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Comment gérer une poussée de SEP ?

Publié le 17 nov. 2020 • Mis à jour le 25 nov. 2020 • Par Candice Salomé

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune inflammatoire qui attaque le système nerveux central. Elle s’aggrave lentement dans la majorité des cas et cette aggravation dépend, notamment, de la fréquence et de la gravité des poussées.

Mais alors, qu’est-ce qu’une poussée de SEP ? Comment l’identifier ? Existe-t-il des facteurs favorisant l’apparition d’une poussée ? Comment la prévenir et la gérer ?

On vous dit tout dans notre article !

Comment gérer une poussée de SEP ?

La SEP est une maladie du système nerveux central (la moelle épinière et le cerveau). C’est-à-dire que le système immunitaire (impliqué dans la lutte contre les virus et les bactéries) s’emballe et attaque la myéline (gaine protectrice des fibres nerveuses) qui joue un rôle important dans la propagation de l’influx nerveux du cerveau aux diverses parties du corps.

Cette maladie auto-immune est généralement diagnostiquée chez le jeune adulte (entre 25 et 35 ans en moyenne) et touche plus les femmes que les hommes (¾ des personnes diagnostiquées sont des femmes).

La sclérose en plaques touche 100 000 personnes en France. 2 500 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. 

Les premiers signes évocateurs de la SEP se présentent sous forme de poussées.

Qu’est-ce qu'une poussée de SEP ?

La sclérose en plaques, dans plus de 8 cas sur 10, est de forme rémittente, c’est-à-dire qu’elle se manifeste par l’apparition de “poussées” entrecoupées de périodes de rémission.

Une poussée se caractérise par l’apparition (ou la réapparition) de symptômes neurologiques, ou par l’aggravation de signes neurologiques préexistants, en l’absence de fièvre ou de problème infectieux associé, pendant au moins 24 heures, puis par la disparition totale ou partielle de ces symptômes neurologiques.
En effet, un épisode de fièvre peut entraîner des signes ressemblant à une poussée.

En général, les signes de poussées s’installent en quelques heures voire quelques jours et durent de quelques jours à deux ou trois semaines.

La régression des symptômes d’une poussée peut être totale et sans séquelle, ou accompagnée de séquelles sans retour à l’état neurologique normal.

Dans la plupart des cas, la régression est totale au début de la maladie. Après quelques années, des séquelles neurologiques peuvent apparaître après les poussées (gêne sensitive, motrice, sphinctérienne ou sensorielle).

La fréquence moyenne est d’environ une poussée par an. Certains patients restent plusieurs années sans aucune poussée alors que d’autres peuvent en connaître plusieurs fois par an. Un même patient peut passer d’une période pendant laquelle il va présenter plusieurs poussées à une période de calme.

Quels sont les symptômes d'une poussée de SEP ?

Selon la zone du système nerveux central atteinte, les signes présentés au cours d’une poussée de sclérose en plaques peuvent être :

  • des troubles de la sensibilité : sensations de fourmillements ou de brûlure dans les jambes et les bras,
  • des troubles visuels : vision trouble, vision double, mouvements saccadés des yeux,
  • des difficultés motrices : coordination difficile, mobilité réduite,
  • de la fatigue : manque d’énergie ou fatigabilité rapide,
  • de l’incontinence : urinaire ou fécale, mais aussi une irritation de la vessie,
  • une paralysie faciale, des troubles de la parole et de la déglutition.


Il n’est pas facile d’identifier une poussée de SEP aiguë. Cela dépend de l’éventail des symptômes potentiels liés à la maladie. Il est néanmoins possible que deux poussées de sclérose en plaques s’accompagnent de symptômes complètement différents selon la zone du cerveau dans laquelle se trouve l’inflammation.

Existe-t-il des facteurs favorisant l’apparition des poussées de sclérose en plaques ?

Il est difficile de dire s’il existe des facteurs susceptibles de déclencher une poussée de sclérose en plaques. Cependant, plusieurs éléments pourraient favoriser une poussée comme une infection (grippe, ORL…) ou bien un stress de grande intensité (deuil, divorce…). 

