Covid long : tout savoir

Après la première vague de cas de COVID-19 en Europe, une nouvelle forme de la maladie apparaît : il s’agit du covid « long », également appelé covid « persistant ».

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COVID LONG : tout savoir

Qu’est-ce que le covid long ?

Définition

Depuis le début de l’épidémie de COVID-19, 2 formes de la maladie ont été mises en évidence : 

  • une forme aiguë et bénigne (voire asymptomatique dans 40 à 45% des cas), qui dure environ 14 jours entre l’apparition des symptômes (écoulement nasal, toux sèche, maux de tête, perte de goût et d’odorat…) et la guérison.
  • une forme grave, avec des complications plus ou moins sévères (pneumonie et manque d’oxygène, syndrome hyper-inflammatoire, troubles du rythme cardiaque, caillots sanguins…) qui nécessite une hospitalisation.

Toutefois, après la première vague de cas de COVID-19 en Europe, une nouvelle forme de la maladie apparaît : il s’agit du covid « long », également appelé covid « persistant »

Cette dernière forme concerne les patients qui présentent des symptômes tardifs ou résurgents, plusieurs semaines voire plusieurs mois après la maladie initiale. Très invalidants, ces symptômes peuvent apparaître après une apparente rémission.

Le covid long est-il fréquent ?

La prévalence exacte du covid long n’est pas encore connue, mais il semblerait qu’environ 10 à 15% des patients continuent d’avoir des symptômes 3 semaines après le début de la maladie.

Cela concernerait principalement des patients ayant subi des formes sévères de la maladie (ayant été hospitalisés en soins intensifs), âgés ou ayant des dysfonctions de leur système immunitaire (immunodéprimés).

Néanmoins, des patients peuvent présenter des problèmes de santé durables et graves, même après une infection peu sévère.

Symptômes et complications du covid long

Lors de la phase de persistance ou de rechute, les symptômes peuvent différer de ceux initialement observés lors du premier contact avec le virus.

Le symptôme le plus souvent évoqué est une fatigue, souvent extrême (asthénie). Elle est souvent exacerbée lors d’effort un peu poussé (physique ou intellectuel) et peut contraindre le patient à interrompre à nouveau son travail, repris après la maladie. 

Parmi les autres symptômes fréquemment cités, on note un essoufflement (dyspnée), une toux persistante, des douleurs articulaires et musculaires, des problèmes d'audition et de vue, des maux de tête, une perte d'odorat (anosmie) et de goût (agueusie), une accélération de la chute des cheveux (alopécie), ainsi que des lésions au cœur, aux poumons, aux reins et aux intestins.

Des problèmes de santé mentale ont également été signalés, notamment la dépression et l'anxiété, mais aussi des difficultés de mémoire et de concentration.

Ces symptômes sont fluctuants (alternance de périodes symptomatiques et de rémission), et sont de fréquence et de durée variables selon les patients (ils peuvent se produire toutes les semaines, voire tous les jours). 

Avec le temps, il semblerait que ces phases soient de moins en moins importantes et de plus en plus espacées.

Causes et facteurs de risques du covid long

Les causes du covid long sont encore mal connues mais diverses hypothèses peuvent être émises : 

  • le virus pourrait persister dans le corps de certains patients, en se reproduisant ou non, à divers endroits de l’organisme (notamment au niveau du rhinopharynx et du tube digestif).
  • une réinfection possible, mais rare, par le SARS-CoV-2.
  • un dérèglement immunitaire (réponse immunitaire excessive et inadaptée), chez des personnes ayant un terrain génétique particulier, pouvant être à l’origine de rhumatismes ou de péricardites post-infectieuses.
  • un syndrome de fatigue chronique, également appelé « encéphalomyélite myalgique », qui peut se déclarer après un épisode infectieux.

