Concilier ses besoin et ceux de l'Autre

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Patients Trouble bipolaire

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Sujet de la discussion



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Bonjour à tous, 

Je suis bipolaire sans traitement depuis 2 ans. C'est compliqué au quotidien mais j'apprend à identifier gérer etc. Ce choix a été pris avec le soutien de mon conjoint. Je précise que je suis tout de même très suivie pour parer au maximum à mon auto-agressivité.

Je suis actuellement dans une phase assez stable avec moins d'envahissements cependant mon conjoint va très mal. Il entreprend un travail en profondeur sur lui qui risque d'être très dur à affronter. 

J'ai appris à faire avec les douleurs des autres de par mon métier mais avec la charge émotionnelle que me renvoie ses pleurs et sa détresse je me sens démunie et de fait en danger. Cependant le désir (Ou besoin je me pose encore la question) de l'aider ou au moins l'accompagner est persistante.

Quelqu'un a t il ou fait il face à ce genre de situation? 

Très belle journée 

Camille

Début de la discussion - 06/05/2019

Concilier ses besoin et ceux de l'Autre


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@eurydice‍ @sylefi‍ @Marie2701‍ @mag4343‍ @Thania‍ @Carol44‍ @elisabeth18‍ @MmeBIPBOF‍ @Nanouchka83‍ @tipsiame‍ @Bipo38‍ bonjour à tous, avez-vous des conseils à donner à Camille ?

@kamyha‍ dans cette attente, n'hésitez pas à parcourir les discussions en cours ou notre article sur les troubles bipolaires : https://membre.carenity.comhttps://www.carenity.com/https://membre.carenity.com/magazine?m%5Bname%5D=Trouble+bipolaire&m%5Bmid%5D=1003

Bonne journée,

Louise

Concilier ses besoin et ceux de l'Autre


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Bonjour,

J'avoue que mon conjoint essaie d'être fort depuis que la maladie c'est manifester chez moi mais il passe par des moments de vulnérabilité ou il ne supporte presque plus la situation tellement c'est compliqué. 

Si non moi j'ai pas eu à gérer des moments où lui se sent pas bien, je suppose que ça ne dois pas être facile de gérer à la fois ta maladie à toi et le mal être de ton conjoint, je te souhaite bon courage.

Bonne journée et bon courage à vous

Concilier ses besoin et ceux de l'Autre


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@kamyha Bonjour,

Difficile de te répondre... Tu es diagnostiquée bipolaire mais sans traitement... Pourquoi pas de traitement ? tu arrives à gérer avec ton conjoint, pourquoi pas, mais là il se trouve qu'il va mal... En partant du fait qu'il est une évidence pour toi de l'aider, désir ou besoin peu importe,  tu as 2 solutions :

La première est de te faire aider par une aide médicamenteuse si tu te sens en danger et si tu veux être en capacité de l'aider en le soutenant sans jamais prendre le risque de te mettre en danger.

La deuxième est de ne rien prendre sinon accentuer l'aide extérieure (tu parles d'être très suivie) et d'être ultra-vigilante sur tes ressentis. Je ne sais pas les raisons pour lesquelles il craque aujourd'hui, mais lui aussi doit se faire aider, tu ne peux pas le soigner ou le guérir mais l'accompagner dans son parcours psy.

C'est compliqué de donner une réponse, plus encore un conseil,  sans savoir pourquoi il va mal, comment tu gères, toi, ta bipolarité sans aide médicamenteuse etc... 

Bonne soirée,

Concilier ses besoin et ceux de l'Autre


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Bon conseiller

Bonjour Camille,

Suite à l’appel de Louise, j’ai lu ton post avec ton questionnement. En quelques lignes tu décris vos deux états et cela m’amène à rebondir avec d’autres interrogations.

La première question vient du fait que tu te dis stable pour le moment avec tout les efforts supposés que cela représente pour toi à priori sachant que dans les moments critiques tu avais l’aide de ton conjoint solidaire. Et là ici et maintenant c’est presque l’inverse mais avec des difficultés de ton côté dans le « renvoi d’ascenseur ».

Je me demande alors s’il n’y aurait pas un effet de balancier et pour aller plus loin si votre couple s’est construit à partir de ton état antérieur et que maintenant il ne s’y retrouve plus dans ta stabilité psychique et comportementale. Et par voie de conséquence,  est lui qui va mal le sauveur à sauver.(inversion des rôles)

C’est une hypothèse de ma part, peut-être hasardeuse mais qui mériterait certainement d’être explorée de ton côté du moins.

La deuxième question concerne ta mise en danger comme tu l’exprimes comme dans un miroir. A titre personnel, à travers mon psychisme quelquefois déstabilisé par mon émotivité, je me suis rendu compte que j’ai une faible tolérance au stress. Serais-tu dans cet état d’incertitude stressante concernant les comportements angoissants de ton conjoint qui te couperaient de son aide passée et qui seraient source de mal-être chez dans un effet boomerang ?

