Stéatose hépatique non alcoolique : tout savoir

Lorsqu’une quantité de graisse non associée à une consommation excessive d’alcool s’accumule dans le foie (5 à 10 % de son poids), une stéatose hépatique non alcoolique peut apparaître chez le patient.

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Stéatose hépatique non alcoolique : qu'est-ce que c'est ?

Définition

La NASH, complication de la NAFLD

La stéatose hépatique non alcoolique (non-alcoholic fatty liver disease, NAFLD, en anglais) est également appelée maladie du foie gras. Elle survient lorsqu'une quantité importante de graisse s'accumule dans le foie (5 à 10% du poids de l'organe). Elle ne cause que peu de dégâts si elle reste à ce stade.

Néanmoins, la stéatohépatite non alcoolique (non-alcoholic steatohepatitis en anglais, ou NASH) est une forme dérivée plus sévère de la NAFLD. À ce stade, les cellules du foie présentent des lésions qui pourront former une fibrose hépatique (les cellules n'arrivent plus à réparer les lésions et créent alors un tissu cicatriciel qui remplace les cellules mais qui n'a aucune fonction et peut interférer avec la circulation sanguine). Le principal risque de la NASH est l'évolution vers la cirrhose (une maladie chronique du foie qui cause de nombreuses complications) et le carcinome hépato-cellulaire (CHC), c'est-à-dire un cancer du foie.

Quelques chiffres

La prévalence de la stéatose hépatique non alcoolique est estimée entre 20 et 30% dans le monde occidental et celle de la NASH entre 2 et 3%. Les estimations sont beaucoup plus importantes chez les personnes souffrant d'obésité chez qui on retrouve 65 à 75% de stéatose hépatique (85 à 95% en cas d'obésité morbide) et 15 à 20% de NASH.

Le risque d'évolution vers une cirrhose est estimé à 12% en 8 ans. Le risque de cancer du foie est connu mais non chiffré. Plus de la moitié des personnes ayant une NASH ont un diabète de type 2 et environ 80% souffrent de dyslipidémie.

Comment détecter une NAFLD ?

Les symptômes

Les patients présentant une NAFLD ne ressentent généralement pas de symptômes, mais peuvent parfois présenter :

- de la fatigue
- une sensibilité de l'hypochondre droit (les hypochondres sont les parties de l'abdomen situées de chaque côté de l'abdomen, au-dessus de la ligne formée par le nombril)
- une hépatomégalie (augmentation du volume du foie que l'on peut remarquer par palpation)

Les ALAT (enzymes du foie) et les gamma-GT (enzymes hépatiques) sont inconstamment augmentées et semblent assez bien corrélées avec le degré de stéatose mais ne sauraient permettre le diagnostic de NAFLD. Leur dépistage ne permet donc pas systématiquement d'établir le diagnostic. 

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Les examens

Les examens habituels d'imagerie, notamment l'échographie et l'IRM, permettent de dépister à des degrés divers une stéatose hépatique mais ne permettent pas de distinguer entre NASH et simple stéatose. Des marqueurs biologiques et le fibroscan (technique qui permet de déterminer l'élasticité et la dureté du foie par vibration) sont deux approches innovantes pour les différencier mais sont toujours en cours d'évaluation.

À l'heure actuelle, la seule façon de diagnostiquer une NASH, et donc un risque potentiel de cirrhose et de cancer du foie, est la ponction biopsie hépatique (PBH), c'est-à-dire que l'on prélève un échantillon du foie pour l'analyser. Etant donnés les risques et coûts de cet examen, plusieurs algorithmes ont été développés ces dernières années pour tenter de distinguer les patients à haut risque de NASH pour qui une PBH à visée diagnostique serait utile.

Les principaux facteurs retenus sont un âge supérieur à 45 ans, une obésité, un diabète de type 2 et un rapport ASAT/ALAT supérieur à 1 (rapport entre deux types d'enzymes principalement présentes au niveau du foie). Une ponction biopsique hépatique (PBH) est aussi à envisager chez les patients présentant une élévation persistante des enzymes hépatiques malgré un traitement adéquat de leur syndrome métabolique. Cette ponction permet le prélèvement du tissu hépatique et ainsi de mener un examen histologiques (donc des tissus) des cellules du foie.

Les traitements de la NAFLD et de la NASH

Aucun médicament ou intervention chirurgicale n'est recommandé dans le traitement de la NAFLD. Il convient de diminuer le risque de développement d'un diabète et le risque cardiovasculaire en augmentant l'activité physique, en améliorant l'alimentation et en contrôlant le taux de lipides dans le sang et l'hypertension artérielle. Il faut aussi limiter voire stopper sa consommation de tabac, car toutes ces actions diminuent le taux des enzymes hépatiques.

La chirurgie de réduction de l'obésité et certains médicaments comme la metformine, les glitazones, les ARA II et les statines pourraient avoir un impact similaire, mais ces résultats sont à interpréter avec prudence et des études supplémentaires sont nécessaires.

Il est également recommandé de prendre la vitamine E (800 UI/j). Cependant, on ne sait pas encore clairement si cette prise n'est pas nocive sur le long terme. Une augmentation du risque d’accident vasculaire hémorragique et de cancer de la prostate serait présente.

La pioglitazone est également retenue par ces mêmes recommandations internationales mais son usage au long cours est associé à une prise de poids, à un risque d’ostéoporose voire un risque de cancer de vessie, ce qui n’a pas permis de retenir son indication en France.

La recherche médicale

La recherche de nouveaux médicaments est actuellement très active dans le domaine des stéatoses hépatiques, d'autant plus pressée que la sédentarisation des populations augmentera probablement le nombre de cas d'obésite.

Parmi les médicaments potentiels, l’acide obéti­cholique (agoniste du Farnesoid X Receptor), l’élafibranor (double agoniste du Peroxisome proliferator-­activated receptor -PPAR- alpha et du PPAR delta), le cénicriviroc (antagoniste du C-C chemokine receptor type 2 -CCR2- et CCR5) et le selonsertib (inhibiteur du apoptosis signal-regulating kinase 1) sont en cours d’essais thérapeutiques internationaux de phase 3.

La modulation du microbiote intestinal (les micro-organismes qui vivent dans l'intestin) à l’aide de prébiotiques, probiotiques, synbiotiques, antibiotiques, voire par la transplantation fécale est une piste en cours d’évaluation.

Sources

http://www.worldgastroenterology.org/

Non-alcoholic fatty liver disease: an overview of prevalence, diagnosis, pathogenesis and treatment considerations. Preiss D, Sattar N. Clin Sci (Lond). 2008 Sep;115(5):141-50

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15/11/2018 à 12:33

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15/11/2018 à 09:46

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