Apprendre que l’on a trop de cholestérol peut compliquer les choix alimentaires du quotidien. Faut-il arrêter de manger des œufs ? Doit-on renoncer au fromage ? Et certains aliments peuvent-ils vraiment aider à faire baisser le taux de cholestérol ?
Bonne nouvelle : adapter son alimentation pour réduire son taux de cholestérol ne signifie pas renoncer à tout ce que l’on aime. De petits changements dans le choix des matières grasses, des fibres et des sources de protéines peuvent, au fil du temps, aider à protéger votre cœur. Alors, que mettre dans votre assiette, quels aliments limiter et par où commencer ?
Pourquoi l’alimentation compte-t-elle en cas d’excès de cholestérol ?
L’
hypercholestérolémie correspond à un excès de cholestérol dans le sang, en particulier de cholestérol LDL, souvent appelé « mauvais cholestérol ».
Au fil du temps, un taux élevé de cholestérol LDL peut favoriser la formation de dépôts graisseux dans les parois des artères et augmenter le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral (AVC). L’excès de cholestérol ne provoque généralement pas de symptômes perceptibles : c’est une prise de sang qui permet de le détecter.
L’âge, l’hérédité et certaines maladies influencent le taux de cholestérol. L’alimentation joue aussi un rôle. L’un des changements les plus utiles consiste à remplacer une partie des graisses saturées par des graisses insaturées. En pratique, cela peut commencer par un geste aussi simple qu’utiliser de l’huile d’olive à la place du beurre pour cuisiner.
Quels aliments privilégier pour faire baisser son cholestérol ?
Aucun aliment ne suffit à lui seul à corriger un excès de cholestérol. Plusieurs familles d’aliments peuvent toutefois vous y aider, surtout lorsqu’elles prennent la place de produits riches en graisses saturées.
1. L’avoine et l’orge : des sources de fibres solubles
L’avoine et l’orge contiennent du bêta-glucane, une fibre soluble qui contribue à limiter l’absorption du cholestérol dans le système digestif. Selon l’association britannique HEART UK, consommer environ 3 grammes de bêta-glucane par jour, dans le cadre d’une alimentation équilibrée, peut aider à réduire le cholestérol LDL. Il s’agit bien de la quantité de fibres, et non du poids des flocons d’avoine.
Pour en consommer plus souvent, vous pouvez préparer un porridge au petit-déjeuner, ajouter du son d’avoine à un yaourt ou incorporer de l’orge perlé dans une soupe ou une salade. Les lentilles, les haricots, les pommes et certains légumes apportent également des fibres solubles.
2. Les fruits à coque et les graines : une poignée pour la collation
Les noix, les amandes ou encore les cacahuètes non salées apportent des graisses insaturées et des fibres. Une petite poignée peut remplacer des biscuits ou une viennoiserie à l’heure du goûter. HEART UK propose comme repère environ 28 grammes par jour.
Les graines de lin ou de chia permettent aussi de varier les sources de fibres et de matières grasses. Privilégiez les versions non salées, en particulier si vous avez également de l’hypertension artérielle.
3. Les lentilles, les haricots et le soja : varier les sources de protéines
Les haricots, les pois chiches, les lentilles et des aliments à base de soja comme le tofu apportent des protéines végétales et contiennent peu de graisses saturées. Leur intérêt est particulièrement marqué lorsqu’ils remplacent une viande grasse ou de la charcuterie.
Vous pouvez, par exemple, préparer une soupe de lentilles pour le déjeuner, ajouter des pois chiches à une salade ou cuisiner un chili aux haricots rouges à la place du bœuf haché. Le tofu et les protéines de soja peuvent aussi se glisser dans un plat de légumes sautés ou une sauce pour les pâtes.
Il n’est pas nécessaire de devenir végétarien : remplacer la viande dans quelques repas de la semaine est déjà une manière de réduire ses apports en graisses saturées.
4. L’huile d’olive, l’huile de colza et l’avocat : choisir ses matières grasses
L’huile d’olive, l’huile de colza, l’avocat, les noix et les graines contiennent des graisses insaturées, à privilégier pour la santé cardiovasculaire.
