Maladie de Castleman : tout savoir

La maladie de Castleman est une inflammation des ganglions et des tissus lymphatiques avec une apparition de tumeurs bénignes.

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Maladie de Castleman : tout savoir

Qu'est-ce que la maladie de Castleman ?

Définition

La maladie de Castleman est une inflammation des ganglions et des tissus lymphatiques avec une apparition de tumeurs bénignes. Elle est dite lymphoproliférative c’est-à-dire que l’on observe une prolifération de cellules dites lymphoïdes ce qui provoque un trouble du système immunitaire. 

La maladie de Castleman est rare, elle a été découverte par Benjamin Castleman en 1954. Elle touche les hommes et les femmes de tout âge.

Les différentes formes de la maladie de Castleman

Il existe différentes formes de cette maladie. Chacune d’elle a sa propre méthode de diagnostic, sa prise en charge et ses conséquences avec un indice de gravité différent. C’est pour cela qu’il est très important de bien connaître tous les aspects.

La diversité des formes de la maladie et de ses manifestations rend le diagnostic souvent compliqué et très long.

Les différentes formes sont classées en fonction du nombre de ganglions lymphatiques ou de la région des ganglions lymphatiques touchés : 

  • La maladie de Castleman unicentrique (UCD) ne touche qu’un seul groupe ganglionnaire ou un seul ganglion. C’est la plus fréquente, 50% des cas dans la population générale. De plus elle touche plutôt les enfants et les jeunes adultes.
  • La maladie de Castleman multicentrique ou disséminée idiopathique (iMCD) touche plusieurs aires ganglionnaires. Elle est dite idiopathique car la cause de cette pathologie est inconnue. Elle est observée à tout âge, cependant les adultes mûrs sont souvent les plus touchés. Au total elle représente 25% des cas.
  • La maladie de Castleman multicentrique associée à la sous famille de l’herpès virus (HHV-8) touche des adultes et représente 8-25% des cas, principalement, des personnes originaires de pays à forte prévalence pour ce virus (Afrique).
  • Il existe d’autres formes plus complexes et rares de la maladie de Castleman mais on ne les détaillera pas dans cet article.

Les symptômes de la maladie de Castleman

Les manifestations de la maladie de Castleman varient selon sa forme. Les patients ayant une maladie de Castleman unicentrique sont généralement asymptomatiques, mais on retrouve chez eux une augmentation de la taille d’un ganglion (adénopathie). En général ces manifestations ne sont pas inflammatoires ou douloureuses. Toutefois, lorsqu’elle est très volumineuse ou « mal placée », elle peut être responsable d’une gêne et de douleurs.

Concernant les patients qui ont une forme multicentrique, les symptômes sont sensiblement différents :  

  • Fièvre et sueurs nocturnes
  • Fatigue
  • Perte d'appétit, maigreur
  • Nausée et vomissements
  • Engourdissement dans les mains et les pieds
  • Augmentation de la taille du foie ou de la rate
  • Éruption de papules rouges sur la peau
  • Oedème (gonflement), ascite (accumulation de liquide dans l'abdomen)
  • Insuffisance rénale
  • Ecchymoses (bleus), saignements faciles, et un risque d'infection

L’évolution de la maladie de Castleman

La maladie de Castleman est une maladie qui, si elle n’est pas bien prise en charge, peut entraîner des complications variées allant de tumeurs bénignes qui engendrant une simple gène à des complications multiviscérales pouvant aller jusqu’au décès.

Diagnostic de la maladie de Castleman

La maladie de Castleman est très rare, les patients manquent de sensibilisation, et les médecins d’expérience ce qui rend le diagnostic de cette pathologie compliqué. Il est important de se baser sur les signes cliniques, biologiques ainsi que sur l’imagerie médicale. Les patients doivent faire des examens approfondis : un examen physique et un examen sanguin complet.

Le diagnostic repose avant tout sur l’examen de la lésion, pour cela on réalise une biopsie (prélèvement chirurgical peu invasif d’un fragment de tissu ou d’organe), le plus souvent ganglionnaire. 

Le diagnostic définitif reste difficile, en particulier pour les formes multicentriques idiopathiques, et ne pourra être retenu qu’après exclusion d’un certain nombre de pathologies tumorales, infectieuses ou inflammatoires et inclusion d’un certain nombre de critères cliniques et biologiques associés.

Les traitements de la maladie de Castleman

Les traitements existants se font par l’association de chimiothérapie et de transfusion d’anticorps afin de détruire les cellules lymphatiques anormales et permettent la régression des symptômes.

