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« La cortisone m’a aidée à tenir… mais elle a aussi transformé mon corps » : Genevieve1212 témoigne de l'obésité

Publié le 1 juil. 2026 • Par Candice Salomé

Pendant des années, Geneviève a pris de fortes doses de cortisone pour pouvoir continuer à travailler malgré sa spondylarthrite ankylosante. Ce traitement lui a permis de tenir physiquement, mais il a aussi entraîné une importante prise de poids dont les conséquences marquent encore son quotidien aujourd’hui.

À presque 60 ans, cette membre et Ambassadrice Carenity raconte avec sincérité son parcours avec l’obésité, les difficultés physiques, les remarques blessantes, la grossophobie et le regard des autres. Un témoignage touchant sur une réalité souvent mal comprise.

« La cortisone m’a aidée à tenir… mais elle a aussi transformé mon corps » : Genevieve1212 témoigne de l'obésité

Bonjour @genevieve1212, vous avez accepté de témoigner pour Carenity et nous vous en remercions.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous raconter votre parcours avec l’obésité ?

Bonjour, je m’appelle Geneviève. Je suis une petite femme de presque 60 ans : je mesure 1,50 m et je pèse 120 kilos.

Mon obésité est liée à ma maladie, la spondylarthrite ankylosante.

Pendant des années, j’ai travaillé comme secrétaire dans le bâtiment, mais aussi sur les chantiers pour livrer du matériel. Plus tard, je suis devenue responsable de télémarketing — oui, c’est peut-être moi qui vous appelais pour les portes et fenêtres ! ^^

Pour tenir physiquement, je prenais de fortes doses de cortisone, jusqu’à 80 mg par jour, afin de pouvoir rester debout et continuer à travailler.

Plus tard, ce traitement a été remplacé par des anti-TNF, mais après plus de 15 ans sous cortisone, il était trop tard : je n’ai jamais retrouvé mon poids idéal.

Comment l’obésité impacte-t-elle aujourd’hui votre quotidien, physiquement mais aussi émotionnellement ?

J’habite en haut d’une côte et, avec mon poids, la montée est difficile. Je manque vite de souffle et je dois souvent m’arrêter. En revanche, pour descendre, aucun problème : je roule presque comme un tonneau ! ^^

Se relever est compliqué. Entre la spondylarthrite ankylosante et le poids, certaines choses du quotidien deviennent difficiles, comme s’habiller. Par exemple, mettre des chaussettes est devenu impossible, alors je n’en mets plus, même en hiver — j’ai trouvé ma solution au problème.

Émotionnellement, c’est plus compliqué. Je ne m’aime pas, je me trouve laide. Je n’aime pas qu’on me prenne en photo et le regard des autres me pèse beaucoup.

Alors, j’essaie souvent de plaisanter, parce qu’on dit que « les gros sont rigolos ».

Y a-t-il certaines activités ou situations du quotidien qui sont devenues compliquées avec le temps ?

La piscine, par exemple. Le moment où il faut traverser pour entrer dans l’eau est difficile, surtout quand on sent les regards ou qu’on entend certaines remarques blessantes, du style : « Tu as vu la baleine ? »

Du coup, j’évite d’y aller. Et contrairement à ce qu’on peut croire, les personnes en surpoids ne flottent pas forcément : moi, si je n’ai pas pied, je coule !

Dans la rue aussi, certaines situations deviennent compliquées. Si je vois un billet par terre, le ramasser discrètement est presque impossible : j’ai peur de tomber.

Et les randonnées, je n’en fais plus, car ma respiration n’est plus au mieux.

Quel impact l’obésité a-t-elle eu sur votre énergie, votre mobilité ou votre fatigue ?

Je ne pense pas que mon obésité soit la principale cause de ma fatigue. C’est surtout ma spondylarthrite ankylosante qui me fatigue au quotidien.

Malgré tout, je suis quelqu’un d’énergique. J’aime faire les brocantes, marcher, chercher des objets, même si je n’achète rien.

J’aime aussi m’amuser et aller dans les parcs d’attractions, même si monter ou descendre des manèges devient parfois compliqué.

Comment vivez-vous le regard des autres au quotidien ?

C’est très difficile, surtout face aux remarques et aux jugements.

Par exemple, lorsqu’une personne en surpoids entre dans une boulangerie pour s’offrir un croissant, même occasionnellement, elle sent souvent le regard des autres posé sur elle, parfois avec du jugement.

