«
»

Top

Maladies lysosomales, un parcours de soins avec de nombreuses épreuves

Publié le 25 sept. 2021 • Par Clémence Arnaud

Les maladies lysosomales sont un sous-groupe de maladies inclus dans les maladies rares. Selon une étude de l’observatoire des maladies rares, 21% des personnes interrogées ont passé plus de 6 ans avant d’obtenir un diagnostic de leur pathologie.

Les maladies lysosomales à quoi cela correspond-il ? Existe-t-il des traitements ? Comment vivre avec une maladie lysosomale ? 

On vous dit tout dans notre article !

Maladies lysosomales, un parcours de soins avec de nombreuses épreuves

Les maladies lysosomales : définition

La classification des maladies lysosomales regroupe une cinquantaine de pathologies. Il s’agit de maladies génétiques qui vont avoir un impact sur le fonctionnement des cellules et plus particulièrement le lysosome.

Le lysosome, un organisme cellulaire très utile

Le lysosome est une entité des cellules de notre organisme qui permet de nettoyer la cellule des déchets qu’elle produit lors de son fonctionnement.

editor_meta_bo_img_83594be55dacd8d500cdb1617ab01ee8.jpg

Source : VML - Qu'est-ce qu'une maladie lysosomale ?

Le lysosome contient de nombreux enzymes qui vont permettre la dégradation de tous ces différents déchets. Le déficit ou l’absence de certains enzymes vont avoir des répercussions sur le fonctionnement des cellules en créant une surcharge des lysosomes. C’est ce phénomène qui va se produire majoritairement dans le cas des maladies lysosomales. 

Dans d’autres cas, c’est le déficit ou l’absence d’une protéine de transport qui va créer une surcharge lysosomale. Le lysosome ne pourra plus évacuer les déchets et cela va créer un dysfonctionnement au niveau des cellules.

Selon le type de mutation et selon le gène qui sera muté, il y aura des conséquences différentes pour l’individu en fonction de l’enzyme qui sera impacté.

La classification des maladies lysosomales

Les maladies lysosomales peuvent être regroupées en sous groupe en fonction du composant qui sera accumulé dans le lysosome :

  • Les lipidoses : accumulation de lipides dans le lysosome (maladie de Gaucher, maladie de Fabry …)
  • Les glycogénose : maladie de Pompe
  • Les mucopolysaccharidoses : divers types existent
  • Les oligosaccharidoses et glycoprotéinoses : alpha mannosidoses, sialidoses…
  • Les anomalies du transfert lysosomal : cystinose, maladie de Salla…
  • Les céroïdes lipofuscinoses : CLN 3...
  • Les autres maladies lysosomales : pycnodysostose , syndrome de Papillon-Lefèvre...

Transmission des maladies lysosomales

La majorité des maladies lysosomales se transmettent à la génération suivante selon le principe de la transmission autosomique récessive. 

editor_meta_bo_img_862ecf1630d7fc77a0a9537ca59ca2bf.png

Source : Orphanet - Transmission autosomique récessive cas général

Le cas le plus fréquent est celui présenté sur l’image ci-dessus. Les deux parents ont une seule partie de leur gène, appelé allèle, qui porte la mutation. Pour qu'un individu ait des symptômes de la pathologie, il faut que les deux parties du gène soient impactées par la mutation. Aucun des deux parents n’a de symptômes, ils sont dit porteurs sains. Il y a ensuite des risque de transmission à la descendance :

  • Dans 25% des cas, l’enfant n’aura aucune partie du gène muté, il sera sain.
  • Dans 50% des cas, l’enfant aura une seule partie du gène muté, il sera porteur sain.
  • Dans 25% des cas, l’enfant sera porteur des deux parties du gène muté. L’enfant sera atteint par la pathologie.

Seules les maladies lysosomales de Hunter, Danon et Fabry sont liées au chromosome X.

editor_meta_bo_img_e6cd0cbcb58241fe9cb3cbd8e3fecc7e.png

Source : Orphanet - Transmission autosomique récessive liée à l’X

Il faut que les deux chromosomes X soient impactés par la mutation pour que la personne exprime les symptômes de la pathologie. Les femmes possèdent un chromosome X et un chromosome Y, ces pathologies affectent donc majoritairement les hommes et dans de très rares cas les femmes.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur les mutations génétiques dans l’article : Qu’est-ce qu’une maladie génétique ?

