Traitements de l'hypertension artérielle

Le traitement de l’hypertension artérielle a probablement le niveau de preuve le plus élevé en termes d’efficacité des médicaments, la communauté scientifique disposant d’un recul de plus de cinquante ans sur la majorité de ces médicaments.

Plusieurs classes thérapeutiques coexistent depuis plusieurs décennies et agissent par des mécanismes très différents  mais tous conduisant à une baisse de la pression artérielle. Elles peuvent être combinées pour avoir une efficacité additive chez un individu donné et obtenir une baisse de la pression avec une tolérance du traitement correcte.

La difficulté du traitement hypertenseur est qu’il n’est pas possible de savoir à l’avance quelles molécules vont être efficaces et bien tolérées par le sujet. Par conséquent, le médecin va souvent tâtonner en début de traitement, parfois pendant plusieurs mois, avant de trouver la bonne « recette » associant plusieurs médicaments pour optimiser l’efficacité et la tolérance de la médication.

On dénombre sept familles principales de médicaments pour lutter contre l’hypertension artérielle :
- Les antihypertenseurs centraux
- Les alpha-bloquants
- Les diurétiques
- Les bétabloquants
- Les inhibiteurs calciques
- Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion
- Les antagonistes de l’angiotensine II


Evolution thérapeutique des médicaments pour l'hypertension

La recherche médicale s’efforce de découvrir de nouvelles molécules. Aujourd’hui, même en France, seul un malade sur deux est contrôlé par un traitement antihypertenseur. Cela s’explique en partie par les limites d’efficacité des médicaments pour des formes d’hypertension ayant émergé récemment comme l’hypertension artérielle du sujet âgé, où seul le premier chiffre (pression systolique) est élevé. La recherche s’oriente actuellement vers des médicaments qui agiraient sur cette forme particulière de la pathologie. L’autre innovation concerne la dénervation rénale qui consisterait à détruire par radiofréquence les fibres sympathiques des artères rénales. Cette pratique est réservée à des formes extrêmement graves de l’hypertension artérielle.

La position des praticiens a également beaucoup évolué au cours des dernières années. La plupart des médecins considère aujourd’hui qu’il est difficile de contrôler un patient avec un seul composé. L’évolution thérapeutique consiste à arriver très tôt à des combinaisons de médicaments pour être plus efficace en agissant sur plusieurs mécanismes. L’objectif est aussi de simplifier le traitement avec des combinaisons fixes de médicaments, c'est-à-dire avec au moins deux composants dans le même comprimé. Les premières trithérapies dans l’hypertension arrivent sur le marché. Pour le patient, il s’agit d’une vraie simplification de la médication, ce qui favorise indiscutablement son adhérence au traitement (respect de la prise de médicaments prescrite par le médecin). C’est aujourd’hui l’objectif le plus complexe à atteindre : amener un patient qui ressent peu de symptômes à prendre un médicament tous les jours. C’est le point sur lequel la marge de progression est la plus importante en matière de prise en charge globale de l’hypertension artérielle.

Article rédigé sous la supervision du Professeur Jean-Jacques MOURAD, chef de l’unité Médecine Interne-HTA au CHU Avicenne de Bobigny (93), Président du Comité Français de Lutte contre l’Hypertension Artérielle.

Sources : Comité Française de Lutte contre l’hypertension artérielle, Enquête Flahs 2010

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