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Maladies cardiovasculaires : comment lire ses analyses de sang ?

19 oct. 2020 • 4 commentaires

Lorsqu'on est atteint d'une maladie cardiovasculaire chronique, des analyses de sang et une série de bilans vous sont prescrits régulièrement. Mais connaissez-vous les valeurs qu’il faut surveiller sur ce bilan sanguin ? Lisez notre guide à destination des patients atteints de maladies cardiovasculaires.

Maladies cardiovasculaires : comment lire ses analyses de sang ?

Quelles sont les différents types de maladies cardio-vasculaires ?

  • Les cardiopathies rhumatismales, affectant le muscle et les valves cardiaques et résultant d’un rhumatisme articulaire aigu, causé par un streptocoque ou les malformations cardiaques congénitales (malformations de la structure du cœur déjà présente à la naissance) qui sont responsables par exemple de l’insuffisance cardiaque. L’insuffisance cardiaque est l’incapacité du myocarde (muscle cardiaque) à assurer un débit sanguin systémique normal, c’est à dire satisfaisant pour remplir les fonctions de l’organisme. Le premier symptôme est l'essoufflement à l’effort qui survient même au repos pour les stades plus avancés, dû à l’engorgement de sang dans les poumons qui “stagne” puis une fatigue et des œdèmes peuvent apparaître.
  • Les cardiopathies coronariennes (touchant les vaisseaux sanguins qui alimentent le muscle cardiaque), par exemple l’infarctus du myocarde.
  • Les maladies cérébro-vasculaires (touchant les vaisseaux sanguins qui alimentent le cerveau), par exemple l’accident vasculaire cérébral ou AVC.
  • Les artériopathies périphériques (touchant les vaisseaux sanguins qui alimentent les bras et les jambes)
  • Les thromboses veineuses profondes et les embolies pulmonaires (obstruction des veines des jambes par un caillot sanguin, susceptible de se libérer et de migrer vers le cœur ou les poumons).

Comment lire ses analyses de sang une fois que le diagnostic d’une maladie cardiovasculaire est posé ?

Un bilan sanguin complet : NFS (Numération formule sanguine) / plaquettes :

Valeurs usuelles :

Globules rouges (érythrocytes)

Femmes : 4,2-5,2 T/L

Hommes : 4,5-5,7 T/L

Plaquettes

150-400 G/L

Pourquoi ce test ?

Le bilan sanguin est primordial à surveiller dans plusieurs types d’affections, notamment pour éliminer une anémie (taux anormalement bas de globules rouges dans le sang) pouvant être à l’origine d’une mauvaise oxygénation des organes.

Le bilan d’hémostase : 

Valeurs usuelles :

TS (temps de saignement Ivy)

2-4 min (trois points)

4-8 min (Incision)

TCA (temps de céphaline activé)

Rapport du malade/ témoin doit être compris entre 0,8-1,2

TP (taux de prothrombine)

70-130 %

Pourquoi ce test ?

L’hémostase (processus physiologique permettant d’arrêter un saignement) est essentielle à surveiller, il s’agit de prévenir la formation pathologique de caillots sanguins. Par exemple le bilan d’hémostase peut être prescrit en bilan pré-thérapeutique pour instaurer un traitement anticoagulant.

Aller plus loin dans le bilan d’hémostase :

Dans certaines pathologies, notamment les thromboses veineuses profondes ou en cas de complications d’un infarctus du myocarde, une surveillance de l’INR (International Normalized Ratio) peut-être instaurée :

Valeurs usuelles :

INR cible compris entre 2 - 3 en général

Attention : les INR cibles sont adaptés selon les situations et les profils de patients, par exemple pour les valves cardiaques l’INR cible est entre 3,5-4,5.

Pourquoi surveiller l’INR ?

C’est l’International Normalized Ratio, qui est surveillé dans le cadre de l’instauration d’un traitement par AVK (Anti-vitamine K). C’est un indicateur de la coagulation sanguine, il s’agit en réalité du rapport de temps de coagulation (donné par le temps de prothrombine) d’un malade et d’un témoin “international” (non malade). Il sert à déterminer la dose efficace de médicament maintenant le patient en zone thérapeutique et limitant les risques inhérents au traitement. Plus l’INR est faible (en dessous de la cible) moins le sang est fluide et inversement. Dans tous les cas, il est impératif de prendre contact avec un spécialiste (cardiologue, néphrologue, rhumatologue, diabétologue…).

