Le travail et la bipolarité

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Patients Trouble bipolaire

Le travail et la bipolarité


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Bon conseiller

je reste persuadée qu'il ne faut pas s'éloigner trop longtemps du milieu du travail surtout quand on est jeune, après on est désociabilisé ; des amenagements de poste sont possibles si la Direction est conciliante moi ca n'a pas été le cas ils m'ont licencié pour inaptitude d el'épaule mais bon, j'étais spéciale aussi avec des hauts et des bas difficiles à gérer dans le milieu du travail. On peut toujours se reclasser avec des formations moi j'ai fait une formation pour garder les enfants au domicile mais je n'ai pas pratiqué car c est trop stressant à mon age. Courage aux jeunes; perséverez!!!!

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bjr verveine,

C'est un peu particulier car je suis fonctionnaire.

Heureusement pour moi, sinon je serai a la rue depuis longtemps...

Je suis d'accord pour dire que de ne pas travailler amene a une dessociabilisation, ca m'est arrivé par le passé.

Le travail permet de rester a la surface meme si ca ne va pas, jusqu'a un certain point bien sûr...

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Bon conseiller

Bonjour Estaille

Je voulais éveiller ta méfiance .Non, fonctionnaire tu n'es pas à l'abri .Je vais te raconter mon cas , qui n'est pas particulier crois-moi .

Après avoir divagué d'employeur en employeur, de petits boulots en petits boulots , mon divorce m'a obligée à penser que je devais mettre à l'abri mes deux filles dont j'avais la garde exclusive .Une opportunité s'est présentée , je suis devenue vacataire permanente au Ministère de la Culture .J'ai découvert un univers qui me comblait intellectuellement ( histoire , architecture ) je menais des visites guidées étonnantes et très riches ( modeste avec ça ) , les monuments sur lesquels je veillais jalousement étaient devenus mon antre , mon chez moi , je m'oubliais .Travaillant dans de hautes tours , physiquement je pouvais évacuer toute cette énergie , j'en ai monté des marches en courant, j'en ai descendu au risque de m'envoler .Je me suis beaucoup enrichie .Pas financièrement ça non , je n'étais pas titulaire et mon contrat était plus que précaire .Malgré cette précarité , la hiérarchie ne me faisait pas peur , et je suis partie en guerre contre elle .Et j'ai découvert parallèllement un autre univers , le militantisme syndical .Seul moyen de pouvoir exprimer mes désaccords avec le Ministère et  tenter d'améliorer les injustices .On m'appelait Fantomette .Très rapidement j'ai été élue secretaire Générale .J'ai beaucoup travaillé , j'ai beaucoup appris ....Mais la permanence étant à Paris , et vivant en Province , je me suis épuisée à faire des aller retours entre Paris et mon domicile .L'activité militante m'a littéralement vidée de mes forces , ne dormant plus , ne mangeant plus .Si bien que mon mandat terminé , et en pleine crise suivie d'une très longue hospitalisation en psy , j'ai réintégré mon poste de travail .

Impssible de continuer : harcèlement de ma hiérarchie , c'est le jeu , je leur en avais bien fait bavé , abandon de mes "camarades" j'étais selon eux devenue incontrôlable , et vie affective extrèmement compliquée , j'ai fait une demande de mutation , et me suis retrouvée à Marseille , pour devenir assistante de direction .Métier dont j'ignorais tout une fois encore .Jamais mais jamais je n'aurais pu penser un jour me trouver bloquée devant un bureau enchainée à  un ordinateur ett à un téléphone .L'ennui , très vite s'est insinué , une fois que j'avais acquis les réflexes et la logique d'un travail d'administratif . Et au bout de quatre ans , j'ai flanché .3ANS DE mld à mi-traitement .J'avais déjà bénéficier de 2 ans à plein traitement , et contre l'avis de mon médecin et de l'expert j'avais décidé de reprendre le travail .

Nous n'avons droit qu'à 5 ans de maladie dans toute sa carrière , c'est très court quand on souffre d'une maladie chronique .

Le gouffre de la dépression sévère , une TS suivie d'une hospitalisation contrainte .

Auparavant , j'avais fait une demande de RQTH afin d'avoir un aménagement voire un changement de poste .Non suivi d'effet .La direction ne m'a opposé qu'une indifférence et un silence assourdissants .

