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La sexualité avec une maladie chronique

1 juin 2020 • 22 commentaires

Les troubles sexuels seraient 2 à 6 fois plus fréquents en cas de maladie chronique et handicap. Diabète, cancers, maladies cardiovasculaires, troubles psychiatriques, insuffisances rénales, maladies neurodégénératives, affections respiratoires… Ces pathologies, qui touchent 20% de la population française, impactent fortement la vie sexuelle et affective. 

Quels sont les troubles les plus fréquents ? Comment en parler ? Quelles sont les possibilités de traitement ?

La sexualité avec une maladie chronique

Lors de la survenue d’une maladie chronique, c’est tout le quotidien qui se retrouve bouleversé dans ses moindres aspects. Et la vie sexuelle n’est pas épargnée, bien au contraire.

Les troubles sexuels

Les troubles peuvent avoir une origine organique ou physique causée par la maladie. Par exemple, les troubles de l'érection sont trois à quatre fois plus fréquents chez les personnes diabétiques. Près de 50 % des hommes en insuffisance rénale chronique se plaignent également de dysfonction érectile alors qu’une plus grande proportion de femmes et d’hommes urémiques présentent une baisse notable de la libido et de la fréquence des rapports sexuels.

Selon une enquête sur la sexualité des Français atteints de différentes affections chroniques, la sexualité est un problème pour 27% :

  • dyspareunie (douleurs lors d’un rapport) pour 18%
  • absence de désir : 42% chez les femmes et 26% chez les hommes
  • anorgasmie (absence d’orgasme) pour 40%
  • dysérection (incapacité d’obtenir ou maintenir une érection) pour 23%
  • éjaculation précoce pour 41% 

Certains symptômes physiques de la maladie peuvent également rendre impossible la pratique sexuelle. Cela peut être le cas avec des difficultés respiratoires, une paralysie ou, plus simplement, la fatigue ou la douleur. Certains traitements peuvent aussi provoquer un trouble sexuel comme effet secondaire, notamment les antidépresseurs ou les agents psychotropes. 

Consulter un sexologue

La maladie chronique peut changer le regard qu’une personne porte sur elle-même : perte de confiance en soi, prise de poids, dépression, anxiété… L’état psychologique d’un patient peut se dégrader, rendant compliqué la notion même d’intimité. 

Par ailleurs, la sexualité peut être une grande source d’angoisse pour un patient touché par une infection chronique sexuellement transmissible (VIH/SIDA, hépatites B et C…). Or, outre l’usage obligatoire du préservatif masculin ou féminin, celui-ci n’a aucune raison de ne pas avoir une vie sexuelle épanouissante.

La sexualité est encore un tabou trop ancré dans la vie des patients. Il ne faut pas hésiter à en discuter avec son équipe médicale afin de trouver une solution. Des services hospitaliers et des associations proposent d’ailleurs des consultations spécialisées auprès d'un professionnel de santé sexologue. L'occasion de faire un point complet sur la sexualité, les difficultés rencontrées et de bénéficier d’une prise en charge thérapeutique. Certains troubles comme celui de l'érection, l'éjaculation prématurée ou la sécheresse vaginale disposent d’ailleurs de traitements. Le trouble de l'érection est, par exemple, traité par des comprimés (sildenafil), injections ou gel (alprostadil) dans l'urètre. La sécheresse vaginale peut facilement être améliorée par un lubrifiant à base d'eau ou avec de l'acide hyaluronique.

Bénéficier d’un accompagnement psychologique

Consulter un sexologue ou un psy spécialisé est tout aussi important pour obtenir des informations pertinentes afin d’ouvrir ses horizons : ne pas se limiter à la pénétration, découvrir l'éventail d'actes érotiques, utiliser des objets et produits dédiés. Le sexologue peut ainsi proposer des alternatives ou conseiller d'adapter certaines positions en fonction des difficultés et/ou douleurs. Evidemment, la communication est essentielle au sein du couple. Chacun doit pouvoir parler à l’autre de son ressenti pour éviter toute frustration et pour pouvoir découvrir ensemble une nouvelle forme de sexualité.

