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Coronavirus et maladies chroniques

19 mars 2020 • 30 commentaires

Face à l’actuelle épidémie de SARS-Cov2 (coronavirus), il est important de rappeler que les patients souffrant de pathologies chroniques ou de cancers et les personnes âgées de plus de 70 ans sont plus à risque de développer une forme grave de l’infection. Le Haut Comité de Santé Publique (HCSP) a émis, le 14 mars 2020, des recommandations précises pour ces patients.

Coronavirus et maladies chroniques

Quelles sont les maladies chroniques les plus à risque ?

Selon le HCSP, le risque de développer une forme grave de l’infection par le SARS-Cov2 est plus élevé si :

  • Vous présentez des antécédents cardiovasculaires comme une hypertension artérielle compliquée, un antécédent d’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) ou de coronaropathie, une chirurgie cardiaque ou encore une insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV.  
  • Vous êtes diabétique insulinodépendant non équilibré ou présentez des complications du diabète. L’augmentation non contrôlée de la glycémie due au diabète peut altérer le système immunitaire, qui aura plus de mal à défendre votre corps contre les maladies infectieuses et leurs complications. Les infections peuvent aussi déséquilibrer votre glycémie et/ou aggraver certaines complications du diabète que vous présentez déjà.
  • Vous êtes atteint d’une pathologie respiratoire chronique comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou l’asthme. Une infection virale telle que COVID-19 peut entraîner une décompensation de la pathologie respiratoire existante.  En effet, l’asthme comme la BPCO affectent les voies pulmonaires qui sont donc plus vulnérables face à un virus causant des complications respiratoires.
  • Vous avez une insuffisance rénale chronique et vous êtes dialysé. Le risque s’explique, comme pour l’ensemble des pathologies chroniques, par la fragilité et l’affaiblissement de vos défenses immunitaires.
  • Vous avez un cancer et vous êtes sous traitement. Beaucoup de traitements des cancers peuvent diminuer vos défenses immunitaires et vous fragiliser face à des infections.
  • Vous êtes atteint d’une maladie auto-immune ou auto-inflammatoire, comme la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux systémique, les vascularites ou encore les myopathies inflammatoires. Le principal risque de complications vient de l’altération possible de votre système immunitaire, à cause des complications de la pathologie ou bien des traitements immunosuppresseurs et corticoïdes. Cependant, il est très important de bien suivre les recommandations concernant vos traitements, de ne pas les arrêter volontairement et de vous adresser à votre médecin traitant avant toute chose (voir les recommandations ci-dessous).
  • Vous présentez une cirrhose au stade B ou C de la classification de Child-Pugh
  • Vous présentez une obésité morbide (IMC > 40 kg/m²). Le risque a été considéré selon l’analyse des données disponibles pour d’autres infections respiratoires telles que la grippe A(H1N1)09.

Quelles sont les autres personnes fragiles ?

  • Les patients âgés de plus de 70 ans. En effet, plus l’âge augmente plus les défenses immunitaires s’affaiblissent et ne permettent pas de lutter correctement contre une infection telle que COVID-19.
  • Les patients fragiles et immunodéprimés. Que ce soit une immunodépression congénitale ou acquise, il convient d’être vigilant face aux symptômes.
  1. Immunodépression congénitale (déficit en éléments de la réponse immunitaire présent dès la naissance)
  2. Immunodépression acquise, c’est-à-dire secondaire à :
    - des médicaments : chimiothérapies anti-cancéreuses, immunosuppresseurs, biothérapies, corticothérapie à dose immunosuppressive
    - une infection au VIH non contrôlée ou avec un taux de lymphocytes T CD4 < 200/mm³
    - une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques. Pour information, les responsables des équipes de greffe françaises et l’Agence de la biomédecine ont décidé, lundi 16 mars, de suspendre les activités de prélèvement d’organes et de greffe en raison de la crise du coronavirus. Il existe en effet un risque très élevé pour le receveur si le donneur est contaminé par le SARS-Cov2. De plus, la surcharge actuelle des services de réanimation ne permet pas une prise en charge optimale des donneurs décédés, ni des patients transplantés.  
    - une hémopathie maligne en cours de traitement


Votre médecin vous a prescrit des Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) : que faire ?