La prise en charge

Le parcours de soins

Le parcours de soins des patients atteints d’une maladie rare ou orpheline est très compliqué et très lourd pour les patients et leur entourage. Des protocoles nationaux de soins (PNDS) ont été mis en place pour optimiser la prise en charge des ces patients. Ils s’appuient sur des structures spécifiques et expertes dans la prise en charge des maladies rares. On retrouve les centres de référence et les centres de compétence qui vont être présents dans chaque région avec pour objectif de diminuer l’errance diagnostic, c’est-à-dire le délai avant que le patient soit diagnostiqué. Un autre objectif, sera de faciliter la prise en charge des patients en minimisant l’impact des traitements et rendez-vous médicaux sur la vie quotidienne des patients et des proches.    

  • Centres de références : il va coordonner des centres de compétences et va avoir diverses missions de formation, de recherche et de recours lorsque la prise en charge d’un patient est complexe et inhabituelle. 
  • Centres de compétences : ce sont des structures plus proches des patients. Il est expert d’une pathologie ou d’un groupe de pathologies et peut également avoir des activités de recherche et d’enseignement.

Les traitements disponibles

Des traitements sont disponibles pour douze pathologies, vous pouvez retrouver la liste sur le site de l’Association VML : Traitements des pathologies lysosomales

Ce ne sont pas des traitements qui vont guérir le patient mais qui vont ralentir la progression et limiter les symptômes de la maladie. 

On peut citer par exemple l’enzymothérapie substitutive dont le but va être d’apporter l’enzyme manquante au patient pour permettre le fonctionnement des cellules. L’inhibition de substrat va quant à elle limiter la production de l’entité qui ne peut pas être dégradée à cause de l’enzyme manquante.

De nombreuses autres pistes comme la thérapie génique sont en cours de développement pour trouver un traitement qui permettra aux patients de guérir.

Aller au delà de la prise en charge médicamenteuse :

Le retentissement de ces maladies sur la vie des patients est très important. L’espérance de vie des patients peut être impactée de manière plus ou moins importante par la pathologie notamment lorsqu’il n’existe pas de traitement. Environ 50% des patients ou des parents d’enfants atteints de maladies rares ont avoué avoir arrêtés de travailler et le même pourcentage ressent de l’isolement. Du fait de l’impact de la maladie sur de nombreux organes, la prise en charge doit s’adapter de la meilleure façon possible à chaque patient. 

“A l’annonce de ma maladie par le neurologue qui me suit depuis, je n’y croyais pas quand il m’a annoncé que je ne pourrais plus danser, moi qui suivais des cours de danse moderne depuis 6 ans et surtout marcher !!! J’ai beaucoup pleuré et en ai voulu pendant longtemps à mes parents ainsi qu’à mon neurologue !!” nous a témoigné Claire atteinte de la maladie de Gaucher

Vous pouvez retrouver le témoignage complet de Claire ici : Je n’accepte pas ma maladie de Gaucher

Des parcours d’éducation thérapeutique essayent de se mettre en place, le premier a été porté sur la maladie de Gaucher. L’éducation thérapeutique a pour but d’améliorer la qualité de vie des patients et de leur permettre de mieux vivre et de mieux appréhender leur pathologie. Ces programmes sont réalisés avec une équipe de professionnels de santé : médecins, infirmiers, pharmaciens … De plus, des associations de patients ou des patients experts peuvent également intervenir.


Cet article vous a plu ?    
 
Cliquez sur j’aime ou partagez votre ressenti et vos interrogations avec la communauté en commentaire ci-dessous !    
  
Prenez soin de vous ! 


avatar Clémence Arnaud

Auteur : Clémence Arnaud, Assistante Marketing Digital

Clémence ARNAUD est actuellement stagiaire au sein de l'équipe marketing digital. Son rôle consiste à animer et modérer la communauté pour que les utilisateurs aient la meilleure expérience possible sur la... >> En savoir plus

Commentaires

Vous aimerez aussi

Le Plaquénil pour traiter le COVID-19 : quelles conséquences pour les patients chroniques ?

Lupus

Le Plaquénil pour traiter le COVID-19 : quelles conséquences pour les patients chroniques ?

Lire l'article
Journée mondiale contre le cancer : tous concernés !

Astrocytome
Maladie d'Ollier
Mastocytose systémique
Néoplasie endocrinienne multiple
Pseudomyxome péritonéal
Sarcome d'Ewing
Sarcome de Kaposi
Syndrome de Sézary
Thymome
Tumeur rhabdoide

Journée mondiale contre le cancer : tous concernés !

Lire l'article
Violences gynécologiques : la parole des femmes se libère

Association MURCS
Embryopathie à cytomégalovirus
Hyperphénylalaninémie maternelle

Violences gynécologiques : la parole des femmes se libère

Lire l'article
Interdire le cannabis thérapeutique, un refus de soins ?

Lupus
Pseudoachondroplasie

Interdire le cannabis thérapeutique, un refus de soins ?

Lire l'article

Fiches maladies