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Qu’est-ce qu’une biothérapie ? Spécial maladies inflammatoires

24 oct. 2019 • 18 commentaires

Qu’est-ce qu’une biothérapie ? Comment cette thérapie fonctionne-t-elle pour traiter les maladies inflammatoires ? À quel moment du parcours de soins et dans quelles conditions peut-on avoir accès à une biothérapie ? Explications !

Qu’est-ce qu’une biothérapie ? Spécial maladies inflammatoires

Les biothérapies visent à produire des médicaments et des stratégies thérapeutiques qui se fondent sur le vivant, à partir de la biologie. Elles reposent ainsi sur l’utilisation de molécules conçues à partir d’organismes vivants (levures, ferments, microbes, gènes, cellules, tissus…) ou de substances prélevées sur des organismes vivants (hormones, anticorps, interleukines…).

Les différentes biothérapies

Les biothérapies recouvrent plusieurs types de thérapies.

  • - Les thérapies cellulaires se fondent sur la greffe de cellules souches ou différenciées
  • - Les thérapies tissulaires prônent différentes greffes de tissus vivants sur le patient
  • - Les thérapies géniques s’intéressent au transfert de gènes ou à d’autres formes d’intervention sur les gènes
  • - D’autres thérapies utilisent des médicaments qui copient des molécules naturelles du corps humain, synthétisées par des organismes vivants (facteurs de croissance, interleukines, protéines recombinantes)

La biothérapie dans le cadre des maladies inflammatoires

Les maladies inflammatoires peuvent avoir différentes expressions cliniques : elles peuvent avoir des manifestations articulaires (polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique, spondylarthrite ankylosante), cutanées (psoriasis) ou encore digestives (maladie de Crohn, RCH).

Comment cela fonctionne-t-il ?

Toutes ces maladies présentent un dysfonctionnement immunitaire qui se manifeste par de la fièvre, des troubles hépatiques, des complications cardiovasculaires ou par des destructions articulaires et perforations intestinales. A l’origine de ces dysfonctionnements, les cytokines (une substance du système immunitaire qui règle la prolifération de cellules) et les lymphocytes T et B (responsables de l’immunité).

Les biothérapies utilisées dans le cadre de maladies inflammatoires vont donc se concentrer sur les cytokines pro-inflammatoires et/ou les lymphocytes T et B. Le plus souvent, leur but est d’empêcher ces substances défectueuses de provoquer des crises inflammatoires. Le traitement permet ainsi de bloquer les mécanismes de l’inflammation.

A quel moment commencer une biothérapie ?

Commencer une biothérapie n’est pas anodin. Le moment opportun est défini à la fois par la maladie, son stade et l’état de santé du patient. Il s’agit d’une décision importante et réfléchie qui est prise par le médecin. La prescription des biothérapies est limitée en raison de son coût élevé et du risque d’infections.

  • - Les maladies inflammatoires articulaires

La biothérapie est rarement prescrite juste après le diagnostic. Par exemple, pour la polyarthrite rhumatoïde, les patients prennent généralement des anti-inflammatoires, des antalgiques puis du Méthotrexate, un anti-métabolite, avant de commencer une biothérapie.

  • - Les maladies inflammatoires cutanées

Dans le cas du psoriasis, le choix d’une biothérapie dépend de la sévérité du psoriasis et de l’impact de ce dernier sur la qualité de vie du patient. Généralement, on débute par un traitement local (crème, mousses, gels), puis, si l’efficacité n’est pas au rendez-vous, des immunosuppresseurs prennent le relais. En dernière intention, une biothérapie peut être prescrite. Il s’agit généralement d’anti-TNF, administrés en perfusion ou par voie sous-cutanée (le TNF est une protéine impliquée dans le processus inflammatoire). On peut également injecter au patient un inhibiteur d’interleukines (protéines pro-inflammatoires).

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Il arrive que la biothérapie soit indiquée en deuxième intention (c’est-à-dire dès l’échec d’un premier traitement) pour certaines formes particulières de psoriasis comme le rhumatisme psoriasique.

