cancer entre 60 et 69 ans. La survie relative à 5 ans est de 88% et une survie à 10 ans est observée dans 80% des formes localisées. Néanmoins, il s’agit de la première cause de décès par cancer chez la femme avec une mortalité en France de 12 000 décès par an.


Symptômes et complications du cancer du sein

Les symptômes du cancer du sein sont : 

  • l’apparition d’une grosseur (boule) dans le sein, fixe ou mobile, aux contours souvent irréguliers, perçue lors de l'autopalpation ;
  • des ganglions gonflés et durs au niveau de l’aisselle, non douloureux ;
  • un changement de la forme du sein ;
  • une modification de l’aspect de la peau du sein (rougeur, œdème ou aspect de peau d’orange) ou du mamelon ou de l’aréole qui est la zone qui entoure le mamelon (rétraction, changement de couleur…) ;
  • plus rarement, des écoulements spontanés au niveau d’un mamelon ;

Lorsque le cancer du sein s’est propagé au reste du corps, d’autres symptômes peuvent apparaître comme la fatigue, des nausées, la perte de poids, des douleurs osseuses ou encore des troubles de la vision.


Causes et facteurs de risque du cancer du sein

Parmi les facteurs de risque du cancer du sein, il existe des facteurs personnels :

  • les facteurs hormonaux, qui correspondent à une hyper-oestrogénie :
    • Puberté précoce avant 12 ans ;
    • Ménopause tardive après 50 ans ;
    • Femme nullipare (n’ayant jamais accouché) : le risque de développer un cancer du sein diminue avec le nombre de grossesses et augmente avec le caractère tardif de la première grossesse (> 35 ans) ;
    • Traitement hormonal substitutif de la ménopause pendant plus de 10 ans ;
    • Obésité post-ménopausique (les œstrogènes étant également produits par les cellules adipeuses).
  • l'âge : il existe un pic du risque de développer un cancer du sein entre 60 et 64 ans.

Il existe aussi des facteurs de risque familiaux ou génétiques :

  • lorsque plusieurs femmes de la même famille (premier et second degré) ont (ou ont eu) un cancer du sein ;
  • lorsqu’une femme de la même famille a eu un cancer du sein avant l’âge de 40 ans ;
  • lorsque plusieurs personnes de la même famille ont (ou ont eu) un cancer du côlon ou des ovaires.

Parmi les prédispositions génétiques, on peut citer :

  • la mutation des gènes de prédispositions BRCA1 et BRCA2, présente dans 5 à 7 % des cancers du sein et ou de l’ovaire
  • des mutations sur d’autres gènes (p53, PI3K, PALB2).

Enfin, il existe des facteurs de risque comportementaux :

  • liés à l’alimentation (consommation excessive de graisses animales, de sucres et d’alcool) ;
  • liés au tabagisme;

Diagnostic du cancer du sein

Dépistage

L’autopalpation est un geste simple à réaliser 1 fois par mois par toutes les femmes, toujours à la même période, quelques jours après la fin des règles.  Elle permet de détecter une anomalie précocement et de le signaler à son médecin traitant. Elle consiste à se tenir debout ou assise face à son miroir et inspecter l'aspect de ses seins (écoulement d’un liquide par le mamelon, fossette, crevasse, peau d’orange…). Il s’agit ensuite de lever le bras et palper minutieusement et fermement le sein avec les trois doigts de la main opposée, en effectuant des petits cercles, de la partie externe du sein (en portant une attention particulière à la zone entre l’aisselle et le sein) jusqu’au mamelon (et ainsi vérifier l’absence de grosseur ou d’induration).

Ensuite, la mammographie est l’examen radiographique de référence, bilatéral et comparatif. Les signes évocateurs du cancer du sein pouvant être observés sont une opacité, une désorganisation architecturale ou des microcalcifications.

Il existe un dépistage gratuit du cancer du sein pour les femmes de 50 à 74 ans, qui consiste en une mammographie tous les 2 ans.

L’échographie est un examen de deuxième intention complémentaire à la mammographie, réalisé lorsque les seins sont denses (jeunes), ou pour caractériser une anomalie détectée à la mammographie.