Comme si une personne obèse ne devait manger que de la salade, se cacher ou ne plus sortir de chez elle.

Beaucoup pensent que c’est uniquement de notre faute, qu’on ne fait aucun effort ou qu’on mange trop. Pourtant, la réalité est bien plus complexe.

Avez-vous déjà été confrontée à des remarques, jugements ou préjugés liés à votre poids ?

Oui, très souvent, même au sein de ma famille.

Lors des repas, il peut y avoir des remarques contradictoires : soit on m’encourage à finir les plats avec des phrases comme : « Allez, tu dois bien avoir encore une petite place. »

Soit, au contraire, si je reprends un morceau de pain, on me fait une remarque devant tout le monde : « Tu ne devrais pas en reprendre, ça fait grossir, tu es déjà assez grosse comme ça. »

Ces remarques peuvent être très blessantes.

Pensez-vous que l’obésité a parfois influencé votre prise en charge médicale, y compris pour d’autres problèmes de santé ?

À l’hôpital, j’ai passé de nombreux examens : dépistage de l’apnée du sommeil, contrôle du cœur pour vérifier son état, tests pour le diabète — heureusement, je n’en ai pas.

On m’a même proposé une opération de réduction de l’estomac, mais elle a finalement été annulée lorsque j’ai parlé de ma spondylarthrite ankylosante.

J’ai aussi suivi une cure de trois semaines. Je n’ai pas perdu un gramme, et on m’a reproché de manger en cachette, alors que c’était impossible puisque nous ne pouvions même pas sortir du centre.

Vous êtes-vous déjà sentie réduite à votre poids lors de certaines consultations médicales ?

Oui, énormément.

Je me souviens notamment d’une consultation chez un gynécologue. À la fin du rendez-vous, alors que je venais pour une endométriose, il m’a dit que les personnes dans les pays pauvres n’avaient pas de problèmes d’obésité parce qu’elles ne mangeaient pas à leur faim.

Je me suis sentie réduite uniquement à mon poids, alors que ce n’était même pas le sujet de ma consultation.

Quel impact cette maladie a-t-elle eu sur votre vie sociale, familiale ou professionnelle ?

Socialement, j’ai souvent eu l’impression qu’une femme grosse pouvait être une amie, une confidente, mais rarement quelqu’un qu’on aime sentimentalement.

Dans la famille, les remarques sont fréquentes :

  • « Tu ne fais pas d’efforts. »
  • « Tu manges trop. »
  • « Chez nous, personne n’est gros, on ne comprend pas d’où ça vient. »

Sur le plan professionnel, cela a aussi été difficile. Souvent, mon CV et mes diplômes plaisaient, mais une fois en entretien, j’avais droit à la phrase : « On vous rappellera. »

Et, bien souvent, cela s’arrêtait là.

Quel message aimeriez-vous faire passer aux personnes vivant avec l’obésité, mais aussi à la société et aux professionnels de santé ?

Aux personnes qui vivent avec l’obésité, je voudrais dire : courage, ne baissez pas les bras. Je sais que ce n’est pas facile, mais vous avez autant le droit de vivre pleinement que n’importe qui d’autre.

À la société, j’aimerais rappeler qu’on ne choisit pas d’être gros. Il peut y avoir une maladie, des difficultés de vie ou d’autres causes derrière cela.

Ne nous regardez pas comme des curiosités ou des monstres de foire : nous avons un cœur, nous aussi.

Et aux professionnels de santé : faites attention à vos mots. Certaines remarques peuvent faire très mal. Si nous venons vous voir, c’est parce que nous avons besoin d’aide. Nous sommes déjà fragilisés.

Un dernier mot ? 

Ce n’est pas facile de se dévoiler sur un sujet aussi intime, surtout quand on passe souvent son temps à vouloir se cacher dans une société où l’apparence compte autant.

On fait des efforts pour représenter davantage de diversité à la télévision — des personnes de toutes origines, de toutes différences.

Alors pourquoi ne pas représenter aussi les personnes grosses ?

Un grand merci à @genevieve1212 pour son témoignage !

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Prenez soin de vous ! 

avatar Candice Salomé

Auteur : Candice Salomé, Rédactrice Santé

Créatrice de contenus chez Carenity, Candice est spécialisée dans la rédaction d’articles santé. Elle a une appétence particulière pour les domaines de la psychologie, du bien-être et du sport.

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