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Pourquoi les nanoparticules sont-elles utilisées dans certains médicaments ?

Publié le 1 juil. 2026 • Par Somya Pokharna

Le terme « nanoparticule » peut sembler inquiétant au premier abord, notamment parce qu’il désigne quelque chose de trop petit pour être visible à l’œil nu. Pourtant, en médecine, les nanoparticules sont déjà utilisées dans certains traitements autorisés, notamment dans certains médicaments contre le cancer, des produits à base de fer administrés par voie intraveineuse et des systèmes lipidiques permettant de transporter des molécules fragiles comme l’ARNm.

Pour les patients, la question essentielle est la suivante : qu’est-ce que cela implique pour le traitement et la sécurité ? Cet article explique ce que sont les nanoparticules, pourquoi elles sont utilisées dans certains médicaments et pourquoi chaque traitement reposant sur des nanoparticules doit être évalué sur la base de ses propres données scientifiques.

Pourquoi les nanoparticules sont-elles utilisées dans certains médicaments ?

Qu'est-ce qu'une nanoparticule ?

Une nanoparticule est une particule extrêmement petite, mesurée à l’échelle nanométrique, bien plus petite que ce que l’œil humain peut percevoir. En médecine, les nanoparticules sont utilisées pour conférer certaines propriétés spécifiques aux traitements. Elles peuvent aider un médicament à circuler dans l’organisme, protéger un principe actif, améliorer sa dissolution ou contrôler sa libération.

Les médicaments qui utilisent cette technologie sont souvent appelés nanomédicaments. Une nanoparticule peut agir comme un minuscule vecteur, une capsule, un revêtement ou un système d’administration. Parfois, elle transporte le principe actif lui-même. D’autres fois, elle modifie la manière dont le médicament circule dans l’organisme ou la durée pendant laquelle il reste actif.

Les nanoparticules utilisées en médecine peuvent inclure les liposomes, les nanoparticules lipidiques, les complexes fer-glucides, ainsi que les particules à base de polymères ou de protéines. Le terme « nanoparticule » ne désigne pas un ingrédient unique. Il s’agit d’un terme générique regroupant de très petites structures dont le comportement varie selon leur taille, leur composition, leur surface et leur fonction.

Pourquoi utilise-t-on des nanoparticules dans les médicaments ?

De nombreux médicaments sont confrontés au même défi : atteindre le bon endroit dans l’organisme, à la bonne dose, tout en limitant une exposition inutile des autres tissus. Les nanoparticules peuvent parfois contribuer à cet objectif en améliorant la solubilité, en protégeant des molécules fragiles, en modifiant la distribution d’un médicament ou en permettant une libération contrôlée.

Les nanoparticules peuvent notamment aider à :

  • améliorer la dissolution d’un médicament peu soluble ;
  • permettre à un principe actif fragile de rester intact suffisamment longtemps pour agir ;
  • favoriser l’acheminement d’un médicament vers certains tissus ;
  • contrôler la vitesse de libération d’un médicament ;
  • rendre possibles de nouveaux traitements, comme certaines thérapies à base d’ARN.

Cela ne signifie pas que les nanoparticules rendent automatiquement un médicament meilleur. Elles modifient le comportement du médicament, et ces modifications doivent être évaluées avec rigueur.

Un exemple bien connu est celui des nanoparticules lipidiques, souvent appelées LNP (Lipid Nanoparticles). Elles permettent d’administrer l’ARNm, une molécule fragile qui serait autrement rapidement dégradée. Les nanotechnologies sont également utilisées dans certains traitements contre le cancer, où certaines formulations sont conçues pour améliorer l’administration du médicament ou réduire l’exposition de certains tissus sains.

Les nanoparticules présentes dans les médicaments sont-elles sûres ?

La sécurité dépend du médicament concerné, et non du simple fait qu’il contienne des nanoparticules.

Les autorités réglementaires ne considèrent pas les produits issus des nanotechnologies comme étant automatiquement sûrs ou dangereux. Elles les évaluent en fonction de leurs propriétés, de leur usage prévu, de leur qualité, de leur sécurité et de leur efficacité. Cela est important, car les nanoparticules peuvent se comporter différemment des particules plus grandes, ou même du même principe actif présenté sous une formulation classique.