De plus, la recherche chez l'homme a suggéré que le SARS-CoV-2 repose sur la protéine ACE2 (enzyme de conversion de l'angiotensine 2) pour infecter les humains et peut circuler dans la circulation sanguine pour atteindre plusieurs organes.
Des chercheurs de l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles) ont ainsi découvert, chez des modèles murins génétiquement modifiés pour avoir la version humaine de l'ACE2, que le virus SARS-CoV-2 pouvait arrêter la production d'énergie dans les cellules du cœur, des reins, de la rate et d'autres organes.
Ainsi, en plus de modifier temporairement les gènes dans certaines cellules, le virus apporte des changements épigénétiques (des modifications chimiques de la structure de l'ADN) qui provoquent des effets plus durables. Cela pourrait expliquer pourquoi, chez certaines personnes atteintes de la COVID-19, les symptômes persistent pendant des semaines ou des mois après que leur corps se soit débarrassé du virus.

Par ailleurs, une étude du King's College de Londres réalisée en octobre 2020 a mis en évidence différents facteurs de risques possibles du covid long :

  • l’âge (patients âgés de plus de 50 ans)
  • le sexe (les femmes sont plus susceptibles de développer un covid long)
  • le surpoids (IMC > 25 kg/m²)
  • l’asthme
  • la présence de plus de 5 symptômes au cours de la première semaine de l'infection à la COVID-19 (par exemple : toux, fatigue, maux de tête, diarrhée, perte de l'odorat).

Diagnostic du covid long

Certains examens médicaux peuvent être préconisés lors de la persistance des symptômes après une infection au SARS-CoV-2 :

  • un angioscanner thoracique : pour éliminer l'embolie pulmonaire, et identifier d’éventuelles lésions pulmonaires ;
  • une échographie cardiaque : pour mettre en évidence une inflammation du muscle cardiaque (myocardite) ou de la membrane qui l’entoure (péricardite) ;
  • un bilan inflammatoire : NFS, CRP, D-dimères ;
  • un bilan de l'auto-immunité : dosage des immunoglobulines, électrophorèse des protéines, recherche d'auto-anticorps ;
  • un bilan thyroïdien ;
  • une sérologie covid (présence d’anticorps anti COVID-19 dans le sang ou encore un
  • examen par PCR (qui peut révéler la persistance du virus au niveau du rhinopharynx, parfois plus de 6 mois après l’épisode initial).

Il est important de noter que le test covid peut s’avérer négatif chez certains patients : un test positif ne doit donc pas être un prérequis au diagnostic du covid long.

Un ionogramme sanguin peut également être réalisé pour mettre en évidence le taux des ions sanguins (sodium, chlore, potassium), mais aussi un dosage des vitamines et minéraux dans le sang (vitamines B1, B6, B9, B12, D, cuivre, zinc, magnésium, calcium, fer).

Les traitements du covid long

Bien qu'il existe des indications encourageantes selon lesquelles certains antiviraux (comme le remdesivir) et les médicaments immunosuppresseurs (comme la dexaméthasone) sont utiles dans le traitement des patients au stade infectieux aigu du COVID-19, il n'y a aucune preuve qu'ils soient utiles dans le traitement des syndromes du covid long.

Actuellement, la seule indication à utiliser des médicaments sur ordonnance ou en vente libre est pour le soulagement des symptômes tels que la douleur et les maux de tête (comme le paracétamol).

De plus, étant donné qu’avec le confinement beaucoup de personnes ne sortent plus au soleil ou ne le font que pendant de courtes périodes, il existe un risque de carence en vitamine D. Une supplémentation quotidienne en vitamine D est donc nécessaire afin d’obtenir un taux de vitamine D optimal compris entre 60 et 70 ng/mL.

On peut noter également que l’aspirine a fait ses preuves chez les patients présentant une péricardite.  

Lorsqu’un patient présente un syndrome d’hyperventilation, une réhabilitation respiratoire et à l’effort peut s’avérer utile. Elle se compose d’un réentraînement à l’effort par des exercices ventilatoires et musculaires (bicyclette ergométrique, tapis roulant ou rameur) et d’une kinésithérapie respiratoire qui permet un drainage bronchique. Elle peut avoir lieu en milieu hospitalier, dans des centres spécialisés ou à domicile. 

