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Savoir lire ses analyses de sang dans les MICI

13 mai 2019 • 10 commentaires

Lorsque l’on est atteint d’une maladie chronique de l’intestin, les analyses de sang peuvent être fréquentes. Mais connaissez-vous les valeurs qu’il faut surveiller sur ce bilan sanguin ? Savez-vous quels examens complémentaires peuvent-être nécessaires ? Lisez notre guide à destination des patients atteints de rectocolite hémorragique ou de la maladie de Crohn.

Savoir lire ses analyses de sang dans les MICI

Les valeurs présentées dans cet article sont des valeurs de référence. Cependant, elles peuvent varier en fonction des individus.

Les MICI, qu'est-ce que c'est ?

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, communément appelées MICI, regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Ces deux pathologies se caractérisent toutes deux par une inflammation anormale de la paroi intestinale. Cette similarité pathologique explique que le suivi de la maladie de Crohn (analyses des données biologiques et endoscopiques) soit très proche de celui de la rectocolite hémorragique. 

Surveiller ses analyses de sang une fois diagnostiqué

Prévenir une éventuelle anémie

Pourquoi ce test ?

Une inflammation chronique de la paroi intestinale se traduit par une mauvaise absorption des minéraux et autres vitamines. Il est donc primordial de surveiller une à deux fois par an la concentration sanguine en fer, vitamine B9 (acide folique) et vitamine B12 (cobolamine).

Les valeurs usuelles

Fer sérique chez l’homme
70 - 145 µg/dL

Fer sérique chez la femme
 50-150 µg/dL

Vitamine B9
5 -15 µg/L

Vitamine B12
130-180 ng/L

Une carence en l’un ou plusieurs de ces paramètres peut se traduire par un défaut de synthèse de globules rouges (autrement appelé anémie) entrainant une mauvaise oxygénation des organes.

Surveiller les effets des traitements

Pourquoi ce test ?

Le second élément de surveillance biologique dans le suivi des MICI réside dans la non toxicité et la bonne assimilation du/des traitement(s) mis en place. Malgré la vérification de la compatibilité entre patient et traitement par azathioprine (IMUREL®), une surveillance de sa tolérance reste indispensable. Ainsi, une vérification régulière de la NFS (Numérotation de la Formule Sanguine) et un dosage des plaquettes est réalisé afin d’écarter tout risque de leucopénie (déficit en globules blanc se traduisant par un déficit du système immunitaire).

Les valeurs usuelles

NFS chez l’homme
4.2-5.7 Millions/µL

NFS chez la femme
4.0-5.3 Millions/µL (femme)

Plaquettes
160.000-350.000/mm3

La fonction hépatique et la fonction rénale

Il est également important de vérifier le bon fonctionnement hépatorénal qui peut être endommagés par les différents traitements comme le méthotrexate (IMETH®, LEDERTREXATE®, METOJECT®, NORDIMET®, NOVATREX®) ou les aminosalicylés (DIPENTUM®, FIVASA®, PENTASA®, QUADRASA®, ROWASA®, SALAZOPYRINE®)... Nous allons donc nous pencher sur le dosage des ALAT et de la Gamma-GT dans le sang pour ce qui est de la fonction hépatique et d’une autre part sur la créatininémie en ce qui concerne la fonction rénale.

Pourquoi ces tests ?

Les valeurs en ALAT et Gamma-GT permettent d’apprécier l’état du foie ; plus leurs valeurs sont importantes, plus l’atteinte hépatique est avancée. Il en est de même pour la créatininémie en ce qui concerne la fonction rénale. Plus la valeur en créatininémie est importante, moins les reins sont performants.

Les valeurs usuelles

ALAT chez l'homme
8-35 UI/L

ALAT chez la femme
6-25 UI/L

Gamma-GT chez l'homme
>45 UI/L

Gamma-GT chez la femme
>35 UI/L

Créatininémie chez l'homme
6-12 mg/L

Créatininémie chez la femme
4-10 mg/L

Les examens biologiques liés à la corticothérapie

Pourquoi ces tests ?

L’instauration d’une corticothérapie (traitement par corticoïdes) nécessite de surveiller de différents paramètres biologiques. Ainsi, une vérification de la glycémie à jeun est réalisée une semaine après l’instauration du traitement (c’est primordial en cas de diabète). Un contrôle de la densité osseuse est également réalisé si le traitement s’étale sur plus de 3 mois. Enfin, un examen ophtalmique est envisagé lorsque la corticothérapie dépasse les 6 mois cumulés.

Valeurs usuelles

Glycémie à jeun
0.63 – 1.1 g/L (soit 3.5 – 6.1 mmol/L)

Ostéodensitométrie avec un T-score
< -1

Quels sont les marqueurs de l’inflammation (CRP, VS) ?