La Direction générale de la Santé rappelle que le traitement d’une fièvre mal tolérée ou de douleurs dans le cadre du COVID-19 repose sur le paracétamol (Doliprane, Efferalgan..), sans dépasser la dose de 3 g/jour. Les AINS (ibuprofène,Voltarène,Bi-profenid, kétoprofène, Profenid...) en libre service, sans ordonnance, doivent être proscrits pour soulager les symptômes du COVID-19.
Cependant, si des AINS vous ont été prescrits par votre médecin dans le cadre de votre maladie chronique, vous devez poursuivre votre traitement. Si vous ressentez des symptômes de l’infection, contactez votre médecin par téléphone ou en téléconsultation avant de modifier votre traitement.

Vous êtes sous traitement immunosuppresseur, biothérapie ou corticoïdes :  quelle est la démarche à suivre en cas de symptômes ?

- Si vous êtes atteint d’une maladies auto-immune ou auto-inflammatoire sous traitement immunosuppresseurs, biothérapie ou corticothérapie, la filière spécialisée FAI²R recommande certaines mesures spécifiques en plus des recommandations générales comme :

  • ne pas arrêter de manière systématique ses traitements immunosuppresseurs et biothérapies, sauf en cas de signes d'infection (fièvre, toux, difficultés respiratoires, courbatures…) et uniquement sur avis médical du médecin référent qui vous suit pour votre pathologie ou de votre médecin de famille ;
  • ne pas arrêter sa corticothérapie sans avis médical.

- Si vous avez développé un cancer, la Ligue nationale contre le cancer recommande : 

  • de ne pas interrompre vos traitements sans l’avis de votre médecin, de continuer les soins à domicile en restreignant les sorties et visites, ou bien de continuer les traitements au centre de soins en fonction des recommandations de l’équipe médicale.
  • si vous suivez des soins post-cancer, respectez strictement les recommandations générales, et contactez votre médecin pour toute question relative aux soins
  • si vous suivez des soins de supports post-cancer, notamment dans les centres, une interruption temporaire est préférable dans les foyers épidémiques actifs, et si vous ressentez des symptômes de l’infection, ne vous rendez pas dans les locaux, contactez votre médecin traitant.


Comment vérifier si vos traitements pourrait présenter un risque potentiel d’aggraver vos symptômes ?

Si vous avez des questions sur vos traitements en cas de COVID-19, vous pouvez vous renseigner en utilisant le site suivant : https://www.covid19-medicaments.com/
En quelques clics, vous pourrez vérifiez si un médicament pourrait présenter un risque potentiel d’aggraver vos symptômes.

La Société Française de Pharmacologie et de Thérapeutique, en partenariat avec le Réseau Français des Centres Régionaux de Pharmacovigilance  le Collège National des Enseignants de Thérapeutique et le Collège National de Pharmacologie Médicale met en place ces pages qui recensent des questions-réponses pour le grand public sur le médicament dans le cadre de prévention de l’épidémie COVID-19.

Pour accéder aux questions et aux réponses : https://www.pharmacol-fr.org/covid19-foire-aux-questions


Mon médecin m’a vacciné contre la grippe, le pneumocoque, etc. est-ce que je suis protégé ?

Les vaccins contre la grippe et le pneumocoque, ainsi que tout autre vaccin spécifique ne protègent en aucun cas contre une infection par le coronavirus. Il n’existe pas de vaccin pour se protéger du SARS-Cov2 (coronavirus) actuellement.

Quand et comment contacter son médecin ?

Selon le Ministère des Solidarités et de la Santé, la conduite à adopter est la suivante : 

  • J’ai des symptômes (toux, fièvre) qui me font penser au Covid-19 : je reste à domicile, j’évite les contacts, j’appelle un médecin avant de me rendre à son cabinet ou j’appelle le numéro de permanence de soins de ma région. Je peux également bénéficier d’une téléconsultation.
  • Si les symptômes s’aggravent avec des difficultés respiratoires et signes d’étouffement, j’appelle le SAMU - Centre 15. 
    Dans ces situations, il ne faut pas utiliser les transports en commun, pas se rendre directement chez votre médecin traitant, ni aux urgences, ni dans le service qui assure le suivi habituel de votre maladie auto-immune, auto-inflammatoire ou de votre cancer.