Le côté rassurant de vos situations, c’est que manifestement vous êtes tous les deux suivis de près et ça c’est super d’avoir un fil d’ariane dans le domaine de la santé mentale en faisant appel à des professionnels de santé qualifiés pour un suivi psychologique ou psychiatrique. Je n’en dis pas plus car cela n’est pas précisé dans ton texte comment se fait cette prise en charge effective.

A ta question précise de savoir si une telle situation a déjà été vécu dans ma propre vie (question impersonnelle), je peux te répondre probablement par l’affirmative mais il y a plus de vingt ans dans ma deuxième épouse. A une grande différence près qu’elle ne s’est pas confiée à moi mais à un collègue de travail (milieu de l’Education nationale) et que celui-ci lui a gentiment conseillé de s’écarter de ma vie. A l’époque, les deux enfants scolarisés au collège n’ont pas été un rempart à une rupture fracassante qui m’envoya directement en hôpital psychiatrique.

Bien des années après, je suis resté toujours bloqué avec cette amertume ancrée profondément en moi de cette rupture-abandon qui fait qu’encore aujourd’hui j’ai peur d’être en couple sous un même toit. Et par conséquent, je vis dans un mode spécial « couple non cohabitant ». Je suis domicilié sur la côte fleurie en Normandie et ma nouvelle compagne sur la côte d’émeraude en Bretagne. C’est ma manière de me sauvegarder et de me gérer seul de façon à pouvoir vivre et partager avec elle les « bons moments à deux » pour qu’elle ne soit pas mon déversoir et vice-versa. 

Voilà Camille des pistes de réflexion suite à ton appel aux membres de la communauté relayé par Louise.

Bon courage et garde ton libre-arbitre en toute lucidité.

Sylvain 

Concilier ses besoin et ceux de l'Autre


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Bonjour, tout d'abord, merci à tous pour vos réponses.

Je vais m'efforce d'éclaircir les zones d'ombres que j'ai pu laissée.

@Marie2701‍ 

J'ai fais le choix d'arrêter mon traitement car bien que beaucoup plus stable je ne me reconnaît pas dans cette personnalité. Je me suis efforcée de "la decouvrir" mais sans grand intérêt trouvé. Je m'explique : il ne s'agit pas là de rechercher de l'attention par ma maladie mais simplement je me sent amoindrie dans plusieurs côtés que j'aime chez ce moi que j'ai connu des années sans traitement (créativité impulsive et effective à titre d'exemple ). Ce fut un choix complexe car sous traitement les pulsions de mort étaient beaucoup moins fortes et présentes. 

Pour ce qui est de mon conjoint je ne cherche absolument pas à le guérir ou le soigner car ce n'ai pas ma place (et il serait malsain que je la prenne lui et moi en convenont)et malgré des compétences allant dans ce sens j'ai bien trop d'affects pour être "efficace". Il est par ailleurs accompagné par un pro. Il s'agit réellement de soutien dont il est question. 

Comment je gère sans traitement ;) je ne suis pas sûre de savoir répondre complètement mais je met en place des stratégie psychique et je travaille beaucoup avec l'alliance acceptation-concilliance-adaptation. J'apprend aussi à différer tout cela attentivement accompagnée d'un psychiatre et psychanalyste. 

@sylefi‍ 

Ton hypothèse est très pertinente et légitime au vu des éléments que j'avais donné

 Il aurait effectivement pu s'agir de ça mais cela me semble peu probable. 

Ma patho bien qu'elle eu "toujours" eu  une place ne fait pas partie de nos fondations comme ton hypothese le suggerait. De fait, même si cela n'a jamais été un tabou j'ai parfois/souvent (selon les périodes)  tenté d'épargner mon conjoint en canalisant et compartimentant les choses. Il a toujours été soutenant mais non porteur (par volonté partagée). Nous n'avons pas mis en place une relation d'aide connaissant la toxicité que cela peut avoir dans un couple comme ton hypothèse le souligne.

De plus les maux dont il souffre ne sont pas pathologique mais bien psychologique. Il a beaucoup de déconstruction et de "nettoyage" à Dans dans son enfance. Il exprime parfois son désarmement face au fait que ce travail là à déjà été (Le plus gros ) fait de mon côté, antérieurement à notre relation. Mais cest une chose qu'il arrive de mieux en mieux a relativiser. 

Je suis effectivement très sensible aux situations de stress et d'angoisses elle me provoque souvent des allucinations auditives et envahissements imaginaires(Bien évidement dramatique sinon c'est moins drôle...) mais le dialogue persiste entre nous car il est (pour nous) important de mettre des Mots sur les Maux. De ce fait, les situations stressantes sont un peu moins nocives.

Merci d avoir partagé cette expérience de vie, je comprend assez bien le sentiment adandonique il est éminemment complexe à déconstruire. 

Je suis ravie que ce choix de vie te convienne. Je vous souhaite et toi et ta nouvelle compagne qu'il puisse vous apporter un équilibre délectable. 

@Thania 

Merci à toi pour le courage :)

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