Grossesse et sclérose en plaques

Deux tiers des personnes touchées par la sclérose en plaques sont des femmes, et la maladie se déclare entre 20 et 40 ans. La question de la grossesse chez les jeunes femmes souffrant de sclérose en plaques apparaît alors essentielle.
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Aujourd’hui, les professionnels de santé s’accordent pour dire que la grossesse et la sclérose en plaques ne sont pas incompatibles. En effet, les différentes études sur la question montrent que la sclérose en plaques n’a pas d’influence négative d’une part, sur la capacité des femmes à avoir un enfant et d’autre part sur le déroulement de la grossesse. Ainsi, l’état de santé du nouveau-né est similaire à celui observé chez les enfants nés de mères non malades. De plus la grossesse ne modifie pas l’évolution de la pathologie (absence de ralentissement ou accélération de la maladie).

Lorsqu’une jeune femme touchée par la sclérose en plaques désire avoir un enfant, il est important qu’elle en discute à la fois avec son neurologue et son gynécologue. Il est préférable, si cela est possible, que la grossesse soit envisagée pendant une phase de stabilité de la maladie.

En ce qui concerne les traitements de la sclérose en plaques, des modifications peuvent être nécessaires. En effet, certains médicaments doivent être arrêtés avant la conception et d'autres pendant la grossesse du fait de leur tératogénicité (risque de malformations congénitales chez le nouveau-né). La consultation de son gynécologue et de son neurologue est donc indispensable.

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L’étude européenne PRIMS (Pregnancy relapse in multiple Sclérosis) est l’étude la plus complète en ce qui concerne le lien entre la grossesse et la sclérose en plaques. Elle a été réalisée sur 254 patientes issues de 12 pays différents et avait pour objectif de suivre l’évolution de la maladie au cours de la grossesse et deux ans après l’accouchement. De cette vaste étude, il est ressorti que la fréquence des poussées diminue lors de la grossesse et particulièrement lors du dernier trimestre. Cependant, après l’accouchement la fréquence des poussées augmente, pour ensuite revenir, après le premier trimestre consécutif à l’accouchement, à une fréquence comparable à celle de l’année précédant la grossesse.

En moyenne, sur l’ensemble de la période d’étude, la fréquence des poussées n’est pas plus importante en cas de grossesse. Cependant, une surveillance accrue est nécessaire en post-partum afin de prendre en charge de façon optimale les poussées susceptibles de survenir après l’accouchement.

L’allaitement n’a pas d’influence sur la maladie et sur la fréquence des poussées, il n’est donc pas contre indiqué. Cependant, certains médicaments utilisés dans le traitement de la sclérose en plaques peuvent être contre indiqués en cas d’allaitement. L’avis d’un médecin est donc une nouvelle fois indispensable.

L’anesthésie péridurale ne favorise pas la survenue d’une poussée. En effet, aucune différence dans la fréquence des poussées n’a été observée entre les patientes ayant reçu une péridurale et celles qui n’en ont pas bénéficié.

Article rédigé par Antoine SCHUSTER, Pharmacien chez Carenity.

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