Approche diagnostique

Le diagnostic du cancer du sein se déroule en plusieurs étapes : 

  • tout d’abord, un interrogatoire du patient est réalisé afin de rechercher divers facteurs de risque ;
  • un examen clinique est ensuite réalisé et consiste en la recherche d’adénopathie axillaire par palpation des nodules ;
  • vient ensuite le diagnostic par imagerie : mammographie, échographie des deux seins et des ganglions, IRM, TEP (Tomodensitométrie à émission de positons), PET-Scan ;
  • des biopsies sous mammographie ou échoguidées sont enfin réalisées afin d’établir un diagnostic histologique qui lui seul permet d’apprécier les éléments pronostics et les traitements à envisager.

En cas de cancer localisé infiltrant, un bilan d’extension peut être réalisé : mammographie bilatérale, échographie hépatique, scanner abdomino-pelvien, radiographie thoracique, scintigraphie osseuse, IRM et scanner cérébral (si symptômes neurologiques) ou encore TEP-FDG.

Classification TNM

Cette classification est nécessaire pour le choix de la stratégie thérapeutique. 

  • T = Taille :
    • T1 : si la taille la tumeur est < 2 cm ;
    • T2 : si la taille de la tumeur est comprise entre 2 et 5 cm dans sa plus grande dimension (à partir de T2, une histologie (analyse des tissus) est indispensable pour décider du traitement) ;
    • T3 : si la taille de la tumeur est > 5 cm dans sa plus grande dimension ;
    • T4 : lorsqu’il s’agit d’une tumeur de toute taille avec extension directe à la paroi thoracique T4a ou à la peau T4b ;
    • T4d : s’il s’agit d’un carcinome inflammatoire.
  • N = Adénopathies régionales (nodes pour ganglions en anglais) :
    • Nx : si on n’a aucune information sur les adénopathies ;
    • N0 : s’il n’y a pas de signe d’envahissement ganglionnaire régional ;
    • N1 : si on observe des adénopathie(s) axillaire(s), homolatérale(s) mobile(s) (envahissement de 1 à 3 ganglions) ;
    • N2 : si on observe des adénopathies axillaires (N2a) (4 à 9 ganglions) ou des adénopathies mammaires (N2b) homolatérales fixées entre elles ou indurées ;
    • N3a : si on observe des adénopathies sous-claviculaires homolatérales avec ds adénopathies axillaires  (> 10 ganglions) ;
    • N3b : si on observe des adénopathies mammaires internes homolatérales avec adénopathies axillaires ;
    • N3c : si on observe adénopathies supra-claviculaires homolatérales.
  • M = Métastases :
    • M0 : si il n’y pas de métastases ;
    • M1 : si des métastases sont observées.

Examen anatomo-pathologique

Grade histopronostique de Scarff, Bloom et Richardson : SBR

Le score (SBR) d’agressivité est établi à partir de 3 critères :

  • le degré de différenciation tubulo-glandulaire de la tumeur ;
  • l’irrégularité de la taille des noyaux ;
  • l’index mitotique (nombre de mitoses).

On évalue alors  :

  • l’aspect histologique : bien (1), moyennement (2) ou peu différencié (3) ;
  • l’aspect du noyau : faible (1), moyenne (2) ou forte  (3) anisonucléose (tous les noyaux des cellules d'un tissu ne sont pas de la même taille) ;
  • le nombre de mitoses sur 10 champs : absence (1), peu < 12 (2) ou beaucoup > 12 (3).

Ainsi, le total des scores donne le grade SBR :

  • SBR I : scores 3, 4 ou 5  pour les tumeurs peu agressives ;
  • SBR II : scores 6 ou 7  pour les tumeurs intermédiaires ;
  • SBR III : scores 8 ou 9 les tumeurs agressives.