Comment faire pour renouveler mon ordonnance ?

Compte tenu de la situation sanitaire, un arrêté paru au Journal officiel du 15 mars 2020 autorise les pharmaciens d’officine à dispenser le nombre de boîtes de médicaments nécessaire à la poursuite de votre traitement jusqu’au 31 mai 2020, dans le cas où l’ordonnance est expirée et que vous n’avez pas pu la faire renouveler par votre médecin. Cela est valable pour l’ensemble des médicaments sauf pour les médicaments stupéfiants et assimilés stupéfiants.

Pour rappel, un numéro vert répond en permanence à vos questions, 24h/24 et 7j/7 : 0 800 130 000

Attention, la plateforme téléphonique n’est pas habilitée à dispenser des conseils médicaux, si vous présentez des premiers signes d’infections respiratoires (fièvre ou sensation de fièvre, toux) restez chez vous et appelez votre médecin. Si les signes s’aggravent, appelez le 15 ou le 114 pour les personnes ayant des difficultés à parler ou entendre.

La Ligne C, 1ère ligne téléphonique d’information sur le COVID-19 destinée aux personnes vivant avec une maladie chronique, 9h-17h et 7j/7 : 01 41 83 43 06

La ligne C n’est pas une consultation médicale et ne la remplace pas. Elle apporte des conseils, une orientation et de la chaleur humaine grâce à l’écoute bienveillante d’une trentaine d’écoutants, qui sont tous formés préalablement aux entretiens. Elle permet de désengorger les appels d’urgence et les secrétariats médicaux. 

avatar Camille Dauvergne

Auteur : Camille Dauvergne, Junior Community Manager France

Etudiante en 4ème année de pharmacie, Camille participe à la rédaction d’articles du Magazine Santé et à la mise à jour des fiches maladies et médicaments... >> En savoir plus

Commentaires

le 19/03/2020

Bonsoir @pseudo-masqué‍ Un grand merci pour mes ami(e)s qui sont atteints de certaine pathologie  ainsi que pour les autres pour ses informations très importante

le 19/03/2020

Bonsoir @pseudo-masqué‍ ,

Merci +++++ pour tes informations +++++ top +++++ !

Bonne soirée à toi, à tous !

le 20/03/2020

Bonsoir,

j’ai grand besoin de conseils.

j’ai la maladie de Parkinson depuis 6 ans, j’ai un caractère très positif et ne me plains jamais, mais je désespère pour l’instant .en général je gère et j’aide tout le monde 

une maman de 92 ans qui fait de plus en plus de grosse bêtises dangereuses et qu’il est de plus en plus difficile de laisser seule.

un ami qui viens de se faire opérer d’un cancer pour lequel on n’a jamais de précisions sur les suites. C’est grave ne se mourrir lus et est terriblement négatif.

je craque moralement et physiquement,je n’y arrive plus.. en deux semaines des jours aux urgences des chutes mal partout, maman a l’hôpital et probablement aura une place dans une maison de repos.

pour ce qui est de mon ami., il est domicilié en Espagne et ne peux y retourner. On est dans l’incertitude totale de la suite de son opération et si il doit sortir de l’hôpital je ne sais que faire ...il n’a que moi et je ne suis pas capable d prendre soin de lui. Je n’arrive déjà pas avec moi même.

je ne sais comment faire j’ai tellement envie de l’aider mais n’en suis pas capable physiquement ´

j’ai besoin de conseil ne sais plus comment faire.

patricia

le 20/03/2020

J,ai du psoriasis risque c,est dangereux 

le 21/03/2020
  What do you want to do ? New mailCopy merci Camille pour ton dévouement ,dans ces moments difficiles ,surtout quand on à une maladie chronique et plus de 76 ans on compte sur vous les jeunes encore merci

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