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GilenyaⓇ : tout savoir sur le traitement des formes récurrentes-rémittentes de la sclérose en plaques.

Publié le 11 juin 2021 • Par Aurélien De Biagi

GilenyaⓇ est un immunosuppresseur utilisé comme traitement de fond de la sclérose en plaques et commercialisé par Novartis. Il est autorisé dans l'Union Européenne depuis 2011. Ce traitement a, par ailleurs, reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France la même année.

Vous voulez en savoir plus sur ce traitement ? Vous voulez connaître ses effets secondaires, son mécanisme d’action, sa voie d’administration ? Vous êtes au bon endroit !

Bonne lecture !


GilenyaⓇ : tout savoir sur le traitement des formes récurrentes-rémittentes de la sclérose en plaques.

Qu’est ce que la sclérose en plaques ?

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune responsable de lésions au niveau du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). Du fait d’un dysfonctionnement du système immunitaire, celui-ci s’attaque à la gaine de myéline. Cette dernière est composée de cellules spécialisées (les oligodendrocytes) recouvrant les axones (filaments fibreux permettant le transfert d’influx nerveux entre deux neurones), à la manière de l’isolation d’un fil électrique. Ces influx nerveux appelés potentiel d’action (PA) permettent le transfert de l'information. 

Ainsi, le système immunitaire du patient qui s’attaque à la myéline (isolation) conduisant à sa destruction (démyélinisation) entraînant un mauvais transfert ou l’inhibition complète de l’influx nerveux et donc de l’information.

Du fait de la multiplicité des possibles atteintes (sur tout le système nerveux central), de multiples symptômes sont observés, tels que (liste non exhaustive) : 

  • des troubles de la sensibilité comme des engourdissements, des sensations de froid, des douleurs, le signe de Lhermitte (sensation de décharges électriques le long de la colonne vertébrale) ; 
  • des faiblesses musculaires ;
  • une perte de vision (dans environ 20-25% des cas) ;
  • des troubles sexuels ;
  • des troubles urinaires ;
  • des troubles cognitifs (difficulté à se concentrer etc) ;
  • des troubles de l’équilibre.

Dans la plupart des cas (85% des cas), cette maladie évolue de façon rémittente-récurrente. Cette forme se caractérise par des périodes de poussées (en moyenne de deux à six semaines) définies par l’apparition de nouveaux symptômes ou l’aggravation de symptômes déjà présents, et des périodes de rémission (période sans progression de la maladie). Dans les 15% des cas restants, il s’agit d’une forme progressive : progression lente de la SEP avec ou sans poussée ajoutée.

Aujourd'hui, les traitements disponibles ne permettent pas de guérir la maladie mais seulement de diminuer la fréquence des poussées et de ralentir la progression de la maladie

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Qu’est ce que Gilenya ?

Gilenya, est un traitement de fond de la sclérose en plaques utilisé en monothérapie (sans autre traitement de fond concomitant) chez les adultes et les enfants de plus de 10 ans. Il est réservé aux formes récurrentes-rémittentes agressives ou résistantes à un traitement de fond par interféron bêta. Il est prescrit en seconde intention (si échec d’un précédent traitement). La prescription initiale de ce traitement doit, par ailleurs, être faite par un médecin expérimenté dans le traitement de la sclérose en plaques. 

Ce médicament est pris par voie orale sous forme de gélule. Pour un adulte, la dose recommandée est de 0,5 mg par jour. Pour un enfant, elle devra être adaptée au poids du patient.

Fingolimod (Gilenya) : mécanisme d’action

Le principe actif de ce médicament est le fingolimod. Fingolimod appartient à la classe thérapeutique des modulateurs du récepteur de la sphingosine-1 phosphate (S1PR). Le blocage de ce récepteur par le principe actif, présent sur les lymphocytes T (des cellules du système immunitaire) inhibe le déplacement de ces derniers. Ils se retrouvent donc bloqués dans les organes lymphoïdes. On observe une concentration en lymphocyte, dans les zones périphériques, correspondant à 20 ou 30% de sa valeur initiale sous fingolimod. 

Ce médicament inhibe donc l’action du système immunitaire en empêchant les lymphocytes de migrer vers le système nerveux central et d’y créer des lésions. Il s’agit donc d’un traitement immunosuppresseur. 

Qu’apporte Gilenya aux patients atteints de sclérose en plaques ?

Trois études ont été réalisées sur ce médicament. Les deux premières, d’une durée de deux ans, sur 2 355 patients dont une moitié prenait un placebo, l’autre moitié sous Gilenya, montrent que le nombre de rechutes chez les patients sous fingolimod était de moitié par rapport à ceux sous placebo.

