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Tout savoir sur la BPCO et le coronavirus !

Publié le 6 avr. 2020 • Mis à jour le 26 mai 2020 • Par Camille Dauvergne

La bronchopneumopathie chronique obstructive (ou BPCO) est une maladie chronique respiratoire grave qui concerne 5 à 10% des plus de 45 ans et qui est souvent sous diagnostiquée. 

Parce que la BPCO touche les voies aériennes inférieures, et que les patients présentent en moyenne 5 comorbidités (métaboliques, musculaires, cardiaques, gastro-intestinales, psychiques…), le risque de développer une forme grave de COVID-19, qui peut s’exprimer par une insuffisance respiratoire aiguë sévère, est plus élevée pour ces patients que pour la population générale.

Philippe Poncet, Président de l’association France BPCO, nous a permis de répondre aux questions des patients ! Étant lui-même atteint de BCPO, il s’engage à défendre le droit de protection de ces patients dans le contexte sanitaire actuel.

Pourquoi le risque de complications est-il plus élevé ? Comment bien se protéger ? Qu’en est-il des traitements ? On vous explique tout !

Tout savoir sur la  BPCO et le coronavirus !

J’ai une BPCO, dois-je suivre des mesures spécifiques de protection ?

Bien entendu, il faut commencer par suivre correctement les recommandations générales et respecter le confinement et les gestes barrières de manière très stricte. 

Les sorties doivent au maximum être limitées et les pratiques suivantes favorisées : téléconsultations, livraison à domicile, télétravail... Dans le cas où le télétravail n’est pas possible, votre situation vous permet de bénéficier d’un arrêt maladie, en effectuant une demande sur le site Ameli.

Face à la pénurie actuelle de masques, ces derniers sont réservés, en priorité, au personnel soignant et aux personnes directement en contact des malades atteints du COVID-19. L’association France BPCO demande au Ministre de la Santé la mise à disposition de masques FFP2 également en priorité aux patients atteints de BPCO.

Puis-je continuer à effectuer mes soins de kinésithérapie pendant le confinement ?

Dans la mesure du possible, les soins de kinésithérapie essentiels en cas de BPCO doivent être maintenus afin d’éviter des complications liées à votre pathologie chronique. Veillez à bien appliquer les gestes barrières lorsque vous vous rendez chez votre kinésithérapeute !

En revanche, France BPCO indique que l’activité physique à l’extérieur est fortement déconseillée en cas de BPCO. Privilégiez une activité physique quotidienne à la maison, même modérée. Sauf cas exceptionnel où les patients bénéficient d’un environnement particulièrement isolé.

Je suis fumeur, ou bien ancien fumeur, suis-je plus à risque ?

Selon Santé Respiratoire France, le tabac est évidemment un facteur de risque supplémentaire de complications car il altère les défenses immunitaires et augmente le risque infectieux. Le tabac peut également entraîner une toux qui favorise la transmission du coronavirus à l’entourage, notamment en cas d’infection asymptomatique (sans symptôme). Pour plus d’information sur les risques d’infection et de forme sévère du Covid-19, consultez la note d’information d’Alliance contre le tabac qui résume les résultats d’une étude chinoise parue dans le New England Journal of Medecine.

Selon Monsieur Philippe Poncet, près de 3 millions de Français, dont beaucoup de fumeurs, ne savent pas qu’ils souffrent de BPCO. Ces personnes là sont d’autant plus à risque car leur pathologie n’est pas stabilisée.

En cas de BPCO, les anciens fumeurs ou non fumeurs sont tout autant à risque.

Je suis sous corticoïdes, faut-il que j’arrête mes médicaments pour éviter les complications ?

Selon Philippe Poncet, le traitement par corticoïdes inhalés et/ou oraux ne doit en aucun cas être interrompu sans l’avis du pneumologue ou du médecin traitant, au risque d’aggraver la BPCO sans diminuer le risque d’infection et de complications au coronavirus.

Il est important de différencier les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène, le voltarène...qui peuvent diminuer vos défenses immunitaires et donc favoriser une forme grave de COVID-19, et les corticoïdes comme la cortisone. En effet, il s’agit d’un anti-inflammatoire stéroïdien, qui ne doit pas être arrêté si vous le prenez dans le cadre de votre maladie chronique (même par voie inhalée).

Pour toute question relative à vos traitements, corticoïdes ou autres, il est recommandé de vous adresser à votre médecin par téléphone ou téléconsultation.

Je suis sous oxygénothérapie, y a-t-il un risque de pénurie en raison de l’épidémie de COVID-19 ?

Monsieur Poncet affirme qu’à l’heure actuelle “les 4 fédérations nationales de prestataires de santé à domicile (PSAD) confirment avoir pris toutes leurs dispositions pour mettre en sécurité chaque patient visité et bénéficier des réserves nécessaires pour éviter toute rupture dans la chaîne de soins, dont la livraison de l’oxygène liquide qui éventuellement, sur la durée, pourrait être remplacée par des dispositifs extracteurs électriques le temps de la crise.Les fédérations se sont engagées à communiquer en direction de leurs patients pour les soutenir au mieux pendant l’épidémie.”

Comment différencier les symptômes de la BPCO de ceux du COVID-19 ? Que dois-je faire en cas de symptômes (toux, fièvre, difficultés respiratoires…) ?

Le premier symptôme qui doit vous alerter est la fièvre ! Si elle est accompagnée d’un essoufflement qui évolue de manière importante comparé à habituellement et d’une toux sèche, il peut s’agir du COVID-19. Vous pouvez aussi ressentir des symptômes spécifiques tels que des courbatures ou une perte brutale de l’odorat (et du goût).

