Douleurs osseuses chez l’enfant : faut-il s’inquiéter quand elles deviennent fréquentes ?
Publié le 23 avr. 2026 • Par Candice Salomé
Votre enfant se plaint régulièrement d’avoir mal aux jambes, surtout le soir ou après une journée bien remplie ? Comme beaucoup de parents, vous vous demandez s’il s’agit simplement de douleurs de croissance… ou s’il faut s’inquiéter.
Si ces douleurs sont souvent bénignes, certaines situations méritent une attention particulière. Lorsqu’elles deviennent fréquentes, persistantes ou qu’elles s’accompagnent d’autres signes, elles peuvent parfois révéler un trouble sous-jacent encore méconnu.
Dans certains cas, ces douleurs peuvent s’inscrire dans un parcours plus long, parfois qualifié d’errance diagnostique, lorsque les symptômes sont peu spécifiques et difficiles à interpréter.
Parmi les causes possibles figure une maladie rare : l’hypophosphatémie liée à l’X (XLH), aussi appelée rachitisme hypophosphatémique ou rachitisme vitamino-résistant hypophosphatémique (RVRH).
Dans cet article, nous vous aidons à faire la différence entre douleurs courantes et signaux d’alerte, afin de mieux comprendre quand consulter et pourquoi certaines douleurs ne doivent pas être ignorées.
Douleurs osseuses chez l’enfant : un symptôme fréquent mais souvent banalisé
Les douleurs osseuses chez l’enfant ou les douleurs dans les jambes chez l’enfant sont relativement fréquentes et, dans la majorité des cas, elles sont bénignes. Elles peuvent être liées à la croissance, à l’activité physique ou à de petits traumatismes du quotidien.
De nombreux parents entendent parler de “douleurs de croissance”, un terme couramment utilisé pour décrire des douleurs survenant le soir ou la nuit, notamment au niveau des jambes.
Cependant, toutes les douleurs ne doivent pas être banalisées. Lorsqu’elles deviennent fréquentes, persistantes ou qu’elles s’accompagnent d’autres signes, elles peuvent révéler un trouble sous-jacent nécessitant une exploration plus approfondie.
Quelles sont les causes fréquentes de douleurs osseuses chez l’enfant ?
Avant d’évoquer un trouble sous-jacent, il est important de rappeler que la majorité des douleurs osseuses chez l’enfant ont des origines bénignes et transitoires.
Activité physique et microtraumatismes
Les enfants sont naturellement très actifs. Les jeux, le sport ou les chutes du quotidien peuvent entraîner de petits traumatismes répétés, responsables de douleurs musculaires ou osseuses.
Ces douleurs sont souvent localisées, apparaissent après l’effort et s’améliorent avec le repos.
Douleurs de croissance
Les douleurs de croissance chez l’enfant sont l’une des causes les plus fréquentes. Elles surviennent généralement en fin de journée ou pendant la nuit, touchent souvent les deux jambes et disparaissent spontanément.
Elles n’entraînent pas de boiterie ni de limitation des activités dans la journée.
Carences nutritionnelles
Certaines douleurs peuvent être liées à des carences en vitamine D ou en calcium, indispensables à la bonne santé osseuse.
Dans certains cas, cela peut entraîner un rachitisme carentiel, aujourd’hui bien identifié et généralement corrigé par une supplémentation adaptée.
Un bilan biologique est généralement nécessaire pour confirmer une carence et en identifier la cause.
Si les douleurs persistent malgré une supplémentation en vitamine D et/ou en calcium, cela doit alerter et conduire à des investigations complémentaires.
Troubles orthopédiques bénins
Des anomalies fréquentes comme les pieds plats, les troubles de la posture ou certaines particularités de la marche peuvent également expliquer des douleurs.
Ces situations sont généralement sans gravité et font l’objet d’un simple suivi.
Douleurs osseuses chez l’enfant : quand faut-il s’inquiéter ?
Même si la plupart des douleurs sont bénignes, certains signes doivent inciter à consulter un professionnel de santé.
Des douleurs persistantes, qui durent plusieurs semaines ou qui s’intensifient avec le temps, doivent être évaluées.
