«
»

Top

Quels sont les médicaments qui perturbent la glycémie ?

Publié le 13 nov. 2020 • Mis à jour le 27 mai 2021 • Par Doriany Samair

La glycémie est soumise à un système de régulation physiologique qui peut-être perturbé par certains médicaments.
Quels médicaments provoquent des hyperglycémies ou des hypoglycémies ? Est-ce transitoire ou définitif ? Peuvent-ils déséquilibrer un diabète contrôlé ? Ou provoquer un diabète ?

On vous dit tout dans notre article !

Quels sont les médicaments qui perturbent la glycémie ?

Quelques rappels sur la glycémie et ses mécanismes de variation

Le glucose (sucre) est une source d’énergie indispensable au bon fonctionnement de nos cellules comme de nos organes vitaux. Les muscles sont, par exemple, de gros consommateurs de glucose et sont capables de faire des réserves (sous forme de glycogène) mobilisables lors d’un effort. A l’inverse, le cerveau doit être alimenté en énergie continuellement car il n’est pas en mesure de faire de stock.

La glycémie est le taux de glucose présent dans le sang. Ce taux sanguin (dont les valeurs normales [0.7 à 1.1 g/L ou 3,9-5,5 mmol/L]) est principalement régulé par le système hormonal. Garder une glycémie “normale” repose en grande partie sur l’équilibre entre deux hormones synthétisées par le pancréas : l’insuline et le glucagon.

L’insuline est responsable de l’entrée du glucose dans les cellules, elle induit une diminution de la glycémie : par exemple après un repas, la sécrétion d’insuline est stimulée pour utiliser et mettre en réserve le glucose fourni par l’alimentation. De ce fait, le taux de glucose diminue dans le sang.

Par opposition, le glucagon est responsable d’une augmentation de la glycémie pour pallier une baisse trop importante du taux de glucose dans le sang. Son action s’oppose à celle de l’insuline, par exemple, chez les diabétiques, en cas d’hypoglycémie sévère avec perte de conscience, on injecte du glucagon en urgence.

D’autres facteurs interviennent, comme l’hormone de croissance ou l’adrénaline qui sont sécrétées dans des situations qui nécessitent de l’énergie et donc augmentent la glycémie. Les hormones “adaptent” la glycémie en fonction des besoins de l’organisme et c’est ce qui explique les variations glycémiques. Chez un individu sain, ces variations sont contrôlées et surviennent de manière transitoire.

Hypoglycémie, hyperglycémie : causes et signes cliniques

L’hypoglycémie se définit par un taux sanguin de glucose inférieur à 0,7 g/L. Chez un individu sain, ces épisodes hypoglycémiques se résolvent rapidement. Par exemple, l’activité physique, un simple effort ou le jeûne alimentaire participent à consommer le glucose et, de ce fait diminuent la glycémie.

L’hypoglycémie se manifeste par des signes cliniques caractéristiques : nausées et tremblements, troubles visuels, palpitations, tachycardie, sueurs, maux de tête, faim, troubles du comportement (irritation), pâleur et confusion. La priorité face à cette situation est le resucrage immédiat : on recommande alors l’ingestion d’environ 15g de glucides, ce qui correspond à 2 ou 3 morceaux de sucre blanc ou de canne (dilués dans l’eau de préférence), 15  cL de jus de fruit ou de soda ou encore 1 cuilllère à soupe de confiture ou de miel. Si la glycémie est toujours trop basse 15 minutes plus tard, vous pouvez répéter l’opération. Attention seulement à ne pas en consommer trop d’un coup pour ne pas tomber dans le cas inverse : l’hyperglycémie. 

L’hyperglycémie se définit par un taux sanguin de glucose supérieur à 1,1 g/L. Il existe une multitude de situations physiologiques momentanées où le taux de glucose sanguin (mobilisable) augmente subitement. Les situations d’infections, de stress ou simplement l’alimentation sont à l’origine d’épisodes d’hyperglycémie. Par ailleurs, si l’hyperglycémie devient chronique, on parlera de diabète. Elle se manifeste par un syndrome polyuro-polydipsique (soif et fatigue intenses, envie permanente et fréquente d’uriner).

Quels sont les médicaments qui nécessitent une précaution d’emploi pour un diabétique ?

La surveillance régulière de la glycémie est préconisée et de manière autonome chez le diabétique de type 1 (parfois de type 2).

D’autant que les traitements antidiabétiques hypoglycémiants comme l'insuline, les sulfonylurées (ou sulfamides) confrontent les malades à des effets secondaires comme des épisodes hypoglycémiques. L’hypoglycémie est une situation d’urgence face à laquelle un diabétique doit être autonome.

Chez les diabétiques, une glycémie contrôlée conditionne l’efficacité du traitement, c’est pourquoi l’auto médication concomitante doit se faire avec prudence. En effet, les interactions entre les médicaments ne sont pas rares et sont parfois à l’origine d’effets indésirables ou encore susceptibles de modifier le traitement en cours. 

