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Cancers : les femmes sont-elles moins touchées ?

Publié le 21 janv. 2022 • Par Claudia Lima

Chaque jour, on découvre environ 1 000 nouveaux cas de cancers en France. La recherche médicale a permis de nombreux progrès : un taux d’incidence (proportion de personnes touchées) qui baisse ou se stabilise et un taux de mortalité qui diminue. Aussi, de nombreux efforts sont réalisés en termes de prévention, de dépistages et d’innovations thérapeutiques.  
En 2018, sur les 382 000 nouveaux cas de cancers, 46% des personnes concernées sont des femmes. 
Sont-elles moins touchées que les hommes ? Pourquoi ? Quelle est l’influence du genre dans la probabilité d’apparition d’un cancer et le risque d’en mourir ? 

Vous souhaitez des réponses, lisez notre article ! 

Cancers : les femmes sont-elles moins touchées ?

Face à certaines maladies, les femmes s’en sortent globalement mieux. De plus, leur espérance de vie, 85 ans en moyenne, est plus importante que chez les hommes, 79 ans. Longtemps, cette différence s’est expliquée par des comportements et des modes de vie différents. Aussi, l’organisme des femmes leur permet d’être plus protégées que les hommes. 

Quelles particularités biologiques protègent plus les femmes que les hommes face aux maladies ?  

Toutes les cellules de l’organisme comportent des chromosomes, ceux-ci contiennent toutes les informations génétiques. Les chromosomes sexuels de la femme sont XX, ceux des hommes sont XY. Le fait d’avoir deux fois le chromosome X pour la femme représente une double protection face à des pathologies liées à celui-ci comme l’hémophilie ou la myopathie de Duchenne, ainsi la double dose du gène X inhibe ou favorise certains mécanismes. Ce phénomène est impossible chez les hommes, ils ont donc plus de risques de développer ces maladies. 

Aussi, le chromosome X est plus gros que le chromosome Y, il comporte plus de 1000 gènes dont une grande partie est liée à l’immunité. Ceci peut expliquer pourquoi 59% des patients décédés d’une forme grave de la Covid-19 sont des hommes alors que 52,4% des personnes touchées sont des femmes. 

Les œstrogènes, des hormones sexuelles produites par les ovaires des femmes, assurent un rôle de protection contre les AVC et d’autres maladies cardiovasculaires jusqu’à la ménopause. En revanche, en raison de bouleversements hormonaux qui apparaissent au cours de la vie, les femmes sont plus sujettes aux migraines, à l’ostéoporose et aux pathologies de la thyroïde (ex. : Thyroïdite d’Hashimoto). 

En général, les femmes produisent plus d’anticorps protecteurs face aux virus, bactéries et parasites. Cet avantage peut être néfaste quand se développent des maladies auto-immunes, c’est pourquoi les femmes sont plus touchées par des pathologies comme la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus. Un autre danger, est l’augmentation de risque d’effets secondaires en cas de vaccination. 

Face aux cancers, il existe une différence entre les hommes et les femmes puisque ces maladies impliquent de nombreux mécanismes liés à l’immunité. Mais aujourd’hui, les comportements et les modes de vie des femmes ont changé et leur avantage génétique et hormonal est moins impactant. 

Quel est l’état des lieux des cancers chez la femme ? 

Au cours de sa vie, 1 femme sur 6 développera un cancer.  

L’âge médian du diagnostic du cancer chez la femme est de 67 ans. Entre 2010 et 2018, le nombre de nouveaux cas de cancer a augmenté de 23 053 cas chez la femme contre 6 060 cas chez l’homme. Le taux d’incidence baisse chez l’homme (-1,4%) alors qu’il est toujours en hausse chez la femme (+0.7%)

Les cancers les plus fréquents chez la femme sont le cancer du sein (33%), le cancer colorectal (11%) et le cancer du poumon (8,5%). L’évolution de l’incidence de ce dernier est jugée préoccupante, d’autant que c’est aussi la première cause de décès par cancer en France.  

Le cancer du sein est le cancer le plus mortel chez la femme, il touche 1 femme sur 8. S’il est dépisté tôt, comme 60% d’entre eux, c’est un cancer de bon pronostic, ce qui permet de mieux le soigner et de limiter les séquelles liées à certains traitements.  

