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Patients Trouble bipolaire

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Bonjour,je viens juste de m inscrire sur ce site afin je l espere trouver quelques réponses aux questions que je me pose...et peut etre un peu de réconfort.Je vais vous raconter ma petite histoire,récente, qui a malgré tout bouleversé ma vie.J ai 40 ans,et après deux ans de célibat,j ai rencontré cet été lors d une soirée,un garçon sensiblement du meme age que moi.Elle fut explosive!!! Une espece de coup de foudre en quelque sorte...Des les premieres heures il me disait qu il m avait attendu toute sa vie,etc...Bref ce soir la j ai mis tout ça sur le compte de l alcool,bien que je trouvais etonnnant qu un garçon de son age,meme alcoolisé,pouvait se comporter comme un ado.Mais bon il s est donné du mal les jours suivants pour me séduire malgré quelques réticences de ma part...et j ai fini par lacher prise...COMPLETEMENT!!! Bien sur à ce stade la,on va dire le premier mois,je n ai pas compris du tout que cet amour débordant,que ces projets prématurés sur notre vie future,son emballement,étaient sans doute dus à une période "up" de sa maladie,déclenchée par notre rencontre.Il est certain que lorsqu on rencontre quelqu un et qu on tombe follement amoureux,on se sent pousser des ailes...mais arrivé un certain age,le discours est normalement plus raisonné.

Dans un premier temps,le premier mois,les premiers signaux qui auraient du m alerter étaient ceux d une jalousie excessive et déraisonnée.Etant très amoureuse,j ai tout fait pour le rassurer,pour lui faire comprendre qu il n y avait que lui qui comptait,que j avais enfin trouvé l homme de ma vie.Il me mettait sur un piedestal,j étais entre autre trop belle,j avais un métier trop "glamour" (je travaille dans l aérien),et lui pensait qu il ne pourrait rien m apporter!!! A peine plus d un mois après notre rencontre,nous sommes partis faire un petit voyage,en profitant des avantages de mon métier, dans une ville superbe et ultra romantique...et je crois que c est à partir de la que j ai commencé vraiment à me demander ce qui pouvait bien "clocher" chez lui.J avoue qu à certains moments je l ai regardé en me disant "mais il est dingue!" quand il me lançait à la figure des propos incohérents ou d extreme mauvaise fois...Je n avais pas encore fait le lien...avec un eventuel trouble.Je vous donne quelques exemples...Il me reprochait mon amitié avec mon ex,il trouvait inconcevable d avoir des liens avec ses ex,il mentait juste pour m éloigner de cet ami,car lui garde contact avec son ex femme et au moins une autre de ses ex,ce que j ai appris par la suite.Sa réponse était à chaque fois la meme:c est incomparable,tu dis n importe quoi! Ce qui me mettait hors de moi.Il me reprochait d avoir trop voyagé,et disait que lui ne pouvait rien m apporter...Alors que moi je revais qu il m emmene faire un "road trip",dans le pays d origine de ses parents...Lors de notre petit voyage,ou sa jalousie s est manifesté à plusieurs reprises,un soir il m a planté à la terrasse d un café,tout simplement parce que je lui avais dit que ce sejour était le plus beau de ma vie car j étais avec lui.Il a dégradé ce moment en me disant que pour lui,c était ni mieux ni moins bien qu avec une autre,horriblement vexée,j ai mal réagis,il est parti et quand je l ai rejoind et lui ai dis de ne plus me faire un coup pareil...il m a traité d egocentrique! A suivi une nuit terrible,ou il s est complétement fermé...il voulait se tirer de l hotel pour trouver des cigarettes en pleine nuit,et probablement se saouler.J ai réagis en lui disant que c était moi qui allait sortir,comme ça il se rendrait peut etre compte de ce que ça pouvait faire.Je ne suis pas allée plus loin que la reception!!!Et suis remontée rapidement dans la chambre,mais il n était pas redescendu de sa crise,malgré mes supplications.Bien sur il ne pouvait pas...mais je ne comprenais pas à ce moment la pourquoi il était comme ça.

