Sclérose en plaques et troubles de la déglutition

La sclérose en plaques (SEP) peut endommager les nerfs ainsi que la zone du cerveau responsable de la coordination de la déglutition (tronc cérébral). Cela peut conduire à des difficultés de déglutition, appelées dysphagie.
/static/themes-v3/default/images/default/info/maladie/intro.jpg?1516194360

Manger et boire sont des phénomènes tout à fait naturels auxquels on ne réfléchit pas lorsque la déglutition fonctionne normalement. Toutefois, la déglutition est un processus complexe qui implique de la coordination musculaire et des messages entre le cerveau et les nerfs.

Or, la sclérose en plaques (SEP) peut endommager ces nerfs ainsi que la zone du cerveau responsable de la coordination de la déglutition (tronc cérébral). Cela peut conduire à des difficultés de déglutition, appelées dysphagie.

La dysphagie provoque de nombreux problèmes dans le processus de déglutition et également des troubles qui ne semblent pas directement liés au processus de nutrition.

Les troubles de la déglutition comprennent :

- Une difficulté à mastiquer,
- De la toux : en mangeant ou immédiatement après,
- Une salivation excessive ou le fait de baver,
- L’étouffement,
- L’adhésion de l'alimentation dans la gorge,
- Une voix faible,
- Une impression de difficulté à avaler de la nourriture ou à la déplacer vers l'arrière de la bouche,
- De l’aspiration,
- Des vomissements et régurgitations alimentaires.

Entre 30 et 40% des personnes atteintes de SEP expérimentent des problèmes de déglutition

Toutefois, pour de nombreuses personnes souffrant de dysphagie liée à la SEP, ces changements sont si subtils qu'ils peuvent ne pas les repérer, y compris quand ils ont une quinte de toux occasionnelle, lorsque les aliments prennent la mauvaise « direction ».

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à des problèmes de déglutition, mais la principale cause de la dysphagie sont des lésions dans la partie du cerveau qui contrôle la déglutition (principalement le tronc cérébral) ou les nerfs qui fournissent ces informations au cerveau.

La dysphagie peut aussi être causée ou aggravée par le manque de salive ou par la bouche sèche. Certains médicaments utilisés pour contrôler les symptômes de la SEP peuvent entraîner une sécheresse de la bouche comme les anticholinergiques, les antidépresseurs tricycliques et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).

La dysphagie est une complication de la SEP qui doit être prise au sérieux.

La déshydratation et la malnutrition sont la conséquence d’une dysphagie non traitée. En effet, un patient stressé et angoissé par ses problèmes de déglutition peut décider de moins manger pour les éviter, ce qui est vivement déconseillé.

Si le malade et son entourage minimisent les problèmes de déglutition et ne sont pas bien préparés, il est possible que le malade s’étouffe et en décède.

En effet, les problèmes de déglutition peuvent entraîner le blocage des aliments dans la gorge ou le passage des aliments dans les bronches et les poumons. Cela peut causer étouffement, suffocation et même parfois une pneumonie par aspiration.

Il s'agit d'une infection pulmonaire particulièrement dangereuse, surtout chez les personnes qui ne sont pas très mobiles, et c’est une cause majeure de décès chez les personnes atteintes de SEP. L'aspiration de nourriture ou de boisson peut se produire même si le patient ne le réalise pas, provoquant également des infections des voies respiratoires et des poumons. C’est l’aspiration silencieuse.

Face à la gravité des complications de la dysphagie, il est important de sensibiliser les personnes atteintes de sclérose en plaques à ce trouble.

De simples mesures existent pour adapter son alimentation en fonction de l’intensité des problèmes de déglutition :

- Mieux mâcher ses aliments, prendre le temps de manger,
- Effectuer ses repas au calme pour éviter tout stress ou angoisse,
- Adapter la texture des aliments : les mixer, les couper finement, les mouliner,
- Manger à plusieurs reprises de petites quantités,
- Éviter de manger des aliments solides (pain, viande) et des aliments fragmentés (riz, petits pois),
- Ajouter des sauces, du lait ou encore du bouillon pour lier les aliments entre eux et faciliter leur absorption.

Pour les fausses routes liées aux liquides il est possible :

- D’épaissir les boissons : on peut ajouter de la soupe ou de la compote à l’eau,
- De boire à petites gorgées,
- De boire de l’eau gazeuse ou aromatisée (cela suffit parfois),
- De gélifier l’eau.

La posture du corps pour manger peut aussi être adaptée. Etre assis, la tête et le cou en légère flexion est la position idéale pour manger. Il vaut mieux éviter de manger couché ou debout.

Si ces mesures sont inefficaces, il peut être nécessaire d'utiliser une sonde naso-gastrique ou une sonde de gastrotomie pour l’alimentation et l’hydratation.

Vous souhaitez en savoir plus concernant cette maladie ?

Rejoignez les 197 000 patients inscrits sur la plateforme, informez-vous sur votre maladie ou celle de votre proche et échangez avec la communauté

C'est gratuit & confidentiel