Prévention du cancer de la prostate

Dans 80 % des cas, les patients atteints d'un cancer de la prostate peuvent être guéris avec un traitement adéquat si le cancer est diagnostiqué assez tôt. C'est pour cela que les campagnes de prévention se multiplient.
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En médecine, la prévention a toujours été considérée comme la meilleure manière de traiter : intervenir dès les premiers signes de la maladie, avant même qu’elle ne se développe et ne s’aggrave, a toujours garanti les meilleurs résultats en terme d’efficacité thérapeutique.

Le principal objectif des campagnes de prévention du cancer de la prostate est de diffuser parmi les hommes, la culture de la prévention du cancer prostatique. En effet, dans le cancer de la prostate, le plus fréquent chez les hommes, la prévention et les thérapies les plus avancées ont permis une augmentation du nombre de patients guéris.

Les campagnes de prévention du cancer de la prostate ont donc pour unique but de sensibiliser sur l’importance de la prévention, afin d’augmenter encore plus ces résultats et améliorer la qualité de vie des patients touchés par le carcinome prostatique.

La prévention systématique fait débat dans le cancer de la prostate

Cependant, en ce qui concerne le cancer de la prostate, le dépistage systématique ne serait pas recommandé et ouvre la voie à un débat dans la communauté médicale.

En effet, selon "Prescrire", le dépistage du cancer de la prostate ne servirait que les intérêts des urologues et serait même néfaste pour les patients:  
"En proposant ce dépistage, l’Association Française d’Urologie prend donc le risque d’inquiéter inutilement les patients, de culpabiliser inutilement les médecins généralistes, de provoquer inutilement chez nombre de patients des examens médicaux et des traitements médicamenteux, radiothérapiques et chirurgicaux aux conséquences parfois invalidantes, voire de gêner l’accès à ces traitements de patients qui en auraient réellement besoin. Le Formindep s’interroge sur les motivations réelles et les conflits d’intérêts d’organismes promouvant des actions de santé publique ne reposant pas sur des bases scientifiques solides. Il appelle les médias à prendre leurs responsabilités en exerçant leur esprit critique pour ne pas se faire les relais complaisants de campagnes orientées.

Ce point de vue est renforcé par la prise de position de nombreux médecins qui se sont notamment réunis autour de la campagne « Touche pas à ma prostate », signée par 200 d’entre eux, pour dénoncer les campagnes de prévention du cancer de la prostate jugées abusives. Ainsi, le docteur Dominique Dupagne affirme même sur son site Atoute.org que la prévention du cancer de la prostate est un acte « dangereux, car il aboutit à de nombreuses mutilations non justifiées et à des décès induits par les biopsies ou les complications des traitements", mais de plus "inutile, car le bilan en termes de vies sauvées n’est pas brillant".

De plus, la Haute Autorité de Santé (HAS) vient confirmer ce point de vue sur son site, en précisant qu’il n’existe pas, selon les études disponibles, de bénéfice démontré engendré par la généralisation du dépistage, et donc que les campagnes de prévention du cancer de la prostate n’ont alors pas lieu d’être.

Il revient de discuter avec son médecin de l'intérêt d'un dépistage en fonction de sa situation personnelle, pour éviter le dépistage systématique tout autant que le non-dépistage systématique.


Dernière mise à jour : 23/01/2019