Un jour au tout début de notre histoire,nous étions tranquillement à la terrasse d un café,et sans raison apparente,il s est mis à avoir les yeux rouges,et à presque pleurer.A ce moment la je me suis dit "woaw il pleure par amour c est trop mignon!".Ajourd hui j ai conscience qu en fait il pleurait sans doute,parce qu il savait ou en tout cas ,il pensait,qu il n aurait pas le courage d arriver à avoir une relation normale avec moi.Il me l a dit d ailleurs à plusieurs reprises,à chaque histoire, il gachait tout,c est toujours lui qui partait.Je n ai pas su entendre ses paroles du début,quand il disait,c 'est trop fort,trop nouveau,trop beau...alors peut etre m a t il vraiment aimé...c est ce que je trouve terrible encore aujourd hui...ce gachis!

A notre retour de voyage,le cauchemar a vraiment commencé pour moi.Il habitait déjà chez moi...Il était venu un soir peut etre une quinzaine de jours après notre rencontre...et n en était pas parti.C est vrai que je trouvais ça un peu étrange qu il débarque sans meme me demander mon avis,car il avait preté les clefs de son studio à une connaissance,et quand je lui ai demandé ou il allait dormir,il m a regardé d un air étonné,comme si c était évident qu il était chez moi comme chez lui.Bon j étais folle de lui,j ai laissé couler.Et je me disais on a l age,on sait ce qu on veut,il m avait déjà parlé de projets d enfant et de mariage,donc je ne me suis pas posé plus de questions que ça.En meme temps j étais quand meme de plus en plus ébranlée,par les mensonges,la mauvaise foi,les crises.Aussi le jour de ma reprise de travail quand il m a envoyé deux sms consécutifs,je n ai pas répondu de suite...et le soir il me l a reproché.Il avait bu avec ses potes,il m a dit juste une biere et un verre de vin mais ça empestait l alcool.Il m a dit que ça n allait pas entre nous,que je lui faisait du mal...du coup je n ai pas meme eu le temps de lui faire part de mon ressenti,les bras m en tombaient.Comment pouvait il me dire et penser des trucs pareils,alors qu a chaque fois il était à l origine de ses propres maux.

Des lors tout s est accéléré.Il me plantait tout les week ends,a réintegré son domicile.Sans aucune explication.Il me prenait et me jetais comme un kleenex.Parfois sans doute,il faisait la bringue à se saouler.Il m a dit un jour qu il avait sauté sur une fille en boite,complétement ivre,il ne savait plus ce qu il faisait.Et m a reproché de ne pas comprendre qu il avait fait ça parce qu il était malheureux! J ai perdu la raison pendant plus de deux mois.J ai adopté ses travers en quelques sortes.Je buvais du vin,je prenais des anti dépresseurs.Je le suppliais.J ai cumulé les arrets de travail,j ai fait 5 crises de tachycardie qui ont duré plusieurs heures,en moins de trois mois.Une boule au sein,heureusement innofensive,un espece de virus,aussi qui m a rendu malade comme un chien,tellement j étais faible car je ne mangeais presque plus,et qui m a valu 5 jours d arret.Je me connais bien je sais que tout ça c était juste des réactions physiques à un état dépressif,dans lequel il m avait plongée malgré lui,par ses fuites,son indifférence.J ai eu des réactions similaires au décés d un proche,et après une ivg tant j etais malheureuse.Mais tout cela était bien loin derrière moi,et je ne pensais pas qu en si peu de temps,un homme pouvait me faire autant de mal.Ca s apparente à de la manipulation mentale,meme si il n en a pas vraiment conscience sur le moment.