Comment mesurer l’évolution de mon essoufflement ? Selon M. Poncet “il faut prendre son temps, contrôler son dispositif, la différence entre ses activités du jour et celles de la veille pour essayer de mesurer la différence. Un oxymètre peut être utile à ce niveau.” 

Une toux sèche isolée n’est pas suffisante pour évoquer le COVID-19. En revanche, un essoufflement brutal ou des symptômes habituels amplifiés associés à de la fièvre sont des raisons d’appeler les médecins en urgence. 

En cas de triade : toux sèche brutale + fièvre + essoufflement différencié, appelez immédiatement votre médecin, SOS médecin ou bien le 15 et, sans réponse, le 18 en prononçant des mots rapidement identifiables. France BPCO donne pour exemple “BPCO-Détresse respiratoire-Probabilité COVID”.

De manière générale en cas de symptômes évocateurs : ne vous rendez pas à l’hôpital ou chez votre médecin !

Il existe une plateforme en ligne développée par la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) et la Fondation du Souffle, Covid-Quest, conçue pour aider les patients à décrire de façon synthétique leurs symptômes à un professionnel de santé ou un centre d’appels.

J’ai un emphysème, cela constitue-t-il un danger supplémentaire ?

Le Professeur Bruno Crestani, Vice-président de la Fondation du Souffle, explique que l’emphysème est une destruction du poumon qui, dans certains cas, peut entraîner une insuffisance respiratoire lorsqu’il est évolué. Si vous présentez une insuffisance respiratoire, alors dans ce cas il existe un sur-risque lié à l’infection. Mais si vous avez un emphysème sans insuffisance respiratoire alors il n’y a pas de risque supplémentaire par rapport à une BPCO sans emphysème.

Je vis avec un proche atteint du COVID-19, comment me protéger ?

Dans ce cas, vous devez :

  • rester à domicile et vous isoler de la personne contaminée (si possible dans des pièces séparées)
  • respecter les gestes barrières
  • surveiller votre température 2 fois par jour, et l’apparition de symptômes évoqués ci-dessus

Y a-t-il des séquelles respiratoires après une guérison du COVID-19 ?

Les patients hospitalisés en réanimation qui ont eu un syndrome de détresse respiratoire aiguë peuvent présenter des séquelles à long terme, comme des micros altérations au niveau pulmonaire. Ces altérations peuvent diminuer la fonction pulmonaire et donc accentuer l'essoufflement.

Selon Philippe Poncet, « les séquelles respiratoires liées au COVID-19 pourraient engendrer l’arrivée massive de nouveaux patients BPCO ».

Cependant la plupart des cas de COVID-19 sont bénins, et bien que le recul sur les conséquences de l’infection soit encore faible, ces cas de patients ne présenteront vraisemblablement aucune séquelle. Ces données seront mieux connues dans les mois qui viennent. 

Comment m’informer des actualités concernant la BPCO ?

Cet article vous a-t-il été utile ? Avez-vous d’autres conseils à partager à la communauté ? 

Prenez soin de vous et restez chez vous!

avatar Camille Dauvergne

Auteur : Camille Dauvergne, Junior Community Manager France

Etudiante en 4ème année de pharmacie, Camille participe à la rédaction d’articles du Magazine Santé et à la mise à jour des fiches maladies et médicaments... >> En savoir plus

8 commentaires


Hervé49
le 07/04/2020

merci @Candice.S‍ 

Cet article est très intéressant 

Je suis BPCO -Emphysème et connaitre les symptômes du COVID19 et les  risques liés à la maladie est essentiel


Poly40180
le 24/04/2020

Poly40

Bonjour,

Merci pour cet article qui a répondu à toutes les questions que je me posais. En effet, je souffre de BPCO et j'étais très inquiète de ne pas savoir faire la différence entre ma pathologie et le covid 19. Encore merci.


mmymau
le 09/06/2020

Merci @Candide.S

Les informations m'ont permis de connaître  un peu mieux le covid 19  sans pour autant supprimer mes craintes.


Princesse29
le 05/07/2020

Merci pour toutes ces précisions . Je dois dire que le COVID19 est le virus qui m'a vraiment très effrayé.  Pendant le confinement je n'ai pas vu âme qui vive pendant plus de 2 semaines. Heureusement le téléphone et les vidéos avec ma fille et mes petits enfants étaient là. Depuis le déconfinement j'ai appris à vivre avec ma maladie face au virus . En respectant les gestes barrières et même plus . Par exemple : éviter les magasins aux heures d'affluence.  Pour les petits magasins je préfère attendre encore un peu . Je suis rassurée par les personnes que je rencontre : elles portent presque toutes des masques . Rares sont les personnes qui n'en portent pas . Il y a 15 jours , je constatais le contraire . La prolifération des clusters a eu de l'effet . Ainsi mon angoisse face à ce virus est moins importante . J'ai repris mes marches avec une amie 2 à 3 fois par semaine . Une moyenne de 5 kms tout terrain . Parfois un peu dur mais je m'accroche.  En plus du jardin à m'occuper je bouge beaucoup ... J'espère ainssi arrêter l'évolution de la maladie ... J ' envoie des encouragements à  ceux qui souffre de BPCO et amphiseme... Et le meilleur remède : les rires de mes petits enfants. 💋🙋‍♀️💋


valietoile
le 09/10/2020

Merci bien pour cet article très clair. Je ne savais pas qu'en ayant une BPCO avec emphysème, il y avait autant de comorbidité. Pour ma part, j'ai beaucoup de mal à supporter le masque alors je vais limité mes déplacements au strict  minimum. Courage à vous tous,

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