L’idée est de remplacer une matière grasse par une autre. Vous pouvez cuisiner les légumes avec de l’huile d’olive plutôt qu’avec du beurre ou choisir une matière grasse à tartiner riche en graisses insaturées. Les huiles restent concentrées en énergie : il n’est donc pas nécessaire d’en ajouter davantage à un plat qui contient déjà du beurre ou de la crème.
5. Les fruits, les légumes et les céréales complètes : varier l’assiette
Les fruits, les légumes et les céréales complètes apportent des fibres, des vitamines et des minéraux. Les produits frais, surgelés ou en conserve ont tous leur place, en privilégiant ceux qui contiennent peu de sel ou de sucres ajoutés.
Pour augmenter progressivement votre consommation de fibres, vous pouvez choisir du pain complet, du riz complet ou des pâtes complètes. L’alimentation méditerranéenne offre un repère concret : elle fait régulièrement une place aux légumes, aux légumineuses, aux céréales complètes, à l’huile d’olive et aux fruits à coque.
6. Les poissons gras : un intérêt pour la santé cardiovasculaire
Le saumon, la sardine, le maquereau et la truite apportent des acides gras oméga-3. Ceux-ci peuvent contribuer à réduire les triglycérides, une autre catégorie de graisses présentes dans le sang. Le poisson gras peut aussi remplacer la charcuterie ou une viande grasse dans un repas.
Le service de santé britannique, le NHS, recommande deux portions de poisson par semaine, dont une de poisson gras. Consommer du poisson ne remplace toutefois pas un traitement prescrit pour faire baisser le cholestérol LDL.
Faut-il arrêter de manger des œufs ?
Pas nécessairement. Les œufs contiennent naturellement du cholestérol, mais, chez la plupart des personnes, les graisses saturées présentes dans l’ensemble de l’alimentation influencent davantage le taux de cholestérol LDL que le cholestérol contenu dans les œufs.
Il n’est donc pas indispensable de les supprimer systématiquement. En revanche, si vous présentez une hypercholestérolémie familiale ou une autre situation médicale particulière, votre médecin ou votre diététicien pourra vous proposer des conseils personnalisés.
Les produits enrichis en stérols végétaux peuvent-ils aider ?
Les stérols et les stanols végétaux sont des substances qui réduisent l’absorption du cholestérol dans l’intestin. Naturellement présents en petites quantités dans les végétaux, ils sont aussi ajoutés à certaines matières grasses à tartiner, à des yaourts ou à des boissons lactées.
Selon HEART UK, la consommation quotidienne d’environ 1,5 à 3 grammes de stérols ou de stanols végétaux peut diminuer le cholestérol LDL d’environ 7 à 12,5 % chez certaines personnes. Cette quantité désigne les substances actives et non le poids du produit enrichi.
Ces produits ne conviennent pas à tout le monde. Ils sont notamment déconseillés pendant la grossesse et l’allaitement, ainsi qu’aux personnes atteintes de sitostérolémie, une maladie rare. Chez l’enfant, ils ne sont généralement pas recommandés sans avis médical. Ils ne remplacent pas non plus un médicament prescrit contre le cholestérol.
Changer son alimentation suffit-il à faire baisser le cholestérol ?
Chez certaines personnes, modifier ses habitudes alimentaires et son mode de vie permet d’améliorer sensiblement le bilan lipidique. Pour d’autres, ces changements ne suffisent pas à atteindre l’objectif fixé avec leur médecin. C’est notamment le cas lorsque le LDL est très élevé, que l’excès de cholestérol est héréditaire ou que d’autres facteurs de risque sont présents, comme un diabète ou une maladie cardiovasculaire.
Selon votre risque cardiovasculaire global, votre médecin peut vous proposer un médicament, par exemple une statine. D’autres traitements, comme l’ézétimibe ou les inhibiteurs de PCSK9, peuvent être envisagés dans certaines situations.
L’alimentation et les médicaments peuvent agir ensemble pour réduire le risque cardiovasculaire. Même si votre bilan s’améliore après un changement d’alimentation, n’arrêtez pas votre traitement sans en parler au professionnel de santé qui vous suit.
Quand en parler à son médecin ou à un diététicien ?