C est la que j ai commencé à chercher à comprendre son attitude.Et j ai trouvé des réponses en consultant des forums et autres sites médicaux sur le web.Ce qui m était inconnu jusqu a lors,était bel et bien une maladie et portait un nom.Tous ces blogs que j ai pu lire,tous ces symptomes qui étaient décrits,c était comme si tous ces témoignages parlaient de lui,de celui que j aimais.Parfois meme les réactions des autres bipos,coincidaient au mot près à ces paroles à lui.Je suis allée consulter deux psychiatres...pour de mauvaises raisons certes,puisque ce n était pas pour me sortir de cette histoire destructrice,mais en espérant qu ils me donnent des clefs pour l aider à s en sortir.C est étrange,souvent dans les témoignages,j ai pu constater,que la plupart des proches de bipos,se sentent comme investis d une mission de sauvetage de l etre aimé!!! Je n étais donc pas un cas isolé,et lui non plus bien sur d ailleurs.J ai tout,tout essayé.Je lui ai parlé,je lui ai fait part de mes doutes,j ai réussi non sans mal à sortir le mot tabou,j avais tellement peur de sa réaction.Visiblement et ça je veux bien le croire,c est la toute première fois dans sa vie qu on l "étiquète" ainsi.Alors je veux bien comprendre que ce soit difficile.Je dirais à mon sens,qu il doit etre dans un semi déni de la maladie.Je sais qu il a conscience parfois qu il a un probleme,il l a reconnu devant moi ou par texto,dans des phases "down"...et puis bien sur à d autres moments,il ne veut plus rien savoir.C est moi le mal,c est moi qui suit malade.

Le second psychiatre que j ai consulté,et qui est de plus un specialiste des maladies psychiques dans notre ville,m a fait l effet d un electrochoc.Il m a dit cash qu au vu de ce que je lui racontais,mon copain avait sans doute un probleme,mais qu il pouvait s agir de bipolarité,d un trouble borderline,ou d un autre trouble du comportement.Il m a dit qu il aurait cette maladie toute sa vie.Que je n étais ni sa mère,ni son infirmière,que ce jour la c était moi sa patiente,et que j avais dépensé une consultation pour rien,dans la mesure ou il n allait pas me dire mieux que ce que mes copines m avaient déjà probablement dit.C est à dire qu avant de le rencontrer,je n avais pas de probleme particulier,que j étais déjà tombé amoureuse,et qu à mon age je savais bien qu on se remet d une histoire d amour,il me préconisait donc de l oublier.Qu il devait se soigner tout seul.C est le meme discours auquel j ai eu droit quand j ai contacté un jour en pleurant,par téléphone,une association d aide aux proches,tenue par des infirmières d un HP.Bien sur tout ça je le savais déjà.mais l entendre dire de la bouche de professionnels est très douloureux.Je voulais l aider,le sortir de ça,mais il me rejète,m ignore,ne montre aucun sentiment à mon égard...je ne peux rien faire.

La pire soirée que j ai passé en sa compagnie,faisait suite à une semaine d efforts face à la maladie de ma part.Comme j avais conscience désormais de son trouble,je lui trouvais des excuses,à ses paroles blessantes,son comportement égoiste et irresponsable,et je me suis dis je vais faire face,et etre plus forte que ça.J avais décidé de ne plus lui faire part de mes émotions,de le laisser vivre comme il l entendait...pour  voir si petit à petit,de cette façon,j allais réussir à rétablir un équilibre.Mais malheureusement...ou heureusement je ne suis pas d un naturel soumis,je suis moi aussi très sensible,et je n ai pas supporté très longtemps son comportement,d autant plus que je n étais pas rétablie du tout,des trois mois,d un coup oui,un coup non,que je venais de vivre.Aussi après avoir supporté pendant quelques jours de voir l extreme dévouement qu il avait vis à vis de ses amis,face au total égoisme qu il avait vis à vis de moi,la colère démesurée qu il m avait manifesté la veille au téléphone,au point d éloigner le mobile,tellement il criait et que je ne comprenais meme plus ses mots...le lendemain soir,je lui ai demandé de venir,j étais au bord de la crise de nerfs.Il est arrivé comme une fleur en pleine phase "up",très enjoué,il venait de claquer des sous qu il n a plus,car je sais bien,qu il a dilapidé toutes les économies qu il avait de coté,il me l avait dit,pas franchement, mais à demi mots.Bref il me montrait ses nouvelles fringues,voulait aller au resto,et moi je n étais pas dans un état ou je pouvais me comporter en conséquence du personnage que j avais en face de moi ce soir la.Au bout d une heure à le regarder faire,et m ignorer totalement,j ai décidé de lui fermer le bouquin qu il feuilletait,pour entamer une discussion...grosse erreur! J ai commencé à lui faire des reproches,à pleurer,tentant desesperement de lui faire entendre raison,ce qui était bien sur inutile,à cet instant précis,mais on est tous humain,et parfois meme sans maladie on peut ne pas non plus se controler,et la il a été odieux...comme jamais je crois.Il quittait la piece avec du mepris dans ses yeux,moi je le suivais comme un toutou,cherchant desesperement le dialogue,et son attention puis j ai finis par prendre une crise de nerfs.La il m a menacé de me mettre une claque pour me calmer!!! Il me disait regarde toi,c est moi le malade? T es une grande fille,calme toi toute seule.Bref j en passe.Puis il s est mis à pleurer lui aussi,il a basculé dans l autre inverse.Moi bien sur ma reaction,malgré tout,a été d essayer de le prendre dans mes bras,de le consoler,de le comprendre.Il avait l air tellement mal.Les yeux rouges,dans une position de replis sur lui meme.Je l avais déjà vu une fois ou deux dans cet état.Je ne voulais pas le laisser partir,il me faisait peur...pour lui cette fois.Il me disait qu il ne m aimait pas,que lui faisait pitié,qu il allait se jeter par la fenetre si je le séquestrais...c était terrible.Il est parti.Je me suis apaisée,mais à la suite de ça j ai commencé à réagir.D abord parce que j ai fini par avoir très peur qu après l agressivité verbale,il allait s en prendre à moi physiquement.J ai meme vérifié quelques temps après par le biais de connaissances,si il n y avait jamais eu de main courante ou de plainte déposées par d autres filles à son encontre.Ce n est pas le cas.Heureusement.Je sais que si il avait ne serait ce qu une seule fois levé la main sur moi,j allais directement au poste.C est absolument inacceptable pour moi,quelqu en soient les raisons.