Marqueurs caractéristiques de la tumeur

Il existe différents marqueurs caractéristiques du cancer du sein :

  • les récepteurs hormonaux (RH ou ER) aux estrogènes RO ou à la progestérone RP peuvent être dosés par immunohistochimie. Cela permet de savoir s’il y a hormono-dépendance ou pas, sachant que les cancers du seins ER+ sont de moindre agressivité ;
  • l’oncogène HER2 (Erb-B2) code pour le récepteur 2 de l’EGFR (HER2) dont la surexpression stimule la croissance cellulaire. On observe ainsi une surexpression de cet oncogène dans 30% des cancers du sein métastatiques, sachant que les cancers du sein HER2 3+  ont une forte agressivité ;
  • le pourcentage de cellules en phase S (phase de réplication de l’ADN) peut être calculé par cytométrie en flux ;
  • enfin, l’index Ki 67 est un score d’évolutivité d’intérêt pronostic (survie sans progression et survie globale), Ki étant un gène de prolifération cellulaire.

Les traitements du cancer du sein

Chirurgie

La chirurgie permet d’enlever la tumeur mais aussi de confirmer le diagnostic et de préciser le stade d’évolution par l’étude de l’envahissement des ganglions axillaires.

Il peut s’agir : 

  • d’une tumorectomie, c’est-à-dire une chirurgie conservatrice, réalisée si la tumeur est bien localisée et de moins de 3 cm (sans conséquences esthétiques) ;
  • d’une mastectomie totale (1/3 des cas) si la tumeur est volumineuse et multifocale ou si on observe une rechute après un traitement conservateur.

Chez les femmes indemnes porteuses d’une mutation BRCA1/2, la mastectomie bilatérale prophylactique est, malgré son caractère mutilant, la mesure la plus efficace de prévention du risque de cancer.


Par ailleurs, la recherche du « ganglion sentinelle » permet, pour les tumeurs de petite taille, de ne prélever que certains ganglions (le premier relais ganglionnaires drainant la tumeur). Ils sont repérés par l’injection de colorant (bleu patenté) au voisinage de la tumeur. Le ganglion est analysé en per-opératoire : 

  • si négatif (non atteint par les cellules cancéreuses) : on n’effectue pas de curage axillaire, et il y a donc moins de complications ;
  • si positif : on effectue le retrait de 8 à10 ganglions.

Enfin, la reconstruction immédiate après mastectomie n’est pas recommandée si une radiothérapie est prévue.

Radiothérapie

Réalisée 4 semaines après la chirurgie, la radiothérapie est dite « adjuvante ». Son objectif est de diminuer au maximum les risques de récidives locales de la maladie et elle augmente la survie globale. 4 zones peuvent être traitées par radiothérapie :

  • la glande mammaire après tumorectomie ;
  • le lit tumoral (c'est-à-dire la région du sein où se trouvait la tumeur avant l'intervention chirurgicale) ;
  • la paroi thoracique après mastectomie ;
  • les aires ganglionnaires proches de la tumeur.

La dose totale irradiée est de 50 Gy, soit 2 Gy/jour, 5 jours/semaine pendant 5 semaines.

On n’a pas recours à la radiothérapie lors d’une rechute, si on a déjà effectué une radiothérapie la première fois.

Les complications possibles sont un érythème cutané, un œdème du sein, des douleurs, de la fatigue et des problèmes cardiovasculaires et pulmonaires à long terme.

Traitements médicamenteux systémiques

Ils peuvent être de 3 types :

  • l’hormonothérapie correspond à la castration des cancers RH+ (ER+) par inhibition de la stimulation hormonale ;
  • la chimiothérapie correspond à l’inhibition de la croissance tumorale par chimiothérapie conventionnelle cytotoxique ;
  • les thérapies ciblées correspondent à l’inhibition de la croissance tumorale en inhibant la néo-vascularisation, en restaurant l’apoptose (mort cellulaire programmée) ou en stimulant la réponse immune du patient.

Hormonothérapie :

Son objectif est d’augmenter la survie sans récidive et la survie globale post-chirurgie et/ou radiothérapie. 


