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Le traitement de la BPCO par radiofréquence

Publié le 21 févr. 2022 • Par Claudia Lima

La bronchopneumopathie chronique obstructive ou BPCO est une maladie chronique inflammatoire des bronches dont la principale cause est le tabagisme. Elle touche les fumeurs et aussi les non-fumeurs. 
En France, près de 6 à 8% de la population adulte est touchée. 

Alors que la déclaration des symptômes de la BPCO peut être lente et qu’un simple examen peut permettre de la diagnostiquer, qu’en est-il des évolutions scientifiques sur les traitements de la BPCO ? 

Qu’est-ce que la dénervation pulmonaire par radiofréquence ? 

Vous souhaitez des réponses, lisez notre article ! 

Le traitement de la BPCO par radiofréquence

La bronchopneumopathie chronique obstructive ou BPCO, aussi appelée bronchite chronique, se caractérise par un rétrécissement progressif et une obstruction permanente des voies respiratoires. 

Environ 80% des cas sont dus au tabagisme, bien que contrairement aux idées reçues, le tabac ne soit pas le seul facteur de risque. Cette maladie peut également être provoquée par la pollution atmosphérique, des expositions professionnelles en milieu industriel et liée à un patrimoine génétique, entre autres. 

Sur l’ensemble des personnes atteintes de la BPCO en France, 9% des plus de 65 ans sont des hommes, pour 4% de femmes. Cependant, la fréquence chez les femmes est en augmentation, en raison de la modification des comportements face au tabac, les femmes fument de plus en plus. Celles-ci développent en revanche des formes plus précoces et plus graves de la maladie. 

Quels sont les symptômes et les complications de la BPCO ? 

Les principaux symptômes de la BPCO sont des toux chroniques, des expectorations, de l’essoufflement et des dyspnées

La BPCO est ponctuée d’exacerbations qui correspondent à des épisodes d’aggravation des symptômes. Il existe un moyen de mesurer la dyspnée chez les patients BPCO, c’est l’échelle mMRC (Modified Medical Research Council) qui permet de mesurer le risque d’exacerbation en 5 stades, de 0 à 5. 

Les complications les plus fréquentes de la BPCO sont l'emphysème et l'insuffisance respiratoire chronique mais également des conséquences ostéo-musculaires et psychiatriques. 

Comment diagnostiquer la BPCO ? 

Le diagnostic de la bronchopneumopathie chronique obstructive est basé sur l’observation par le médecin traitant des symptômes évocateurs de celle-ci présents au moins trois mois par an et au moins deux années consécutives. Si c’est le cas, le médecin prescrira un test spécifique, une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR), celle-ci est réalisée à l’aide d’un spiromètre qui va mesurer les capacités respiratoires. 

L’EFR peut être complétée par une mesure des gaz dans le sang et une épreuve de marche pour évaluer l'impact de la maladie sur le quotidien. Aussi, une radiographie des poumons permet d'observer la présence de lésions. 

Les symptômes de la BPCO se développent lentement et sont liés, à tort, au vieillissement, ils sont souvent négligés. 

Comment prévenir et traiter la BPCO ? 

Pour traiter la BPCO, il faut d’abord arrêter le tabac et réduire l’exposition à la fumée des autres. 

Ensuite, selon le degré de sévérité de la maladie, des bronchodilatateurs, des corticoïdes et des antibiotiques sont prescrits pour le traitement des symptômes. Il est possible de bénéficier de séances de réhabilitation respiratoire pour faciliter la respiration et récupérer du souffle. Le traitement des patients au stade d’insuffisance respiratoire nécessite une oxygénothérapie

Pour les BPCO sévères, les options chirurgicales sont la réduction du volume pulmonaire ou la transplantation pulmonaire simple ou double. En alternative à la chirurgie et lorsque les conditions sont favorables, la pose d'une valve endobronchique est possible. 

Pour les personnes touchées par cette maladie, la vaccination contre la grippe est obligatoire (1x/an) et contre les pneumocoques (1x/5 ans). Celle contre la Covid-19 est vivement conseillée. 

