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Alcool, tolérance zéro ?

27 août 2018 • 67 commentaires

Alcool, tolérance zéro ?

Selon une étude relayée par l'AFP, boire un seul verre de vin ou de bière par jour comporterait un risque sur la santé. Alors, on range son tire-bouchon ou son décapsuleur ?

 

Des chiffres alarmants sur les dangers de l'alcool...

L'étude, publiée vendredi par la revue médicale The Lancet, évalue les niveaux de consommation d'alcool et leurs effets sur la santé dans 195 pays entre 1990 et 2016. D'après elle, l'alcool a causé pas moins de 2,8 millions de morts en 2016 ; un buveur d'alcool sur trois meurt de problèmes de santé liés à l'alcool chaque année, dont 2,2% de femmes et 6,8% d'hommes.

En 2016, la consommation d'alcool était le septième facteur de risque de décès prématuré et d'invalidité dans le monde. Boire un verre par jour pendant un an augmente parmi les personnes âgées de 15 à 95 ans de 0,5% le risque de développer l'un des 23 problèmes de santé liés à l'alcool (cancers, maladies cardiovasculaires, AVC, cirrhose, accidents, violences, etc.), estiment les auteurs par comparaison avec les non buveurs.

La consommation d'alcool, en 2016, est la principale cause de décès chez les personnes âgées de 15 à 49 ans (accidents de la route, suicides, tuberculose...). L'alcool est ainsi associé à près d'un décès sur 10 dans cette tranche d'âge. 


Un verre n'est pas anodin

Le Dr Emmanuela Gakidou de l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé (IHME, Université de Washington), co-auteure de l'étude, ne mâche pas ses mots : "Cela correspond à un excès de mortalité de 100.000 morts par an dans le 
monde pour un verre par jour". Selon elle, il y a "des corrélations claires et convaincantes entre la consommation d'alcool et la mort prématurée, le cancer et les problèmes cardiovasculaires."

"Le mythe selon lequel un ou deux verres par jour sont bons pour vous n'est qu'un mythe. Seul le zéro alcool minimalise le risque global des maladies"

En moyenne, le plus grand nombre de boissons alcoolisées (vin, bière, alcools forts...) consommées par jour est relevé chez les hommes en Roumanie (8,2) suivis du Portugal et du Luxembourg (7,3 chacun). Pour les femmes, figurent en tête, l'Ukraine (4,2), l'Andorre et le Luxembourg (3,4 chacun). En France, la consommation est de l'ordre en moyenne 
de 4,9 verres par jour chez les hommes et de 2,9 chez les femmes. 

 

Un contre-avis en faveur d'une consommation d'alcool modérée

"Étant donné le plaisir vraisemblablement associé à une consommation modérée, affirmer qu'il n'y a pas de niveau "sûr" ne semble pas être un argument en faveur de l'abstention", estime Sir David Spiegelhalter, statisticien, professeur pour la compréhension publique du risque à l'Université de Cambridge. Conduire non plus n'est jamais sans danger à 100%, pour autant "le gouvernement ne recommande pas aux gens d'éviter de conduire". "En y pensant, il n'y a pas de niveau de vie sûr, mais personne ne recommanderait l'abstention", plaisante-t-il.

 

Et vous, vous autorisez-vous un verre de temps en temps ?

AFP

avatar Louise Bollecker

Auteur : Louise Bollecker, Community Manager France & Content Manager

Community Manager de Carenity en France, Louise est également rédactrice en chef du Magazine Santé pour proposer des articles, vidéos et témoignages centrés sur le... >> En savoir plus

Commentaires

Bridget22
le 16/03/2020

@Temudjin95 bravo à vous. C est un vrai combat comme toutes les maladies graves 🤙🏻 Nous vivons ce calvaire  en tant que parents de notre fille de 36 ans maman d une fillette de 4 ans et en plus nous vivons à 1400 km d elles....très très dur

Temudjin95
le 17/03/2020

@Bridget22 

Je vous comprends Bridget. Je regrette le mal que j'ai fait à mes parents. Heureusement, je n'ai jamais été violent ni physiquement ni dans les paroles (à part peut-être de l'agacement), mais je leur ait fait de la peine. Et j'ai de la chance car ils vivent à 20 minutes de chez moi en voiture. Mais à la rigueur, c'était plus embêtant parce que j'étais en dépression sévère et dans le cas de cette maladie ci, l'entourage dit souvent des bêtises en voulant aider (ex : bouges-toi un peu ...), mais bon, c'est une autre maladie, un autre sujet même si c'est proche, et pour moi associé à l'alcool.