Par exemple, un sirop pour la toux à base de sucre ou d’alcool peut augmenter la glycémie. Il existe des versions sans sucre pour la plupart de ces spécialités, il ne faut pas hésiter à le signaler à votre pharmacien en cas d’oubli. Des hyperglycémies ont été rapportées avec les contraceptifs oraux (notamment les oestroprogestatifs), le diabète doit être pris en compte dans le choix de votre pilule.

Au contraire l’aspirine ou les AINS (ibuprofène) sont à forte dose est susceptibles de provoquer une hypoglycémie, il faut en prendre compte. Une vigilance est recommandée avec les bêta-bloquants (et la prise d’alcool) dont les effets peuvent masquer les signes cliniques de l’hypoglycémie.

Aussi, la prise de paracétamol, d’aspirine et de vitamine C peuvent perturber les résultats de certains capteurs de glycémie. Il est souhaitable de mesurer sa glycémie à distance de toute prise médicamenteuse.

Quels médicaments sont susceptibles de provoquer un diabète ?

Certains médicaments sont à l’origine de ce qu’on appelle un “diabète induit”, c’est à dire un diabète d’origine médicamenteuse. En effet, la mise en place de traitement au long cours pour certaines pathologies chroniques nécessite un bilan pré-thérapeutique et parfois un bilan pendant la période d'instauration. C’est notamment le cas de la corticothérapie (prise de corticoïdes) qui exige un bilan pré-thérapeutique : une surveillance du poids et de la pression artérielle sont demandées; il faut rechercher la présence de foyers infectieux (éliminer la tuberculose et l'anguillulose); faire un bilan sanguin complet (hémogramme et ionogramme sanguin), un bilan glycémique et lipidique (glycémie à jeun, bilan lipidique : LDL, HDL, Triglycérides) ainsi qu’un bilan rénal, hépatique et cardiaque (CRP, urée et créatinine). 

Toutes ces précautions sont primordiales car les corticoïdes agissent sur plusieurs métabolismes et peuvent bouleverser l’homéostasie (processus de régulation autonome physiologique) de l’organisme. Par exemple, lors d’une corticothérapie au long cours, un régime pauvre en sel et en sucres rapides est recommandé. La corticothérapie a une incidence sur le métabolisme glucidique et peut induire au long cours un diabète.

Récapitulatif des médicaments perturbant la glycémie

De nombreux médicaments peuvent faire varier le taux de sucre dans le sang. Si les variations sont minimes pour une majorité de la population générale, les personnes sujettes au diabète doivent rester particulièrement vigilantes à la prise des médicaments cités ci-dessous.

editor_meta_bo_img_159696c78ac7f1c91b17c855452e722b.PNG

editor_meta_bo_img_7ea0d25ca42565d0431a44abe9a82a35.PNG

Source : frcrpv.fr : les médicaments qui perturbent la glycémie

Si vous ressentez des signes cliniques inhabituels suite à un changement de traitement ou de posologie (dosage), parlez en à un professionnel de santé mais n’arrêtez jamais un traitement sans avis médical. Des examens de surveillance trimestriels ou annuels sont prescrits pour prévenir ce type d’effets indésirables en plus de s’assurer de l’efficacité des traitements.

Cet article vous a-t-il été utile ?

Partagez votre ressenti et vos interrogations avec la communauté en commentaire ci-dessous !

Prenez soin de vous !


avatar Doriany Samair

Auteur : Doriany Samair, Assistant Marketing Digital

Au sein de l'équipe Marketing Digital, Doriany est en charge de la rédaction de fiches maladies et d'articles scientifiques. Elle s'occupe également de la modération et l'animation de la communauté sur le forum, afin... >> En savoir plus

Qui a revu : Charlotte Avril, Pharmacienne, Data Scientist

Charlotte est docteur en pharmacie et diplômée du mastère spécialisé en management pharmaceutique et des biotechnologies de l’ESCP. Elle a une forte appétence pour la e-santé, la Health Tech ainsi que pour les... >> En savoir plus

9 commentaires


Tollari
le 26/11/2020

Très bien mais j’aimerais poser une question concernant mon diabète et mes médicaments,car j’ai un doute merci de bien vouloir me répondre 


Henrica
le 26/11/2020

Très bon article. Clair et bien expliqué.


Akinou
le 26/11/2020

Merci . Renseignements très utiles


boussafsafb
le 27/11/2020

Très bon article. Salut!


noel3341
le 27/11/2020

gf toujours très très bien car claire et compressible  Merci

Vous aimerez aussi

Quel est l’impact psychologique des douleurs chroniques ? Les membres Carenity témoignent !

Quel est l’impact psychologique des douleurs chroniques ? Les membres Carenity témoignent !

Lire l'article
Quels sont les bienfaits et les risques des huiles essentielles sur la santé ?

Quels sont les bienfaits et les risques des huiles essentielles sur la santé ?

Lire l'article
Qu’est-ce que la zoothérapie ?

Qu’est-ce que la zoothérapie ?

Lire l'article
Les troubles du sommeil : ce qu’en pensent les membres Carenity !

Les troubles du sommeil : ce qu’en pensent les membres Carenity !

Lire l'article