Et badaboum , sur l'avis de l'expert qui a l'outrecuidance de vous connaître , alors que ces visites n'ont lieu que tous les 6 mois et d'une durée d'à peine 15 mn , le Ministère de la Culture a balancé la sentence : incapicité ABSOLUE et DEFINITIVE à mon poste et à TOUS postes de la Fonction Publique .

Je me suis battue comme la petite chèvre de monsieur Seguin , en vain .Le pot de fer contre le pot de porcelaine .

La semaine prochaine je vais être radiée de cadres , retraite anticipée pour invalidité .Ainsi en décidera la Commission de Réforme .

Ainsi agit la Fonction Publique vis à vis de ses agents malades en en RQTH !

A la poubelle ! Le privé est obligé de réserver des emplois aux salariés RQTH , l'Etat non !

N'ayant pas mes annuités , je peux vous dire que ma retraite sera mini mini .Ajoutons à votre maladie des problèmes financiers tant qu'on y est .

Vous êtes malades vous êtes punis , c'est ainsi .

Autant vous dire que je vis très mal cette situation , que je ne l'accepte pas .Je dois me résigner , après tous les recours épuisés , la décision était prise et irrévocable .

Alors oui je suis isolée des collègues que j'appréciais , je suis un déchet dont on s'est débarrassé, je n'ai guère de possibilité de reconversion aujourd'hui soyons lucides , j'ai 55 ans et le marché du travail n'est guère florissant .

Je sais que je n'ai pas démérité dans ma manière de servir , je sais aussi que tous autant que nous sommes nous avons une énergie incomparable , que nous apprenons vite , que nous nous adaptons rapidement à toutes nouvelles situations , à tous nouveaux postes , que nous ne manquons ni d'intelligence ni de discernement .Nous savons que nos employeurs se privent de salariés de qualité .Un travail qui demande une journée pour n'importe qui nous le terminons en une heure .Nous allons au-delà des tâches demandées , nous ne manquons ni d'idées ni d'imagination . Mais nous avons le mauvais goût d'être malades , et malades d'une maladie invisible , imprévisible .Churchill a su mener une guerre avec intelligence bien que grand maniaco dépressif et malade d'alcoolisme non ?

Alors attention Estaille , ton statut"privilégié" de fonctionnaire ne te protège pas toujours .

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Bonsoir,

Je suis bien d'accord. Les fonctionnaires ne sont plus des soit disant privilégiés ou nantis comme certains politiciens véreux veulent bien le faire croire à qui veut l'entendre.

Et les bureaux sont aussi plein de placardisés et le harcèlement se porte comme un charme malgré les soit disant lois contre le harcèlement.

De pire en pire !!! 

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Bon conseiller

Oui Clash , je sais de quoi je parle .En tant que Secretéraire nationale d'un syndicat des Monuments Historiques et de du Ministère de la Culture j'ai mille FOIS attiré l'attention des directions des ministres sur les comportements inadmisssibles et pervers de certains administrateurs et autres petits chefs , souvent aidés il faut le noter par le reste du personnel .

C'était avant la première loi contre le harcèlement au travail .Je n'ai rencontré qu'indifférence des hiérarchies et je le déplore de certains de mes "camarades" de lutte ! 

Depuis on en parle beaucoup plus , médecins , syndicats , médias sont enfin sensibilisés , le nombre de personnes malades du travail et victimes de harcèlement devenant exponentiel et les dégats constatés sur la santé de ces salariés étant d'une extrème gravité .

La fonction publique a ceci de pervers , c'est que la plainte doit suivre la voie hiérarchique , et quand c'est le premier maillon de votre hiérarchie qui se comporte comme un pervers vous voyez ce que je veux dire .Elle a ceci de pervers c'est la sécurité de l'emploi justement du harcelé et du harceleur .Cette situation peut durer des années bien au chaud de la " Grande Muette " Pas de licenciement ( enfin théoriquement ) plus de mobilité ( de moins en moins de postes ) et difficile de démissionner de la FP , pas de chômage et j'en passe ....

Le privé a ses horreurs que je connais également , mais quand le patron n'a plus envie de faire joujou , tout prétexte est bon pour le licenciement si la victime n'a pas eu le bon goût ni de démissionner ni de tomber malade .

