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Patients Dépendance à l'alcool

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Membre Carenity • Animatrice de communauté
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Les partisans du baclofène, médicament pris par de nombreux alcooliques, ont perdu mercredi leur combat devant la Justice pour obtenir que les autorités sanitaires françaises autorisent l'utilisation de doses plus élevées.

C'est un revers difficile à avaler pour les associations et familles de patients. La décision du Conseil d'État revient à "interdire, dans les faits, un traitement qui a changé la vie de dizaines de milliers de patients", a déploré le fondateur de l'association Collectif Baclohelp, Thomas Maës-Martin.

L'enjeu: la "posologie maximale" de ce médicament, à savoir la dose quotidienne jugée raisonnable par l'Agence du médicament (ANSM). Cette agence l'avait abaissée en juillet à 80 mg, contre 300 auparavant, et le Conseil d'État lui a donné raison. Il a rejeté la requête d'une patiente, l'épouse de M. Maës-Martin, qui voulait faire annuler cette recommandation.

"Le directeur général de l'ANSM n'a pas entaché son appréciation d'une erreur manifeste", a tranché la plus haute juridiction administrative. Le baclofène est un médicament prescrit depuis les années 1970 comme relaxant musculaire, mais dont l'usage a peu à peu été détourné vers le traitement de l'alcoolisme. Depuis 2014, il est autorisé à cette fin, grâce à une recommandation temporaire d'utilisation (RTU).

Le Conseil d'État a rappelé que tout médecin pouvait toujours prescrire davantage que cette dose recommandée aux "patients pour lesquels il jugerait le bénéfice supérieur aux risques". Insuffisant, d'après les partisans de ce traitement. Ils craignent qu'aucun praticien ne se risque à braver la posologie maximale, de peur des conséquences judiciaires. Les 80 mg, argumentent les pro-Baclofène, sont un plafond trop bas, une dose inefficace pour beaucoup d'alcoolo-dépendants.

"Effets indésirables graves"

"Pour nous, l'efficacité du baclofène ne fait guère de doute, comparée aux autres traitements existants", écrivaient fin avril 32 médecins dans une tribune publiée par l'association Collectif Baclohelp. Mais pour appuyer sa décision, l'Agence du médicament invoquait une étude selon laquelle le baclofène à dose élevée (plus de 180 mg par jour) fait plus que doubler le risque de décès par rapport aux autres médicaments contre l'alcoolisme, et accroît de moitié le risque d'hospitalisation.

Fin avril, un comité d'experts indépendants constitué par l'ANSM avait conforté cet avis. Il examinait une demande d'autorisation de mise sur le marché (AMM) du laboratoire français Ethypharm, qui cherche à commercialiser un baclofène 
spécifiquement contre l'alcoolisme. Et pour ces scientifiques, "l'efficacité du baclofène dans la réduction de la consommation d'alcool (...) a été jugée cliniquement insuffisante".

"Ceci, ajouté à un risque potentiellement accru de développer des événements indésirables graves (y compris des décès) en particulier à des doses élevées, conduit à considérer que le rapport bénéfice/risque est négatif", ajoutait le comité. Le Conseil d'État a entériné l'analyse, estimant que le baclofène était "associé à des effets indésirables graves". Le Collectif Baclohelp a dit vouloir porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme.

Par ailleurs, le combat devant l'ANSM n'est pas complètement perdu, car l'avis des experts sur le médicament d'Ethypharm peut être infirmé par la suite. La prochaine étape est l'audition, les 3 et 4 juillet, des sociétés savantes et des associations de patients.

-AFP-

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