La troisième, portant sur 1 292 patients, était une étude comparative d’un an avec l'interféron bêta-1a (Avonex, Plegridy, Rebif). Les résultats ont montré que les patients traités avec fingolimod présentaient moitié moins de rechutes que les autres.

Enfin, une dernière étude comparative face à l'interféron bêta-1a, portait sur 215 enfants pendant deux ans. L’étude a montré que ceux traités par Gilenya ont présenté 14% de rechutes contre 54% pour les autres.

Quels sont les effets secondaires de Gilenya ?

Des effets secondaires ont été observés avec ce traitement. Les effets très fréquents sont les suivants (liste non exhaustive) : 

  • infections, notamment causées par le virus de la grippe ;
  • maux de tête ;
  • diarrhées ;
  • douleurs au dos ;
  • toux.

Les effets fréquents sont entre autres (liste non exhaustive) :

  • sinusite ;
  • infection fongique (peau, ongles, cheveux) ;
  • étourdissements ;
  • perte de poids ;
  • démangeaisons ;
  • alopécie (perte de cheveux) ;
  • éruptions cutanées ;
  • migraine ;
  • essoufflements.

L’instauration de ce traitement va, en outre, requérir une surveillance particulière du fait d’effets secondaires graves pouvant survenir. En effet, il peut causer, chez certains patients, des effets indésirables graves comme une bradycardie (baisse du rythme cardiaque) transitoire (retour à la normale en un mois). De plus, dans de rares cas, la survenue d’un bloc auriculoventriculaire (type de trouble du rythme cardiaque) transitoire et spontanément résolutif a été observée. 

On note également la possibilité de survenue d’infections opportunistes pouvant être fatales si non prises en charge. Des œdèmes maculaires (gonflement de la rétine située dans le fond de l'œil) chez 0,5% des patients ont été observés. Ceci induit la nécessité de réaliser un bilan ophtalmique 3 à 4 mois après le début du traitement.

Chez environ 6,5% des patients, une hypertension artérielle est survenue.

De plus, des atteintes hépatiques ainsi qu’une diminution des globules blancs (cellules immunitaires) sont observées et nécessitent donc des prises de sang régulières avant et pendant le traitement. En effet, pour 1,8% des patients traités par fingolimod, une élévation des transaminases (enzymes hépatiques) supérieure à 5 fois la normale a été observée.

Pour toutes ces raisons, la prise de la première dose doit donc se faire à l’hôpital. Un électrocardiogramme (ECG) ainsi que la mesure de la pression artérielle sont réalisés avant la première prise ainsi que 6h après. De plus, dans le cas où le traitement est arrêté puis repris quelque temps plus tard, les mêmes conditions de surveillance s’appliquent.

Quels sont les contre-indications de Gilenya ?

Du fait de son activité immunosuppressive, ce traitement est contre-indiqué chez les patients (liste non exhaustive) :

  • immunodéprimés ;
  • avec une infection active sévère ou chronique (tuberculose, hépatite) ;
  • portant un cancer en évolution ;
  • portant une insuffisance hépatique sévère ;
  • sous antiarythmiques de classe Ia (SerecorⓇ et disopyramide) ou III (amiodarone et sotalol) pour le traitement d’arythmies sévères ;
  • présentant un bloc auriculo-ventriculaire sans pacemaker ;
  • chez la femme en âge de procréer sans contraception ;
  • pendant la grossesse.

De plus, la vaccination est moins efficace en présence de ce médicament et ce jusqu’à deux mois après son arrêt du fait de l’immunosuppression.

Pour résumer, Gilenya a reçu une autorisation de mise sur le marché en 2011. Ce traitement fait cependant l’objet d’une surveillance accrue du fait de ses effets secondaires. La prescription doit être réalisée par un médecin expérimenté dans le traitement de la SEP. De plus, la première dose doit se faire en milieu hospitalier afin de pouvoir assurer la meilleure prise en charge possible du patient. 

Il est également important de noter que les effets secondaires cardiaques de ce traitement sont, dans la plupart des cas, auto-résolutifs en quelques semaines. Le risque d’œdème maculaire (0,5%) apparaît également seulement dans les 3 à 4 premiers mois de traitement.

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avatar Aurélien De Biagi

Auteur : Aurélien De Biagi, Rédacteur santé, étudiant en pharmacie

Aurélien est étudiant en 5ème année de pharmacie option industrie à l’université de Lorraine. Il rédige des articles santé au sein de Carenity. Il a une appétence particulière pour les domaines neuropsychiatrique et... >> En savoir plus

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