/static/themes-v3/default/images/default/home/bg-generic.jpg?1516194360

Patients Migraine

aucune réponse

aucune lecture

Sujet de la discussion


anonymous avatar Membre Carenity • Animatrice de communauté
Posté le
Bon conseiller

Deux essais cliniques montrent que deux anticorps thérapeutiques permettent de réduire la fréquence des crises de migraine. Les effets indésirables sur le long terme doivent encore être évalués.

migraine

Le traitement de la migraine n’a pas connu d’avancée majeure depuis plus de deux décennies. Si les triptans permettent de calmer les crises, peu de molécules préviennent leur apparition. L’arsenal thérapeutique se limitant à des antiépileptiques, antidépresseurs ou antihypertenseurs. Des molécules qui n’ont pas toutes démontré leur efficacité dans le traitement de la forme chronique.

Mais la recherche de traitement contre la migraine n’est pas en panne. Les industriels se penchent depuis plusieurs années sur les anticorps monoclonaux (molécule ciblant spécifiquement une autre molécule). Quatre sont en développement et testés chez les patients. Deux d’entre eux affichent d’ailleurs des résultats prometteurs dans le New England Journal of Medicine

Baptisés erenumab et fremanezumab, ces anticorps ciblent la protéine CGRP. Celle-ci joue un rôle dans la dilatation des vaisseaux sanguins situés dans le cerveau, cause connue de la migraine, et est un médiateur de la douleur. "Cette nouvelle classe thérapeutique est très attendue par les patients car elle est novatrice", indique le Dr Anne Donnet, neurologue spécialiste des céphalées et des migraines à l’hôpital de la Timone à Marseille qui n’a pas participé à ces travaux.

Une fréquence divisée par deux 

Au cours de ces essais de phase 3, les deux molécules ont permis de réduire de moitié le nombre de crises de migraine dans plus de deux cas sur cinq contre un sur cinq dans le groupe placebo. Mieux, l’essai du fremanezumab a montré qu’une injection tous les quatre mois permettait de réduire la fréquence des crises aussi efficacement qu’une injection mensuelle chez des malades souffrant de migraine chronique. "C’est très intéressant car moins le traitement est lourd, plus les patients y adhéreront", signale le Dr Donnet qui testera cet anticorps chez des patients suivis au centre d’évaluation et de traitement de la douleur de la Timone.

La faible survenue d’effets secondaires graves semble également encourageante. En dehors d’effets hépatiques observés avec le fremanezumab, les deux molécules semblent être bien tolérées. Mais cette évaluation a seulement été réalisée entre six et douze mois. "Globalement, les investigateurs notent peu d’effets indésirables importants, ce qui montre que les anticorps sont bien tolérés sur le court terme , commente le Pr Gilles Paintaud, responsable de l’équipe de recherche Pharmacologie des Anticorps Thérapeutiques Chez l’Homme de l’université de Tours. En revanche, il est plus difficile de conclure sur la tolérance des anticorps à long terme car ces médicaments sont rarement étudiés sur une durée plus longue malgré leur utilisation dans des maladies chroniques comme la migraine."

Une absence d’événements majeurs à nuancer, d’autant que l’on sait que les anticorps thérapeutiques ne sont pas dénués d’effets toxiques. Certains d’entre eux peuvent par exemple favoriser les infections, le développement d’une maladie auto-immune ou être toxiques pour le cœur. "La migraine touche surtout des femmes en âge de procréer. Or on ne sait pas si ces molécules présentent un danger pour le fœtus. Par prudence, il est préférable de déconseiller ces traitements dans cette population", soulève le Pr Theodora Bejan-Angoulvant, pharmacologue au CHRU de Tours qui ajoute que les anticorps sont des molécules "étroitement surveillées".

Les essais cliniques devraient donc se poursuivre. L’occasion d’étudier un plus grand nombre de malades atteints de migraine plus difficiles à traiter. Et pourquoi pas comparer ces anticorps aux traitements de fond actuellement prescrits ? Une comparaison qui permettrait d’évaluer plus finement l’intérêt médical de ces anticorps, mais il est exceptionnel que les industriels comparent des médicaments qui ont les mêmes indications et qui peuvent être en compétition.

Source : Le Figaro Santé

icon cross

Ce sujet vous intéresse ?

Rejoignez les 153 000 patients inscrits sur la plateforme, informez-vous sur votre maladie
ou celle de votre proche et échangez avec la communauté

Rejoindre

C'est gratuit & anonyme