Et oui je crois que 'on peut travailler en étant bipolaire , mais attention le nombre d'années de longue maladie est très court dans toute une carrière our la même pathologie ( 2 ans salaire plein sans les primes , 3 ans mi-salaire )

Je ne peux que vous conseiller de vous rapprocher de la MDPH qui vous donnera le Statut de travailleur Handicapé ( RQTH) .Vous pouvez avoir des aménagements de postes ,d'horaires et difficile de virer un travailleur handicapé ( quoi que ...) La Fonction Publique ne prends pas de gants pour vous radier des cadres ( c'est mon cas°) .Pas de chômage et de miséreuses allocations pour invalidité.Et pour les droits à la retraite pleine tintin !

Et selon le degré plus ou moins élevé de la maladie , oui on peut travailler ; n'oublions jamais Winston Churchill , particulièrement intelligent mais souffrant de troubles importants de manio dépressif et d'un alcoolisme morbide .Et sans aller si loin combien d'artistes ( Jean Rochefort , Jean Claude Vandamme , Pierre Palmade .....) métiers certes particuliers mais tout le monde a sa place

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Bon conseiller

Merci tibanem pour tes conseils.je viens de recevoir ma première allocation de la MDPH.j'avoue que cela mets du beurre dans les épinards et si j'avais su j'aurai fait la demande avant, mais bon, comme je dis, le temps de prendre sa maladie en charge, l'accepter et trouver des solutions , faut du temps....combien de temps cette aide de la MDPH dure t elle, elle ne nous suit pas à vie apparemment car c'est selon la situation familiale et en fonction du quotient.....ma grande crainte c est vieillir seule....ne pas revivre en couple ou en compagnie d'une personne. C'est ma grande interrogation sur mon avenir.....

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Bon conseiller

Pour le boulot no comment.entrée sur le marché du travail en 1995, j'ai occupé 37 postes dans 37 entreprises.....hallucinant.instabilité que je reconnais aujourd'hui et que je ne voyais pas avant ou refusais d'accepter comme un problème venant de moi.

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Bon conseiller

Yayali , bonjour s'il est vrai que notre bipolarité nous entraine à changer maintes fois de boulots , que notre instabilité émotionnelle nous joue bien des tours , que nous démissionnons, que nous soyons débarquées sans précaution il est une chose indéniable et commune à presque tous , nous nous sur-investissons dans notre travail quand nous ne sommes pas en phase down bien sûr .J'ai beaucoup changé d'emplois, tous dans des domaines très différents les uns des autres , mais mon adaptabilité incroyable , ma curiosité et ma soif insatiable d'apprendre  me permettaient d'être un atout pour des employeurs qui au départ tordaient le nez devant mon CV .Et nous sommes un atout très involontaires quant à la vitesse la force et le sur investissement à nos postes .Mais une fois que l'air de la nouveauté devient une rengaine , pour ce qui me concerne à peu près deux ans ( idem pour les déménagements au minimum 36 je crois ) il faut que je change , que je bouge .La Fonction Publique me l'a permis mais la Fonction Publique n'a pas souhaité garder un très bon élément hyperactif et imaginatif , mais invalide , avec poste adapté et tout le tintouin .Je passerai sur l'aspect financier qui n'est pas mince loin de là , un problème qui se rajoute aux divers problèmes que nous rencontrons .

Karlat , Clash :

Il est commun que nous soyons rebelles aussi à toute hiérarchie , ce qui était mon cas , quand la hiérarchie n'est pas respectable en terme de compétences dans les décisions idiotes qu'elle peut prendre , face à des comportement managériales intolérables , je ne la respecte pas .Je vous laisse en tirer les conclusions , que pour certains vous avez vécu .Mais je préfère dire ce que j'ai à dire , faire ce que j'ai à faire , lucide quant aux conséquences , mais comme dirait l'autre "droite dans mes bottes" .Ne jamais baisser l'échine , c'est ma devise , ma respiration .