Une douleur présente en journée, qui limite la marche ou les activités, est également un signal à ne pas négliger.
La présence d’une boiterie, d’un gonflement, d’une fatigue inhabituelle ou d’un retard de croissance doit également alerter.
Dans certains cas, un bilan biologique, incluant notamment le dosage du taux de phosphore dans le sang, peut être proposé afin d’explorer l’origine des douleurs.
De même, des douleurs associées à d’autres signes, comme des déformations des jambes ou des problèmes dentaires, peuvent nécessiter des investigations complémentaires.
Dans ces situations, il est important d’identifier la cause des douleurs afin de mettre en place une prise en charge adaptée.
XLH : une cause rare mais importante à évoquer
Une maladie du métabolisme du phosphate
L’hypophosphatémie liée à l’X (XLH) est une maladie génétique rare qui affecte la gestion du phosphate dans l’organisme (minéral essentiel à la solidité des os). Elle toucherait environ 1 500 à 2 000 personnes en France.
Dans l’XLH, une perte excessive de phosphate dans les urines entraîne une mauvaise minéralisation osseuse, ce qui peut provoquer des douleurs et des déformations.
Pourquoi les douleurs apparaissent-elles ?
Les os étant moins solides, ils deviennent plus sensibles aux contraintes mécaniques. Cela peut entraîner des douleurs lors de la marche, de l’activité physique ou même au repos dans certains cas.
Ces douleurs peuvent être diffuses et parfois difficiles à localiser précisément, ce qui contribue à retarder le diagnostic.
Les signes associés qui doivent faire penser à l’XLH
Retard de croissance
Un enfant qui présente des douleurs osseuses associées à un ralentissement de la croissance doit faire l’objet d’une attention particulière. La petite taille peut être un indice d’un trouble du métabolisme osseux.
Déformations des membres inférieurs
Les douleurs peuvent s’accompagner de jambes arquées (genu varum) ou, plus tard, de jambes en X (genu valgum). Ces déformations apparaissent souvent lorsque l’enfant commence à marcher.
Fatigue et limitation des activités
Certains enfants peuvent éviter de courir ou de jouer en raison de la douleur. Cette fatigue inhabituelle à l’effort peut passer inaperçue ou être attribuée à un manque d’endurance.
Problèmes dentaires
La présence d’abcès dentaires à répétition, parfois sans carie apparente, peut également être un signe associé à l’XLH.
Présence d’une boiterie
La présence d’une boiterie doit également alerter. Chez les jeunes enfants (12 à 24 mois), elle peut parfois être le premier signe observable, avant même que l’enfant ne puisse exprimer une douleur.
Une maladie encore sous-diagnostiquée
Des symptômes peu spécifiques
Les douleurs osseuses chez l’enfant sont fréquentes et peuvent avoir de nombreuses causes. Cette non-spécificité rend le diagnostic de l’XLH difficile.
Les symptômes peuvent être attribués à tort à des douleurs de croissance, à une activité physique intense ou à d’autres troubles plus fréquents.
Des formes modérées difficiles à repérer
Certaines formes d’XLH sont plus discrètes. Les déformations osseuses peuvent être peu visibles, voire absentes, et les douleurs peuvent être le seul symptôme.
Dans ces situations, le diagnostic peut être retardé de plusieurs années.
Et chez l’adulte ? Des douleurs parfois inexpliquées
Chez certains adultes, l’XLH n’a jamais été diagnostiquée pendant l’enfance. La maladie peut alors se manifester par des douleurs osseuses et/ou musculaires, une fatigue persistante, des problèmes dentaires récurrents ou des difficultés à la marche.
Ces symptômes peuvent être attribués à différentes causes, ce qui peut retarder l’identification d’une origine sous-jacente.
Dans certains cas, le diagnostic est posé tardivement, à l’occasion d’un bilan approfondi ou après le diagnostic d’un enfant dans la famille.
Il n’est jamais trop tard pour être pris en charge : un diagnostic, même tardif, peut permettre d’améliorer la qualité de vie et d’apporter des solutions adaptées au quotidien.