Aller plus loin dans le bilan d’hémostase :

Valeurs usuelles :

D-Dimères < 500 µg/L

Pourquoi doser les D-Dimères ?

Dans certaines pathologies, notamment les thromboses veineuses profondes ou l’embolie pulmonaire, le dosage sanguin des D-dimères permet de poser le diagnostic. Les D-Dimères sont les produits finaux de la dégradation de la fibrine (élément terminal de la coagulation sanguine). Globalement les D-Dimères sont les traces biologiques de la présence anormale d’un caillot sanguin, responsable de l’embolie.

Un ionogramme sanguin (taux d’ions présents dans le sang) :

Valeurs usuelles :

Sodium [Na+]

135-145 mmol/L

Pourquoi surveiller son taux de sodium ?

L’hypertension artérielle est la maladie chronique la plus fréquente (11 millions de personnes sont traitées en France), c’est un facteur de risque cardiovasculaire grave, fortement corrélé à la consommation excessive de sel (sodium).

Valeurs usuelles :

Potassium [K+]

35-45 mmol/L

Pourquoi surveiller son taux de potassium ?

Les variations de potassium sont très dangereuses, l’hypokaliémie et l’hyperkaliémie sont responsables de troubles du rythme cardiaque ou de troubles acido-basiques qui peuvent engager le pronostic vital.

Valeurs usuelles :

Calcium

2,2-2,6 mmol/L ou 88-104 mg/L

Pourquoi surveiller son taux de calcium ?

Le calcium est le principal médiateur cellulaire responsable de la contractilité musculaire cardiaque (des taux anormaux peuvent être responsables de troubles du rythme par exemple) ou encore un agresseur identifié des parois des artères coronaires. Il est notamment responsable de la calcification coronaire (aggravant le processus d’athérosclérose, expliqué plus bas).

Un bilan rénal : 

La surveillance du bilan rénal permet de surveiller la survenue d’une insuffisance rénale susceptible d’aggraver la maladie.

Valeurs usuelles :

Urée

2,5-7,5 mmol/L ou 0,15-0,45 g/L

Pourquoi ce test ?

Le taux d’urée (urémie) augmente en cas d’insuffisance rénale. Par ailleurs son élévation n’est pas spécifique de l’insuffisance rénale, ce taux peut varier par exemple en cas de régimes hyperprotéinés, de déshydratation ou d’infections.

Valeurs usuelles :

Créatinine

Hommes : 60-115 µmol = 7-13 ng/L

Femmes : 45-105 µmol = 5-12 ng/L

Pourquoi ce test ?

La créatininémie (taux de créatinine dans le sang) reflète la fonction rénale. La créatinine est un produit de la dégradation du muscle squelettique. Elle est essentiellement éliminée par voie rénale (par filtration glomérulaire mais aussi par sécrétion tubulaire). La fonction rénale peut être estimée par la clairance rénale de créatinine ou à partir de son dosage sanguin grâce à des formules permettant d’estimer le débit de filtration glomérulaire (DFG).

L’exploration d’un syndrome inflammatoire :

Valeurs usuelles :

CRP (protéine C réactive)

< 5ng/L

VS (vitesse de sédimentation : la vitesse à laquelle les globules rouges chutent dans un tube de sang placé à la verticale)

Hommes : 2-5 mm

Femmes : 3-7 mm

Pourquoi ce test ?

Il s’agit ici d’éliminer une myocardite (infection du myocarde, le muscle cardiaque). La CRP et la VS sont augmentées lors d’une réaction inflammatoire, qui peut-être causée par une infection.

Un bilan lipidique complet, aussi appelé Exploration d’une Anomalie Lipidique (EAL) :

Valeurs usuelles :

Triglycérides : 0,4-1,7 mmol/L = 0,35-1,5 g/L

Pourquoi ce test ?

Les triglycérides sont des lipides en circulation dans le sang issus de la synthèse hépatique et de l’alimentation. Il faut savoir qu’un taux élevé de triglycérides (>1,5 g/l) favorise le développement des maladies cardiovasculaires.

Cholestérol total : 4,1-5,2 mmol/L = 1,6 g/L

Cholestérol HDL : > 1 mmol/L = > 0,4 g/L

Cholestérol LDL : <4,1 mmol/L = <1,6 g/L

Quel est le bon ou le mauvais cholestérol ?

