Psoriasis et biothérapies

Les biothérapies sont une nouvelle réponse au traitement du psoriasis. En effet, grâce aux progrès de la recherche, les biothérapies ont pu apporter une approche différente de celle des traitements classiques.

Pour les patients souffrant de psoriasis et souvent découragés par l’inefficacité de certains traitements locaux ou encore par la recrudescence de leur psoriasis après une phase de rémission, les biothérapies apportent de nouvelles promesses.

Le principe des biothérapies consiste à cibler directement les cellules responsables des lésions cutanées à travers leurs divers stades de progression. En effet, comme les scientifiques connaissent mieux aujourd’hui le mécanisme en action pour la création des plaques de psoriasis, ils ont pu établir des biothérapies agissant directement à ces étapes de formation des plaques.

Les lymphocytes T sont par exemple impliqués dans ce processus de formation des plaques psoriasiques. Ils sont notamment responsables de la sécrétion des cytokines comme le TNF apha et les interleukines.

Les biothérapies existantes et leur efficacité
À l’heure actuelle, deux types de biothérapies sont à distinguer :

- Les biothérapies dont l’utilisation est un moyen de bloquer l’action des protéines pro-inflammatoires tels que les TNF alpha (anti-TNF). Leur usage est particulièrement prouvé pour traiter le psoriasis de l’ongle, le psoriasis articulaire et le psoriasis cutané. L’Enbrel®, le Remicade® et l’Humira® sont les trois traitements existants dans cette catégorie de biothérapies.

L’Humira® et l’Enbrel® sont deux traitements qui sont pris via des injections sous-cutanées. Ils peuvent donc être pris par le patient à domicile sous forme d’auto-injections. L’Humira® est, lui, un traitement qui se prend une fois tous les 15 jours alors que l’Enbrel® doit être injecté au départ 2 fois par semaines sur une période de 12 semaines puis une fois par semaine par la suite.

Le Remicade® nécessite, lui, une hospitalisation pour que le traitement soit pris par intraveineuse mais son efficacité est très importante. En effet, près de 75% d’améliorations sont observées chez 90% des personnes traitées. Et pour la plupart des patients, les résultats sont toujours effectifs à 1 an de traitement.

Pour l’Humira®, les résultats du traitement sont aussi très bon puisque 70% des personnes voient leurs plaques blanchies après 4 mois.

L’efficacité de l’Enbrel® est elle observable sur le plus long terme (après 2 ans et demi).

- Une autre forme de biothérapie recommandée pour traiter le psoriasis est l’utilisation des inhibiteurs d’interleukine. Le Stelara® est notamment un traitement dont l’action inhibe les interleukines IL 12 et IL 13. Ce traitement est injecté par voie sous-cutanée 1 fois tous les 3 mois. Son efficacité est observable après 3 mois de prise. En effet, 70% de résultats concluants sont dénombrés avec le recul ou du moins le blanchiment des plaques de psoriasis.

Les biothérapies sont proposées à certains patients psoriasiques

Les biothérapies ne sont pas aujourd’hui un traitement systématique pour les personnes ayant du psoriasis. En effet, certaines contre-indications et spécificités rendent nécessaire la réalisation d’un bilan pré-thérapeutique. Ce bilan détermine alors selon des critères médicaux si le patient peut postuler ou non à un traitement par biothérapies.

Ainsi, cette forme de traitement est proposée aux patients pour qui les solutions classiques ont échouées ou sont déconseillées (photothérapie, ciclosporine, méthotrexate). En outre, ces personnes en échec thérapeutique doivent également être atteintes d’un psoriasis de type modéré à sévère pour pouvoir bénéficier des biothérapies. Un psoriasis de type modéré à sévère insinue que les plaques rouges et les squames couvrent plus de 30% de la surface de la peau. Les personnes pour qui le psoriasis est une grave gêne au quotidien peuvent aussi prétendre au traitement par biothérapies.

De plus, les femmes enceintes ou celles souhaitant le devenir, les individus ayant une infection grave ou un cancer sous-jacent et les insuffisants cardiaques ne peuvent pas suivre de biothérapies.

A noter que des précautions particulières sont à porter pour les personnes souffrant d’infections du type tuberculose. En effet, le traitement anti-TNF peut exacerber cette infection ou la déclencher si la condition est pré-existante.

Enfin, il faut savoir que les biothérapies ont un coût très élevé (au-delà de 10 000 euros par an). C’est pourquoi le patient doit au préalable disposer d’une mutuelle qui le couvre bien ou être en affection de longue durée (ALD).