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Diabète et précarité : pourquoi bien manger coûte trop cher ?

Publié le 29 août 2025 • Par Claudia Lima

Le diabète progresse rapidement dans le monde, et il frappe de plein fouet les populations les plus fragiles. En France, plus de 4 millions de personnes vivent déjà avec cette maladie chronique, dont près de 90 % avec un diabète de type 2, fortement lié à l’alimentation et au mode de vie. 

 Pourtant, l’alimentation est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir la maladie et en limiter les complications. Mais dans un contexte de précarité, manger équilibré devient un véritable défi : les fruits, légumes et protéines de qualité coûtent bien plus cher que les produits ultra-transformés. Résultat : les inégalités sociales se répercutent directement dans l’assiette, avec de lourdes conséquences pour la santé.  

Alors, plusieurs questions se posent : pourquoi le diabète touche-t-il davantage les personnes en situation de précarité ? Pourquoi bien manger coûte-t-il si cher ? Et surtout, quelles solutions existent pour mieux manger malgré un petit budget ? 

Bonne lecture !

Diabète et précarité : pourquoi bien manger coûte trop cher ?

Pourquoi le diabète touche-t-il davantage les personnes en situation de précarité ? 

Le diabète n’affecte pas tout le monde de la même manière : il est beaucoup plus fréquent dans les milieux modestes. En France, le risque de développer la maladie est près de trois fois plus élevé chez les 10 % les plus pauvres que dans le reste de la population. L’obésité, qui est l’un des principaux facteurs du diabète, touche aussi quatre fois plus les adultes précaires que les plus aisés.  

Pourquoi une telle différence ? Parce que plusieurs difficultés s’additionnent

  • L’alimentation : les familles modestes mangent moins de fruits, de légumes, de viande ou de poisson, et davantage de produits transformés, moins chers mais plus gras et sucrés,  
  • Le cadre de vie : certains quartiers manquent de commerces de qualité, tandis que les fast-foods y sont très présents,  
  • Les conditions de vie : le stress, le manque de temps, la fatigue, ou encore l’accès limité aux médecins compliquent la prévention et le suivi. 

Résultat : le diabète de type 2, déjà en forte progression dans la population générale, creuse encore plus les inégalités de santé en frappant de plein fouet les personnes en situation de précarité. 

Pourquoi bien manger coûte-t-il plus cher ? 

Avec un petit budget, bien manger devient un véritable défi. Dans les foyers modestes, l’alimentation peut représenter jusqu’à la moitié des dépenses, contre seulement 15 % pour les plus aisés. Faute de moyens, beaucoup se tournent vers des produits bon marché mais souvent moins sains.  

En réalité, une alimentation équilibrée coûte bien plus cher que la malbouffe : à apport calorique égal, fruits et légumes valent plus du double des chips, sodas ou plats préparés. Pour une famille, la différence se chiffre en centaines d’euros par an, une somme impossible à absorber quand chaque euro compte. 

Plusieurs raisons expliquent ce paradoxe : 

  1. Les fruits, légumes et viandes maigres coûtent plus cher à produire et à distribuer, 
  2. Les subventions agricoles soutiennent surtout le blé, le maïs ou le soja, bases de nombreux produits transformés, 
  3. Les produits industriels sont plus rentables : longue conservation, transport facile, faible coût, 
  4. L’inflation a davantage touché les produits frais que la malbouffe. 

Pour beaucoup de familles, une alimentation équilibrée reste un luxe alors qu’elle devrait être un droit fondamental. 

Quels obstacles du quotidien compliquent l’accès à une alimentation saine ? 

La précarité ne se limite pas au manque d’argent : elle pèse aussi sur la qualité et même sur la quantité des repas. Certaines personnes n’arrivent pas à assurer trois repas par jour, ce qui double le risque de développer un diabète de type 2. Mais au-delà du coût, de nombreux obstacles rendent difficile le fait de « bien manger » : 

  • Les déserts alimentaires : dans certains quartiers populaires ou zones rurales, l’offre se limite à des supermarchés discount ou des fast-foods, où les fruits et légumes frais sont rares ou chers,  
  • Le manque de temps : cumuler plusieurs emplois, avoir des horaires décalés ou s’occuper seul des enfants laisse peu de place pour cuisiner,  
  • Le manque d’équipement : sans cuisine adaptée, réfrigérateur ou four, préparer et conserver des repas équilibrés devient compliqué.  
  • Le manque d’information : beaucoup de familles n’ont pas accès à une éducation nutritionnelle claire, peinent à lire les étiquettes ou pensent, à tort, que les produits surgelés sont moins bons. 