Lors de l’évaluation d’un médicament à base de nanoparticules, les scientifiques peuvent examiner :

  • la taille des particules et leur distribution granulométrique ;
  • le matériau utilisé ;
  • le revêtement de surface et la charge électrique ;
  • la stabilité pendant le stockage ;
  • le mode de libération du médicament ;
  • la manière dont l’organisme absorbe, distribue et élimine le produit ;
  • la possibilité de réactions immunitaires ou de réactions liées à la perfusion.

Pour les patients, cela signifie que le terme « nano » ne doit être considéré ni comme un signal d’alarme ni comme une garantie particulière. Un médicament reposant sur des nanoparticules doit être évalué à partir des données scientifiques propres à ce produit : ses bénéfices, ses risques, la qualité de sa fabrication et son suivi.

Qu’est-ce que cela peut changer pour les patients ?

La plupart des patients ne percevront pas directement qu’un médicament contient des nanoparticules. Le traitement peut conserver une forme tout à fait classique : une perfusion, une injection, une gélule ou toute autre présentation standard. La différence réside généralement dans la formulation, c’est-à-dire la manière dont la substance active est encapsulée, transportée ou libérée.

Dans certains cas, les formulations à base de nanoparticules rendent possible l’utilisation d’une substance active qui serait autrement instable ou difficile à dissoudre. Dans d’autres, elles peuvent modifier la distribution du médicament dans l’organisme, ce qui peut influencer les effets secondaires ou les modalités de surveillance.

Cependant, les effets indésirables ne disparaissent pas simplement parce qu’un médicament utilise des nanoparticules. Une formulation peut réduire certains risques tout en soulevant d’autres questions, notamment concernant les réactions à la perfusion, les réponses immunitaires, les conditions de conservation ou les différences entre des produits similaires.

Pour les personnes atteintes de maladies chroniques, il est important de comprendre que deux médicaments contenant la même substance active peuvent ne pas se comporter de la même manière si leurs formulations sont différentes. C’est pourquoi les professionnels de santé prennent en compte à la fois le principe actif et la formulation.

Pourquoi les nanoparticules suscitent-elles autant de questions ?

Les nanoparticules se situent à la croisée de la chimie, de la biologie, de l’ingénierie et de la médecine. Cela les rend prometteuses, mais aussi complexes. De petites variations de taille, de revêtement, de procédé de fabrication ou de conditions de stockage peuvent modifier le comportement d’un médicament. C’est la raison pour laquelle des organismes tels que la FDA et l’EMA disposent de recommandations spécifiques concernant les médicaments contenant des nanomatériaux.

Il existe également un enjeu de communication. Des termes comme « nanotechnologie » peuvent susciter des inquiétudes, notamment dans des domaines tels que les cosmétiques, les emballages alimentaires, l’exposition environnementale ou la désinformation en ligne. Dans les médicaments autorisés, les nanoparticules font partie d’une formulation pharmaceutique contrôlée, qui doit faire l’objet d’études rigoureuses et d’une fabrication strictement encadrée.

Une manière utile de comprendre un médicament fondé sur des nanoparticules consiste à se poser les questions suivantes :

  • Quel est le rôle de la nanoparticule ?
  • Quelles données scientifiques justifient son utilisation ?
  • Quels bénéfices et quels risques ont été observés ?
  • Comment le produit est-il surveillé après son autorisation ?

À retenir

Les nanoparticules utilisées dans les médicaments sont de minuscules structures qui peuvent transporter, protéger ou libérer des substances actives de manière spécifique. Elles sont déjà employées dans certains traitements et demeurent un domaine de recherche très actif. Leur présence ne rend pas automatiquement un médicament dangereux, expérimental ou supérieur aux autres. Ce qui compte avant tout, ce sont les données scientifiques relatives au produit concerné, la manière dont il est évalué, fabriqué et surveillé au fil du temps.

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Auteur : Somya Pokharna, Rédactrice santé

Somya est créatrice de contenu chez Carenity, spécialisée dans la rédaction d'articles sur la santé. Elle est diplômée d'un master à l'école de... >> En savoir plus

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