Aujourd hui plus de contact.Suite à cette soirée.Je l ai revu deux fois furtivement.je sais qu il regrette son comportement,après coup,mais il ne peut s empecher d etre désagréable malgré tout,et moi j ai de la rancoeur.Il me dit que le dialogue est impossible.Bien sur qu il l est...puisque je ne peux rien lui dire.Il s emballe aussi sec.Et moi je n accepte plus son dédain,ses reproches alors que j ai tout tenté pour lui,parce que je l ai aimé comme personne.Il m accuse sans cesse de ces maux...aujourd hui j ai du recul face à ça je sais que je n en suis pas responsable...et lui non plus.Meme si je pense que si il n arrive pas à se controler,il a quand meme une part de responsabilité,dans la mesure ou il a été passif face à son mal,qu il voyait bien qu on en souffrait tous les deux,et qu il n est pas allé consulter un psychiatre à temps.

Il a également un entourage,à qui il cache tout probablement,et qu il utilise pour se rassurer.Moi je suis trop entière,je ne pouvais pas lui dire,t es juste comme ça,ce sont juste des défauts,alors que la vérité est ailleurs.Je ne pense pas que ce soit lui rendre service de toute façon.Je sais qu il est allé consulter enfin quelqu un recemment...mais je ne connais pas l issue de son entretien.Il ne répond pas à mes sms,probablement il ne les lis plus,peut etre car je lui ai réclamé une somme qu il me devait,ou peut etre parce que comme il doit me considérer comme une cause de son mal etre,il prefere fuire encore une fois.Pour revenir a son entourage,je dirais qu il n est pas vraiment aidé.Alors qu il reprochait à mes amis de toujours qui l ont de suite accepté,apprécié,et se sont naturellement interessés à lui,puisqu il était mon copain,d aborder des sujets qu il ne connaissait pas,ou encore de parler pendant quelques minutes de personne qu il ne connaissait pas,ce qui est normal,au début d une histoire.Il n a jamais voulu admettre que deux de ces potes qui sont complétement stupides,et pour rester polie,ne sont que des ados attardés,qui n ont comme interet que la bringue,et la défonce,étaient par contre eux indifférents à notre histoire,à ma personne,et par conséquent à son bonheur à lui.Je ne les ai croisé que peu de fois,mais c est vrai qu il m est difficilement supportable de voir qu a leur contact,un gars aussi intelligent que lui,peut devenir aussi stupide,ricaner betement.Ils ne sont pas des amis pour lui,il est juste un simple pote de bringue.Dans l amitié on se soucie du bonheur de l autre,on ne voit pas juste son petit interet.Il est fragile et je constate juste qu au lieu de le grandir,cet entourage la le maintient dans une post adolescence,mais il trouve sans doute ça confortable,puisqu il n a pas à se poser de question avec eux.Ils ont je pense une part de responsabilité dans l echec de notre histoire.Mes amis ont la franchise de me remettre à ma place au besoin,et d etre la si je suis dans la détresse.Ils ne sont pas la pour me caresser dans le sens du poil.Mais bien sur ce sont de vrais amis,des gens murs avec qui j ai grandis,et ils m aiment.Ca fait toute la difference.