Les cancers spécifiques chez la femme sont donc le cancer du sein, même si les hommes peuvent être touchés, puis il y a les cancers gynécologiques tels que le cancer du col de l’utérus, le cancer de l’ovaire, le cancer du vagin, le cancer de la vulve et les tumeurs trophoblastiques gestationnelles. 

Quelles sont les causes des cancers chez les femmes ? 

Selon l’Institut National du Cancer, 40% des cancers pourraient être évités si nous adoptions des modes de vie plus sains

Les facteurs de risque, notamment pour les cancers communs aux femmes et aux hommes (poumon, colorectal, pancréas et foie) sont :  

  • L’âge,  
  • Le tabagisme actif et passif et la consommation d’alcool, 
  • Les expositions professionnelles et les pollutions environnementales,  
  • Les antécédents familiaux et les prédispositions génétiques, 
  • Le surpoids et le manque d’activité physique, 
  • La présence de polypes,  
  • Être porteur-se du syndrome de Lynch, être atteint(e) de la polypose adénomateuse familiale ou de maladies inflammatoires, 
  • Avoir ou avoir eu une hépatite B, une hépatite C, la stéatose hépatique non alcoolique, l’hémochromatose,  
  • L’exposition au soleil et/ ou aux UV artificiels, les antécédents de coup de soleil,  
  • Un nombre élevé de grains de beauté,  
  • Une immunodépression. 

Pour les cancers féminins, d’autres facteurs de risque s’ajoutent :  

  • Certains traitements hormonaux de la ménopause,  
  • L’absence d’allaitement en cas d’accouchement, 
  • Le papillomavirus humain,  
  • Les rapports sexuels à un âge précoce,  
  • La multiplicité des partenaires,  
  • La multiparité (avoir accouché plusieurs fois) ou la nulliparité (n’avoir jamais accouché), 
  • L’utilisation prolongée de contraceptifs hormonaux,  
  • Les règles précoces ou la ménopause tardive. 

Comment sont dépistés les cancers chez les femmes ?   

Le dépistage permet un diagnostic précoce.  

Chez la femme, depuis le début de l’activité sexuelle jusqu’à au moins 75 ans, elle devra effectuer annuellement un examen clinique, puis de façon périodique un frottis cervico-vaginal (de ses 25 à ses 65 ans).  

Une mammographie de dépistage du cancer du sein est également recommandée tous les 2 ans pour les femmes de 50 à 74 ans. Aussi, afin de compléter les examens réalisés, les médecins encouragent vivement toutes les femmes à pratiquer régulièrement une autopalpation mammaire

Aux mêmes âges, il est préconisé un test immunologique de dépistage du sang dans les selles tous les deux ans, suivi d’une coloscopie s’il est positif et représente un risque de cancer colorectal. 

Des signes d’alerte sont également à prendre en compte. Par exemple, les antécédents familiaux liés aux gènes BRCA1 et BRCA2, le fait d’avoir de nombreux grains de beauté, les pertes de sang après la ménopause, ainsi que les troubles de transit et les douleurs abdominales sans raison particulière. 

Pourquoi l’écart entre les femmes et les hommes touchés par les cancers se réduit-il ? 

En 2018, les données épidémiologiques sur les cancers révèlent que l’incidence des nouveaux cas est de + 0.1% par an chez les hommes, tandis qu’elle est de + 1,1% par an chez les femmes

La mortalité globale est en baisse chez les deux sexes, avec une tendance plus marquée chez l’homme. Chez ce dernier, on observe une baisse de la mortalité de - 2% tandis que chez la femme, ce taux est à - 0.7%. Chez celle-ci, la baisse est pondérée par la forte augmentation des décès dus au cancer du poumon 

Les femmes fument de plus en plus, l’une des conséquences principales du tabagisme est le cancer du poumon, qui enregistre la progression la plus forte chez les femmes. C’est aussi l’évolution la plus préoccupante en raison du pronostic de survie faible de ce cancer.  

La consommation d’alcool chez les femmes a aussi augmenté, ainsi que les changements de comportements alimentaires, générant des problèmes liés au surpoids, à l’obésité et à l’hypertension artérielle, augmentant de cette façon les risques de développement de cancers. 

Un autre type de cancer inquiète, en raison de l’augmentation de cas ces dernières années, c’est le cancer du col de l’utérus. Il est la deuxième cause de mortalité chez les femmes en âge reproductif alors que l’on peut le prévenir et souvent le guérir. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a choisi de faire du mois de janvier, le mois de sensibilisation à la prévention de cette maladie. 

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