Quand consulter ?
Face à des douleurs osseuses fréquentes ou inhabituelles chez un enfant, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d’en comprendre l’origine.
Une évaluation clinique, éventuellement complétée par des examens adaptés, permet de distinguer les situations bénignes de celles nécessitant une prise en charge spécifique.
En cas de doute ou de symptômes persistants, un avis médical permet d’orienter plus rapidement vers un diagnostic et d’éviter un retard de prise en charge.
Des centres de référence spécialisés dans les maladies rares, comme ceux de la filière OSCAR (maladies rares du métabolisme du calcium et du phosphate), peuvent accompagner les familles dans cette démarche.
Il est important de ne pas s’auto-diagnostiquer et de s’appuyer sur un avis médical adapté.
Conclusion
Les douleurs osseuses chez l’enfant sont souvent bénignes, mais elles ne doivent pas être systématiquement banalisées. Lorsqu’elles sont persistantes, associées à d’autres signes ou atypiques, elles peuvent révéler une pathologie sous-jacente.
L’hypophosphatémie liée à l’X (XLH), bien que rare, fait partie des causes à évoquer. Mieux reconnaître ses signes permet de réduire l’errance diagnostique et d’améliorer la prise en charge des patients.
FAQ : douleurs osseuses chez l’enfant
Pourquoi mon enfant a-t-il souvent mal aux jambes ?
Les douleurs dans les jambes chez l’enfant sont fréquentes et le plus souvent bénignes. Elles peuvent être liées à la croissance, à une activité physique intense ou à de petits traumatismes. Toutefois, si ces douleurs sont fréquentes, persistantes ou inhabituelles, il est important d’en rechercher la cause.
Comment reconnaître des douleurs de croissance ?
Les douleurs de croissance apparaissent généralement le soir ou la nuit, touchent les deux jambes et disparaissent spontanément. Elles n’entraînent pas de boiterie ni de limitation des activités dans la journée. Si les douleurs persistent ou s’aggravent, elles ne correspondent pas au tableau classique des douleurs de croissance.
Quand faut-il s’inquiéter des douleurs osseuses chez un enfant ?
Il est conseillé de consulter si les douleurs sont persistantes, présentes en journée, localisées ou associées à d’autres signes comme une boiterie, une fatigue inhabituelle ou un retard de croissance. Ces éléments peuvent indiquer un trouble sous-jacent nécessitant une évaluation médicale.
Les douleurs osseuses peuvent-elles être liées à une maladie ?
Oui, même si c’est plus rare. Certaines maladies peuvent provoquer des douleurs osseuses chez l’enfant. C’est notamment le cas de troubles du métabolisme osseux, comme l’hypophosphatémie liée à l’X (XLH), qui affecte la solidité des os.
Qu’est-ce que l’hypophosphatémie liée à l’X (XLH) ?
L’XLH est une maladie génétique rare qui perturbe l’utilisation du phosphate dans l’organisme. Elle peut entraîner des douleurs osseuses, des déformations des jambes, un retard de croissance ou encore des problèmes dentaires. Cette maladie est encore souvent diagnostiquée tardivement.
Un enfant peut-il avoir l’XLH sans jambes arquées ?
Oui. Certaines formes de la maladie sont plus discrètes. Les déformations osseuses peuvent être légères ou absentes, et les douleurs osseuses peuvent être le principal symptôme. Cela peut rendre le diagnostic plus difficile.
Les douleurs osseuses peuvent-elles persister à l’âge adulte ?
Oui. Certaines personnes atteintes d’XLH ne sont pas diagnostiquées pendant l’enfance. À l’âge adulte, elles peuvent présenter des douleurs osseuses chroniques, une fatigue ou des difficultés à la marche, souvent attribées à tort à d’autres causes.
Que faire si mon enfant a des douleurs fréquentes ?
Si les douleurs sont répétées ou inhabituelles, il est important de consulter un professionnel de santé. Un examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires permettront de déterminer la cause et d’orienter la prise en charge.
Cet article a été réalisé avec le soutien institutionnel de Kyowa Kirin.
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