Ces obstacles font de l’alimentation saine un défi, poussant vers les produits prêts à consommer, plus gras, plus sucrés et moins sains. 

En quoi la malbouffe entretient-elle un cercle vicieux ? 

Les produits ultra-transformés sont partout : supermarchés, fast-foods, publicités. Peu chers et faciles à consommer, ils séduisent de nombreuses familles modestes. Mais derrière cette apparente économie se cachent de graves risques pour la santé. Riches en sucres, graisses et sel, ils favorisent la prise de poids, l’obésité et le diabète de type 2. Ces aliments sont conçus pour être très appétissants, parfois même addictifs. Sodas, snacks et plats préparés provoquent des pics de sucre dans le sang, suivis de fringales, ce qui pousse à en consommer toujours plus. Les personnes précaires se retrouvent piégées dans un cercle vicieux qui aggrave la maladie au lieu de la prévenir.  

Les conséquences vont bien au-delà de l’individu : complications cardiovasculaires, dialyse, amputations… autant de dépenses médicales énormes pour la société. Et à long terme, ces mauvaises habitudes se transmettent aux enfants, perpétuant les inégalités de santé. Ce qui semble économique à court terme devient donc un lourd fardeau pour la santé et pour la collectivité. 

Quelles solutions existent pour manger équilibré avec un petit budget ? 

Bien manger avec un petit budget reste difficile, mais des solutions existent à différents niveaux. 

Les aides alimentaires  

  • Des épiceries solidaires : produits frais à prix réduits, parfois accompagnés d’ateliers cuisine et de soutien social,  
  • Des banques alimentaires et associations : distribution de paniers incluant fruits, légumes et protéines de qualité,  
  • Des initiatives locales : ateliers cuisine, jardins partagés, paniers associatifs. 

Des mesures publiques 

Des astuces du quotidien 

  • Choisir les produits de saison, les conserves ou les surgelés, moins chers mais nutritifs,   
  • Miser sur les protéines végétales (lentilles, pois chiches, œufs), économiques et saines,   
  • Cuisiner maison, acheter en vrac, planifier ses repas pour limiter le gaspillage. 

Ces solutions montrent qu’il est possible de mieux manger même avec peu de moyens. Mais pour réduire durablement les inégalités, elles doivent être renforcées et accessibles au plus grand nombre. 

Pourquoi l’alimentation est-elle aussi une question d’équité sociale ? 

La précarité alimentaire touche aujourd’hui plus de 8 millions de personnes en France, un chiffre qui a triplé en vingt ans. Ce constat rappelle que bien manger n’est pas seulement une affaire individuelle : c’est un droit fondamental et un enjeu collectif de santé publique. Les foyers modestes, plus exposés à la malbouffe faute de moyens, paient un tribut sanitaire bien plus lourd. Corriger ces inégalités suppose d’aller au-delà des aides ponctuelles et de repenser notre système alimentaire. 

Parmi les pistes, la Sécurité sociale de l’alimentation, expérimentée dans certains territoires, vise à garantir à chacun un droit universel à une nourriture saine tout en soutenant les producteurs. D’autres leviers consistent à rendre les fruits et légumes plus accessibles, à lutter contre les déserts alimentaires en réimplantant des commerces de proximité, ou encore à renforcer l’éducation nutritionnelle dès l’école. 

Garantir l’accès à une alimentation équilibrée, c’est donc non seulement prévenir le diabète, mais aussi lutter contre les inégalités sociales et renforcer la cohésion de toute la société. 

À retenir 

Le lien entre diabète et précarité révèle l’injustice d’un système où bien manger reste un privilège. Quand les produits sains sont inaccessibles, les maladies chroniques se multiplient et les inégalités s’aggravent.  

Ce cercle vicieux n’est pas une fatalité : garantir l’accès à une alimentation équilibrée et soutenir les producteurs locaux sont des leviers essentiels. Pouvoirs publics, associations et citoyens ont chacun un rôle à jouer pour que bien manger devienne un droit, et non un luxe. Lutter contre le diabète, c’est aussi lutter contre la précarité et construire une société plus juste. 

 

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Prenez soin de vous, et à très vite !

avatar Claudia Lima

Auteur : Claudia Lima, Rédactrice Santé

Claudia est créatrice de contenus chez Carenity, elle est spécialisée dans la rédaction d’articles santé.

Claudia est titulaire d’un Executive MBA en Direction Commerciale et Marketing et continue de se... >> En savoir plus

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