Chez les femmes pré-ménopausées, une inhibition de la production de LH peut être réalisée grâce aux analogues LH-RH, comme la goséréline (Zoladex®) ou la leuproréline (Enantone® LP), qui sont des implants injectés en sous-cutané (SC) pour une administration prolongée (1 mois). Ils sont indiqués dans les cas de cancers du sein RH+ (ER+) et HER2+++ ou s’il existe une indication gynécologique avec endométriose et fibrome utérin. Les effets indésirables pouvant être observés sont des céphalées, des troubles de l’humeur, des bouffées de chaleur, des crises sudorales, une baisse de la libido, des douleurs articulaires, des réactions cutanées, une hypertension artérielle ou encore un risque de fracture.

Autrement, des inhibiteurs compétitifs de l’oestradiol peuvent être utilisés, comme le tamoxifène (Nolvadex®) à 20 mg/jour. Ce dernier est indiqué dans les cancers du sein RH+ (ER+) et HER2- chez la femme non ménopausée. 5 ans de traitement réduit alors le risque de récidive de 45 à 8% et le risque de décès de 32 à 10%. Une intolérance immédiate  peut être observée et se résume à des bouffées de chaleur, un prurit (démangeaison) vaginal, des leucorrhées (écoulement vaginal non sanglant) et des nausées. Il augmente également le risque d’accidents thrombo-emboliques de l’ordre de 1% (AVC, embolie), de cancer de l’endomètre de 0,4 à 1,7% (nécessitant une surveillance gynécologique) et de cataracte. Il existe aussi des interactions médicamenteuses avec des inhibiteurs du CYP 2D6 (paroxétine, fluoxétine, quinidine sont donc à éviter si traitement au tamoxifène).
Par ailleurs, le fulvestrant (Faslodex®) peut aussi être utilisé en deuxième intention chez la femme ménopausée.


Chez les femmes post-ménopausées, une inhibition de l’aromatase est réalisée. Cette dernière est présente dans le tissu tumoral, les surrénales, le muscle, le tissu adipeux, le foie (et au niveau des ovaires et des seins chez la femme ménopausée). Son inhibition entraîne la diminution de la synthèse des oestrogènes circulants et des récepteurs aux oestrogènes (RE). Ces inhibiteurs de l’aromatase peuvent être :

  • compétitifs (stéroïdiens) : formestane (Lentaron®), exemestane (Aromasine®)  ;
  • non compétitifs (non-stéroïdiens) : létrozole (Femara®), anastrozole (Arimidex®).

Ils sont tous à prise orale et indiqués dans le cancer du sein ER+ de la femme ménopausée. Les effets indésirables peu à modérément sévères pouvant être observés sont des bouffées de chaleurs, une perte des cheveux, des troubles digestifs, une asthénie, une somnolence, des céphalées ou une éruption cutanée. Des douleurs ostéo-articulaires peuvent aussi être observées et le risque d’ostéoporose est  majoré par rapport au tamoxifène. 


Chimiothérapie :

Son objectif est d’inhiber la croissance tumorale en interférant dans la synthèse d’acides nucléiques (ADN et ARN), bloquant la division cellulaire, inhibant la néo-vascularisation des tumeurs, induisant ou restaurant l’apoptose (autodestruction des cellules) et stimulant la réponse immune.

Les molécules utilisées ont toutes une action sur l’ADN et peuvent être :

  • des antimétabolites : 5-fluorouracile (5-FU) ou capécitabine ;
  • des agents alkylants : cyclophosphamide (CPM) ;
  • des agents intercalants ou inhibiteurs des topoisomérases 1 et 2 : les anthracyclines (epirubicine, doxorubicine).

Ces 3 molécules sont combinées dans le protocole FEC (fluorouracile, épirubicine et cyclophosphamide).

  • des poisons du fuseau ou antimitotiques : parmi lesquels on trouve des inhibiteurs de polymérisation (les vinca-alcaloides comme la vinblastine, la vincristine ou la vinorelbine) et des inhibiteurs de dépolymérisation (les taxanes comme le le paclitaxel et le docétaxel).