M'enfin voilà, je n'ai rien d'extraordinaire, j'ai même un caractère plutôt faible (se mentir ne sert à rien), avec une mauvaise estime de moi, même si je cherche à améliorer la gestion de mes émotions par différents moyens. En revanche, j'ai une vision assez rationnelle et cartésienne des choses. Déjà, après la phase de déni, du jour où j'ai accepté la proposition de SOS médecin du bon de transport pour les urgences et enclencher toutes les étapes de la thérapie, je n'ai pas changé d'avis et j'ai suivi les conseils des professionnels de la médecine. A moi, le chef addictologue a dit : tolérance zéro, je l'ai accepté même si ça me "tiquait" de ne plus profiter d'un bon verre de rouge avec un bon repas. Et j'ai lu de bons bouquins (presque obligatoire : "Pour en finir avec l'alcoolisme" de Philippe Batel, Je l'ai même prêté au psychologue de l’hôpital de jour". Et j'ai regardé énormément de documentaire sur Youtube sur le sujet, en parallèle avec la dépression. J'ai donc eu une approche plutôt scolaire, ce qui correspond à mon caractère car on est tous différents. Alors attention, je ne dis pas que tout était facile, fun et j'ai eu plusieurs rechutes. 

Là où j'ai eu aussi de la chance c'est que je n'ai jamais été attiré par les bars/pmu. J'accompagnais mon père quand j'étais jeune, mais je buvais mon orangina en jouant aux bornes d'arcades. Je n'avais pas l'habitude de voir des "copains" en buvant un canon. Et en bon casanier, je n'aime pas aller danser en boîte, ce qui diminuait les risques de conduire pété comme un coing. Et puis je ne fume pas, ce qui diminue le petit regroupement social café+clope.

Le hasard (par rapport à ce sujet) fait que hier, notre président a parlé de guerre contre le coronavirus. Et bien j'ai vécu ma thérapie contre ma maladie alcoolique comme une guerre. J'ai perdu des batailles. Mais j'ai lutté sur plusieurs fronts : documentation, changement de comportement, du sérieux lors de ma cure de 3 semaines, écouter le retour de mes compagnons d'infortune, trouver une boisson qui apporte du plaisir (donc, plutôt du thé glacé pour moi), diminuer une certaine vie sociale pour éviter les tentations.

J'espère que ça se passera bien pour votre fille. Il faut avoir confiance. Les Français boivent de moins en moins depuis la dernière guerre. Mine de rien, les alcooliers perdent du terrain malgré leur inventivité. Paradoxalement, c'est peut-être aussi parce que on se rend compte des cochonneries qu'on nous met dans nos plats (additifs) et du traitement des vignobles que le coté néfaste de l'alcool va apparaître de plus en plus. Après tout, penser au quinoa et aux noix de goji pour se taper une demi bouteille de pastis n'a aucun sens.

Bridget22
le 17/03/2020

@Temudjin95 merci pour votre témoignage. C est important d entendre ceux qui en ont souffert

El Gato
le 21/04/2020

Maladies médicaments n'ont pas changé ma vie Déjà pas facile à vivre alors je garde mes petits plaisirs  Comme je suis seule il n'y a pas de vin à la maison mais je ne dis pas non à un apéro parfois le samedi soir ou une bière devant ma télé Quand je vais chez mes amis alors là je profite encore plus si je dors sur place Non non non ne croyez pas que je roule sous la table tout est raisonnable mais j'apprécie 

Nanard51
le 22/04/2020

@Temudjin95 suis pas suis pas tout à fait d’accord avec toi , ne tombons pas dans le complotisme écologiste extrémiste ,dont la logique de fonctionnement m’agace tout autant que le système qui prévôt aujourd’hui avec sa logique sournoise et hypocrite. Toutes les addictions ne concerne malgré tout que l’individu lui même, certes nous ne disposons pas tous des mêmes armes pour lutter , mais ne rendons pas tout le monde responsable, et surtout ne cherchons pas l’homme parfait...qui ferait tout bien....la vie deviendrait invivable. L’homme est faillible ,inutile de vouloir l’enfermer dans une prison d’interdit où les nouvelles règles seraient le fait d’invidus dogmatiques, et tout aussi dangereux. (Féminisme....genrisme...Végan ...minimaliste...collapsologue...et autres...) dangereux tout ça surtout si cela dépasse la sphère de la réflexion normale pour tout être humain....

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