Gastrite chronique : tout savoir

La gastrite est une maladie inflammatoire qui touche la muqueuse de l’estomac.

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Gastrite

Qu'est ce que la gastrite chronique ?

La gastrite est une inflammation de la muqueuse gastrique (paroi de l’estomac). Elle peut être aiguë ou chronique. On parle de gastrite chronique si il n’y a pas d’amélioration des symptômes au bout de 6 mois

Symptômes de la gastrite chronique

La majorité du temps, la gastrite ne se manifeste que par des lésions tissulaires (visibles par examen endoscopique) non douloureuse. En effet, la gastrite est souvent asymptomatique. Il ne faut pas confondre les symptômes de l’ulcère gastrique (plaie de la muqueuse gastrique causée par l’inflammation) ou du reflux gastro-oesophagien (remontée de suc gastrique acide vers l’oesophage) avec ceux d’une gastrite chronique.

En effet, si elle n’est pas asymptomatique, la gastrite chronique peut s’accompagner de dyspepsie (sensation de malaise digestif), douleurs abdominales, nausées et vomissements, brûlures épigastriques, dysphagie ou perte d’appétit, anémie, altération de l’état général, etc. Parfois, on constate même des hémorragies digestives (hématémèses) qui se manifestent par du sang dans les vomissements.

Causes et facteurs de risque de la gastrite

Il y a deux causes principales à la gastrite chronique.

L’infection bactérienne à Helicobacter Pylori 

La moitié des plus de 50 ans héberge Helicobacter pylori contre seulement 10% à 20% des moins de 30 ans. En général, l’acquisition d’Hélicobacter pylori se fait dans l’enfance par contamination orale (favorisée par de mauvaises conditions d’hygiène et la promiscuité), ce qui explique la prévalence plus importante des pays en voie de développement où elle atteint 70-80% de la population.

C’est une bactérie capable de survivre et de se développer dans un environnement particulièrement acide comme l’antre gastrique. Si elle n’est pas traitée, l’infection persiste toute la vie. Il faut savoir que 10% des gastrites donneront un ulcère gastroduodénal et 1%, un cancer gastrique.

L’auto-immunité, comme la présence d’une maladie de Biermer

Le malade développe des auto-anticorps contre les cellules de son propre estomac : de ce fait, par atrophie villositaire (les villosités de la muqueuse gastrique sont progressivement détruites), une gastrite atrophique s’installe et provoque une carence en vitamine B12. Dans ce type de gastrite, les personnes à risque sont celles ayant un terrain auto-immun, notamment les femmes de 40-50 ans ayant déjà un historique médical (thyroïde, diabète de type 1, etc.).

D’autres facteurs peuvent favoriser la survenue d’une gastrite : le tabagisme, le café, la consommation excessive d’alcool, le stress et l’anxiété, les infections fongiques ou bactériennes (autres que Helicobacter pylori), la radiothérapie, la prise d’AINS (anti inflammatoire non stéroïdien) ou la corticothérapie au long cours etc.

Diagnostic de la gastrite chronique

L’examen endoscopique évalue l’étendue de la gastrite et la gravité de l’atteinte muqueuse par prélèvement biopsique de muqueuse gastrique. Il s’agit d’introduire une caméra par la bouche pour explorer les voies digestives et prélever des échantillons dans des zones suspicieuses.

Traitements de la gastrite chronique

Gastrite causée par Helicobacter Pylori

  1. Éradiquer l'infection

Au vu du nombre de formes asymptomatiques, vivre avec la bactérie semble parfois inévitable (un patient qui n’a pas de signes cliniques a peu de chances de se faire diagnostiquer). C’est pourquoi chez certains patients il existe un diagnostic systématique car ils doivent impérativement être traités. En effet, les patients atteints d’ulcères gastroduodénaux ou ayant des antécédents de cancers gastriques au sein de leur famille sont plus à risque que l’infection évolue en cancer de l’estomac.

