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La carence en fer : les symptômes et les causes, comment les prévenir, les surveiller ?

Publié le 4 déc. 2021 • Par Claudia Lima

Le fer est un minéral qui joue un rôle essentiel dans l’organisme. Il est indispensable à de nombreux processus physiologiques de l’organisme. On parle alors de carence en fer ou de carence martiale, l’une des causes d’anémie les plus fréquentes. 
Plus d’1,5 milliard de personnes souffrent de carence en fer dans le monde. 
 
Quels sont les symptômes de cette carence, leurs conséquences sur l’organisme et comment l’éviter ? 

Vous souhaitez des réponses, lisez notre article ! 

La carence en fer : les symptômes et les causes, comment les prévenir, les surveiller ?

Le fer est un oligo-élément indispensable. Il entre dans la composition, entre autres, de l’hémoglobine (environ 70% du fer de l’organisme), la protéine des globules rouges qui permet de transporter l’oxygène vers toutes les cellules ; et dans celle de la myoglobine, la protéine des muscles qui sert à mettre une grande quantité d’oxygène à disposition de ces organes. Par ailleurs, le fer contribue à la production de l’adénosine triphosphate (ATP), la molécule qui fournit l’énergie nécessaire aux réactions chimiques des cellules, donc à leur vie. Il permet aussi de synthétiser l’ADN et de transcrire certains ARN messagers

Le fer est absorbé dans le duodénum, la partie supérieure de l’intestin grêle. Il est stocké principalement dans le foie et est recyclé, lorsque meurent les cellules qui le contiennent, grâce à des cellules appelées macrophages ; le foie et les macrophages renferment le fer dans une protéine appelée la ferritine. Entrant, comme on l’a vu, dans la composition de l’hémoglobine, le fer est utilisé principalement dans la moelle osseuse, lieu de production des globules rouges. 

Il faut faire une distinction entre le fer sérique (présent dans le sang sans compter les globules), qui correspond au fer en circulation dans l'organisme, et le fer renfermé par la ferritine, qui correspond aux réserves en fer de l’organisme. Le fer sérique peut être lié à la transferrine, une protéine du sang qui assure la pénétration du fer dans les cellules.  

Le corps humain ne fabrique pas naturellement de fer. Son taux dans l’organisme va donc dépendre de sa consommation par l’organisme et des apports alimentaires. Cela explique qu’il puisse exister des carences en fer.  

Qu’est-ce qu’une carence en fer ? Comment mesurer le fer dans l’organisme ? 

La carence en fer, appelée aussi carence martiale, est la situation où l’organisme manque de fer. Ainsi, les fonctions assurées par le fer sont défaillantes. Comme un de ses principaux rôles est d’entrer dans la composition de l’hémoglobine, une carence en fer induit une sous-production d’hémoglobine soit une diminution du taux d’hémoglobine dans le sang, les globules rouges transportent alors moins d’oxygène dans l’organisme. C’est ce qu’on appelle l’anémie ferriprive (due à la carence en fer). Les anémies peuvent avoir d’autres causes.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les valeurs du taux d’hémoglobine sont considérées basses quand elles sont inférieures à 13 g/dl chez l’homme, 12 g/dl chez la femme et 11 g/dl chez la femme enceinte. 

Pendant la grossesse, le volume sanguin augmente. La femme enceinte a donc besoin de plus de fer pour que ses organes fonctionnent correctement. Chez l’enfant, la quantité normale d’hémoglobine varie à chaque étape de la croissance. 

Lors d'une anémie, plusieurs examens sanguins peuvent être prescrits pour savoir si elle est ferriprive. Ces mesures sont un bon indice de l’état nutritionnel d’une personne. Il est préférable de faire une prise de sang le matin, d’être à jeun depuis au moins 8 h et de ne pas avoir bu d’alcool avant le test. 

Les éléments qui seront dosés sont :  

  • Le fer sérique : entre 0,65 et 1,8 g/l, 
  • La transferrine (le transporteur du fer dans le sang) : entre 2 et 4 g/l, parfois mesurée sous forme de “capacité totale de fixation du fer”. Une augmentation est un signe de carence en fer (l’organisme produit plus de transferrine pour tenter de compenser la carence en fer), 
  • La ferritine (la réserve de fer) : entre 18 et 270 µg/l chez l’homme, 18 et 160 µg/l chez la femme, 7 et 40 µg/l chez l’enfant. Une diminution est un signe important de carence en fer, 
  • Le taux d’hémoglobine, minimum 13 g/dl chez l’homme, 12 g/dl chez la femme et 11 g/dl chez la femme enceinte, 
  • Le volume globulaire moyen (la taille des globules rouges) : entre 80 et 95 fl. L’anémie ferriprive est dite “microcytaire”, c’est-à-dire qu’elle donne lieu à des globules rouges plus petits que la moyenne. 

Quelles sont les raisons d’une carence en fer ? 

