Arthrose et prothéses

L’arthroplastie est une intervention chirurgicale qui consiste à rétablir la mobilité d’une articulation : une prothèse peut être mise en place durant cette opération. Cette intervention est aujourd’hui assez fréquente pour traiter l’arthrose du genou et de la hanche

La chirurgie représente une des innovations majeures de ces 25 dernières années dans le traitement de l’arthrose. Les techniques sont de plus en plus efficaces et environ 80% à 90% des patients obtiennent aujourd’hui de bons résultats dans la réduction de la douleur, mais aussi dans le rétablissement de la fonctionnalité de la zone touchée. 
 
Il existe de nombreux types de procédures chirurgicales pour soigner l’arthrose, qui vont d’interventions qui se limitent à repositionner les os jusqu’à des interventions plus lourdes, telles que la mise en place de prothèses, des jonctions artificielles, pour remplacer les articulations touchées par l’arthrose. 
 
L’arthroplastie simple est une intervention chirurgicale qui ne nécessite pas la pose d’une prothèse. C’est le cas par exemple pour le traitement chirurgical de l’orteil « en marteau ». 
 
L’arthroplastie complexe est une intervention chirurgicale qui consiste à remplacer tout ou partie de l’articulation affectée par l’arthrose par une prothèse artificielle. Cette intervention est aujourd’hui fréquente notamment dans le traitement de l’arthrose du genou et de la hanche. Elle est cependant plus difficile à utiliser pour traiter certaines articulations comme l’épaule ou le coude. 
 

Remplacer l'articulation par une prothèse

Il existe diverses conditions pour pouvoir bénéficier d’une arthroplastie complexe : en effet, le patient doit souffrir d’une forte douleur dans l’articulation affectée et doit manifester une importante difficulté pour articuler ses mouvements. De plus, les patients candidats à ce type d’intervention ne doivent pas présenter de problèmes d’ordre mental, émotionnel ou neurologique, souffrir d’une ostéoporose sévère ou présenter un état général d'affaiblissement trop important dû à une maladie. Tout type d’infection doit également être traité avant d’effectuer l’intervention. 
 
Il faut que l’arthroplastie reste une solution de dernier recours, utilisée si l’ensemble des solutions et stratégies thérapeutiques préconisées pour lutter contre la douleur et la progression de la maladie devient insuffisant.
 
Les complications possibles de l’arthroplastie complexe concernent surtout le risque élevé de phénomènes thrombotiques sur la circulation veineuse. Ces épisodes peuvent être provoqués en particulier par la diminution de la mobilité avec pour conséquence la compromission du flux sanguin. 
 
Une autre complication est liée aux infections qui peuvent se manifester sur la cicatrice ou en profondeur dans la zone de la prothèse ; ces infections se manifestent généralement assez tôt, mais peuvent aussi apparaitre plusieurs années après la pose de la prothèse. Ce genre de complication concerne 1% des personnes soumises à une arthroplastie, et nécessite de retirer la prothèse pour traiter l’infection pour ensuite en remettre une nouvelle. D’autres complications plus rares existent, comme la fracture de la prothèse même. 
 
Il est parfois prescrit de manière systématique une antibiothérapie en prophylaxie (c’est-à-dire en prévention) avant un geste dentaire chez les patients porteurs de prothèses. Le caractère systématique de cette prophylaxie est controversé au niveau médical (voir « sources »). Il convient alors de discuter avec votre médecin de l’intérêt pour votre situation d’une éventuelle antibiothérapie préventive avant une intervention dentaire. 
 
 
Le succès de la pose d’une prothèse dépend en grande partie de la quantité d’activité que l’articulation effectue après l’intervention chirurgicale. Chez de nombreux patients, six semaines suffisent pour reconstruire le muscle et renforcer les liens circonstants. 
 
La majorité des patients ayant subi une arthroplastie de la hanche peuvent sortir de l’hôpital après une semaine, peuvent recommencer à marcher avec des béquilles en 2 à 4 semaines et récupèrent pleinement leurs fonctions en trois mois environ. Les patients peuvent utiliser les escaliers et marcher comme avant, mais ne peuvent cependant pas courir et la mobilité de l’articulation artificielle reste plutôt limitée.
 

Sources : - ANSM
Monarthroplastie.ca
- Ilker Uçkay, Pierre Hoffmeyer : « Utilité de la prophylaxie antibiotique avant un geste dentaire pour les porteurs de prothèses totales du genou ou de la hanche » - Rev Med Suisse 2010

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