Si une prise de sang vient de révéler un excès de cholestérol, votre médecin traitant peut vous aider à interpréter les résultats et à déterminer ce qui est adapté à votre situation.
Pour préparer ce rendez-vous, vous pouvez noter :
- Les résultats de votre bilan : cholestérol total, LDL, HDL, cholestérol non-HDL et triglycérides, si ces valeurs sont disponibles.
- Ce que vous mangez et buvez habituellement au cours d’une semaine.
- Vos antécédents familiaux, notamment si un proche a un taux de cholestérol élevé ou a développé une maladie cardiaque à un jeune âge.
- Vos traitements et leurs éventuels effets indésirables.
- D’autres problèmes de santé, comme un diabète, une hypertension ou une maladie rénale.
- Les aliments qui vous posent question et les changements qui vous semblent réalistes.
Trois questions peuvent guider la discussion : quel taux de cholestérol LDL viser dans votre situation ? Quand refaire une prise de sang ? Un rendez-vous avec un diététicien vous serait-il utile ?
L’excès de cholestérol lui-même est généralement silencieux. En revanche, une douleur thoracique soudaine, un essoufflement intense ou des signes d’AVC, comme une faiblesse brutale d’un côté du corps ou un trouble soudain de la parole, nécessitent une prise en charge urgente. En France, appelez le 15 ou le 112.
Échanger avec la communauté Carenity
Changer ses habitudes peut soulever des questions très concrètes, surtout lorsqu’il faut aussi tenir compte d’une autre maladie chronique. Sur le
forum Hypercholestérolémie de Carenity France, les membres peuvent échanger sur leurs repas, leurs traitements et leur santé cardiovasculaire au quotidien.
Vous pouvez également retrouver leurs expériences dans la discussion Maladies cardiovasculaires et alimentation. Ces échanges peuvent vous donner des idées ou vous aider à préparer une consultation. Les conseils alimentaires personnalisés relèvent d’un professionnel de santé, en particulier si vous vivez avec plusieurs maladies. Par quel changement commencer ?
Choisissez une habitude que vous pourrez conserver sans renoncer au plaisir de manger. Si vous aimez les soupes, ajoutez-y des lentilles ou de l’orge. Si vous cuisinez souvent au beurre, remplacez-le par de l’huile d’olive dans une recette que vous connaissez déjà. Et si vous cherchez une collation simple, une pomme et quelques noix non salées peuvent remplacer les biscuits certains jours.
Vous n’avez pas besoin de composer un menu parfait à chaque repas. C’est l’équilibre de votre alimentation au fil du temps qui compte, en complément du traitement dont vous pourriez avoir besoin.
Questions fréquentes
Quels aliments privilégier pour réduire le cholestérol LDL ?
L’avoine, l’orge, les lentilles, les haricots, les noix et les légumes ont leur place dans une alimentation destinée à réduire le cholestérol LDL. Remplacer une partie des graisses saturées par des graisses insaturées, par exemple avec de l’huile d’olive ou de colza, est également utile.
Peut-on manger des œufs quand on a trop de cholestérol ?
Oui, pour la plupart des personnes. Le cholestérol naturellement présent dans les œufs a généralement moins d’influence sur le LDL sanguin que les graisses saturées consommées dans l’ensemble des repas.
Faut-il supprimer le fromage ?
Pas forcément. Certains fromages sont riches en graisses saturées. Vous pouvez continuer à apprécier votre fromage préféré en prenant une portion plus petite, ou alterner avec des variétés moins grasses.
En combien de temps l’alimentation peut-elle faire baisser le cholestérol ?
Certains changements peuvent améliorer le bilan lipidique en quelques semaines, mais les résultats varient d’une personne à l’autre. Votre médecin pourra vous préciser quand renouveler la prise de sang pour en évaluer l’effet.
Peut-on faire baisser son cholestérol sans médicament ?
Chez certaines personnes, les changements alimentaires et les autres mesures liées au mode de vie suffisent. D’autres ont besoin d’un traitement, en fonction de leur taux de cholestérol et de leur risque cardiovasculaire global.
Cet article vous a été utile ? N’hésitez pas à cliquer sur « J’aime » et à partager vos questions ou vos idées de recettes avec la communauté dans les commentaires.
Prenez soin de vous !