Les effets indésirables communs à ces traitements sont :

  • hématologiques (neutropénie, thrombopénie, anémie) ;
  • digestifs (nausées et vomissements) ;
  • stomatologiques (stomatites, mucites ou inflammations des muqueuses) ;
  • dermatologiques (alopécie ou chute de cheveux) ;
  • gynécologiques (aménorrhée ou absence des règles).

Certains effets indésirables sont spécifiques :

  • mucites buccales et de la gorge (inflammation, brûlures, aphtes et mycoses) et syndrome main-pied pour le 5-FU ou la capécitabine ;
  • urotoxicité (cystite hémorragique) pour les cyclophosphamides ;
  • cardiotoxicité dose-dépendante pour l’épirubicine/doxorubicine ;
  • œdème cutané/inguinal, érythème cutané (prévention à l’aide de corticoïde oral la veille et pendant 2 jours) pour le docétaxel ;
  • neuropathies et myalgies (prévention à l’aide de corticoïde oral) pour le paclitaxel ;
  • neuropathies (paresthésies) pour la vinorelbine.

Thérapie moléculaire ciblée :

Différentes molécules peuvent être utilisées :

  • Le bevacizumab (Avastin®) est un anticorps monoclonal ciblant VEGF-A indiqué dans les cancers du sein métastatique, associé au paclitaxel ou à la capécitabine. Il s’agit d'injections intra-veineuse (IV) toutes les 2 à 3 semaines. Les effets indésirables pouvant être observés sont une hypertension artérielle (incidence d’HTA de grade III/IV ≃ 4%), une protéinurie (présence de protéines dans l’urine), une augmentation de l’incidence des évènements thrombo-emboliques artériels (≃ 3,8 %) ou encore une insuffisance cardiaque.
  • Le trastuzumab (Herceptine®) est un anticorps monoclonal bloquant HER2. Il a de nombreuses indications dans le cancer du sein : non métastatiques, après utilisation ou associé à des cytotoxiques (taxanes, agents alkylants comme la carboplatine), ou métastatiques associé à un taxane et à une hormonothérapie. Il peut être injecté par voie IV ou sous-cutané. Les effets indésirables pouvant être observés sont une dyspnée ou une cardiomyopathie (une échographie cardiaque avant le début du traitement est nécessaire) et il ne peut donc pas être associée aux anthracyclines.
  • Le lapatinib (Tyverb®) est un inhibiteur de la tyrosine kinase (ITK) des récepteurs EGFR. Il est indiqué dans le cancer du sein avec surexpression des récepteurs HER2 en association, selon les situations et les thérapeutiques antérieurement reçues, à la capécitabine, au trastuzumab ou à un inhibiteur de l’aromatase. Il est utilisé par voie orale. Les effets indésirables pouvant être observés sont des diarrhées, un syndrome main-pied, un rash cutané, une cardiotoxicité et des troubles pulmonaires (atteintes interstitielles et pneumopathies).


Sont également utilisés :

  • Le pertuzumab (Perjeta®), iindiqué dans les cancers du sein HER2+ métastasiques ou localement récidivants en association au trastuzumab et au docetaxel chez des adultes n’ayant pas reçu au préalable de traitement anti-HER2 ou de chimiothérapies pour leur maladie métastasique.
  • Le T-DM1 (trastuzumab-emtansine) (Kadcyla®), un ADC (conjugué anticorps-médicament ou Antibody-Drug Conjugate en anglais), indiqué dans le traitement en monothérapie des cancers du sein HER2+, localement avancés ou métastasiques, non résécables, qui ont déjà reçu un traitement par trastuzumab et taxane, séparément ou en association.
  • L’évérolimus (Afinitor®), un inhibiteur sélectif de mTOR (sérine-thréonine kinase dont l’activité est connue pour être dérégulée dans de nombreux cas de cancers humains), indiqué dans le traitement du cancer du sein avancé avec récepteurs hormonaux positifs, HER2 négatif, en association avec l’éxémestane, chez les femmes ménopausées.
  • Enfin, des inhibiteurs de CDK (protéines kinases dépendantes des cyclines, responsables du déclenchement et de la coordination des différentes phases du cycle de division cellulaire). Parmi eux, on trouve le palbociclib (Ibrance®), le ribociclib (Kisqali®) et l’abemaciclib (Verzenios®). Ce sont tous les trois des inhibiteurs de CDK 4/6, utilisés dans les cancers du sein métastatique RH+ HER2-, en association au létrozole ou au fulvestrant.

