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Vivre avec une malformation congénitale : le témoignage inspirant de Rachel Fotso

Publié le 19 août 2026 • Par Léonie Guerut

Les malformations congénitales peuvent avoir un impact important sur la vie quotidienne et sur le rapport au regard des autres. Rachel Fotso, née au Cameroun avec une malformation congénitale des mains et des pieds, partage son parcours, son expérience du handicap et le chemin qui l’a menée vers une plus grande confiance en elle et une meilleure acceptation de sa différence.

À bientôt 25 ans, Rachel est aujourd’hui créatrice de contenu. Elle vit avec quatre doigts à chaque main et deux orteils par membre. Pourtant, son handicap n’a jamais été présenté comme une limite par sa famille.

« Si ma famille a peut-être vécu cela difficilement, ils ne me l’ont jamais fait sentir », raconte-t-elle.

Rachel décrit ainsi une enfance « normale », entourée de sa famille, sans avoir le sentiment d’être différente.

Vivre avec une malformation congénitale : le témoignage inspirant de Rachel Fotso

Une enfance sans se sentir différente

Au Cameroun, Rachel grandit avec l’idée que son handicap fait simplement partie d’elle. Sa famille l’accompagne avec bienveillance et ne lui transmet jamais l’idée qu’elle serait moins capable que les autres.

« Si ma famille a peut-être vécu cela difficilement, ils ne me l’ont jamais fait sentir », explique-t-elle.

Cette enfance entourée d’amour lui permet de construire des bases solides. Mais son arrivée en France, à l’âge de 7 ans, va progressivement modifier son rapport au handicap et au regard des autres.

Apprendre à vivre avec une malformation congénitale

Son arrivée en France marque un tournant. Nouveau pays, nouvelle langue, nouvel environnement : Rachel découvre un quotidien dans lequel son handicap est davantage remarqué.

Loin de ses parents, elle doit également apprendre à composer avec le regard des autres.

« J’ai porté le poids de cette différence durant toute ma scolarité primaire », explique-t-elle.

Même entourée par ses oncles et ses tantes, cette période représente une véritable épreuve. Rachel doit progressivement trouver sa place dans ce nouvel environnement et apprendre à accepter une différence qui attire parfois l’attention.

Au collège, malgré quelques moqueries, son rapport au handicap évolue. Elle développe peu à peu une confiance en elle qui lui permet de moins se laisser atteindre par les remarques extérieures.

Le regard des autres et la confiance en soi

Le regard des autres reste une réalité avec laquelle Rachel compose encore aujourd’hui. Certaines personnes font preuve de délicatesse, tandis que d’autres se montrent maladroites ou simplement curieuses.

Plus jeune, elle a connu des situations dans lesquelles des enfants fuyaient ou se moquaient d’elle. Aujourd’hui encore, certains moments peuvent être difficiles, notamment lorsqu’elle va à la piscine ou porte des chaussures ouvertes.

« Je n’aime pas être un sujet de distraction », confie-t-elle.

Mais ces expériences ont également contribué à construire sa force intérieure.

« Être une femme noire avec un handicap ne m’a pas laissé le choix : j’ai dû développer une confiance en moi solide », témoigne-t-elle.

Rachel explique aujourd’hui ne pas se sentir diminuée par son handicap. Elle souligne également l’importance de sa foi dans son parcours.

Le handicap dans la vie quotidienne

Vivre avec une malformation congénitale des mains et des pieds implique aussi de s’adapter à un environnement qui n’a pas toujours été pensé pour soi.

Certains gestes du quotidien ont pu représenter de véritables défis pour Rachel, comme découper de la viande seule ou ouvrir certains objets. Grâce à des centres de rééducation, elle a appris à utiliser ses doigts pour réaliser des gestes précis et gagner progressivement en autonomie.

Aujourd’hui, Rachel mène une vie indépendante, même si certaines limites demeurent.

« Je ne peux pas porter de charges trop lourdes, comme des packs d’eau ou des meubles, mais à force de pratiquer, on y arrive », explique-t-elle.

Elle exprime également sa reconnaissance envers le système médical français. Grâce aux soins reçus et aux semelles orthopédiques, elle peut désormais porter des chaussures adaptées à sa taille et marcher correctement, ce qui n’était pas possible durant son enfance.

Faire de son handicap une force

Avec le recul, Rachel porte un regard positif sur son histoire et sur les épreuves qu’elle a traversées.

« Je suis contente d’avoir ce handicap : il m’a forgée, m’a imposé de nombreuses opérations et m’a offert une force mentale que je n’aurais jamais eue sans ces épreuves », affirme-t-elle.

Son déclic est notamment venu lorsqu’elle a compris que les personnes qui semblaient « parfaites » en apparence pouvaient elles aussi manquer de confiance en elles.

Elle réalise alors qu’elle est « très bien comme elle est ».

« Mon handicap ne me définit pas, il fait partie de moi », affirme-t-elle.

Aujourd’hui, l’opinion des autres occupe une place beaucoup moins importante dans sa vie.

« Je pense qu’il n’y a pas de plus belle victoire que celle-là », explique-t-elle.

Pourquoi la représentation du handicap est importante

Passionnée par la mode et les vêtements, Rachel partage également son univers sur les réseaux sociaux. Du haut de ses 1,80 m et avec une taille 44-46, elle souhaite montrer qu’il est possible d’être la meilleure version de soi-même, quelle que soit sa morphologie ou sa couleur de peau.

« J’ai hérité du goût pour la coquetterie de ma mère », raconte-t-elle.

À travers ses contenus, Rachel souhaite également aider d’autres personnes à mieux s’accepter.

Pour elle, la représentation du handicap est essentielle. Les personnes handicapées doivent pouvoir être visibles dans les médias, les magazines, les émissions de télévision ou encore les défilés.

« Il est crucial que nous puissions nous identifier partout pour que la société comprenne qu’un handicap ne rend pas une personne moins que les autres », insiste-t-elle.

Le message de Rachel aux personnes en situation de handicap

Pour celles et ceux qui éprouvent des difficultés à accepter leur différence, Rachel partage un message simple :

« Faites semblant, peut-être qu’à force, vous y arriverez. Personne ne vous aimera mieux que vous-même. Puisque vous aurez cette différence toute votre vie, pourquoi la voir comme un poison ? Faites-en une force. »

Et si elle pouvait s’adresser à la petite fille qu’elle était, Rachel lui dirait aujourd’hui :

« Tu n’es qu’au début d’une grande ascension, tu seras très fière de toi. »

Une histoire de confiance et d’acceptation de soi

À travers son témoignage, Rachel Fotso partage un parcours marqué par les défis, les apprentissages et une grande force intérieure.

Son histoire rappelle que le handicap fait partie d’une personne sans jamais résumer qui elle est. Son parcours témoigne également du chemin que l’on peut parcourir pour apprendre à s’accepter, construire sa confiance en soi et porter un regard différent sur sa propre histoire.

Merci à Rachel Fotso d’avoir accepté de partager son expérience avec sincérité et générosité, contribuant ainsi à une meilleure représentation du handicap et à une plus grande sensibilisation autour de l’acceptation de soi.

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avatar Léonie Guerut

Auteur : Léonie Guerut, Rédactrice Santé

Léonie est contributrice au sein de la communauté Carenity. Son rôle est de participer à la création et au partage de contenus informatifs, tout en contribuant aux échanges avec les membres de la plateforme. Elle... >> En savoir plus

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