Voila c était très long.Merci à ceux qui ont pris le temps de me lire.Je suis sortie une fois très recemment,une seule depuis que je l ai rencontré.J ai fait la connaissance de quelqu un.J ai coupé court aussitot,au premier resto,avant meme qu il ne se passe quoique ce soit.il insiste mais bon,je ne veux pas faire perdre son temps à cet homme,car je ne lui donnerai rien.Toujours est il que cette furtive rencontre m a fait du bien.Pour rétablir mon estime de moi,et je vois bien que certaines personnes peuvent etre respectueuses et très matures.Seulement voila...meme si je ne pleure plus,si je retrouve ma personnalité,je pense encore à lui,je me demande si il va bien.Je sais qu il pourrait s en sortir,il en a tout à fait la capacité...d autres y arrivent.Il m a dit que je l avais fait murir,et que ça lui servirait.Je ressens ça un peu comme une injustice.Si il y arrive avec quelqu un d autre,j aurais souffert de cet amour juste pour lui rendre service...génial!! Car si je ne suis plus prete à tout accepter,si il se soignait serieusement,si il avait pleinement conscience qu il fallait reagir pour ne plus foutre sa vie en l air,il est possible que je me lancerais dans l aventure avec lui.J ai vraiment pensé que c était l homme de ma vie.C est con cette maladie.Aujourd hui je ne sais pas si il a des sentiments ou pas,je ne sais pas ce qu il pense,ou il en est.Est ce qu il m a vraiment aimé,pourquoi s est il acharné aussi rapidement,à détruire notre histoire...Si d autres bipos peuvent un peu eclairer ma lanterne,leurs interventions seront les bienvenues...et m aideront à comprendre,à avancer...d une façon ou d une autre.

MERCI.

Début de la discussion - 11/12/2012

bipolaire et vie de famille


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Bonsoir Albane,

Ton texte est long et exprime bien ce que tu as pu ressentir au contact de cette personne.

Pour ma part, ce que tu expliques très bien reflète le long parcours du combattant pour les proches de bipos! Mon mari a vraiment subi pendant 8 ans mes phases up et down. J'avais été diagnostiquée en 2004 mais ce n'est qu'au mois d'avril 2012 que j'ai accepté ma maladie, et ce n'est qu'en septembre de cette année que je suis réellement suivie (je prends du Xéroquel) par une psychiatre et une psychologue. En ce moment, je suis stable et j'ai l'impression de me retrouver petit à petit.

J'ai 36 ans et je suis avec mon mari depuis 18 ans avec bientôt 10 ans de mariage, alors il est vrai que l'entourage compte pour beaucoup dans le rétablissement éventuel d'1 bipo mais ça ne fait pas tout. Le chemin vers l'acceptation de la maladie est rude pour son estime personnel. Nos repères sont chamboulés pendant nos périodes de crise, nous avons une perception de la réalité biaisée. Soit tout nous est possible et nous sommes les Rois du monde (ce qui conduit généralement à des conduites à risque), soit tout est noir parce que nous avons pris conscience de ce que l'on a fait ou dit et la honte nous submerge.

Je comprends ton désarroi et ton impuissance, mais malheureusement tu ne peux pas entamer une relation sérieuse avec un bipolaire si cette relation te détruis psychiquement et physiquement. Il faut lui laisser le temps de réagir face à sa maladie, l'accepter et la dompter avec l'aide d'un psychiatre et un psychologue ou psychothérapeute. Pour ton bien-être, il est vrai que te dire de le laisser de côté est très difficile, mais tu dois te préserver. En plus, ce n'est pas l'aider que de le contredire en phase 'up': il te dira que tout ce que tu dis est faux, que la seule vérité sort de sa bouche et que de toute façon cette conversation l'énerve...bref, il préférera esquiver tout conflit parce qu'il ne comprend pas que tu n'aies pas la même 'vision' que lui des choses de la vie! Sa mauvaise foi est accentuée par sa phase 'up' en quelque sorte, et je pense qu'il est down quand il se rend compte que votre histoire est trop belle pour être vraie alors il préfère la destruction (consommation d'alcool, propos méchants à ton égard etc...).