Vivre avec le cancer du sein

Suivi médical

Un suivi médical rapproché est nécessaire pendant plusieurs années chez les femmes ayant reçu un traitement contre le cancer du sein, afin de détecter l’apparition d’effets indésirables tardifs et de dépister rapidement d’éventuelles récidives. Ce suivi est réalisé par une équipe pluridisciplinaire composée entre autres du médecin généraliste, un gynécologue, un oncologue, un radiologue, un chirurgien, un nutritionniste ou encore un psychologue.

Le schéma classique comprend des consultations tous les 3 à 4 mois, puis tous les 6 mois pendant 5 ans, puis 1 fois par an. Toutefois, ce schéma de surveillance doit être discuté et adapté à chaque patient,  notamment  selon  les  critères  de  gravité du cancer  et  le  risque  de  rechute. En effet, chez les femmes ayant souffert d’un cancer du sein métastasique, le suivi médical est plus rapproché, tous les 2 à 3 mois ou toutes les 2 à 3 cures de chimiothérapie si celle-ci est administrée sur une longue durée.

La  première  mammographie  de  surveillance  doit  être  réalisée  1  an  après la mammographie initiale et au moins 6 mois après la fin de la radiothérapie.

Enfin, la reconstruction d’un sein nécessite une consultation de suivi tous les ans ou tous les 2 ans auprès du chirurgien l’ayant réalisée.

Une bonne hygiène de vie

Afin de lutter au mieux contre l’évolution du cancer et les effets indésirables des traitements, il est important d’avoir une alimentation variée, aux propriétés anti-inflammatoires et riche en antioxydants : fruits et légumes, huile d’olive, poissons gras, fruits à coque... Si le cancer est traité par hormonothérapie, une supplémentation en vitamine D et en calcium peut être utile pour prévenir l’ostéoporose.

Il est aussi essentiel de pratiquer une activité physique régulière (vélo, natation, marche, jardinage, faire le ménage...). En effet, il est prouvé qu’une activité physique adaptée, régulière et modérée permet de lutter contre la fatigue après les traitements.

Soutien psychologique

Communiquer, partager ses doutes et ses craintes concernant la maladie (apparition de nouveaux effets indésirables, questions au sujet d’un nouveau traitement) à son médecin traitant, mais aussi à son entourage, est important. Il est bénéfique également de se tourner vers des groupes de parole, des associations de patients ayant la même maladie. Vous pouvez également rejoindre des communautés de patients en ligne comme le forum Cancer du sein de Carenity. Si nécessaire, un soutien psychologique (psychologue, psychiatre...) peut être envisagé. 

La reprise d’une activité professionnelle

Un arrêt de travail, dont la durée dépend du type de traitement et des éventuelles complications post-opératoires, peut être prescrit par son médecin traitant. De plus, une adaptation de reprise du travail peut être envisagée, avec la mise en place d’un mi-temps thérapeutique sur une courte période ou une adaptation du poste de travail par exemple. Enfin, après un arrêt de plus de 30 jours, une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail est obligatoire.

En conclusion, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Néanmoins, détecté tôt, il guérit dans 9 cas sur 10. Il est donc important d’effectuer une autopalpation et un dépistage régulier. Par ailleurs, il existe de nombreux traitements, utilisés seuls ou en association. Adaptés à chaque patient (selon ses caractéristiques cliniques, biologiques et génétiques), ils permettent, malgré les effets indésirables, d’améliorer la qualité de vie et la survie globale des patients.

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Auteur : Alexandre Moreau, Assistant Marketing Digital

Au sein de l'équipe Marketing Digital, Alexandre est en charge de la rédaction de fiches maladies et d'articles scientifiques. Il s'occupe également de la modération et l'animation de la... >> En savoir plus

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