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Acromégalie, maladie de Cushing… apprenez-en plus sur les tumeurs neuroendocrines de l’hypophyse (TNEh)

29 juil. 2020 • 1 commentaire

Les adénomes hypophysaires (ou tumeurs neuroendocrines hypophysaires) représentent entre 10 et 20% des tumeurs intracrâniennes de l’adulte. Ces tumeurs sont rares, avec une incidence de 4/100 000 habitants et sont souvent découvertes de manière fortuite (lors de l’apparition de symptômes ou à l’occasion d’une imagerie cérébrale). Qu’est-ce qu’un adénome hypophysaire ? Quelles sont les principales maladies concernées ? Quels sont les symptômes et les traitements d’un adénome hypophysaire ?

Acromégalie, maladie de Cushing… apprenez-en plus sur les tumeurs neuroendocrines de l’hypophyse (TNEh)

Qu’est-ce que l’hypophyse ?

Pour bien comprendre ce que sont les tumeurs neuroendocrines de l'hypophyse (TNEh), il faut d'abord bien comprendre ce qu'est l'hypophyse et quel est son rôle. Aussi appelée glande pituitaire, il s’agit d’une petite glande située à la base du cerveau, près des nerfs de la vision, dans une structure osseuse appelée selle turcique. Elle agit notamment sous le contrôle de l’hypothalamus.

Elle est constituée de 2 parties : un lobe antérieur (antéhypophyse ou adénohypophyse) qui représente 80% du poids de l’hypophyse et un lobe postérieur (posthypophyse ou neurohypophyse).

Elle permet de contrôler la sécrétion de plusieurs hormones nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme (croissance, sexualité, métabolisme, tension artérielle…).

Les 6 principales hormones sécrétées par l’antéhypophyse sont :

  • la LH (hormone lutéinisante) et la FSH (hormone folliculo-stimulante) qui agissent au niveau des gonades et stimulent la sécrétion des hormones sexuelles ;
  • l’hormone de croissance (GH) qui agit au niveau de divers organes et tissus et favorise leur croissance ;
  • la TSH (thyréostimuline) qui agit au niveau de la thyroïde et favorise la sécrétion des hormones thyroïdiennes ;
  • la prolactine qui agit sur les seins et stimule la production de lait ;
  • l’ACTH (hormone corticotrope ou adrénocorticotrope) qui agit au niveau du cortex surrénal et stimule la sécrétion de cortisol.

L’ocytocine (qui favorise la contraction utérine et la production de lait) et l’ADH (antidiurétique hormone ou vasopressive qui permet la réabsorption d’eau par l’organisme) sont sécrétées par la posthypophyse.

Toutes ces hormones agissent à distance sur différents organes cibles, via la circulation sanguine, afin de contrôler leurs activités.

Qu’est-ce qu’une tumeur neuroendocrine de l’hypophyse ?

Une tumeur neuroendocrine hypophysaire (ou adénome hypophysaire) est une tumeur bénigne qui s’est développée dans l’hypophyse (généralement dans la partie antérieure ou antéhypophyse).

Elle peut être découverte par compression des structures à proximité comme le nerf optique (qui entraîne une vision floue, des maux de tête…) ou en cas de production excessive de certaines hormones (à l’origine de troubles des menstruations, d’un écoulement mammaire, de modifications du visage, des mains, d’un diabète, d’hypertension artérielle…). Dans ce dernier cas, on parle de tumeur de l’hypophyse fonctionnelle.

Le cas de l’acromégalie

L’acromégalie fait partie des tumeurs neuroendocrines de l’hypophyse (TNEh). Cette dernière sécrète trop d’hormone de croissance (GH) qui entraîne à son tour une production trop élevée d’une autre hormone appelée IGF-1.

Chez l’adulte, cette maladie se manifeste par une augmentation progressive de la taille du visage et des extrémités (mains, pieds). Il y a élargissement des mains (avec des difficultés à mettre ou retirer leur(s) bague(s) par exemple) et des pieds (changement de la pointure des chaussures). L’aspect du visage est caractéristique : avec un front bombé, des pommettes saillantes, un nez, des lèvres et une langue épaissis, une mâchoire élargie, un menton saillant en avant (prognathisme) et l’écartement progressif des dents. La voix devient rauque et grave.

Source : Médecine Sorbonne Université

C’est en comparant avec des photographies antérieures que l’on met en évidence le développement lent et insidieux de la maladie sur plusieurs années.

Des douleurs articulaires (arthralgies), du dos (rachialgies), une scoliose (déviation de la colonne vertébrale) et une sudation excessive peuvent également être observées. Enfin, la taille des organes internes (coeur, foie, rein etc) est augmentée, ce qui expose à de nombreuses complications.

Avant la puberté et la soudure des cartilages de conjugaison, on parle de gigantisme.

>> Retrouvez tous les détails sur cette maladie dans notre fiche “Acromégalie : tout savoir”  !

Le cas de la maladie de Cushing

Autre TNEh, la maladie de Cushing correspond à une sécrétion accrue de cortisol (hypercortisolisme). Elle est ACTH-dépendant : l’ACTH, sécrétée en excès, entraîne à son tour une hypersécrétion de cortisol par les deux surrénales qui augmentent alors de volume (on parle d’une hyperplasie surrénale bilatérale). Le cortisol joue de nombreux rôles dans l’organisme : il régule les taux de glucides, protéines et lipides, mais aussi l’inflammation, la pression artérielle, la croissance osseuse ou encore le stress.   