Néanmoins, pendant une grossesse, il est très rare qu’une femme atteinte de SEP puisse faire une poussée. Les trois mois qui suivent l’accouchement peuvent être, cependant, une période à risque de poussées, cela demande donc d’être vigilant.

De plus, les vaccins “vivants atténués” (tels que ceux contre la fièvre jaune, la rougeole-oreillons-rubéoles ou encore la varicelle-zona) sont susceptibles d’entraîner l’apparition d’une poussée en raison du fait qu’ils stimulent fortement le système immunitaire. Ces vaccins, sans être totalement contre-indiqués, ne sont pas recommandés aux patients atteints de SEP. En revanche, les autres types de vaccins ne présentent pas de risque particulier.

Enfin, certains médicaments comme les anti-TNF alpha, prescrits pour traiter les maladies rhumatologiques peuvent favoriser la survenue des poussées.

Existe-t-il un moyen de prévenir les poussées de SEP ?

Il n’existe pas de réels moyens pour prévenir une poussée de sclérose en plaques. Néanmoins, certaines mesures à adopter dans le quotidien sont recommandées.
Aucun régime spécifique n’a montré d’effets bénéfiques sur l’évolution de la maladie mais il est recommandé d’éviter l’excès de sel.

Il est conseillé de ne pas fumer en raison des effets néfastes de la cigarette sur les neurones.
De plus, une carence en vitamine D (fréquente dans la population générale) pourrait favoriser des symptômes plus marqués lors d’une poussée. Il est donc conseillé de se supplémenter en vitamine D.

Enfin, l’activité physique régulière permettrait une meilleure récupération après une poussée de sclérose en plaques. Il est donc recommandé de pratiquer des activités adaptées le plus régulièrement possible.

Comment traiter une poussée de SEP ?

Il existe trois catégories de traitements de la sclérose en plaques :

  • ceux qui agissent sur la durée et la gravité des poussées,
  • ceux qui réduisent la gêne quotidienne en traitant les symptômes,
  • et les traitements “de fond” qui agissent plutôt sur le système immunitaire.

Toutefois, il n’existe, à ce jour, pas de traitement permettant de guérir de la SEP.

Si un symptôme est gênant et persiste plus de quelques jours, il peut être intéressant d’effectuer un bolus de corticoïdes par perfusion. L’intérêt principal de ces perfusions est de diminuer l’intensité et la durée d’une poussée. Ils n'influencent néanmoins pas (à l’inverse des traitements de fonds) l’évolution de la maladie ni la survenue éventuelle de séquelles.

Certaines poussées n’entraînent pas de gêne importante et peuvent être traitées par le repos sans perfusion de corticoïdes. Un arrêt de travail peut être demandé.

Une poussée de SEP ne représente pas une urgence absolue sauf si les troubles sont sévères et très handicapants. Si c’est le cas, le mieux est de prendre contact avec son médecin traitant ou son neurologue.

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16 commentaires


cadette
le 17/11/2020

Très bon article.. Précis et détaillé et complet.. J avoue que tous les vaccins me font peur depuis que j ai été vacciner pour l hépatite b.. Pas de bonne réaction de mon corps je me retrouve avec une sep depuis 1995..merci pour vos articles 👍


magali17
le 17/11/2020

Très bon article.. Précis et détaillé et complet.. J avoue que tous les vaccins me font peur depuis que j ai été vacciner pour l hépatite b.. Pas de bonne réaction de mon corps je me retrouve avec une sep depuis 1995..merci pour vos articles 👍


Militta65
le 18/11/2020

Très bon article qui explique très bien les différents aspects. Permets de se mettre en garde et d être plus vigilant.  Merci!,


Dominique1969
le 18/11/2020

Merci bcp pour cet article . M'a rafraîchit la mémoire ( et oui elle a été touchée lors de la dernière poussée 😔) et m'a même appris qq chose dont j'ignorais. 

Merci et bravo pour votre travail 🤗


cali29s
le 19/11/2020

Merci pour cet article 

même si hélas comme  je souffre de SEP depuis + 35 ans donc pas beaucoup de nouveautés 

les Bolus de cortisone je connais mais ils ne sont pas sans conséquences .(Foie, os , etc ...)

Et à faire dans mon cas que pour des poussées qui risquent d’être invalidantes. Et pas pour les poussées sensitives. 

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