Travail et polyarthrite rhumatoïde

Les douleurs ressenties dans les nombreuses articulations (genoux, bras, coude, dos) affectent beaucoup la vie des malades. D’un point de vue professionnel, des adaptations à la polyarthrite rhumatoïde sont nécessaires.
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Plusieurs adaptations permettent au malade atteint de polyarthrite rhumatoïde de continuer à travailler.

Il est conseillé au malade d’aménager son environnement de travail de façon efficace afin qu’il n’ait pas à soulever trop de poids, qu’il évite de porter des charges et que la plupart des éléments dont il a besoin soient à sa portée. De même, limiter les déplacements entre les bureaux ou réduire les temps de marche pendant le travail est important pour ménager les articulations du patient. S’arranger avec ses collègues et déléguer les déplacements peut être une solution pour ne pas avoir à subir d’efforts physiques contraignants.

Il est également préférable d’éviter de rester en position assise trop longtemps ou d'effectuer une activité répétitive pendant plusieurs heures consécutives. En effet, cela a tendance à accentuer les douleurs articulaires ressenties et à aggraver les gonflements des articulations. Si le malade ne peut pas faire autrement que de rester assis pendant de longues périodes, choisir un fauteuil plus confortable atténue les douleurs ressenties, notamment au niveau de la colonne vertébrale.

Si le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde a été posé tôt, choisir une orientation professionnelle peu demandeuse en terme d’activité physique est préférable.

Ensuite, il est possible de s’organiser selon son état de santé en fonction de la période ou du moment de la journée. Émettre un ordre de priorités selon les tâches à accomplir et réaliser les tâches les plus importantes au moment où le patient se sent le plus en forme, est une technique pour allier efficacité et rentabilisation du temps. Quand le malade se sent plus affaiblit, il peut alors avoir un rythme plus tranquille et s’accorder des temps de repos.

Garder un rythme de vie équilibré est aussi très important et permet de mieux supporter les journées avec la polyarthrite rhumatoïde. Respecter des horaires de sommeil fixes et s’accorder des pauses est nécessaire pour que le malade puisse tenir tout au long de la journée.

Le malade peut aussi discuter avec son employeur des difficultés que la polyarthrite rhumatoïde lui impose et des limitations qui y sont liées. En accord avec l’employeur, des temps de repos peuvent être accordés au cours de la journée de travail ainsi que des aménagements horaires : commencer plus tard, finir plus tôt…

Le médecin du travail est aussi un interlocuteur privilégié pour le malade atteint de polyarthrite rhumatoïde. C’est avec lui que le malade établit son aptitude professionnelle et définit les besoins d’adaptations de son lieu de travail.

Adaptations pour la PR sur le lieu de travail

Quand cela est possible, le malade peut s’arranger pour mettre en place avec son employeur et le médecin du travail, les adaptations suivantes :

- Ajuster la hauteur de son bureau, si le malade utilise une chaise roulante,
- Avoir un emploi du temps flexible ou faire du télétravail,
- Installer un environnement de travail ergonomique,
- Avoir des portes qui s’ouvrent automatiquement,
- Fournir des éléments qui permettent de reposer les bras et aider à l’écriture,
- Fournir des places de parking proches du lieu de travail.

Des droits et des protections légales existent
Tout d’abord, les arrêts de travail, qui sont prescrits par le médecin, sont un moyen pour le malade de s’accorder un temps de repos si la polyarthrite rhumatoïde est trop invalidante. Néanmoins, au bout d’un an d’arrêt, l’employeur peut décider de licencier le salarié.
Sans en arriver à cette extrémité, les malades atteints de polyarthrite rhumatoïde ont plusieurs autres options pour adapter travail et maladie.

Le mi-temps thérapeutique est par exemple un moyen de concilier maladie et travail. Il permet de se remettre en selle après le diagnostic de la maladie, mais sans toutefois aller trop vite. Le malade peut donc se ménager, tout en restant actif et intégré professionnellement. Les modalités de ce mi-temps thérapeutique sont à voir avec le médecin et l’employeur. Le médecin traitant le prescrira en raison de la polyarthrite rhumatoïde ou de la polyarthrite juvénile. C’est ensuite un médecin du travail qui jugera la requête. Il faut néanmoins l’accord final de l’employeur pour que le mi-temps thérapeutique soit appliqué.

Une autre possibilité pour les malades atteints de polyarthrite rhumatoïde est de se faire reconnaître en tant que travailleur handicapé. Même si le terme est difficile à accepter, le nouveau statut du malade lui permet de nombreux avantages.

L’AGEFIPH (Association de Gestion du Fonds pour l’insertion professionnelle des Personnes Handicapées) propose ainsi des formations professionnelles rémunérées. Des aides à la reconversion, à la rééducation professionnelle et des subventions pour inciter à l’auto-entrepreneuriat sont dispensées.

Pour l’embauche, le statut de travailleur handicapé permet aussi un suivi, un soutien au quotidien dans le travail et des aides financières.

Dans certains cas, la reprise du travail est impossible. La démarche administrative pour faire reconnaître cette invalidité professionnelle est très importante car elle permet de bénéficier d’aides comme la pension d’invalidité.

Le télétravail est aussi une solution à mi-chemin entre travail dans un lieu professionnel classique et arrêt total du travail. Travailler chez soi permet au malade d’avoir un lieu adapté pour travailler, de se ménager des pauses sans problème et de ne pas avoir de regards déplacés ou remarques de la part de collègues. Si l’employeur est d’accord, c’est un bon compromis et cela permet de rester actif professionnellement en demandant moins de contraintes.

Sources :
- Fiche sur le travail société de l'arthrite
- ANDAR

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