Spéciale , Verveine Sunnylook

Pour ce qui concerne le travail et la bipolarité , il est certain que certains univers de travail et certains métiers sont plus stressants que d'autres , plus fatigants physiquement , plus rudes émotionnellement : je pense bien sûr aux médecins , aux personnels hospitaliers .Même sans être malade de ses émotions , je connais des personnes travaillant en milieu hospitalier qui craquent fréquemment , qui font des dépressions récurrentes .Rien de plus normal , ils sont laissés seuls face à des souffrances , des responsabilités terribles , à la mort aux chagrins et angoisses des familles et des malades , aux rythmes de travail qui confinent à la maltraitance des personnels mais également des patients .Et ils sont seuls , terriblement seuls face à ce travail : on ouvre une cellule psychologique pour un oui pour un non , très médiatisée, et aucun suivi , sauf volontaire , pour ce personnel médical .Et je ne parle pas des médecin , supermen par essence , qui ne peuvent pas craquer  bien sûr , qui sont détachés comme chacun veut le croire .C'est un métier à risques , un métier avec pénibilité extrème .Alors des bipolaires dans cet univers , on ne peut qu'imaginer les dégâts . 

Je t'interpelle yayali , pour une fausse idée que tu t'es mise en tête , ou qu'on t'a mise en tête : bien sûr que notre pathologie n'est pas très facile à vivre pour une entreprise , bien sûr qu'on le reconnaisse ou pas , notre bipolarité peut avoir des incidences dommageables d'abord pour soi et pour la marche de l'entreprise (encore que ...) mais le problème ne vient pas exclusivement du salarié malade .Il ne faut pas mettre sous silence les responsabilité des entreprises , les nouvelles méthodes managériales qui provoquent des pathologies graves dues au travail ( et pas seulement nous les "malades") la pression , la dureté du monde du travail .On meurt encore beaucoup au travail , et cette responsabilité là doit être mise au premier plan .Ensuite notre cancer des émotions fait le reste .Mais les deux paramètres sont à mettre en parallèle .Certains bipolaires sont bien au sein de certaines entreprises malgré leur handicap , excellent dans leurs domaines de compétences .

Je veux juste souligner que les conditions de travail majorent parfois , souvent , nos handicaps , notre stress , et nous en sommes les premières victimes bien sûr , mais personne n'est épargné .On tombe malade du travail !

Bien sûr il faut éviter des métiers , des environnements générateurs de stress , les hôpitaux , la garde des enfants , , pompiers , flics  et j'en oublie .

Mais chercher en soi , les rêves que nous avions quand nous étions petits , essayer de s'en souvenir , essayer de les adapter à notre handicap , même dans un marché du travail plus que tendu , dans un monde social plus qu'impitoyable .Ce n'est pas gagné je vous l'accorde , .

Moi c'est le travail qui m'a dé-sociabilisée , qui me laisse aujourd'hui phobique sociale , incapable même de voir mes amis très chers.J'ai toujours eu des métiers tournés vers les autres , maquillage , socio esthéticienne en milieu hospitalier , formatrice , hotesse d'accueil , guide dans les monuments historiques , secrétaire nationale d'un syndicat , assistante de direction ....

C'est une opinion , mais c'est la mienne , non le travail c'est pas la santé ! On s'y blesse parfois gravement , on s'y morfond, on déprime , on développe des burn out , stress, maladies professionnelles , on y meurt aussi .

Remettons le travail à sa place primitive : non pas un passe-temps qui permettrait d'avoir des liens sociaux , mais une nécessité alimentaire , et encore quand le travail est payé à sa juste valeur , permettant de vivre financièrement dignement .

Le lien social peut se retrouver dans bien des domaines beaucoup moins cruels que le monde du travail , à nous de trouver quoi, où, comment .

Et non la solitude n'est pas une malédiction , on peut avoir compagnons , amis , enfants , copains famille : c'est vrai j'ai cette chance là , mais la vie n'étant pas pavée de fleurs , la vieillesse peut nous apporter la solitude la plus douloureuse à vivre .C'est malheureusement fréquent et je vis la même angoisse que toi , mais je la sais inévitable la plupart du temps .

Quant à la AAH oui elle révocable à tous moment , minorée, majorée selon les revenus annexes que l'on peut avoir par ailleurs ( quotient familial, compagnon qui gagne le mirifique salaire minimum) et non ce n'est pas jusqu'à la fin , le minimum vieillesse prendra la suite de cette allocation .

Je vous souhaite à tous de pouvoir travailler assez longtemps , si vous le pouvez , pour pouvoir accumuler les annuités nécessaires pour se faire une petite pelote de retraités .Ce n'est pas notre cas , fauchés en pleine activité , et laissés avec ce que nous avons sur le dos .

Noussret : objectivement avec ou sans travail , ne portons nous pas toujours sur nous-même un regard intraitable ?La mésestime de moi-même , je la vis avec ou sans travail .C'est une composante destructrice de notre pathologie .