Pour prévenir la BPCO, il faut créer et maintenir de bonnes habitudes respiratoires telles qu’éviter les zones enfumées et polluées, augmenter ses capacités respiratoires en respirant par l’abdomen, s’entrainer à souffler des bougies, faire de l’exercice, éviter les vêtements serrés qui encombrent l’abdomen et surveiller les conditions météorologiques avant de sortir afin de pas respirer un air trop chaud ou trop froid qui renforce la difficulté à respirer. 

La dénervation pulmonaire par radiofréquence, quel est-ce traitement ? 

En 2019, la société américaine Nuvaira™ a lancé une étude internationale de grande envergure sur un traitement non médicamenteux de la BPCO. Cet essai a lieu au sein d’une vingtaine de centres médicaux aux Etats-Unis et de 13 en Europe dont 8 en France. Le but est d’évaluer l’efficacité de la dénervation pulmonaire par radiofréquence dans le traitement de cette pathologie. 

Ce traitement nommé Airflow 3 consiste à introduire une sonde par la bouche du patient, à l’aide d’un vidéo-endoscope, et de pratiquer une thermolyse par radio fréquence dans les deux poumons. C’est un complément de l’approche thérapeutique pour soigner la BPCO. 

La radiofréquence est basée sur l'émission d'ondes électromagnétiques à très haute fréquence passant à travers la peau et qui produisent de la chaleur dans les tissus sous-cutanés. La chaleur produite va agir en profondeur, sans brûler la superficie, c’est- à-dire la peau. On parle alors de thermolyse ou de destruction par la chaleur. 

Cela permettrait de détruire et de désactiver environ 50% des nerfs bronchiques qui contrôlent, entre autres, la contraction des muscles bronchiques. Cette contraction est anormale en cas de BPCO. L’intervention est non-chirurgicale et est pratiquée en une seule procédure que l’on appelle bronchoscopie et est réalisée sous anesthésie générale. 

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Source : Nice, centre d’essai pour une étude internationale 

Les résultats attendus sont la diminution de l’essoufflement et du risque d’infections pulmonaires comme les bronchites et les pneumonies et ainsi la limitation des exacerbations. Est également évaluée l’amélioration de l’état physique et psychologique des patients. 

Cet essai s’adresse aux patients âgés de 40 à 75 ans, atteints de BPCO et répondant à plusieurs critères d’éligibilité tels qu’un minimum de 2 exacerbations sur l’année écoulée, l’absence totale de tabagisme depuis au moins 2 mois, la prise d’un traitement de fond, et quelques mesures de constantes telles que la saturation en oxygène, l’IMC (indice de masse corporelle) et le VEMS (volume maximal expiré en 1 sec), etc... 

Aujourd'hui, près de 300 patients ont bénéficié de cet essai thérapeutique, celui-ci est toujours en cours. Aux Etats-Unis, c’est encore considéré comme un dispositif expérimental, en attente de l’approbation par la FDA américaine. En Europe, l'essai a reçu l'approbation réglementaire du marquage CE. La société Nuvaira™ vient d’obtenir un engagement supplémentaire de 50 millions de dollars de financement pour pouvoir achever l’essai. 

La participation à cette étude internationale est encore possible, toutes les informations sont disponibles sur leur site : Technologie de radiofréquence - Essai clinique Airflow 3

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3 commentaires


Hervé49
le 21/02/2022

Merci pour cet article

Est ce que les pneumologues sont informés de cette nouvelle technique ( la radiofréquence ) pour soigner la BPCO ? , je n'en suis pas sur !

Pour ma part , je poserai la question à ma pneumologue que je rencontre le 23 /03 pour voir si elle pris connaissance de cette technologie et ce qu'elle en pense


ledalle
le 21/02/2022

super article ,bien expliquer ,maintenant faut laisser le temps pour avoir les résultats sur les patients qui ont pu bénéficiés de cette pratique médicale

bonne journée

Dan


Hookette • Membre Ambassadeur
le 21/02/2022

Bonsoir @Claudia.L Article très intéressant

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