Je ne suis pas devin pour te dire qu'il t'aime ou pas, mais il t'a certainement trouvé à son goût lors de votre rencontre et par la suite je pense que la maladie a pris le dessus.

Je pense qu'il t'a fait de longs discours transi d'amour en phase 'up' . Il s'est hyper emballé à vos débuts, il devait se faire des plans sur la comète avec toi. Voir en accélérer votre futur.Tu es quelqu'un de stable, insérée socialement, ton travail fait rêver...et badaboum...ses angoisses refont surface lorsqu'il est 'neutre', et après il est en phase'down', il te pourrit la vie, dis qu'il ne t'aime pas parce qu'il a peur de ce que tu va découvrir: le côté obscur de la maladie.

Si tu te sens la force de l'appeler de temps en temps pour avoir de ses nouvelles, c'est une chouette démarche! Une fois stable il te répondra et peut être te remerciera. Mais cela peut prendre du temps et malheureusement parfois des années comme pour moi. Ne te ferme pas à l'avenir à d'autres personnes parce que tu risques de t'enfermer dans un amour sans retour s'il ne décide pas un jour de se soigner! ou s'il décide après s'être soigné de couper les ponts parce que la honte et l'ego l'empêchent de revenir vers toi.

Je te souhaite bien du courage et n'hésites pas à m'écrire si tu en ressens le besoin.

Prends soin de toi et à bientôt.

Jaf33

bipolaire et vie de famille


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Bonjour Jaf33

Je te remercie pour ta réponse très claire et très précise.Je t avoue que l avis d une personne qui souffre du meme mal que mon "ex" ami,m émeut particulièrement.Tu es tellement lucide par rapport au mal que tu dois combattre au quotidien,je trouve ça vraiment très courageux...et réellement honnete également de reconnaitre les souffrances de ton mari pendant ces huit années avant ta stabilisation...Chapeau à vous deux!

Je me rends compte bien sur,en essayant de me mettre à la place du malade,qu il doit etre extremement difficile,d admettre proche de la  quarantaine qu on souffre d une maladie psychique.Mais pourtant je sais que quelque part il en a conscience,puisque pendant certaines de ces colères il lui arrivait de hurler " c est ça je suis dingue,c est moi le dingue".Bien sur malheureusement mes efforts étaient inutiles pour lui dire que ce n était pas ce que je pensais de lui. Mais dans son esprit pour le moment,il doit assimiler ce trouble sur laquelle j ai mis le doigt,pas toujours avec beaucoup de diplomatie je le reconnais,à de la folie,et doit en avoir une peur bleue.Mais je m efforce de ne pas culpabiliser,je n étais tout simplement pas préparée à affronter ça,et dans l ignorance totale.Les coups de poignards constants sont durs à encaisser.Quand on a prévu un super voyage à l autre bout de la terre,et que subitement la personne que l on aime le plus annule ses congés...pour les reprogrammer le jour de ma reprise au travail...j avoue que je ne comprends pas.Le monde s effondre encore un peu plus.C est comme si il s efforçait de me faire du mal par tous les moyens.Je me souviens que j ai pris l avion ce jour la pour passer quelques jours dans le sud de la france chez un ami,et tous mes collègues  me disaient en salle d embarquement "Ah c est aujourd hui que tu pars à ...." Oops je retiens mes larmes et je souris!! Mon ami à l arrivée m a ramassé à la petite cuiller.Mais a tout de meme réussi à me faire passer un bon petit séjour.