Enfin, il est important de se reposer et de s'hydrater régulièrement. 

Un suivi psychologique peut aussi s’avérer utile, en particulier chez les patients atteints d’anxiété.

Vivre avec le covid long

Quelques conseils de base peuvent permettre de gérer ses symptômes et de mieux vivre au quotidien lorsque l’on est atteint de covid long :

Gérer la fatigue et l'essoufflement

  • Adapter son rythme : planifier ce que l’on va faire et ne pas trop se fatiguer.
  • Essayer de diviser les tâches qui semblent difficiles en plusieurs étapes et alterner les activités les plus faciles et les plus difficiles.
  • Considérer le meilleur moment de la journée pour faire certaines activités en fonction de son niveau d'énergie.
  • De courts repos fréquents valent mieux que quelques repos plus longs : il est important de se reposer avant de s’épuiser.
  • Ne pas arrêter de faire des choses qui essoufflent : si on arrête d’utiliser nos muscles, ils s'affaiblissent, ce qui peut rendre plus essoufflé lorsque l’on essaye de les mobiliser
  • Essayer d'augmenter progressivement la quantité d'exercices : faire de courtes promenades ou faire des exercices de musculation simples (comme ceux proposés par le programme de réhabilitation de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière) et augmenter la durée et l’intensité au fur et à mesure.

Booster son humeur et rester au mieux de sa santé mentale

  • Être indulgent avec soi-même lors de son rétablissement : être prêt à ce que certains jours soient plus difficiles que d'autres.
  • Entrer en contact avec d'autres personnes peut aider à se sentir plus heureux : famille, amis, autres patients atteints de covid long et associations comme l’association aprèsj20.
  • Avoir une routine quotidienne peut être bon pour l’humeur et le sentiment de stabilité.
  • Rester actif, continuer à bouger aidera à libérer des endorphines et à améliorer l’humeur.

Conseils pour les problèmes de réflexion et de mémoire

  • Prendre des notes pour aider à se souvenir des choses (lors de réunions de travail ou de rendez-vous médicaux par exemple).
  • Essayer de réduire les distractions.
  • Établir un plan clair avant d’aborder tout problème ou situation nouvelle ou compliquée. Le décomposer en étapes et le vérifier au fur et à mesure.

Soulager les douleurs articulaires et musculaires

  • Effectuer des exercices de flexibilité (comme les étirements, le yoga  et le tai-chi ), ainsi que des exercices de force  (comme monter des escaliers, soulever des poids adaptés et travailler avec des bandes élastiques de résistance). Il est toutefois nécessaire de consulter son médecin avant de commencer tout nouveau régime d'exercice.

Enfin, il est important d’informer son médecin traitant lors de l’apparition de problèmes de santé après une infection à la COVID-19, en particulier lors de l’aggravation ou de l’apparition de nouveaux symptômes. En effet, il faut noter que la COVID peut également affecter des conditions médicales préexistantes, comme par exemple le diabète où le contrôle de la glycémie normale peut être perturbé.

Conclusion

Jusqu’à présent, les efforts ont été essentiellement concentrés sur la lutte contre le virus et la diminution des cas de décès pendant la pandémie. Néanmoins, on observe aujourd’hui l’apparition de conséquences sur le long terme d’une infection à la COVID-19 qui nécessite une prise en charge.

Certaines questions restent également en suspens : pourquoi certaines personnes souffrent de covid long ? Et est-ce que tous les patients bénéficieront d’une rémission complète ?

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Auteur : Alexandre Moreau, Assistant Marketing Digital

Au sein de l'équipe Marketing Digital, Alexandre est en charge de la rédaction de fiches maladies et d'articles scientifiques. Il s'occupe également de la modération et l'animation de la... >> En savoir plus

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