Une fois le diagnostic d’anémie par carence en fer confirmé, le médecin traitant devra rechercher la cause de celle-ci. Les interrogations seront d’abord liées à l’alimentation pour évaluer si l’apport en fer est suffisant (ex. : régime végan ou végétarien), puis des questions sur d’éventuelles pertes sanguines visibles (règles abondantes, saignements entre les règles) et invisibles (saignements digestifs). 

Un autre mécanisme pouvant entraîner une carence en fer est la malabsorption de celui-ci en raison d’une maladie intestinale chronique ou auto-immune au niveau du tube digestif. La rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn sont deux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin qui diminuent l'absorption du fer. 

Pour être certains de ces causes, un bilan complémentaire sera effectué par la recherche de sang dans les selles et/ou les urines, un examen gynécologique, une endoscopie ou une coloscopie entre autres. Il s’agit d’une approche pluridisciplinaire avec la participation possible d’un gynécologue, d’un gastro-entérologue ou d’un urologue pour l’obtention d’un avis médical spécialisé.

Quelles sont les manifestations d’une carence en fer ? 

Une anémie par carence en fer peut entraîner divers symptômes. Les femmes enceintes et les enfants sont particulièrement vulnérables à la carence en fer, qui représente un risque accru de mortalité maternelle et infantile. La prévalence de l’anémie reste élevée dans le monde, en particulier dans les milieux à faibles revenus. 

Quels sont ces symptômes ? 

  • Une fatigue inhabituelle, une diminution de la force physique, 
  • Une dyspnée, des essoufflements, 
  • Une pâleur de la peau et des muqueuses,  
  • Des étourdissements, des vertiges,  
  • Des maux de tête, 
  • Des palpitations, 
  • Une modification de l’aspect des ongles, une perte de cheveux plus importante, 
  • Un prurit cutané (sensation désagréable qui entraîne le besoin de se gratter), 
  • Un manque de motivation, 
  • Une baisse de libido, 
  • Des troubles cognitifs (perte de concentration, de mots, lenteur intellectuelle),  
  • Une hypotension orthostatique (vertige, perte de connaissance, chute lors du passage de la position assise ou allongée à la position debout). 

Il existe, à l’inverse d’une carence en fer, une surcharge en fer. La principale cause recherchée est l'hémochromatose, une maladie génétique dans laquelle l’intestin absorbe tout le fer de l’alimentation au lieu de n’en absorber qu’une partie. Le fer, alors présent dans l’organisme en trop grande quantité, devient toxique pour les organes. 

Comment traiter une carence en fer ? 

Pour pallier une carence martiale due à une alimentation déséquilibrée, on doit augmenter son apport en fer en privilégiant les aliments qui en sont riches : la viande rouge, les abats, le poisson, les fruits de mer, les légumineuses, les céréales complètes, les graines de sésame, la spiruline, les noix, noisettes, amandes, le persil, le chocolat noir ou encore les épinards. Il faut limiter sa consommation de thé et de café et faire attention aux régimes végétaliens stricts.  

Dans certains cas, on peut aussi se faire prescrire une supplémentation en fer, celle-ci est possible par la prise de comprimés oraux. Elle est prescrite en perfusion lorsque la perte de fer est supérieure à l’absorption de celui-ci par le tube digestif. Exceptionnellement, une transfusion sanguine peut-être envisagée en début de traitement, notamment si l’anémie est survenue brutalement (important saignement) ou si les symptômes engendrés sont mal supportés. 

Parallèlement à l’apport de fer, il faut veiller à traiter la cause de l’anémie, autrement dit, la cause de la perte de fer, qui peut provenir d’un ulcère gastro-duodénal, d'un fibrome utérin, d'un polype du côlon, d'une maladie cœliaque… 

Des examens de surveillance sont prescrits pour vérifier que le patient présente des améliorations de ces symptômes après quelques semaines de traitements. 

Quand elle n’est pas due à une hémorragie, l’anémie par carence en fer est un indicateur de mauvaise nutrition, elle peut s’accompagner de répercussions sur d’autres aspects de la nutrition en général. Chez l’enfant, on observe un retard de croissance, une émaciation, un faible poids de naissance, ou à l’inverse un surpoids et une obésité, un manque de concentration et d’énergie pour les exercices scolaires et les activités physiques. Ceci représente un impact négatif sur la scolarité des enfants et pour les adultes une réduction de la productivité au travail, avec des conséquences sociales et économiques pour la personne et sa famille. 

Les stratégies de santé publique au niveau mondial visent à prévenir et combattre l’anémie en diversifiant au mieux l’alimentation, en enrichissant les aliments au moyen de fer (mais aussi d’acide folique et d’autres micronutriments), en distribuant des compléments alimentaires contenant du fer et en luttant contre le paludisme, dont l’un des symptômes est la perte de fer. 

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avatar Claudia Lima

Auteur : Claudia Lima, Rédactrice Santé

Claudia est créatrice de contenus chez Carenity, elle est spécialisée dans la rédaction d’articles santé.

Claudia est titulaire d’un Executive MBA en Direction Commerciale et Marketing et continue de se... >> En savoir plus

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