La stratégie thérapeutique adoptée dépend de la forme de la maladie de Castleman :

  • Pour la forme unicentrique, le traitement de référence consiste à retirer de façon chirurgicale le ganglion ou l’aire ganglionnaire anormale (ganglion hypertrophié). Si on enlève la totalité la guérison définitive est quasi-constante. Il est important de noter que l’espérance de vie des patients ayant une maladie de Castleman unicentrique n’est pas impactée.
    Dans les cas où la chirurgie n’est pas possible ou trop invasive, la radiothérapie est envisagée. Les résultats sont habituellement bons mais il faut tenir compte du risque potentiel à long terme.
  • Pour les formes multicentriques idiopathiques, la prise en charge thérapeutique n’est pas encore bien définie :
    • En 1ère intention on utilise 2 biothérapies qui ciblent la voie de l’interleukine-6 (rôle important dans la réponse inflammatoire) : le siltuximab qui est un anticorps monoclonal et le tocilizumab qui est un anti-récepteur IL-6. Ces deux traitements sont efficaces chez la plupart des patients, en particulier sur les signes généraux et le syndrome inflammatoire. Cependant ils ont une efficacité moindre sur le syndrome tumoral.
    • En seconde intention on utilise les traitements anti-inflammatoire conventionnels (corticostéroïdes) et immunosuppresseurs (sirolimus, cyclosporine, rituximab) seront une option.
    • En dernier recours les traitements ciblant les cytokines et les voies cellulaires inflammatoires (bortézomib, thalidomide, anakinra) seront envisagés.

Le pronostic reste réservé et très dépendant des complications et de la sensibilité aux traitements, mais l’espérance de vie reste, en médiane, supérieure à 10 ans dans 70% des cas.

  • Pour les formes HHV-8 positive mais VIH négatif, le traitement de référence est un anticorps monoclonal anti-B : le rituximab, ce qui revient à faire une chimiothérapie. Les rechutes sont possibles mais les patients peuvent à nouveau être sensibles au même traitement. Le pronostic ici est assombri par le risque de développer un lymphome malin non-hodgkinien. La médiane de survie à 10 ans serait de l’ordre de 50%.
  • Pour les formes HHV-8 positive et VIH positif, le traitement repose aussi sur le rituximab. Il y a néanmoins des réserves sur l’utilisation de cette thérapie.  Il s’agit de la forme la plus agressive de la maladie de Castleman, et la mortalité reste importante bien qu’en régression ces dernières années.

Vivre avec la maladie de Castleman 

La maladie de Castleman se traduit par des symptômes divers qui sont plus ou moins pénibles pour les patients. Ces derniers peuvent avoir un impact sur leur vie sociale et professionnelle. Une fatigue intense, des nausées, des sueurs nocturnes, et des douleurs chroniques peuvent rendre difficile le quotidien des patients. Certains traitements peuvent soulager leurs nausées et douleurs chroniques mais ils doivent apprendre à vivre avec une fatigue latente.

Dans la majorité des cas, on observe des perturbations abdominales accompagnées de douleurs, vomissements, et nausées ce qui conduit généralement à une perte d'appétit et un amaigrissement. C’est pour cela qu’il est très important de manger sainement.Vous trouverez dans l'article “Vivre avec la maladie de Castleman” des conseils et des manifestations à surveiller pour apprendre à mieux vivre avec cette maladie.

Je souffre de la maladie de Castleman

Si vous êtes concerné par la maladie de Castleman ou si vous êtes proches d’un patient atteint de celle-ci vous devez certainement vous poser de nombreuses questions. Parfois, l'échange d'expérience avec des personnes également concernées par la maladie de Castleman peut aider au suivi, à la prise en main de sa maladie et à l’avancement de la recherche médicale. Carenity est un réseau social adapté à vos besoins où il vous sera possible de donner votre avis sur votre prise en charge et vos traitements à travers les sondages et les enquêtes en ligne. Vous pourrez enfin entrer en relation et échanger dans nos groupes de discussion avec d’autres personnes concernées par cette maladie pour vous sentir moins seul face à cette maladie.

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Auteur : Alexandre Moreau, Assistant Marketing Digital

Au sein de l'équipe Marketing Digital, Alexandre est en charge de la rédaction de fiches maladies et d'articles scientifiques. Il s'occupe également de la modération et l'animation de la... >> En savoir plus

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