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Rôles des mutations BRCA1/BRCA2 et du statut HER2 dans la prise en charge du cancer du sein

Publié le 4 févr. 2021 • Par Doriany Samair

Les mutations des gènes BRAC1 et 2, ont été largement reconnues comme des prédispositions génétiques au cancer du sein. Que signifie être porteur de ces mutations ? A quoi correspond le statut HER2, systématiquement recherché lors d’un cancer du sein diagnostiqué ? On vous dit tout dans notre article !

Rôles des mutations BRCA1/BRCA2 et du statut HER2 dans la prise en charge du cancer du sein

Le dépistage

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme et touche environ une femme sur huit. 

La stratégie de dépistage systématique du cancer du sein

Qui est concerné ? 

Les femmes de 50 à 74 ans bénéficient de ce dépistage, en général tous les deux ans, même si elles n’ont pas de symptômes ou de facteurs de risque. On considère que de 50 à 74 ans (post-ménopause), une femme a plus de risque de développer un cancer du sein.

Les femmes ayant des facteurs de risque (présence de cancers du sein dans l’entourage proche) sont sujettes à une surveillance personnalisée. En effet, dans l’histoire de ce cancer, la prise en compte de l’histoire familiale et des antécédents de santé familiaux est importante. Les recommandations au dépistage varient selon les antécédents : la surveillance est plus rapprochée chez les femmes “à risque” et plus précoce.

Quels sont les examens du dépistage ?

Tous les deux ans, le dépistage consiste en une mammographie et un examen clinique (par palpation et interrogatoire du patient). Suite à cela, d’autres examens peuvent compléter le diagnostic : biopsie, IRM ou même une échographie.

Le but de ce dépistage est de détecter précocement toutes cellules cancéreuses, non palpables ou toutes formes de cancers asymptomatiques. En effet, détecté à un stade précoce, un cancer du sein a plus de 90% de chances d’être soigné.

Les tests génétiques : les mutations génétiques BRCA1 et BRCA2

Pourquoi faire un test génétique ?

La survenue du cancer du sein est donc fréquemment liée à l’histoire familiale de cette femme et à la présence de mutations précises. La détection des mutations par les tests génétiques est au premier plan de la stratégie diagnostique et joue un rôle préventif important.

Des mutations héréditaires mais pas que !

Il faut savoir que le développement de ce type de cancer est favorisé par l’existence sous-jacente de mutations héréditaires des gènes BRCA1 et BRCA2, et plus rarement PALB2. Ces 3 gènes sont les plus impliqués (2 à 5 %) dans le développement de cancers du sein, mais d’autres gènes de prédisposition ont récemment été identifiés.

Le risque de survenue d’un cancer du sein, au sein de la population générale, atteint les 12 %. Or, ce risque augmente largement au sein de la population présentant les mutations génétiques :

  • Avec BRCA1 : le risque est de 45 % avant 50 ans et 70 % avant 80 ans ;
  • Avec BRCA2 : le risque est de 35 % avant 50 ans et 70 % avant 80 ans.

La notion de risque renvoie à l’idée que l’on puisse être porteur de l’une de ces mutations et déclarer la maladie mais laisse aussi la possibilité, qu’en étant porteur, le cancer ne se développe jamais.

Le nombre de femmes qui seraient prédisposées à un cancer du sein atteint les 120 000. Lors de la découverte de l’existence d’une prédisposition au sein d’une famille, il est recommandé de proposer un test génétique aux apparentés afin d’identifier les personnes prédisposées et de leur recommander un suivi adapté, ou de rassurer celles qui ne sont pas porteuses de cette mutation.

La présence de mutations génétiques n'est pas toujours liée au terrain familial. Chez 50% des femmes présentant une de ces mutations, les antécédents familiaux étaient absents. C’est pourquoi, il est tout aussi important d’étudier les risques individuels : tabagisme, alcool, alimentation, hygiène de vie. Les autorités sanitaires se posent même la question d’élargir les recommandations des tests génétiques.

Suite à la détection des mutations BRCA1 et BRCA2, la prise en charge d’une patiente peut aller de la simple surveillance rapprochée à une chirurgie préventive (mastectomie, ablation de la glande mammaire, par anticipation).

Le statut HER2

Au-delà de l’aspect préventif important, un test génétique joue aussi un rôle prédictif. Quand un cancer est avéré, la caractérisation génétique du cancer peut servir de prédire l'évolution de la maladie, son pronostic (agressivité et métastases) ou encore l’efficacité ou la résistance d’un traitement. Par exemple, certaines thérapies ciblées sont plus adaptées et plus efficaces pour traiter un cancer dû à un type de mutation. Connaître cette signature génétique du cancer oriente le choix de la thérapeutique, l’objectif étant de personnaliser au maximum le traitement. 

Le statut HER2 est systématiquement recherché chez les femmes diagnostiquées d’un cancer du sein. C’est à partir de l’échantillon biopsique que l’on recherche l’anomalie.

HER2, qu’est ce que c’est ?

HER2 , « human epidermal growth factor receptor 2 » ou récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain, est un récepteur membranaire naturellement présent dans les cellules du sein et participant à réguler la prolifération et la croissance cellulaire. HER2 est à proprement parler un récepteur dont la surexpression peut favoriser la formation de tumeurs. En effet, à la surface des cellules mammaires, elle stimule leur croissance. 

Par quels examens ?

Aujourd'hui, deux examens peuvent être conduits : IHC, ImmunoHistoChimie qui consiste à quantifier la présence de la protéine HER2 directement dans les cellules cancéreuses ou par FISH, technique d’immunofluorescence qui met en évidence l’amplification génique HER2. Selon la quantité d’HER2, on dit que la tumeur est HER2 + ou HER-. 12 à 20 % des cancers du sein sont HER2+. Dans ces cas-là, une thérapie ciblée anti-HER2 peut être proposée. 

Les thérapies ciblées anti HER2

Dans le cadre du traitement de cancers du sein surexprimant HER2+, les thérapies ciblées sont devenues le choix numéro un. Ces thérapies vont cibler précisément et spécifiquement le mécanisme de développement et de survie des cellules tumorales. Contrairement aux chimiothérapies plus classiques où le mode d’action visait la destruction des cellules cancéreuses, il s’agit ici d'affamer la tumeur et de la priver de facteurs de croissance. 

Les thérapies ciblées anti-HER2 sont administrées par voie intraveineuse ou sous cutanée. On peut compter le trastuzumab (Herceptin®), le pertuzumab (Perjeta® et le Kadcyla®) ou le Lapatinib (Tyverb®).

Ce mode de traitement a réellement amélioré la prise en charge des malades et leur pronostic du cancer du sein.

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