Il existe une thérapie antibiotique qui permet de se débarrasser de l’infection dans 90% des cas. Elle fait disparaître l’inflammation gastrique et les troubles digestifs et empêche le développement ou la récidive des ulcères de l’estomac. Le risque de développer un cancer de l’estomac est réduit, d’autant plus si l’infection est traitée tôt.

Le traitement associe deux ou trois antibiotiques et un médicament neutralisant l’acidité gastrique (Inhibiteur de la pompe à protons ou IPP) selon le protocole choisi. Il existe une trithérapie ou une quadrithérapie. Depuis 2017, face à l’augmentation de la résistance bactérienne, des tests d’évaluation de la sensibilité antibiotique sont recommandés en amont. En effet, il existe plusieurs protocoles qui dépendent de la sensibilité de la souche bactérienne à certains antibiotiques et du profil du patient. La durée du traitement est de 10 à 14 jours selon le protocole : c’est un traitement long car l’éradication bactérienne est progressive.

Néanmoins, les femmes enceintes ou allaitantes ne sont pas autorisées à prendre cette antibiothérapie qui devra être reportée.

Le succès de l’éradication bactérienne survient pour 80 à 90% des sujets traités, d’où l’importance du respect de l’observance du traitement (posologie, heure de prise, durée du traitement). Parfois, l’antibiothérapie n’est pas suffisante pour des raisons de résistance de la bactérie, mauvais respect des prises ou de la durée de traitement d’où la nécessité d’un contrôle post traitement.

2. Surveiller l’évolution

Une surveillance de l’efficacité du traitement est indispensable au regard de l'échappement thérapeutique possible, un mois après la fin de la thérapie antibiotique. 

Il s’agit d’effectuer un test respiratoire à l’urée marquée, prescrit par le médecin et disponible en pharmacie. Le test est réalisé dans un laboratoire de biologie médicale. Tout traitement qui réduit l’acidité de l’estomac (inhibiteurs de la pompe à protons ou IPP), doit être interrompu au moins deux semaines avant le test.

Un test négatif à l’urée marquée signe l’éradication de la bactérie en question.

Suite à l’élimination de la bactérie, il y a peu de risques de réinfection. Par ailleurs, si le test est positif, il est nécessaire de tester la sensibilité de la souche bactérienne afin de trouver la nouvelle antibiothérapie adaptée.

Traiter la maladie de Biermer

La maladie de Biermer cause une gastrite chronique auto-immune associée dans au moins la moitié des cas à une ou plusieurs maladies auto-immunes. Il n’existe pas de traitement spécifique à la gastrite si elle fait suite à une maladie de Biermer si ce n’est le traitement de la maladie de Biermer : supplémentation en vitamine B12 par injections, à vie.

Vivre avec une gastrite chronique

La surveillance médicale

95 % des ulcères duodénaux et 70 % des ulcères gastriques seraient associés à une infection à H. pylori. Pour prévenir leur survenue, la recherche de H. Pylori est à considérer dans la stratégie de dépistage.

Le rôle carcinogène certain pour l’homme de H. Pylori aussi impose une surveillance.

Pour surveiller l’évolution des gastrites, une série de biopsies est préconisée tous les 3 à 5 ans.

L’hygiène de vie 

On préconise une approche holistique comme la bonne gestion du stress afin de prévenir la survenue de gastrite chronique et notamment une bonne hygiène de vie, une alimentation équilibrée, éviter la consommation d’alcool excessive et l’arrêt du tabac, une consommation éclairée des anti-inflammatoires (AINS) etc.

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Auteur : Doriany Samair, Assistant Marketing Digital

Au sein de l'équipe Marketing Digital, Doriany est en charge de la rédaction de fiches maladies et d'articles scientifiques. Elle s'occupe également de la modération et l'animation de la communauté sur le forum, afin... >> En savoir plus

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