De retour de vacances ? Voici pourquoi un retour en douceur est primordial
Publié le 30 août 2025 • Par Somya Pokharna
La pression post-vacances est bien réelle. Après une pause bien méritée, on se retrouve souvent face à des listes de tâches interminables et à l’attente implicite de reprendre immédiatement à plein régime. Pourtant, les études montrent que les bienfaits des vacances disparaissent rapidement… à moins de ralentir.
Pour les personnes atteintes de maladie chronique, de fatigue persistante ou de douleurs, un retour progressif à la routine n’est pas un luxe : c’est une nécessité.
Dans cet article, nous explorons la science de la récupération post-été et expliquons pourquoi ralentir n’est pas de la paresse, mais une stratégie de soin de soi validée par la recherche. Un choix essentiel pour préserver votre santé bien au-delà des vacances.

Pourquoi les bienfaits des vacances s’estompent-ils si vite ?
Le « coup de mou post-vacances » est bien réel
Ce n’est pas une illusion : on se sent souvent au top pendant les vacances, puis fatigué·e ou anxieux·se peu de temps après le retour. Dans une étude menée par de Bloom et al., 96 travailleurs ont rapporté une amélioration de leur santé, de leur humeur et de leur énergie pendant leurs congés. Mais seulement une semaine après leur retour au travail, leur bien-être était revenu à son niveau d’avant les vacances.
Cette diminution rapide est particulièrement marquée chez les personnes atteintes de maladies chroniques, dont la récupération face au stress quotidien peut être plus lente et fragile. Lorsque le corps est déjà sous tension, à cause d’un dysfonctionnement immunitaire, de fatigue, de douleurs ou d’effets secondaires médicamenteux, le passage du repos à la routine peut provoquer des poussées ou des revers si l’on ne s’y prend pas avec douceur.
La science le confirme
Une méta-analyse de 2009 a confirmé ces résultats : les vacances améliorent la santé globale et l’humeur à court terme, mais sans changement durable, ces effets disparaissent rapidement. Se reposer ne suffit pas, il faut protéger ce repos une fois de retour à la vie quotidienne.
Qu’est-ce que « ralentir » et pourquoi est-ce important ?
Ralentir, ce n’est pas faire moins. C’est faire différemment.
Selon Harvard Health, le concept de « slow living » consiste à accomplir les choses avec plus d’intention et de présence. Il s’agit de privilégier la qualité à la quantité, de faire moins de choses, mais de les faire bien et en pleine conscience.
Concrètement, cela peut se traduire par :
- Faire des pauses entre les tâches au lieu de passer en courant à la suivante,
- Laisser des espaces intentionnels dans votre agenda,
- Prioriser une tâche importante par jour plutôt que cinq.
Les bienfaits physiologiques du ralentissement
Lorsque nous ralentissons, notre corps sort du mode « combat ou fuite » et passe en mode parasympathique, un état de récupération qui soutient le système immunitaire, baisse la tension artérielle et réduit l’inflammation.
Pour les personnes vivant avec une maladie chronique, rester en état d’alerte permanent peut aggraver les symptômes : fatigue, douleurs articulaires, troubles digestifs et brouillard mental s’intensifient sous stress. En ralentissant le rythme, vous réduisez la charge sur votre organisme et créez de l’espace pour que la guérison se poursuive après les vacances.
Pourquoi avons-nous mauvaise conscience à l’idée de nous reposer ?
Le mythe de la productivité constante
Même lorsque nous voulons ralentir, beaucoup d’entre nous ressentent de la culpabilité. La société associe souvent être occupé à être utile. Mais le repos n’est pas l’opposé de la productivité, il en est la base.
Des études montrent que les gens se sentent souvent mal à l’aise lorsqu’ils essaient de se détendre. Un article de TIME évoque l’« anxiété liée à la relaxation », lorsque le repos semble inconfortable, voire interdit. Une autre étude rapporte que certains participants étaient tellement gênés par l’inactivité qu’ils se donnaient de légères décharges électriques plutôt que de rester immobiles.
La culpabilité n’est pas synonyme de croissance
Ralentir nous offre l’espace pour réfléchir, nous aligner sur nos valeurs et retrouver la joie, plutôt que de simplement « courir ». La culpabilité peut stimuler la productivité à court terme, mais elle ne soutient pas le bien-être durable.