Tu as entièrement raison,meme si la patience n est pas mon fort,je pense qu il va falloir que je laisse passer un peu de temps,et je verrai bien à ce moment la.Ne serait ce que pour moi,pour retrouver totalement ma force.Je garde malgré tout en moi un maigre espoir que tout n est pas perdu,mais je sais et comme tu le dis si justement,,toi,et tous les autres bipos qui arrivent à mener une vie "normale",que rien ne sera possible que si il suit un traitement psy et médicamenteux.En attendant je ne me ferme pas aux autres,l age avançant je ne peux pas me permettre de jouer à la roulette Russe.Mais pour l instant vraiment le coeur n y est pas,j ai trop le sentiment qu on est passé à cote de quelque chose...et je ne suis pas une gamine j ai eu d autres histoires auparavant,pour savoir qu un autre amour comme celui ci ne se représentera sans doute pas.

Maintenant à savoir si il pense encore à moi,si il tient encore à moi...ça je ne sais pas.La toute dernière fois que je l ai vu il y a une quinzaine de jours,il me disait un coup qu il aimerait m apporter la preuve qu il n était pas malade,un coup qu il allait essayer de se soigner.Un coup que si un jour on arrivait à dialoguer,il trouverait dommage que ce ne soit pas pour faire quelque chose avec moi,un coup qu il allait essayer de s en sortir pour peut etre pouvoir un jour rencontrer quelqu un d autre.C est très déroutant!!! Il est vrai que ce soir la,j avais réellement besoin de lui faire part de mes souffrances...en pesant mes mots au maximum.Meme si tout le temps j avais les larmes aux yeux,il a du se sentir agressé.Je n espérais qu une seule chose c était juste qu il me prenne dans ses bras,rien de plus,bien entendu,ce n est pas arrivé.Je sais qu il a enormement de mal à montrer ses sentiments,mais pour le coup je ne sais plus si c est de l indifference,ou une défense.Je ne suis pas certaine qu il le sache lui meme.Il me reproche de ne pas pouvoir dialoguer avec moi,mais refuse tous les sujets qui le dérangent.Ok j accepte,mais je n accepte pas qu il me mette les problèmes de dialogue sur le dos.Ce n est pas vrai tout simplement.Je ne l ai pas raccompagné à la porte ce soir la.J ai ce sentiment,assez factuelle en fait,que plus je lui en ai donné,plus il m a fuit et repoussé.

Allez j abrège.Merci,merci encore pour ta réponse,et j espère toutes celles d autres membres à venir.C est une bouée de sauvetage.J admire vraiment les gens comme vous qui s en sortent.J espère aussi à mon tour pouvoir l admirer un jour,de la sorte.Et retrouver cette étincelle magique dans nos regards.

En attendant je vais m efforcer de suivre ton conseil,puisque de toute façon je n ai plus d autre choix pour le moment.

A bientot.Soyez heureux la vie est courte,et on a qu une.

Albane.

bipolaire et vie de famille


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Ouille! Tu es dans uns situation drôlement compliquée. Je ne sais pas si ton ami est "juste bipolaire" ou si c'est un truc encore plus tordu. Pour l'aider, ça serait effectivement très sympa de continuer à prendre de ses nouvelles régulièrement, lui dire que tu penses à lui, que vous avez vécu de sacrées choses ensemble...

Quant au "traitement psy et médicamenteux", ça me semble un peu trop lourd et impressionnant à priori, même/surtout s'il a 40 ans. Personnellement, et depuis le temps, je m'y suis habituée au quotidien, mais je reconnais que c'est loin d'être enthousiasmant comme perspective.

N'oublie pas de vivre Ta vie, et pense bien à lui, qu'il arrive à se dépétrer de ses soucis...

Véronique

bipolaire et vie de famille


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Bonsoir Veronique,

Woaw merci pour ton post. Votre soutien à tous m est très précieux.Car malgré tout leur soutien,mes amis ne peuvent pas se mettre à ma place,et encore moins à la sienne.C est très compliqué de se mettre à la place de quelqu un dont le jugement diffère autant de son propre jugement,et j avoue qu il n y a que quelque temps en arrière,je ne me posais pas autant de questions.

Comme tu dis,il n est peut etre pas juste bipo,mais en tout cas,j ai la certitude qu il a une maladie psychique...ce qui en soit n a rien de honteux à mes yeux,mais je conçois,au travers de tous les témoignages que j ai pu lire,et aussi les sites médicaux que je consulte depuis des mois...que la pilule (au sens propre et au sens figuré du terme!) peut etre difficile à avaler.Je me mets à votre place.