  • - Les maladies inflammatoires digestives

Le traitement par biothérapie permet de limiter les opérations chirurgicales et le recours à une corticothérapie. Ainsi, il peut arriver qu’un anti-TNF soit prescrit au début du parcours de soins d’un patient atteint de la maladie de Crohn ou d’une RCH.

Quelle est l’efficacité de ce traitement ?

L’efficacité des biothérapies a été démontrée dans de nombreuses pathologies, notamment les maladies inflammatoires, mais chaque patient peut réagir différemment. Il faut attendre 12 semaines avant de juger leur efficacité, mais il arrive que les premiers effets se manifestent dès 15 jours. Néanmoins, il convient de prendre ces traitements exclusivement dans le cadre d’un suivi médical : le médecin pourra prescrire les tests adaptés pour vérifier que le patient supporte bien le traitement et que les effets sont démontrés.

Quels sont les principaux effets secondaires ?

Les traitements par biothérapie sont occasionnellement accompagnés d’effets secondaires le plus souvent réversibles à l’arrêt de ceux-ci, c’est-à-dire que si le traitement s’arrête, les effets secondaires disparaissent. Ces derniers peuvent souvent être réduits, voire éviter, en étant attentif et en respectant des mesures d’hygiène, les vaccinations conseillées, etc.

  • - Risques immédiats

Lors de la prise de la biothérapie, une réaction allergique violente, appelée anaphylaxie, peut avoir lieu. D’autres réactions modérées pendant l’injection peuvent avoir lieu, car le corps du patient peut développer des anticorps contre la molécule. Comme pour toute injection, une douleur peut apparaitre au point d’injection.

  • - Les risques infectieux

La biothérapie freine le système immunitaire et peut ainsi provoquer une immunodépression, c’est-à-dire que le corps ne parvient plus à se protéger correctement contre les bactéries et virus. Le patient peut donc contracter des infections opportunistes plus ou moins sévères. Il convient de prendre rendez-vous avec son médecin dès qu’un symptôme potentiellement lié à une infection apparait.

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Des antécédents d’infections évolutives, un âge supérieur à 65 ans, d’autres maladies chroniques, des maladies respiratoires associées, la prise d’une corticothérapie concomitante sont autant de facteurs qui peuvent accroitre ce risque d’infection.

Qu’est-ce qui peut freiner le patient ?

Certaines biothérapies s’injectant à la maison, le patient doit acquérir des compétences d’auto-soins et s’adapter pour gérer ce traitement.

 

Attention, cet article est général et ne remplace en aucun cas une prescription médicale. Il ne fait pas mention des éventuels cas particuliers qui peuvent exister. Chaque patient est différent, aussi parlez-en à votre médecin !

Article rédigé par Louise-B avec Camille Dauvergne, étudiante en 4ème année de pharmacie.

avatar Louise Bollecker

Auteur : Louise Bollecker, Community Manager France & Content Manager

Community Manager de Carenity en France, Louise est également Content Manager pour proposer à tous les membres articles, vidéos et témoignages. Spécialisée dans le Brand Content, son objectif est de porter la voix des patients et de faciliter leur expérience sur le site.

Commentaires

le 24/10/2019

Merci beaucoup pour cet article,  toutes les precisions et explications qui nous concernent ,  ca va répondre à  pas mal de questions que certains se posent sur ce type de traitements,  les inquietudes qui peuvent en découler.

👍👍👍👍👍👍

le 24/10/2019

Merci c'est très clair et détaillé.

Ça démystifie bien la chose.

le 24/10/2019

Merci c'est très clair et détaillé.

Ça démystifie bien la chose.

le 24/10/2019

Merci pour cet article très instructif 

le 25/10/2019

Bel article. Dommage que l'on ne donne pas tous les noms des différentes biothérapies. J'ai kineret qui ne marche plus très bien. On va en essayer certainement une autre. Quels sont les différents noms de traitements ? 

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