Lorsque l’organisme détecte des substances qui lui semblent étrangères, il met en place une stratégie de défense pour les reconnaître, les détruire et les éliminer : c’est la réaction inflammatoire. Les causes de l’inflammation sont multiples: elles peuvent être d’origine extérieure (bactérie, virus, lésion cutané, coup..) ou intérieure (maladies auto-immunes comme les MICI, cancers…)

La Protéine C-Réactive (CRP) est une protéine inflammatoire, synthétisée par le foie, qui voit sa concentration sanguine augmenter en quelques heures en cas d’inflammation. La CRP joue un rôle important puisqu’elle permet de mobiliser et activer les défenses immunitaires (globules blancs) et stimuler le processus de destruction des cellules considérées comme étrangères (phagocytose). Plus la valeur de la CRP est haute, plus la réaction inflammatoire est importante.

Pour déterminer la vitesse de sédimentation (VS), un technicien place les globules rouges dans un tube à essai et détermine la distance jusqu’à laquelle ils tombent en un temps donné (en général une heure). En cas de réaction inflammatoire, le taux sanguin des protéines de l’inflammation (dont le fibrinogène) augmente et aboutit à la formation d’amas de globules rouges. Plus la valeur de la VS est élevée, plus les agrégats sont lourds et tombent au fond du tube rapidement. L’inflammation est donc plus importante.

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique pouvant générer des poussées inflammatoires, la CRP et la VS sont régulièrement dosés. Cependant, l’inflammation pouvant avoir des causes variées, votre médecin prendra en compte d’autres paramètres pour suspecter une poussée ou évaluer l’efficacité de votre traitement.

Le suivi par examens endoscopiques

Pourquoi ces tests ?

Le recours à des examens complémentaires faisant appel aux méthodes endoscopiques (coloscopie, iléo-coloscopie…) peut être nécessaire afin de  confirmer un diagnostic ou d’évaluer l’intensité et la sévérité d‘une poussée.

En cas de suspicion de dysplasie précancéreuse, une chromo-endoscopie (coloscopie avec coloration de la muqueuse) accompagnée de biopsies est réalisée pour analyse et mise en évidence d’éventuelles lésions.

Les valeurs usuelles sont à nuancer. Avant tout, parlez-en à votre médecin !

Si vous avez déjà regardé un compte rendu de prise de sang, vous avez vu qu’à côté du résultat se trouvent des « valeurs usuelles » ou des « valeurs de référence », avec une borne inférieure et une borne supérieure. Pour définir ces valeurs de références, les biologistes échantillonnent les données de populations en bonne santé. Or, comme dans toute analyse statistique, 5 % de l’échantillon se trouve hors de la norme. C’est pourquoi être légèrement en dehors des "valeurs de référence" ne signifie pas toujours qu’il existe une maladie. Ainsi, face à une analyse qui paraît "anormale", inutile de s’inquiéter sans en avoir discuté avec le médecin traitant qui vous a prescrit les examens sanguins.

avatar Louise Bollecker

Auteur : Louise Bollecker, Community Manager France & Content Manager

Community Manager de Carenity en France, Louise est également Content Manager pour proposer à tous les membres articles, vidéos et témoignages. Spécialisée dans le Brand Content, son objectif est de porter la voix des patients et de faciliter leur expérience sur le site.

Commentaires

le 13/05/2019

Bonjour à toutes et tous, très bel article mais où est la protéine C réactive (CRP) ?

Elle sert de marqueur biologique justement pour les mici et c'est un indicateur qui me semble incontournable.

le 14/05/2019

@pseudo-masqué bonjour et merci pour votre message. Initialement utilisée dans le pronostic des maladies cardiovasculaires, la Protéine C-Réactive s'utilise effectivement de plus en plus pour les MICI. Cependant, ce marqueur de l'inflammation n'est pas encore considéré comme l'un des indicateurs spécifiques de suivi d'une MICI, d'où son absence dans notre article !

Belle journée,

Louise

le 14/05/2019

@pseudo-masqué Bonjour, merci pour votre réponse. 

Vous écrivez "la Protéine C-Réactive ... n'est pas encore considéré comme l'un des indicateurs spécifiques de suivi d'une MICI"  pardonnez moi mais quelle est la source de cette information ? 

Paul

le 14/05/2019

@pseudo-masqué re-bonjour,

Nous nous sommes fondés sur le guide fourni par la Haute Autorité de Santé que vous trouverez ci-dessous.

https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2008-06/guide_medecin_rch_web.pdf 

Merci toutefois d'avoir apporté cette information à notre article !

Belle journée,

Louise 

le 14/05/2019

.

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