Les membranes amniotiques humaines sont utilisées depuis plus de 100 ans, pour le traitement de différentes plaies dont les brûlures, les escarres et les ulcères diabétiques ou veineux. Les « nouveaux » pansements à base de membrane amniotique humaine, ont déjà été évoqués dans le traitement des plaies diabétiques. Fabriqués à partir du tissu qui couvre le placenta durant le développement du fœtus, ces nouveaux dispositifs constituent une approche innovante de gestion de ces plaies diabétiques chroniques. Cette étude, présentée dans la revue Wounds, suggère que riche en collagène, la membrane agit comme une matrice extracellulaire naturelle et faciliter la migration cellulaire.

Chez les patients atteints de diabète, une simple coupure ou égratignure peut entraîner des complications graves. Ainsi, en France, 3 millions de personnes sont diabétiques, plus de 20.000 sont hospitalisées chaque année pour une plaie du pied, et près de 8.000 sont amputées d’un membre inférieur. Pouvoir identifier des agents thérapeutiques pouvant accélérer ou faciliter la cicatrisation des plaies diabétiques est donc, en regard de l’épidémie mondiale de diabète, une priorité de Santé publique. Parce que la peau du patient diabétique ne cicatrise pas rapidement, les bactéries peuvent se coloniser dans le tissu lésé, conduisant à des ulcères chroniques. Ainsi, la plus fréquente des plaies diabétiques, l’ulcère du pied diabétique est l’une des causes les plus fréquentes d’amputation.

Les chercheurs ont donc cherché à évaluer la supériorité de ce nouveau type de pansement -à base de membrane amniotique et développé en « ingénierie tissulaire » - par rapport à un pansement standard actif, destiné à favoriser une cicatrisation dirigée en milieu humide, ici dans de traitement d'ulcères du pied diabétique. L’étude, menée à l'Université de Téhéran, en ambulatoire, a suivi durant 2 ans, 57 patients diabétiques présentant un ulcère du pied diabétique de stade 2 à 4. Un groupe de patient a reçu un pansement à base de membrane amniotique, le groupe témoin « un pansement humide ». Les participants ont été évalués une fois par semaine pendant 6 semaines pour le degré d'épithélialisation et la croissance du tissu de granulation de leur plaie.

· Si, sur l’ensemble des participants, le taux de cicatrisation complète ou fermeture de la plaie est de 28,1%, il dépasse 40% dans le groupe « bio-implant », vs 17% pour le groupe témoin.
· Chez 78% des patients du groupe bio-implant, le tissu de granulation est augmenté à 3 semaines,
· Si les taux d’amputation et d'hospitalisation sont moins élevés dans le groupe bio-implant vs témoin, la différence n'apparaît pas statistiquement significative.

Globalement le pansement à base de membrane amniotique apparaît supérieur au « pansement humide », car il favorise la cicatrisation complète. Les chercheurs argumentent également sur sa facilité d'utilisation, l'absence d'effets indésirables, et finalement sur ses atouts dans le traitement de l’ulcère du pied diabétique.

Si d’autres recherches sont encore nécessaires, ce type de dispositif apparaît comme un exemple déjà abouti de réalisation prometteuse en ingénierie tissulaire. 

Source : SantéLog