Syndrome CDKL5 : tout savoir

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Le syndrome CDKL5

Qu'est-ce que le syndrome CDKL5 ?

Définition

Également appelée Encéphalopathie épileptique liée à CDKL5, cette maladie est une maladie rare caractérisée par une épilepsie d’apparition précoce, résistante aux traitements, ainsi qu'une atteinte neuro-développementale (retard du développement). Cette maladie est causée par une modification génétique du gène CDKL5 situé sur le chromosome X.

Historiquement reconnue comme une forme particulière du syndrome de Rett, cette maladie a été reconnue en octobre 2020 dans la classification de l’OMS comme « CDKL5 Deficiency Disorder (CDD) ».

Le syndrome peut toucher autant les filles que les garçons. Son incidence est estimée entre 1/40 000 et 1/60 000.

Symptômes du syndrome CDKL5

Le principal symptôme de la maladie est l’épilepsie qui se manifeste sous forme de crises. Ces crises apparaissent en général dès le plus jeune âge, chez des enfants âgés de quelques mois (au cours des 8 premiers mois de vie). Souvent, l’épilepsie devient progressivement résistante aux traitements. Les crises peuvent avoir différentes formes : spasmes épileptiques, crises myocloniques, crises toniques ou crises tonico-cloniques.

Les spasmes épileptiques sont des crises très brèves caractérisées par une soudaine flexion et/ou extension très souvent au niveau des bras.

Les crises myocloniques sont caractérisées par un ou plusieurs spasmes qui pourraient se produire dans tout le corps ou dans un seul bras ou une seule jambe, le patient reste conscient.

Les crises toniques se manifestent par une chute soudaine, une perte de connaissance, une contraction tonique soutenue de l’ensemble des muscles, une apnée et une hypersécrétion bronchique et salivaire. Parfois, la personne touchée peut se mordre le bord latéral de la langue.

Les crises tonico-cloniques se déroulent en deux phases : la phase tonique et la phase clonique. Une perte de connaissance se produit lors de la phase tonique. Le patient devient raide et présente des contractions musculaires généralisées sur l’ensemble du corps pendant environ 20 secondes. La crise peut durer quelques minutes. À la fin de la crise, le patient se décontracte et plonge dans le sommeil.

L’altération du gène CDKL5 impacte également le développement du cerveau. Un retard de croissance est généralement observé chez les patients avec le plus souvent un retard de marche (absence totale de la marche ou difficulté de marche) et de langage et des troubles du comportement avec des cris, de l’agitation, des pleurs, de l’anxiété, des spasmes. Les patients peuvent aussi subir des troubles du sommeil, des troubles gastro-intestinaux, des anomalies du fonctionnement du système nerveux conduisant à des troubles au niveau de certains muscles (pharynx, estomac, cœur, foie) ou encore des irrégularités respiratoires.

Les patients peuvent présenter des comportements caractéristiques comme le regard sur le côté ou le fait de croiser les jambes.

Chez certains enfants, il est possible de retrouver un faciès caractéristique : front large, yeux enfoncés, philtrum (pliure sous le nez) bien marqué et une lèvre inférieure courbée vers l’extérieur. Ils peuvent aussi souffrir d’une scoliose ou de troubles de la vision. L’usage des mains est aussi relativement limité. Les mains restent généralement en position d’applaudissement.  Les patients peuvent présenter des difficultés à avaler ce qui leur rend difficile l’hydratation et l’alimentation.

Les symptômes ne sont pas uniformes chez tous les patients. Il existe des formes plus ou moins sévères.

Causes et facteurs de risques du syndrome CDKL5

Le syndrome CDKL5 est causé par des modifications génétiques du gène CDKL5 situé sur le chromosome X en position 22.

Les chromosomes sont le support des gènes. Un gène est une petite partie d’un chromosome codant pour une caractéristique particulière chez l’Homme (couleur des yeux, etc.). Les gènes sont composés de nucléotides (composant principal de tout l’ADN) qui forment des enchainements particuliers. Ces gènes sont ensuite traduits en enchainement d’acides aminés, les protéines, qui interagissent pour former notre corps.

Dans le cas du syndrome CDKL5, l’enchainement des acides aminés est parfois différent ou certains acides aminés sont manquants ce qui crée les symptômes. Il n’existe pas une modification du gène CDKL5 unique conduisant à ce syndrome, différentes modifications du gène peuvent y conduire.

Ces modifications du gène CDKL5 peuvent être des modifications de novo, c’est-à-dire que la modification ne provient pas de l’ADN des parents mais est apparue fortuitement.

Elles peuvent également être héritées d’un parent. Les symptômes peuvent également être dus à un mosaïsme : la présente de la modification du gène n’est présente que dans certaines cellules.

Diagnostic du syndrome CDKL5

Le diagnostic doit généralement être établi par un neuro-pédiatre. Les manifestations cliniques caractéristiques peuvent être évocatrices de la maladie. Un diagnostic précoce permet de mettre en place un traitement le plus rapidement possible pour réduire au maximum les complications liées à l’épilepsie et le polyhandicap.

Une IRM cérébrale peut être réalisée afin d’éliminer d’autres causes qui pourraient provoquer les mêmes symptômes, comme une malformation cérébrale par exemple. L’IRM est généralement normale chez les personnes atteintes du syndrome CDKL5.

Un bilan métabolique peut également permettre d’écarter d’autres maladies, qui pourraient réagir à des marqueurs biologiques d’une façon différente du syndrome CDKL5.

Le diagnostic est établi lorsque l’analyse du gène CDKL5 présente une modification. Ceci est réalisé par une technique de génétique moléculaire permettant de séquencer le gène en question.

Traitement du syndrome CDKL5

A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement spécifique de la maladie. La prise en charge repose sur le traitement des symptômes. Des traitements anticonvulsivants, habituellement utilisés dans l’épilepsie, peuvent être utilisés. Un régime cétogène, à l’origine utilisé dans l’épilepsie réfractaire aux traitements, qui vise à limiter la consommation de glucides (notamment pâtes, riz, pain) à 50 g par jour, aide également à réguler les symptômes.

Des thérapies non médicamenteuses peuvent être utiles : physiothérapie, psychomotricité, ergothérapie (évaluation et réadaptation du quotidien des personnes souffrant de handicaps moteurs), orthopstie (rééducation de la fonction visuelle) et orthophonie.

Vivre avec la maladie

Il est très difficile de prévoir l’espérance de vie d’un patient atteint du syndrome CDKL5. A l’heure actuelle, des personnes adultes vivent avec le syndrome. Cependant, compte tenu des atteintes handicapantes possiblement développées, l’espérance de vie peut être réduite.

Certains patients adoptent un régime cétogène qui permet de limiter les crises d’épilepsie.  

Au quotidien, certaines pratiques peuvent aider :

  • Boire avec une paille pour que l’enfant puisse boire en autonomie,
  • Pour le bain, penser à une bouée de cou pour que l’enfant puisse bouger dans l’eau de manière autonome, 
  • Utiliser des jouets faisant du bruit pour attirer l’attention de l’enfant, par exemple un bâton de pluie ou un livre avec différentes matières.

avatar Alizé Vives

Auteur : Alizé Vives, Pharmacienne, Data Scientist

Alizé est docteur en pharmacie et diplômée du mastère spécialisé en stratégie et commerce internationale de l’ESSEC Business School. Elle a plusieurs années d’expérience en travaillant auprès des patients et auprès... >> En savoir plus

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