Chez les personnes atteintes de la maladie de Cushing, on observe un faciès lunaire (visage arrondi) et rouge, une obésité facio-tronculaire (stockage de la graisse au niveau de la face et du tronc), des manifestations cutanées (ecchymoses ou bleus, acné, vergetures), un hirsutisme (excès de pilosité) et des troubles psychologiques variés (troubles du sommeil, anxiété, dépression).

Source : Springer Science+Business Media

De plus, une production trop importante de cortisol peut être à l’origine d’une rétention d’eau et de sel, une surexcitation, un diabète (réversible), une prise de poids ou encore des troubles des règles.

On peut noter par ailleurs que le syndrome de Cushing (à différencier de la maladie de Cushing) peut aussi être non ACTH-dépendant avec par exemple la prise d’un traitement par glucocorticoïdes (qui ont un action sur le métabolisme des protéines et des sucres) au long court (prednisone-Cortancyl®,bétaméthasone-Celestene® ou Diprosone®).

>> Retrouvez tous les détails sur cette maladie dans notre fiche “Syndrome de Cushing : tout savoir”  !

Des complications communes à ces pathologies 

L’acromégalie et la maladie de Cushing correspondent à une hypersécrétion d’hormones (respectivement la GH et le cortisol) qui agissent sur de nombreux organes du corps. Elles exposent donc à des complications variées dont la majorité sont communes aux deux pathologies. Sur le plan métabolique (ensemble des réactions chimiques à l’intérieur du corps qui permettent la production d’énergie), un diabète (taux de sucre trop élevé dans le sang) et une dyslipidémie (excès de cholestérol et/ou de triglycérides) sont fréquents.

Le risque d’hypertension artérielle est également important dans ces deux pathologies.

Enfin, de nombreuses autres atteintes (cardio-vasculaires, osseuses, psychologiques avec retentissement sur la qualité de vie) sont courantes : apnées du sommeil, douleurs articulaires, céphalées chez les patients atteints d’acromégalie et troubles du sommeil, ostéoporose et fatigabilité musculaire notamment pour la maladie de Cushing.

Des traitements communs à ces pathologies

Un traitement chirurgical

L’ablation ou exérèse chirurgicale de l’adénome hypophysaire responsable de l’hypersécrétion de la GH ou de l’ACTH est le traitement de premier choix. Aujourd’hui, l’opération est réalisée grâce à des techniques de microchirurgie et d’endoscopie. Le retrait de la tumeur bénigne de l’hypophyse se fait par voie nasale (ou voie transsphénoïdale).

Dans environ 80% des cas, la chirurgie aboutit à une rémission et à une sécrétion normale des hormones. Mais la réussite de cette opération dépend de la taille, du caractère invasif et de l’accessibilité de l’adénome

Un traitement par des médicaments

Plusieurs médicaments ont montré leur efficacité dans la réduction du taux d’hormone. Ces médicaments sont utilisés pour compléter la chirurgie, ou pour la remplacer lorsqu’une intervention n’est pas possible.

Dans de telles situations, des analogues de la somatostatine (hormone inhibitrice de l’hormone de croissance) à action prolongée (comme l'octréotide LP-Sandostatine®) sont prescrits pour l’acromégalie. Le mésilate de bromocriptine-Parlodel® (agoniste dopaminergique) peut également diminuer la GH et le pegvisomant-Somavert® (un antagoniste du récepteur de la GH) permet aussi de réduire les effets de la GH et de diminuer les taux d'IGF-1 en cas d'acromégalie.

Pour ce qui est de la maladie de Cushing, l'état général du patient doit d'abord être amélioré par un régime hyperprotéiné et l'administration de potassium si nécessaire. Et si les manifestations cliniques sont sévères, il peut être souhaitable de bloquer la sécrétion de corticostéroïdes avec de la métyrapone-Métopirone® (qui inhibe de façon réversible la biosynthèse du cortisol).

La radiothérapie

Enfin, la radiothérapie consiste en l’utilisation de rayonnements (rayons X, rayons gamma, électrons…) dont l’énergie va permettre de détruire les cellules de l’adénome. Son effet n’est pas immédiat et ses effets indésirables sont variés (dérèglement hormonal avec absence de règles, impuissance, frilosité…) : cette technique est donc généralement prescrite qu’en complément du traitement chirurgical et/ou médicamenteux. Toutefois, des techniques permettant des irradiations plus focalisées sont aujourd’hui employés comme Gamma Knife ou CyberKnife.

L’acromégalie et la maladie de Cushing ne sont pas les seules tumeurs fonctionnelles de l’hypophyse. L’adénome à prolactine (ou prolactinome) en est la principale, mais il existe également de rares cas d’hyperthyroïdie centrale (ou adénome à TSH) ou d’adénome gonadotrope fonctionnel. Il s’agit d’adénomes hypophysaires non cancéreux (bénins) mais ils entraînent des dommages de nombreux tissus et des complications variées chez les personnes atteintes.

 

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avatar Alexandre Moreau

Auteur : Alexandre Moreau, Assistant Marketing Digital

Au sein de l'équipe Marketing Digital, Alexandre est en charge de la rédaction de fiches maladies et d'articles scientifiques. Il s'occupe également de la modération et l'animation de la... >> En savoir plus

Commentaires

SAW1967
le 30/07/2020

Oui c'est vrai qu'il me concerne un peu cet article , bien fait au demeurant @Alexandre Moreau, moi qui étais une allumette jeune , j'ai un peu la tête de la dame en photo aujourd'hui .

Merci , je parlerais de cela a ma généraliste et vous tiendrais au courant si nous faisons des recherches

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