Outre les cercles de parole souvent proposés par les associations de patients, le forum de Carenity peut être plein de ressources pour ce genre de questions parfois délicates. “Lire vos témoignages m'a fait un bien fou, a ainsi écrit l’un de nos membres. Je croyais que j'avais un problème de frigidité alors qu'au début de notre histoire, tout allait bien avec mon mari. A l'époque je n'avais que quelques poussées par an et pas de douleurs chroniques comme maintenant. J'ai perdu ma libido quand j'ai augmenté les antidouleurs mais je pense que c'est surtout lié aux douleurs trop présentes et au manque d'aisance dans les mouvements...N’hésitez pas à consulter les discussions de vos groupes ou à proposer une nouvelle thématique de sujet. 

Vivre sans désir sexuel

Tout d’abord, ne pas avoir de rapports sexuels n’a aucune conséquence sur le corps, explique le Dr Catherine Solano, sexologue. Et cela ne signifie pas l’absence de vie sexuelle. Toutes les nuits quand on dort, le corps a une activité sexuelle involontaire et inconsciente. Chez les hommes comme chez les femmes où la zone sexuelle se gonfle et se lubrifie et où le clitoris a une érection.

La maladie peut bien sûr impacter la sexualité. Certaines maladies touchant à un symbole de la féminité peuvent ainsi atteindre plus “durement” la libido d’une patiente, selon Audrey Le Merer, psychologue et psychothérapeute. Cela peut être le cas pour les cancers du sein (avec ou sans mastectomie) ou les endométrioses. Il faut aider ces patientes à trouver le bon accompagnement psychologique.

La dépression bloque également souvent la sexualité car on n’a souvent plus du tout de désir, précise le Dr Solano. Et les médicaments antidépresseurs diminuent également le désir mais aussi la lubrification chez les femmes et l’érection chez les hommes. Il faut bien comprendre que cet état est lié à la maladie et pas nécessairement à la relation de couple et il ne faut pas hésiter à en parler à un médecin. 

L’absence de rapports sexuels peut tout à fait être possible tant que le désir se réalise ailleurs et qu’il n’y a pas de souffrance liée à cette absence au sein d’une relation. 

 

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avatar Léa Blaszczynski

Auteur : Léa Blaszczynski, Responsable expérience patient

D'une formation en communication spécialisée dans le digital, Léa travaille chez Carenity depuis 2013 dans un objectif d'aider le maximum de patients et proches de patients à trouver du soutien et à ne plus se sentir... >> En savoir plus

Commentaires

Fab20137
le 01/06/2020

Bonjour et merci d'aborder ce sujet. Complètement replié sur lui-même, mon fils, âgé de 25 ans, n'est pas en capacité de rencontrer une partenaire. Il s'est tourné vers la pornographie en ligne, a été manipulé et escroqué, avec également des idées suicidaires suite à un chantage de mise en ligne d'une vidéo intime. Comment peut-on l'aider ?

beffay
le 01/06/2020

Pour ceux que ça peut intéresser le sociologue Jean-Claude Kaufmann a sorti un livre "Pas envie ce soir, le consentement dans le couple. Les liens qui libèrent".

Son conseil de professionnel "Parler, PARLER , Parler ". Ne pas se culpabiliser de ne pas arriver à le faire ou de n'avancer que lentement car il est normal que ce ne soit pas simple. L'important, c'est d'enclencher le processus de la parole.

boussafsafb
le 04/06/2020

La sexualité n'a rien à voir avec la psychologie. Elle est naturelle. Salut!

yvar85360
le 04/06/2020

A 81 ANS je ne me pose plu le probleme...ma femme etant decedée en 2015

Qgegea7
le 04/06/2020

avec neuropathie générale fini même le désir reste terminé

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