Comment revenir en douceur à la vie quotidienne après les vacances ?
Commencez par un « atterrissage en douceur »
Si possible, ne planifiez rien de majeur dans les premiers jours après votre retour. Offrez-vous le temps de vous réorienter, sans attendre que votre corps ou votre esprit fonctionne à pleine capacité immédiatement.
Prévoyez une journée tampon entre vos vacances et vos responsabilités, juste pour défaire vos valises, planifier ou simplement respirer.
Bougez doucement, sans urgence
Même une activité physique légère peut aider à rétablir l’équilibre, surtout une marche en pleine nature. Une meta-analyse a montré que même de courtes séances de 5 à 30 minutes dans un espace vert réduisent significativement l’humeur dépressive. Pour les personnes atteintes de maladies chroniques, le mouvement doit souvent rester doux et à faible impact.
Pas besoin de randonnée ou d’entraînement intense : une courte promenade, quelques étirements, ou simplement s’asseoir dehors avec une tasse de thé peut réguler votre système nerveux.
Protégez votre énergie avec des priorités conscientes
Au lieu de replonger dans toutes vos obligations sociales ou professionnelles, faites le point :
- Qu’est-ce qui est vraiment important cette semaine ?
- Qu’est-ce qui peut attendre ?
- Que puis-je déléguer ou refuser ?
Poser des limites est essentiel, surtout pour les personnes souffrant de fatigue chronique ou de douleurs. Dire non n’est pas égoïste, c’est protecteur.
Combien de temps rester dans ce mode ralenti ?
Plus longtemps que vous ne le pensez, et c’est normal.
Une étude récente suggère que les bienfaits émotionnels des vacances peuvent durer jusqu’à 43 jours, surtout si vous restez actif·ve et mentalement déconnecté·e du travail.
Vous avez donc la permission de rester en « rythme vacances » bien après septembre : matins doux, soirées lentes et pauses conscientes ne sont pas du temps perdu, ils permettent à votre corps et à votre esprit de continuer à se régénérer.
Faites-en un rythme, pas une réaction
Plutôt que de considérer le repos comme une récompense en cas de burn-out, intégrez-le dans votre routine quotidienne et hebdomadaire. Le repos n’est pas un luxe, c’est un droit.
Points clés à retenir
La pression de revenir de l’été et de repartir au rythme effréné est forte, mais elle n’est pas judicieuse, surtout pour les personnes vivant avec une maladie chronique. La science montre que les vacances apportent des bénéfices significatifs pour l’humeur et la santé, mais ces gains disparaissent rapidement si l’on reprend immédiatement le rythme habituel.
Ralentir, mentalement et physiquement, aide à préserver le bien-être post-vacances et à soutenir une santé durable. Qu’il s’agisse de prendre une journée pour se réadapter, de marcher en pleine nature ou de dire non à un événement supplémentaire, votre système nerveux vous en remerciera.
Alors, ne vous précipitez pas. Allez-y doucement. Laissez la récupération continuer : le soin de soi ne s’arrête pas à la fin des vacances.
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Prenez soin de vous !
Sources:
Barankevych, A. (2023, August 31). Slow down and boost your mental health. Mental Health Commission of Canada.
Blanchard, S. (2025, July 4). Exact length of time you stay happy after a holiday revealed – and it’s MUCH longer than previously thought. The Sun.
Boynton, E. (2022, April 11). Why Taking Breaks Is Important. Right as Rain by UW Medicine.
De Bloom, J., Geurts, S. A., Taris, T. W., Sonnentag, S., de Weerth, C., & Kompier, M. A. (2010). Effects of vacation from work on health and well-being: Lots of fun, quickly gone. Work & Stress, 24(2), 196-216.
De Bloom, J., Kompier, M., Geurts, S., De Weerth, C., Taris, T., & Sonnentag, S. (2009). Do we recover from vacation? Meta‐analysis of vacation effects on health and well‐being. Journal of occupational health, 51(1), 13-25.
Ducharme, J. (2024, June 10). Do Less. It’s Good for You. TIME.
Kim, J. (2024). Why Slowing Down Is Essential for Growth. Psychology Today.
Roberts, H., van Lissa, C., Hagedoorn, P., Kellar, I., & Helbich, M. (2019). The effect of short-term exposure to the natural environment on depressive mood: A systematic review and meta-analysis. Environmental research, 177, 108606.
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