Malheureusement pour moi,le dialogue est complétement rompu.Je lui ai proposé mon amitié....il m ignore.C est très difficile et douloureux à admettre pour moi.L ignorance est pire que tout.Il y a si peu de temps,il me faisait encore comprendre qu il pensait à moi,avec ses mots gauches,mais je sens bien qu il fait tout son possible pour m éloigner de lui,et me détester,parce que ma franchise est trop douloureuse pour lui,et qu il ne veut pas entendre ce qu il ne veut pas admettre.C est un peu le drame de ma life! Je suis trop entière et franche...en meme temps,et meme si ça m a souvent couté,au final je ne regrette rien,ça fait parti de mon caractère et la franchise est tellement rare en ce monde...Si les gens en valent la peine,ils reviennent toujours...sinon c est que c était une cause perdue.J ai eu l occasion de m en rendre compte à plusieurs reprises.

Il est bien évident que je ne veux pas,et ne peux pas construire quoique ce soit,avec un "malade" qui s ignore.Si c est l homme de ma vie,ce que je pense,j espere que l issue sera favorable.Mais je ne veux plus tomber au fond du puit.

Je me force à me bouger.Car meme si pour moi il était le bon,je ne peux pas passer ma vie à l attendre,à attendre une réaction qui n arrivera peut etre jamais.J ai vu Veronique ton profil,nous sommes sensiblement du meme age.Je ne sais pas pour toi,mais pour ma part,je n ai pas d enfant,ça n a jamais été une fin en soi,il était le premier à m en donner l envie.Cela dit je me dis,que meme si je n ai plus d étoiles dans les yeux quand je regarde quelqu un..il faudra peut etre que je sois raisonnable! Beurk je déteste ce mot!

Merci les filles pour vos réponses.Je me ferais un plaisir de vous renvoyer l ascenseur,avec mon petit esprit rationnel....mais ouvert...si vous en ressentez le besoin...N hésitez pas pas à me contacter en MP si vous avez besoin d un avis extérieur,sans psy,ni jugement...je serais à l écoute...Et bravo à vous.

A très vite....

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Bon conseiller

Je fais remonter ce topic lancé par Albane27 !

bipolaire et vie de famille


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bonjour

je vient de te lire et a travers sa je vois mon fils exactement la même attitude dans c est relations amoureuse pourtant il n as que 24 ans mais je sait une chose c est qu il en souffre énormément malheureusement. tu doit te préserver surtout. je te souhaite beaucoup de courage .

bipolaire et vie de famille


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Bon conseiller

vous ne pouvez forcer personne à se soigner,sauf en cas d'internement volontaire signé par un tiers, pour les jeunes bipolaires à tendance depréssive, attention, il y a ( au niveau -5 de" l'echelle bipolaire", le plus bas) de fort risque idées noires avec passage à l'acte (suicide) ,mais il nous faut un traitement , un Psy et dans les cas important un internement, (clinique ou hopital) et plus on attend , plus longue sera l'hospitalisation

philippe

bipolaire et vie de famille


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Bonjour à tous, je poste ce message comme une bouteille à la mer en espérant trouver des personnes avec qui je pourrais échanger afin de mieux comprendre et aider un proche BP. Ce proche est ma femme, nous sommes mariés depuis 20 ans. Elle a été diagnostiquée BO assez tardivement à environ 35 ans et est suivie depuis. Elle passe de phase que je qualifierais de hyperactive à dépressive. Elle a tout de même un métier et malgré tout je pense une forme pas trop grave de BP. Le soucis est qu'elle a des phases avec de grosses colères impossible à contenir où elle peut tout casser. Ces phases étaient contenues avec le traitement. Mais elle a décidé de l'arrêter et ces crises sont revenues. Je suis desemparé, je ne sais plus quoi faire. Je ne me sens plus capable de supporter ces crises violentes. Et j'ai peur de l'avenir. Tout avis ou conseil, d'un proche ou d'un malade, serait le bienvenu.

bipolaire et vie de famille


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BONJOUR mafille bipolaire s est suicidee je me fais beaucoup de reproches je n ai rien vu venir comment survivre?

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