Cela dépend de la protéine de transport du cholestérol : le cholestérol HDL est transporté par ce qu’on appelle les lipoprotéines de haute densité (High Density Lipoprotein) tandis que le cholestérol LDL est transporté par les lipoprotéines de faible densité (Low density lipoprotein).

Les protéines HDL permettent l’élimination du cholestérol en surplus dans l’organisme en le ramenant au foie : on l’appelle le bon cholestérol. Par opposition, les protéines LDL sont responsables de distribuer le cholestérol aux différents organes, et favorisent le dépôt de graisse sur la paroi des artères et donc le phénomène d’athérosclérose.

Pourquoi est-il primordial de faire un bilan lipidique en cas de maladie cardiovasculaire ?

La recherche de dyslipidémie (anomalie de la teneur en lipide dans le sang) est très importante à suivre pour les syndromes coronariens ou cérébro-vasculaires notamment.

En effet, le plus fréquemment, le point de départ des maladies cardiovasculaires est commun et repose sur le mécanisme d’athérosclérose. Il s’agit d’un dépôt progressif de graisses sur les parois internes des vaisseaux sanguins. En résulte alors la formation d’une plaque appelée “plaque d’athérome”. À terme, l’impact sur la circulation sanguine est dangereux. De manière silencieuse et lente, la plaque d’athérome entraîne une sténose (rétrécissement) de l’artère, ce qui diminue le flux sanguin alimentant les organes, notamment les organes vitaux (cœur et cerveau) et entraîne des conséquences à l’effort. La plaque constitue également un véritable piège à caillots sanguins : lorsque le sang franchit cette sténose, il a tendance à y déposer des éléments de la coagulation. Il arrive que cette plaque d’athérome, menaçante, rompt brutalement, entraînant une obstruction complète du vaisseau sanguin.

Pour éviter la progression silencieuse de ce type de maladie, il est primordial d’effectuer régulièrement un bilan lipidique pour les patients à risque et tous les 5 ans pour les patients de plus de 50 ans.

Un bilan glycémique :

Valeurs usuelles :


Valeur usuelle de la glycémie à jeun : 0,7-1 g/L = 3,9-5,5 mmol/L

Pourquoi faire ce test ?

Ce test à réaliser pour surveiller l’apparition d’un diabète, qui est un facteur de risque cardiovasculaires, c’est à dire un facteur aggravant une pathologie cardiovasculaire.

NB : Attention être légèrement en dehors des "valeurs de référence" ne signifie pas toujours qu’il existe une maladie sous-jacente. Il est vivement conseillé de demander l’avis d’un professionnel de santé.

Ce qu’il faut surveiller pour toutes les affections cardiaques : les facteurs de risques cardiovasculaires

Le tabagisme, le diabète, l’hypertension artérielle, l’atteinte rénale, l’hypercholestérolémie, l’obésité ou le surpoids, la consommation excessive d’alcool, la sédentarité et le stress sont les facteurs de risques cardiovasculaires que l’on peut maîtriser, la plupart du temps.

Ainsi, avoir un mode de vie sain et équilibré participe grandement à prévenir les maladies cardiovasculaires. On préconise notamment d’une alimentation équilibrée avec une consommation de fruits et légumes régulière et la pratique d’une activité physique régulière.

A l’inverse, l’hérédité, le sexe et l’âge sont des facteurs de risques cardiovasculaires sur lesquels on ne peut pas agir.

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Source : Ameli.fr


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avatar Doriany Samair

Auteur : Doriany Samair, Assistant Marketing Digital

Au sein de l'équipe Marketing Digital, Doriany est en charge de la rédaction de fiches maladies et d'articles scientifiques. Elle s'occupe également de la modération et l'animation de la communauté sur le forum, afin... >> En savoir plus

Commentaires

medespoirch
le 20/10/2020

Très informatif , merci

Gigicar
le 24/10/2020

Super intéressant j'y ai appris beaucoup de choses qui vont énormément m'aider à comprendre mes analyses de sang, merci beaucoup

aperello
le 26/10/2020

Très clair, merci d'avoir pris le temps de nous donner ces explications !

Katedu51
le 05/11/2020

J y vois beaucoup plus clair ! très intéressant ,super ! merciii

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