Mais il y a une vie en dehors du travail , l'aspect financier n'est pas à négliger  , et lorsque je sors de ma grotte de phobique sociale , j'ai une vie sociale riche , indispensable , pleine de surprises .

Mon mode actuel , le mode chambre noire sans voir personne , que mon compagnon et mon chat , est un trouble passager , qui s'en va qui revient , mais qui a été , dans le cas présent , réactif à la décision de la Fonction Publique qui m'a mise à la grande décharge nationale pour invalidité , parce que j'étais devenue incapable absolue et définitive  à mon poste et à tous postes de la Fonction Publique .Dur à digérer , mais je suis comme le boa qui a englouti un coq entier , je me planque , la digestion est lente mais elle se fera   .Et je réflêchis , car tous ,j'en suis persuadée , nous avons des ressources , à nous de les chercher , de les trouver et d'en faire des plateformes de lancement pour la planète "une autre vie sans travail" .Pas simple !

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Merci Tibanem pour toutes tes explications.cela me fait du bien de te lire et comprendre les choses.

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TU vois ce site est aussi un lien social , et souvent beaucoup plus fort et sans masque que bien des liens sociaux imposés par le monde du travail .Nous sommes nus comme la vérité , enfin presque , nous avons une écoute sur-développée aux autres , et on peut sans honte , sans peur , raconter nos peurs, nos espoirs, nos chemins de vie , notre vie : ici pas de jugement moral pas de sanctions immédiates " ah la folle, ah il est pas tout seul dans sa tête non plus ...."Et j'en passe .

Ah elle est spéciale , Spéciale ! Ce que ça fait de ne pas être bipolaire ? Bipolaire depuis l'âge de huit ans , je n'en sais fichetrement rien , mais comme je ne sais pas ce que c'est qu'être un homme , je ne sais pas ce qu'est un être un chat ou un boeuf qu'on mène à l'abattoir  .Comment vivent et dorment des meurtriers , des dictateurs ....Mais je sais une chose , c'est que je ne suis pas seulement une Maladie , elle influence beaucoup de mes choix , de mes comportements , mes crises up ou down , je les subis bien sûr , mais avant tout je suis une femme avec son histoire propre et singulière , j'ai une personnalité et un cerveau qui fonctionne quand une crise n'est pas en position d'envahissement .J'ai des convictions , des combats , des indignations , je dis et fais des bêtises et pas seulement parce que je suis bipolaire ." Je suis un être humain" revendiquait celui qu'on ne voyait que comme une curiosité foraine et médicale , "Elephant man " .Nous avons tous et toutes des points communs , c'est évidemment , des comportements et des émotions exagérées et des chemins de vie si difficiles à gravir , mais nous sommes tous différents , tous singuliers .Nous sommes ! Un cancéreux n'est pas seulement un cancéreux , un tétraplégique n'est pas seulement un tétraplégique, un sourd et muet pas seulement un sourd et muet .....

Et je me bats contre ce regard des autres , mêmes les plus aimants , qui ne verraient en moi qu'une maladie mentale , et je revendique ma personnalité , parce que je sais quand la bipolarité agit contre moi , parle ou insulte pour moi , comme un démon qu'aucun exorcisme ne peut déloger , je sais quand c'est Moi , quand mes colères sont légitimes ou incontrôlées , téléguidées par la maladie , quand mes tristesses sont normales parce qu'un ami est triste , malade ou mort , je sais quand mes tristesses sont suraïgues , majorées par la maladie .Difficile je te l'accorde de faire la part des choses , la maladie et nous-mêmes sommes tellement intimement liées    , et que cette maladie est une part non négligeable de nos émotions , de nos actions , de nos pensées .Mais chacun nous avons des stratégies différentes pour la faire taire , pour vivre quand même , .Oui nous sommes des guerriers philosophes , je suis d'accord avec toi même si souvent nous nous méprisons d'être sur le flanc comme une baleine échouée , ou une espèce de Pinocchio qui ne fait que des bêtises ignorant la voix de Jimminy Cricket .Souvent ce sont les autres , un peu éclairés et sensibles à notre mal qui se demande c'est comment d'être bipolaire ?

Nous SOMMES d'abord , et nous portons une maladie bien encombrante et invalidante .

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